‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 88 sur 235 · Destr. Destr., pars ait., disput. IV, f. 351 et sqq · texte numérisé non relu

Destr. Destr., pars ait., disput. IV, f. 351 et sqq

stances ne revient pas à l'individu qu'elle était d'abord , mais à l'espèce qu'elle était d'abord1. »

La morale occupe très-peu de place dans la philosophie d'Ibn-Roschd. En général, les Ethiques d'Aristote, sans doute parce qu'elles portent un cachet beaucoup plus hellénique, n'eurent pas chez les Arabes une fortune comparable à celle de ses œuvres logiques, physiques et métaphysiques. La discussion d'Ibn-Roschd avec les Motecallemîn sur le principe de la morale, mérite seule d'attirer notre attention. Les Motecallemîn soutenaient que le bien est ce que Dieu veut , et que Dieu le veut non par suite d'une raison intrinsèque et antérieure a sa volonté, mais uniquement parce qu'il le veut. Ailleurs nous les avons vus attribuer à Dieu le pouvoir de réaliser les contradictoires et transférer à sa volonté libre tout le gouvernement de l'univers. Cela constituait un système très-conséquent avec lui-même, qu'Ibn-Roschd n'a cessé de combattre sous toutes les formes. Cette fois il n'a pas de peine à montrer qu'une telle doctrine en morale renverse toutes les notions du juste et de l'injuste, et détruit la religion qu'elle prétend consolider2. Ibn- Roschd a également soutenu contre les Motecallemîn les vraies théories de la philosophie sur la liberté. L'homme n'est ni absolument libre , ni absolument prédestiné. La liberté envisagée dans l'âme, est entière et absolue; mais elle est limitée par la fatalité des circonstances extérieures. La cause efficiente de nos actes est en nous ; mais la cause occasionnelle est hors de nous. Car ce qui nous attire est indépendant de nous et ne relève que des lois naturelles,

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