‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 89 sur 235 · De gêner, et corr., 1. II, f · texte numérisé non relu

De gêner, et corr., 1. II, f

2, Paraphr, Repue l. Plat,, f. 506,

c'est-à-dire de la providence divine. Voilà pourquoi le Coran présente l'homme tantôt comme absolument prédestiné, tantôt comme arbitre de ses actes. Cette solution intermédiaire entre celle des Djabarites et celle des Radarites est donnée par Ibn-Roschd, dans son Traité de la démonstration des dogmes religieux, comme un exemple de l'interprétation philosophique et éclectique que l'on peut donner aux doctrines de la théologie1. De même, dit-il ailleurs2, que la matière première est également apte à recevoir les modifications contraires, de même l'âme a le pouvoir de se déterminer entre les actes contraires. Cette liberté, toutefois, n'est ni le caprice, ni le hasard. Les puissances actives ne connaissent pas l'état d'indifférence ; l'égale contingence ne se rencontre que dans le monde de la passivité.

La politique d'Ibn-Roschd , on s'y attend bien, n'a pas grande originalité. Elle est tout entière dans sa Paraphrase de la République de Platon. Rien de plus bizarre que de voir prise au sérieux et analysée comme un traité technique cette curieuse fantaisie de l'esprit grec. Le gouvernement doit être confié à des vieillards. Il faut inspirer la vertu aux citoyens en leur apprenant la rhétorique, la poétique et les topiques. La poésie, celle des Arabes surtout, est pernicieuse3. L'idéal de l'Etat est de n'avoir besoin ni de juge ni de médecin. L'armée n'a d'autre fonction que de veiller à la garde du peuple. Que serait-ce si les chiens de berger mangeaient les brebis ? Les fiefs militaires sont le fléau des Etats4. Les femmes diffèrent des hommes en degré et non en nature. Elles sont aptes

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