‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 90 sur 235 · Ibid., f · texte numérisé non relu

Ibid., f

à tout ce que font les hommes, guerre, philosophie, etc., seulement à un degré moindre. Quelquefois elles les surpassent , comme dans la musique , si bien que la perfection de cet art serait que la musique fût composée par un homme et exécutée par une femme. L'exemple de certains Etats d'Afrique prouve qu'elles sont très-aptes à la guerre, et il n'y aurait rien d'extraordinaire à ce qu'elles pussent arriver au gouvernement de la république. Ne voit-on pas, en effet, que les femelles des chiens de berger gardent le troupeau aussi bien que les mâles? « Notre état social, ajoute Ibn-Roschd, ne peut laisser apercevoir tout ce qu'il y a de ressources dans les femmes; il semble qu'elles ne soient destinées qu'à mettre au jour et à allaiter leurs enfants, et cet état de servitude a détruit en elles la faculté des grandes choses. Voilà pourquoi on ne voit parmi nous aucune femme douée de vertus morales; leur vie se passe comme celle des plantes, et elles sont à charge à leurs maris euxmêmes. De là aussi la misère qui dévore nos cités; car les femmes y sont en nombre double des hommes, et ne peuvent se procurer par leur travail le nécessaire K » Le tyran est celui qui gouverne pour lui et non pour le peuple. La pire des tyrannies est celle des prêtres 2. L'ancienne république des Arabes reproduisait parfaitement celle de Platon. Moawia? en fondant l'autocratie omeyyade , gâta ce bel idéal , et ouvrit l'ère des bouleversements, dont notre île (l'Andalousie), ajoute Ibn- Roschd, est loin d'être sortie3.

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