‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 81 sur 235 · De anima, 1. III , cap. vu · texte numérisé non relu

De anima, 1. III , cap. vu

2. Barth. St-Hilaire, Traité de l'âme , p 319-320. — La même lacune avait frappé saint Thomas : « Hujusmodi autem qusestiones , dit-il dans son traité contre les Averroïstes (Opp., t. XVII, p. 99 v°), certissime « colligi potest Aristotelem suivisse in his libris quos patet eum scripsisse « de substantiis separatis, ex his quse dicit in principio XII Metaph.; « quos etiam. libros vidimus numéro XIV (sic), licet nondum translatos « in linguam nostram. »

3. Ancien fonds, 6510. — Bibl. Saint-Marc, cl. VI, cod. 52. A. Munck, op. cit., p. 163, 168 et suiv.

5. Albert, De motibus anim., 1. I, tract. I, cap. iv. — Saint Thomas, Quœst. disp. de anima, art. 16. — In quibusdam libris de arabico translatis, substantise separatae, quas nos angelos dicimus, intelligentise vocantur. In libris tamen de grseco translatis, dicuntur intellectus seu mentes (Summatheol.y I, qusest. lxxix, art. 10). — Voy. aussi le xve des opuscules de saint Thomas (t. XVII de ses œuvres) , De substantiis separatis seu de angelorum natura.

sibles. La réponse d'Ibn-Roschd est affirmative : Si l'homme, dit-il, ne percevait pas ces substances, la nature aurait agi en vain, puisqu'elle aurait créé un intelligible sans intelligent pour le comprendre; « raisonnement, dit Zimara1, qui a été réfuté par le docteur Angélique et le docteur Subtil2. C'est, poursuit Zimara, comme si l'on raisonnait ainsi : Nullus horno currit; ergo nullum animal currît. » Mais Ibn-Roschd était en ceci parfaitement conséquent, puisqu'il accordait à l'homme seul la faculté de percevoir les intelligibles , et que , dans sa pensée, l'intellect spéculatif ne se reflétait que dans l'humanité. Cette question d'ailleurs avait pour Ibn-Roschd une importance beaucoup plus grande que celle que ses interprètes y ont attachée3. La raison étant pour lui un principe cosmique, distinct de l'individu, un xeywpiffjjLsvov, demander si l'intellect individuel peut percevoir les substances séparées, c'est mettre en question la faculté transcendante de l'esprit humain. Dénier ce pouvoir à l'homme, ce serait abaisser la raison au-dessous de la sensation; car l'intellect ne serait alors qu'en puissance, tandis que la sensation, bien que ne s'appliquant qu'au particulier, est toujours en acte4. L'entendement d'ailleurs est dans un parallélisme exact avec la sensation.

i. Soîut. contrad., f. 181 v° et suiv.

2. En effet, saint Thomas combat ce raisonnement dans sa Somme, I, quaest. lxxxvhi, art. 1.

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