Philosophus aulodid., p. loi
2. Voy. le brillant apologue du Simorg, symbole de l'être universel résultant du concert des individus [Notices et Extraits , t. XIT, p. 311. — Journal des Savants, janvier 1822, art. de M. de Sacv). — Cet apologue forme le fond du poème pantbéiste de Ferîd-Eddin Attàr, intitulé : Le langage des oiseaux, dont M. Garein de Tassy publie en ce moment la notice dans les Notices et Extraits.
de cet art.... Il faut effacer tous les livres de morale, si le véritable Platon ( Dieu ) vient professer dans ton école1. »
Ibn-Roschd est toujours resté étranger à ces folies : c'est sans contredit le moins mystique des philosophes arabes-espagnols. Il proclame hautement qu'on n'arrive à l'union que par la science. Le point suprême du développement humain n'est, à ses yeux, que celui où les facultés humaines sont portées à leur plus haute puissance. Dieu est atteint , dès que par la contemplation l'homme a percé le voile des choses et s'est trouvé face à face avec la vérité transcendante. L'ascétisme des Soufis est vain et inutile. Le but de la vie humaine est de faire triompher la partie supérieure de l'âme sur la sensation. Cela fait, le paradis est atteint, quelque religion que l'on professe. Mais ce bonheur est rare et réservé seulement aux grands hommes. On ne l'obtient que dans la vieillesse, par un persévérant exercice de la spéculation, en renonçant au superflu, à condition aussi de ne pas manquer des choses nécessaires à la vie. Beaucoup d'hommes ne le goûtent qu'au moment même de leur mort ; car cette perfection va presque toujours à l'inverse de la perfection corporelle. Alfarâbi ayant vainement attendu jusqu'à la fin de ses jours cette suprême félicité, déclara que ce n'était qu'une chimère 2. Mais l'aptitude à l'union n'est pas la même chez tous les hommes : il y a à cet égard une sorte de grâce élective et gratuite 3.