lbid.y f. 170 v
A. C'est aussi l'interprétation que propose M. H. Ritter {Gesch. der christ. Phil.lV B. S. 148, ff.).
tion S La raison est constituée comme quelque chose d'absolu, d'indépendant des individus, comme une partie intégrante de l'univers2, et l'humanité, qui n'est que l'acte de cette raison , comme un être nécessaire et éternel.
De là aussi la nécessité de la philosophie, son rôle providentiel, et cet étrange axiome : Ex necessitate est ut sit aliquis philosophus in specie humana 3. Car toute puissance doit passer à l'acte, autrement elle serait vaine. Il faut qu'à chaque moment de la durée et à quelque point de l'espace une intelligence contemple la raison absolue. Or l'homme seul par les sciences spéculatives jouit de cette prérogative. L'homme et le philosophe sont donc également nécessaires dans le plan de l'univers \
Telle est l'originale théorie développée dans le traité Du bonheur de Vâme , et dans les digressions du commentaire sur le IIIe livre de l'Ame. Il est vrai que le langage technique de l'averroïsme est beaucoup plus compliqué. En rapprochant les différentes expressions par lesquelles Ibn-Roschd cherche à désigner les nuances diverses du fait de la connaissance, on trouverait jusqu'à cinq in-
1 . Quemadmodum scientia et ipsum esse sunt quid proprium ipsi homini, et artes ipsœ quibusdam modis propriis videntur inesse ipsi homini, ideo existimatur universum habitatutn non posse esse expers alicujus habitus philosophise vel artium naturalium. Quoniam licet in aliqua parte defuerunt ipsœ artes, exempli gratia in quadra septentrionali terras, non propterea reliquat quadrse privabuntur eis [De anima, f. 165 v°).
2. Scientiœ sunt aeternae et non generabiles nec corruptibiles, nisi per accidens, scilicet ex copulatione earum Socrati et Platoni.... quoniam intellectui nihil est individuitatis [Désir. Destr., f. 349 v°).