De anima , 1. III, f. 169. — Cf. \b\d., f
2. Necessc est ut sit anima non divisibilis ad divisioneni individuorum, et ut sit etiam quid unum in Socrate et Platone (Destr. Destr., f. 349 v"}.
Sans être exprimée avec la précision que nous exigeons maintenant dans les recherches philosophiques, cette solution satisfait aux principales conditions du problème, et détermine avec une netteté suffisante la part de l'absolu et du relatif dans le fait delà connaissance. Les réfutations que le moyen âge a tentées de la théorie d'Ibn- Roschd ont, en général, porté à faux, comme toutes les réfutations, qui cherchent à prendre un système par son côté faible plutôt que par son coté vrai. Certes s'il est au monde une révoltante absurdité, c'est Y unité des âmes, comme on a feint de l'entendre, et si Averroès avait jamais pu soutenir à la lettre une telle doctrine, l'averroïsme mériterait de figurer dans les annales de la démence et non dans celles de la philosophie. L'argument sans cesse répété contre la théorie averroïste par Albert, saint Thomas : Eh quoi ! la même âme est donc à la fois sage et folle, gaie et triste ; cet argument, dis-je, qu' Averroès avait prévu et réfuté1, serait alors péremptoire, et aurait suffi pour balayer cette extravagance du champ de l'esprit humain dès le lendemain de son apparition. Mais en y regardant de près , on voit que telle n'est pas la pensée d'Ibn-Roschd, et que cette doctrine se rattache dans son esprit à une théorie de l'univers qui ne manque ni d'élévation ni d'originalité.
La personnalité de la conscience ne s'est jamais bien clairement révélée aux Arabes. L'unité de la raison objective les a beaucoup plus frappés que la multiplicité de la raison subjective. Convaincus d'ailleurs que toutes les parties de l'univers sont similaires et vivantes, ils ont
— Cf. De anima, 1. III, f. 160 v° et sqq., et les fragments du commentaire moyen sur l'Ame (inédit), que M. Munck a traduits de l'arabe {Dict. des se phll., t. III, p. 166-167).