Quel sera le châtiment de cette faute
(') Le hôma préparé pour le sacrifice est un jus divin qui donne la vie; la mort, la corruption n’a aucun empire sur lui. — Extrait ou mieux peut-être « le hôma consacré. > Voy. la glose pehlvie, note suivante.
(*) Alias : pas- même quand il a touché un cadavre ; interprétation qui trouble l’ordre grammatical de la phrase. Le pehlvi rend ceci litt. : « la Xaçus n’est pas apportée sur lui » et la glose ajoute qu’il en est ainsi quand le hôma a été touché par l’eau sainte ou a touché le vase qui contient cette eau. Il faut lire ava bereta. •
(3) Dans les sacrifices domestiques et publics.
(♦) Ou peut-être s’en approcher.
FARGARD VI.
XLVIII-100. Ahura-Mazda répondit : Pour 'cette perversité, qu’on frappe 200 coups de l’aiguillon, 200 du Çraoshocarana.
XLIX-101. Créateur des mondes ! Où devons-nous porter les corps des morts, ô Ahura-Mazda! où devons-nous les déposer ?
L-102. Ahura-Mazda répondit : Qu’on leur fasse des enceintes élevées,
103. Plus hautes que les chiens, les renards et les loups (*);
104. Telles que l’eau pluviale ne puisse s’y répandre ; à l’ahri de l’eau pluviale.
- LI-105. Si les Mazdéens le peuvent et s’ils le veulent (^), qu’ils déposent le corps sur une construction de pierre, sur des tapis Q.
106. S’ils ne sont pas en état (de le faire) qu’ils posent à terre (les corps sur) les couches et leurs chevets, exposés nus au jour, regardant le soleil (^).
(') C’est-à-dire : assez élevées pour que ces animaux ne puissent atteindre les cadavres. ei Les §§ 101-106 trahissent par leur contenu, leur date relativement récente; ils contredisent même les précédents (§§ 94-97). On y voit un soin des cadavres, un certain luxe déployé autour d’eux au lieu du dépôt général, le désir de les préserver des atteintes des bêtes fauves (103, Cp. 94), des traits de mœurs enfin inconnus aux premiers temps du Zoroastrisme. Les §§103-104 semblent avoir été insérés à l’époque où commençait déjà à s’introduire l’usage de donner aux dakhmas cette forme de tour élevée dont parle Chardin (Voyages. Paris, 1728, tome IX. p. 149. Comparez Hyde, ch. XXXIV, pag. 415, gravui’es.) On y couchait le mort sur un petit lit fait d’un matelas et d’un coussin.
(*) L’explication de ces mots embarrassent les interprètes. Spiegel voit dans les premiers la pierre et le mortier; Rückert les prend pour des noms d’étoffes précieuses. La cause de la difficulté est à nos yeux dans une mutilation du texte. La phrase zende renferme quatre indications conditionnelles sans proposition principale et la traduction pehlvie y introduit des verbes que le texte ne contient pas, mais que le sens réclame. Nous ne skurions considérer avec Spiegel, les verbes pehlvis comme les équivalents des substantifs zends au locatif. Le savant auteur, du reste, n’a pas tenu compte du mot jindk (souak) qui donne une toute autre physionomie à la proposition dans lequel il se trouve. Les mots sagin, dezhi (ou cagïn) doivent dépendre du -pavan précédent et traduire tes noms bactriens. Nous croyons donc que les deux premiers mots désignent une construction en pierre, un lieu élevé, évident. Le troisième, tutiikh nous semble l’équivalent du persan tutuq = câdar, tenture sur laquelle on dépose les cadavres. Vicicaeshwa est probablement rendu en partie par le verbe pehlvi rendre évident, haut, et désigne une construction élevée (comp. VII. 26) j quelque chose comme la tour de Chardin. Peut-être faudrait-il lire vicishayann. Comp. VIII. 4.
(‘) Litt. : que sa couche, son chevet soit déposé à terre, avec la couverture de la lumière et le regard du soleil, c.-à-d. : couvert seulement pkr la lumière (nu), et le soleil dardant sur lui ses rayons, ou regardant le soleil.
FARGARD VII
IMPURETÉS CAUSÉES PAR LA NAÇUS ET LE CONTACT DES CADAVRES, §§ 1-72. — PURIFICATION DE DIVERS OBJETS, §§ 25-58, 72-93, 122-127, 183-192. — de la mère d’un enfant MORT-NÉ, §§ 151-182. — IMPURETÉ DES DAKHxMAS, EXHORTATION A LEUR DESTRUCTION, §§128-150. — ÉPREUVES DE L’APPRENTI-MÉDECIN, SALAIRE DU MÉDECIN, §§94-121.
Le septième fargard appartient encore à la section des lois de purification Ce chapitre est formé de la réunion de plusieurs fragments. 11 s’occupe, il est vrai, en majeure partie des souillures engendrées par le contact des cadavres et des modes de purification appropriés à ces souillures ; mais d’un autre côté il rejiroduit deux passages d’autres fargards(') et il en contient un troisième entièrement étranger au sujet du chapitre, celui qui traite des épreuves et du salaire du médecin. La finale ne s’y rattache pas davantage (193-19G), non plus que les §§ 37-40. Ces divers fragments appartiennent bien i»robablement aux parties les plus anciennes de l’Avesta; les mœurs qui y sont décrites sont celles de l’Éran primitif.
Ce fargard forme un nouveau chapitre de casuistique; mais la morale mazdéenne ne s’y montre pas sous un jour bien favorable. Nous y voyons, en effet, le Mazdéen assuré du salut éternel s’il détruit un morceau de cimetière, ou condamné aux supplices de l’enfer pour avoir mangé du chien. Enfin, les œuvres saintes, les pratiques pieuses y sont déclarées inutiles et mêmes criminelles pour celui qui porte de l’eau la nuit ou commet quelqu’autre infraction de la même gravité. Les §§ 128-136 n’ont pas les mêmes caractères d’antiquité que le reste du chapitre, la forme de la phrase qui les introduit, cette exhortation d’Ahura-Mazda au § 128 et le rôle assigné à ce dernier dans le § 135 ne laissent guère de doute sur leur origine relativement récente. Ce fargard ne présente que des difficultés de détails et celles-ci, pour la plupart, ont rapport plutôt aux mots qu’aux choses et aux idées. On peut donc le ranger parmi les sources les plus sûres des études zoroastriques;
I- l. Zarathustra interrogea Ahura-Mazda (en ces termes): Ahura- Mazda ! Esprit très-saint, Créateur des mondes visibles, Etre pur !
2. A quel moment la Druje Naçus fond-elle sur les corps des hommes morts ?
II- 3. Ahura-Mazda répondit : Aussitôt après la mort, ô sage Zarathustra, le principe de connaissance s’échappe (du corps). La Druje Naçus s’élance alors des régions occidentales (‘) sous la forme d’un insecte d’un aspect terrible par ses pattes recourbées, son podex avançant, sans borne à (sa) nuisance comme les impurs Khrafçtras Q).
III- 4. Créateur des êtres visibles ! si ces hommes ont été tués par des chiens, des loups, des Ifàtus, si leur mort est due à quelque fléau, à (une chute dans) un précipice, à la (justice) des hommes, à la violence ou à la faim (^),
IV- 5, Après quel laps de temps la Naçus s’élance-t-elle sur eux ?
V- 6. Ahura-Mazda répondit : A la fin du Batus (^) qui suit (celui de la mort). La Druje Naçus s’élance des régions occidentales sous la forme d’un insecte d’un aspect terrible par ses pattes recourbées, son podex avançant, sans borne de nuisance comme les plus impurs Khrafçtras !
VI- IX-7. Créateur des mondes ! Des hommes habitant la même maison reposent sur la même couche, sur le même chevet.
(0 Les régions occidentales, stériles et montagneuses, demeure des barbares envahisseurs de l’Éran, passaient aux yeux des habitants de cette contrée pour le séjour des dévas. C’était de là que leur venaient tous les maux qui désolaient leur pays. C’était en outre de ce côté que la lumière du soleil allait se perdre dans les ténèbres. Cp. le néo-persan bakhtar occident. Spiegel croit que c’est le nord. Mais le nord n’est point privé d’astres et ceux-ci ne disparaissent pas dans cette direction.
{*) Litt. : terrible de ses pattés, etc... sans fin de nuisance comme (cela se fait) par les impurs K.
— Ou pourrait aussi traduire: s’avançant avidement de ses pattes, etc.; la construction rappelle le dives opum. — Au lieu de nuisance, la version pehlvie traduit : Taches qui se touchent. 11 en est de même au chap. XVII. 12, de VArdâ-Virâf Namêh où cette description est appliquée au génie des mauvaises actions ou à leur personnification. Aspendjarji adopte aussi cette explication peu sûre.
— Khrafçtras ; ce mot désigne les insectes et animaux malfaisants créés par Anro-Mainyus.
(*) Yâtus, comp. I. 57. Fléau, ou oppression, tyrannie. Pehlvi: tourment, oppression. Précipice : glose pehlvie : Jeté du sommet (d’une montagne). Justice : conformément à la loi (glose).
(‘) Les Eraniens divisaient le jour en cinq parties ou Ratus. Les points de délimitation étaient: le lever du soleil, midi, le crépuscule, le moment où les étoiles brillent de tout leur éclat et celui où cet éclat pâlit par suite de l’approche de l’aurore. Les Parses donnent à ces divisions, le nom de Gah, mot qui dérive de Gâthâ, chants du Yâçna, les Gâthâs ayant été préposés aux cinq parties du jour.
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