‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 97 sur 235 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

sister aux cérémonies religieuses et aux prières, louer la religion de bouche. Quand on lui demande : Si le prophétisme est faux, pourquoi donc pries-tu? il répond : C'est un exercice du corps, une coutume de ce pays, un moyen pour avoir la vie sauve. Cependant il ne cesse de boire du vin et de se livrer à toutes sortes d'abominations et d'impiétés. »

On ne peut douter qu'il n'y ait beaucoup d'exagération dans ces déclamations de Gazali. Il se peut que cet enthousiaste, incapable de philosopher avec calme, et entraîné vers le Soufisme par son imagination ardente, ait calomnié ses anciens confrères pour satisfaire sa passion et son goût des excès en toute chose. Souvent on s'irrite de voir les autres marcher paisiblement dans la voie qu'on n'a pas su tenir, et les esprits ardents arrivent à se figurer que l'on n'est conséquent que dans les extrêmes. Peut-être aussi Gazali n'avait-il pas absolument tort, et les philosophes méritaient-ils le reproche d'inconséquence ou de restriction mentale. Dieu le sait.

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