‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 171 sur 686 · Comment donc · texte numérisé non relu

Comment donc

186. S’ils sont d’or, qu’on les arrose une fois avec du gômeza, qu’on les lève de terre une fois (^), qu’on les lave une fois avec de l’eau après quoi ils seront purifiés.

187. S’ils sont d’argent, on doit les arroser deux fois de gômeza, les lever deux fois de terre et les laver deux fois dans l’eau ; après cela ils sont purs.

LXXV-188. S’ils sont de fer, que l’on répète trois fois ces opérations (^), qu’on les répète quatre fois s’ils sont d’étain, six fois s’ils sont de pierre, et ils seront purifiés (®). S’ils sont de terre, de* bois ou d’argile, ils sont impurs à jamais.

LXXVI-189. Créateur des êtres corporels! Comment seront purifiés les animaux qui ont mangé du cadavre d’un chien ou d’un homme?

(') Ce passage est obscur. Nous suivons la traduction du D. Haug en la modifiant en deux points (Haug. Gegenicart Stand, p. 29). Selon Spiegel, la femme devrait boire cette eau devant des prêtres et des femmes connaissant les rites sacrés ; de plus, après avoir usé de cette faculté, et en se conformant aux instructions des Destours, cette femme serait peshotanus et devrait subir un châtiment sévère (179-182). Tout cela est contraire aux principes de FA vesta ; aussi nous ne saurions admettre une telle explication. Aucune, cependant, ne satisfait complètement ; peut-être le texte est-il corvompu. (Vaetha =. sanscr. vidâ, xidyd, science, formule magique ?) i~) Ces derniers mots sont interpolés ; ils forment une glose introduite dans le texte.

(3) Ce verset est également l’œuvre d’un interpolateur ; son intioduction dans le texte' a eu évidemment pour but de mettre les antiques institutions en accord avec cel'es du temps, f') Après les avoir enfoncées dans la terre, bien probablement. Comp. le § 35.

(•'’) Le texte répète les termes du § 186.

C^) Spiegel rejette ces trois phrases; elles nous paraissent cependant bien en place.

TENDIDAD.

LXXVII-190. Ahura-Mazda répondit : Ils sont impurs (*), ô saint Zarathustra !

191. Et ne peuvent plus, pendant la durée d’une année, servir pour l’offrande du lait caillé ou pour celle de la viande qui se fait en levant le bareçma f).

192. Mais après ce laps de temps, ils peuvent être mangés (^) à volonté comme auparavant par les hommes fidèles à la loi.

LXXVIII-193. Quel est celui, ô saint Ahura-Mazda ! dont les pensées (ont la pureté pour objet) qui désire la pureté et cependant la fait décroître et qui tout en y conformant ses pensées, attire cependant la Druje(^) ?

LXXIX-194. Ahura-Mazda répondit : Celui dont les pensées tendent à la pureté, qui désire la pureté (^) et cependant la fait décroître et quî tout en conformant ses pensées à cette loî, attîre cependant la Druje.

195. (C’est celui) qui emploie (®) l’eau souillée par un cadavre sans (l’avoir purifiée par) l’eau consacrée.

196. C’est celui qui transporte de l’eau dans les ténèbres nocturnes sans les offrandes (prescrites) (').

(1) Le texte de Spiegel porte : Ils sont purs ; mais alors le § 191 ne s’explique plus.

(2) Ou du lait frais.

(3) Mais ils ne peuvent plus servir aux sacrifices, comme cela résulte de la comp. des §§ 191 et 192.

(^) Ou plutôt délie la Druje, la lance sur le monde (comp. vinaz et vînah, sanscr.) — Cet homme

favorise l’impiété, l’action des démons. — Spiegel identifie le mot bactrien avec le pehlvi vandâdano (acquérir, obtenir) dont se sert la version. Mais l’î long nous paraît s’y opposeï’. Vind ne peui donner vhiad. — Le pehlvi donne une toute autre explication, qui est peut-être la vraie. Le mot Druje y est pris dans le sens de tromperie, mal qui trompe. — Cet homme, en agissant de la sorte, n’atteint, ne pi’oduit qu’un mal qui le trompe par ses apparences vertueuses. Toutes ses bonnes actions ne sont que des fautes déguisées.

(®) Litt. : qui pense et qui désire la pureté ou purement.

(®) Probablement pour les sacrifices et les usages religieux. Pehlvi : qui transporte.

(") Il était défendu de répandre ou de transporter de l’eau pendant la nuit, de peur qu’il n’en tombât quelques gouttes sur un objet impur sans qu’on s’en aperçût. Si l’on se trouvait dans la nécessité de violer cette défense, ou bien si on l’avait fait par mégarde, on devait, en réparation de cette infraction à la loi et pour arrêter la Druje, réciter la prière toute-puissante yathâ ahü vairyô et faire certaines cérémonies prescrites. Voy. Sadder. Porta, 34 et 52.

Les derniers termes du § 190 sont les mêmes que ceux du § précédent; ils ne contiennent qu’une idée générale qu’ilfallait préciser. — De Veau. Ces mots manquent dans le texte et il n’est pas bien cei'tain qu’on doive les suppléer. La version n’en fait pas mention non plus; elle ajoute toute autre chose : ce cadavre. Malheureusement, la glose qui suit semble n’avoir aucun rapport avec le texte et ne peut l’éclaircir. Cependant il faut peut-être prendre apa pour une fonne d’accusatif pluriel de ap ou suppléer naçumaitim âpsm du S précédent.

FARGARD YIII

DU MODE d’ensevelissement DES HOMMES ET DES CHIENS EN CERTAINS CAS. — CÉRÉMONIES DE LA PURIFICATION. — PURIFICATION DU FEU. — CAS DIVERS.

Ce fargard est le plus long de tous, puisqu’il ne contient pas moins de 310 versets. Il est formé, comme le précédent, de morceaux détachés traitant des sujets très-différents : mode de traitement des cadavres en certains cas, §§ 1-37, 05-73; châtiment de certains crimes, §§74-100; conduiteàtenir àl’égard du feu servant aux usages de la vie, §§254-270; purification des souillures contractées par suite de la présence ou du contact d’un cadavre, §§ 38-04,107-253,271-310; (des chemins, des hommes et du feu). Ce dernier sujet occupe comme on le voit les deux-tiers du chapitre, il enconstituaitprobablementle fond primitif auquel sont venus s’ajouter des fragments divers. Ce chapitre porte en lui les preuves d’une certaine antiquité. Il en est ainsi surtout de ses parties principales. On y voit en effet que les Alazdéens de cette époque habitent sous des tentes, puisque leurs habitations peuvent se transporter et se détacher du sol. Voy. §§ 9, 24; les conditions requises par le farg. IX pour l’exercice des fonctions de purificateur, ne sont point encore connues de l’auteur de’ce chapitre ; le premier venu est ici appelé à les remplir et y est parfois obligé en conscience. Voy. §§ 285, 286, 293. La course échevelée que l’impur doit exécuter, est certainement un trait de mœurs d’un âge très-reculé. Un autre cachet du temps se trouve encore dans l’irrémissibilité des fautes graves que proclament les §§ 81-82, tout comme le I®‘‘ et le III® fargards. Mais ici, comme dans ce dernier, cette sévérité des mœurs primitives a été corrigée par un interpolateur d’époque récente. Dans ce fargard, comme dans le précédent, on ne rencontre que des difficultés de détails qui ne nuisent point à l’intelligence du sujet et des prescriptions légales. Le passage qui concerne le feu mérite seul quelques éclaircissements. Pour le bien comprendre il faut se rappeler certains principes du système zoroastrien : 1® Le feu est un élément sacré, représentant direct de la puissance et de la sainteté divine. Chaque feu allumé est une entité digne de respect, qu’il serait criminel de profaner ou de détruire. Si quelqu’usage coupable est venu le souiller, il faut le purifier avec soin. 2® En règle, le feu ne devrait brûler que sur les autels en l’honneur du Dieu suprême ; mais, par condescendance pour les besoins de l’homme, Ahura- Mazda permet de l’employer aux usages profanes. Toutefois cette concession n’est pas d’une durée illimitée. Au bout d’un certain temps le feu qui échauffe les fourneaux industriels et celui même qui .brille au foyer domestique doivent être affranchis de cette servitude et reportés au lieu saint, pour y reprendre le seul office qui leur convienne.

VENDIDAD

Grands sont les mérites de celui qui accomplit cette prescription. On trouvera énumérés ici un nombre considérable de métiers et de travaux industriels. La première partie du passage (les V. 229-253), détaille les actes de la cérémonie de purification. Le feu souillé doit être éteint, mais pas^complètement. Une portion de ce feujdoit être conservée pour continuer l’existence de l’entité sacrée et pour être reportée au foyer de l’autel ; le reste doit être dispersé et éteint. Tout cela s’accomplit de la manière suivante. Le premier qui aperçoit un feu souillé par un cadavre doit s’empresser d’enlever cet objet impur; il doit ensuite jeter dans le feu du bois nouveau et allumer celui qui sert de fond au foyer. Cela fait il divisera les bois enflammés en neuf faisceaux et il les emportera successivement à unecourte distance, lesdéposant àterreet séparant les branches pour que la flamme s’éteigne d’elle-même au plus tôt. Le neuvième faisceau seul doit être réservéet porté auDàityogàtus ou foyer sacré. Telles sont les prescriptions de la loi que rappellent les §§ 229-253. Il est à remarquer que les premiers (229-236) énoncent e précepte général, et les suivants (236-253), les détails de l’exécution. Les prières conjuratoires prescrites dans ce fargard comme celles des suivants, sont empruntées aux Gâthâs. On ne peut conclure de ce fait que les hymnes de ce recueil formaient un manuel liturgique plus ancien que tout le reste de l’Avesta et que c’est uniquement dans ces chants qu’il faut rechercher les origines du zoroastrisme, car il est des parties très anciennes qui ne portent pas la moindre trace des Gàthàs.

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