‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 135 sur 686 · Quel est son châtiment · texte numérisé non relu

Quel est son châtiment

168. Ahura-Mazda répondit : Qu’il frappe 700 coups de l’aiguillon, 700 du Çraoshocarana.

(') Gouffre. Le verbe (être jeté) indique clairement un endroit où l’on tombe. C’est peut-être un dérivé de r. pousser, chasser. Cf. lith. viti, chasser ; slave virii, gouffre?

(2) Ce passage est l’un des plus obscurs de l’A vesta; aussi les interprétations ne peuvent être que conjecturales. Spiegel le’rattache à ce qui précède en suppléant ; c’est comme si l’Ashemaogha, etc. ; mais comment l’auteur de ce livre pourraît-il comparer un crime digne du dernier supplice, à un délit dont la peine ne dépasse pas le degré moyen (700 coups. § 168). Le § 164 commence donc un nouveaufragment indépendant du reste ou bien Ahura-Mazda veut signaler un des actes coupables commis par le sectaire qu’il poursuit de sa colère. Le sens général du passage n’est pas plus clair que celui des détails. Spiegel y voit une sorte d’ordalie et ne s’explique pas davantage. Une épreuve par l’eau existait dans le droit indien (Voy. Manou, VllI. 115, 6. Yâjnavalkya II. 108-109); elle consistait à plonger le défendeur dans une eau profonde. Si celui-ci pouvait y rester le temps fixé sans surnager ou se noyer, il était reconnu innocent ou la dette était considérée comme éteinte. Ces §§ prononceraient donc la condamnation de celui qui succombe dans l’épreuve de l’eau. Cette interprétation est très probable. Malheureusement, la plupart des termes de ces §§ sont des plus obscurs. L’eau dorée est probablement le gômez mêlé à l’eau. — Révélatrice. Pehlvi : qui possède les signes révélateurs (Cp. I. 53-5.) — Apâiti ne peut signifiéî’ aller vers. Le mot pehlvi correspondant ne doit pas être dôstu, mais mehim yemanuned (invoque). — Dorée. Haug affirme qu’on y mêle de la poussière d’or.

(3) Ou bien en invoquant Rashnu comme témoin de la vérité de l’affirmation et mentant à Mithra. La version pehlvie met cette proposition à la première personne du sing. J’invoque, j’affirme mon droit ou j’invoque Rashnu, génie de Injustice. Voyez Introd. génér.

(*) Mentant à la convention. Les termes sont absolument les mêmes qu’aux §§ 32, 34, 36, 39, etc. Nous c'oyons donc pouvoir affirmer que ces derniers versets s’occupent du faux serment fait en invoquant Rashnu et en étendant la main sur l’eau sainte (ou avec toute autre pratique de ce genre) , faux serment dont l’objet et le but est de se dérober par un mensonge aux obligations résultant d’un contrat.

FARGARD V

SOUILLURES CAUSÉES PAR LA MORT DES HOMMES ET DES CHIENS. EXCELLENCE DE LA LOI DE ZOROASTRE.

Ce fargard traite de différentes questions relatives à l’impureté causée par la mort des hommes et des animaux. Un court passage intercalé au milieu du chapitre peint la grandeur de la loi mazdéenne et en explique l’efficacité (65-82) ; c’est le seul qui s’écarte du sujet général. Ici commence'cette portion du Vendidàd qui traite des impuretés légales. C’était là le point de discipline religieuse le plus important chez les nations arj'aques; il occupe les fargards Y-XII. Le commencement de ce fargard est un morceau curieux de théologie polémique ou de casuistique mazdéenne. Zoroastre prévient certaines objections que l’on pourrait faire contre sa doctrine et les fait résoudre par Ahura-Mazda lui-même. Ces difficultés sont tirées : 1<> de la multitude innombrable de portions de cadavres répandues sur le sol de la terre et qui sembleraient rendre la pureté impossible ; 2» de l’action du feu et de l’eau, ces créatures excellentes qui semblent parfois donner la mort à l’homme, bien que celle-ci ne puisse être l’œuvre que des dévas ; 3® de la conduite même d’Ahura-Mazda qui fait pleuvoir sur les cadavres, tandis qu’il défend sévèrement de souiller l’eau par le contact de ces olijets impurs. On verra avec quelle facilité le Dieu se tire de ces difficultés, en faisant valoir l’innocuité du feu ou sa propre puissance sur le monde. Le cinquième fargard, dans l’état où il nous est parvenu, ne reproduit pas bien probablement, un chapitre complet de l’A vesta primitif. Des matières très-diverses y sont accumulées sans ordre ni ensemble ; il paraît formé de morceaux détachés. Il présente en outre une interpolation (65-85) et une lacune; la partie finale de ce fargard n’a point de commencement. Les §§ 83 et suiv., 162 et suiv., sont répétés au septième fargard. Mais ici, les indications sont plus détaillées, les énumérations plus complètes ; il est donc à présumer que la place première de ces passages était à cet endroit (Comp. V. 83-100 et VIL 7-24 — V. 136-157 et VIL 151 à 172, V. 162-178 et VIL 41-58). Les §§ 83-108 forment certainement un des fragments les plus anciens des livres zoroastriques. La croyance qu’ils exposent était déjà répandue à l’époque aryaque. Mais dans l’Inde brahmanique l’application du principe commun était assez différente. Ce n’étaient point les habitants de la maison, mais les proches parents du mort qui contractaient la souillure et celle-ci les atteignait à quelque distance qu’ils fussent du lieu du décès. Voyez Manou, V. §§ 59-05, 71-85, 98-103.= Yàjnavalkya, 1. III, 18-29. Les causes de l’impureté produite parle contact des cadavres étaient plus nombreuses dans le Code brahmanique que dans l’Avesta éranien. (Comp. Yàjnavalkya III, 14; Manou V. 64-87). Le cas des §§ 136 et suivants donne lieu à des prescriptions multipliées et plus sévères de la loi mazdéenne. La tradition n’a fait qu’augmenter les rigueurs de la loi. Voy. Sadder. Porta. 45 et 75.

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