Trad. de Schmœlders, p
2. Cf. Dcslr. Destr.f II pars, disput. I. — Avicenne, Àphonsmi de anima, g 28. — lbn-Tofaïl, PJiilos. autoclul., sub fin. Les juifs se préoccupèrent aussi beaucoup de la théorie psychologique du prophétisme : Saadia Gaun , Muimonide, Lc^i ben-Gerson l'ont traitée ayec de grands développements.
table de ces sciences , disent-ils, est de croire à la nécessité et à l'éternité du monde, de nier la résurrection, le jugement dernier, de vivre sans frein, en s'abandonnant à ses passions i. Souvent, il faut l'avouer, la science rationnelle mettait les musulmans à une sorte de matérialisme. C'étaient des philosophes que ces redoutables Haschischins , dont les sicaires faisaient trembler tous les rois, et portaient leurs coups jusque sur la personne des califes. Retirés dans leur château d'Alamout, ils y passaient leur temps à composer des traités de philosophie; quand les Tartares pénétrèrent dans leur nid de vautour, ils y trouvèrent un établissement scientifique complet, une immense bibliothèque, un cabinet de physique, un observatoire muni des instruments les plus perfectionnés2. Les philosophes, en général, passaient pour gens peu dévots. Ibn-Sina était un franc débauché, à la manière des poëtes du temps de Mahomet , menant joyeuse vie, buvant du vin, aimant la musique, et passant la nuit en orgies avec ses disciples. Comme on lui objectait la défense religieuse : « Le vin, disait-il, est défendu parce qu'il excite les inimitiés et les querelles; mais étant préserve de ces excès par ma sagesse, je le prends pour aiguiser mon esprit3.» Les philosophes arabes étaient donc au milieu de leurs coreligionnaires à peu près ce qu'étaient les libertins au xvne siècle. On ne pouvait croire que des hommes si clairvoyants ne vissent pas plus loin que le vulgaire dans ces dogmes qui ont besoin de mystère. « Souvent, dit Gazali4, on en voit un lire le Coran, as-
1 . Traité de la Délivrance de l'erreur, de Gazali, publié par M. Schmoe ders, p. 29etsuiv.