Et qu’ils ne dépassent point les pieds et les mains
41. Tel est le kata conforme à la loi (que l’on doit construire) pour un mort.
XII- 12. On y doit déposer le corps que l’àme a quitté(®) (et l’y laisser) pendant deux nuits, ou pendant trois nuits, ou même pendant un mois entier,
43. Jusqu’à ce que les oiseaux prennent leur vol et que les plantes commencent à croître,
44. Que les (eaux des) vallées s’écoulent (®) et que le vent dessèche la terre.
(') Le premier mot désigae spécialement la matière inerte, la partie tangible de l’organisme, le second se rapporte au principe qui maintient le corps en vie et en action. Ces éléments, selon les Mazdéens, composent tout l’être corporel de l’homme.
(•) Litt. : par l’écoulement de l’été (vient) alors l’hiver.
(®) Les katas sont des monceaux de terre rectangulaires, destinés à recevoir les cadavres avant qu’ils soient déposés dans le dakhma ou cimetière. Il est impossible d’en indiquer exactement la forme ni d’interpréter sûrement les §§38 et 39. Si l’on s’en rapportait à la représentation des apprêts des funérailles donnée par Chardin, on pourrait considérer les katas comme figurant les branches transversales d’une civière. Le premier supporterait les pieds, le second le milieu du corps vers l’endroit ou l’on replie les mains du cadavre, le troisième soutiendrait la tête, mais ne la toucherait pas, parce que celle-ci repose sur des coussins élevés. Leur largeur ne dépasserait pas celle des mains ou les bras étendus le long du corps (V. Chardin, Voyages, t. VIII. p. 225). Mandelslo de son côté rapporte que les Parses déposent les cadavres sur plusieurs mottes de terre et les y laissent sept jours avant de les porter au dakhma.
(‘) Il nous semble peu probable que ces katas aient eu la hauteur d’un homme. On pourrait aussi traduire : pour chaque habitation, pour chaque village.... Ce dernier mot désigne, d’après une glose pehlvie, un groupe de maisons. Chaque maison devait ainsi entretenir des katas toujours prêts à reeevoir ses morts.
(^) Litt. : qui a l’âme dehors.
(®) Vallées; litt. : les vallées s’écoulent. Le mot zend signifie bas, depressus. Le pehlvi traduit : le méchant caché, c’est-à-dire l’hiver adversaire; Spiegel traduit « les dévas ». Rückert sous-entend le mot eau.
FARGARD V.
XIII- 45. Lorsque les oiseaux prennent leur vol et que les plantes croissent, lorsque les (eaux des) vallées s’écoulent et que le vent dessèche la terre,
46. Qu’alors les Mazdéens placent le cadavre en face du soleil.
XIV- 47. Si les Mazdéens ne le placent pas en face du soleil (et que cette violation de la loi dure) une année entière,
48. Prescris pour cette faute la (même) peine (que) pour le meurtre d’un homme pur,
49. (Et qu’elle se prolonge) jusqu’à (ce que) les cadavres (aient été) enlevés (‘), les dakhmas démolis (*), les fluides impurs recueillis (*), et que les oiseaux aient tout dévoré.
XV- 50. Créateur des mondes ! (est-ce bien comme je le dis ?)
51. Fais-tu couler les eaux de la mer Vourukasha(^) (portées) par les vents et les nuages, toi qui es Ahura-Mazda?
XVI- 52-53. Les conduis-tu sur le cadavre, toi qui es Ahura-Mazda; les conduis-tu sur le dakhma, toi qui es Ahura-Mazda ; les répands-tu sur les fluides impurs et sur les os, toi qui es Ahura-Mazda? Les ramènes-tu invisibles, toi qui es Ahura-Mazda? Les ramènes-tu rassemblées jusqu’à la mer Puitika (^)?
XVII- 54. Ahura-Mazda répondit : C’est bien comme tu le dis en vérité, Zarathustra!
55. Je fais couler les eaux de la mer Vourukasha, portées par les vents et les nuages, moi qui suis Ahura-Mazda.
XVIlI-56. Je les conduis sur le cadavre, moi qui suis Ahura-Mazda; je les conduis sur le dakhma, moi qui suis Ahura-Mazda ; je les conduis sur les fluides impurs, moi qui suis Ahura-Mazda; je les répands sur les os, moi qui suis Ahura-Mazda ; je les ramène invisibles, moi qui suis Ahura-Mazda.
XIX-57. Je ramène ces objets jusqu’à la mer Puitika, ils sont là se perdant (^) au milieu de cette mer.
(>) Ces trois idées sont rendues en zend par un même mot qui indique un travail dont ces choses sont l’objet. Spiegel l’interprète par purifié; Justi, par emporté. Ces expressions ne nous semblent pas exactes. Il s’agit ici de la destruction du Dakhma après la disparition des cadavres. Compar. III. 43.
(^) Le réservoir céleste des eaux.
(®) Puitika La mer Puitika, opposée à la mer Vourukasha, était le déversoir des impuretés et des eaux corrompues. C’était une sorte de vaste laboratoire où les souillures se dégageaient des objets qu’elles avaient infectés. Les eaux purifiées s’en échappaient et leurs flots se précipitaient dans la mer Vourukasha. Une très-courte distance, disait la tradition, sépare ces deux mers. Toutes deux représentaient probablement des eaux de la terre Éranique ; mais les contradictions que présentent les légendes persanes ne permettent plus de leur assigner une place sur la carte d’Asie.
(‘) Cette acception de la racine sanscrite xar nous semble préférable dans cette phrase.
VKNDIDAD.
58. Les eaux purifiées, coulent de la mer Puitika dans la mer Vourukasha,