‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 228 sur 686 · Il les souille par contact médiat · texte numérisé non relu

Il les souille par contact médiat

77. Vivant il frappe les eaux, vivant il éteint le feu, vivant il pousse le bétail dans la voie prohibée, vivant il frappe l’homme pur d’un coup qui fait partir l’âme et coupe le principe vital, mais (il n’en est) point ainsi (quand il est) mort.

78. Vivant, ô saint Zarathustra, l’ashemaogha impur, l’homme pernicieux, impie, prive l’homme pur de tout ce qui est aliment, vêtement, arbre et pâturage et du fer. Mais pas ainsi quand (il est) mort.

(') Mot de signification incertaine, dérivant probablement de taohhma, semen. Spiegel lui donne le sens de parenté pour mettre ce g en harmonie avec les autres ; mais cette finale paraît indépendante du reste. Peut-être est-ce un fragment égaré, rais ici faute d’une meilleure place.

FARGARD XIII

P DESCRIPTION DE DEUX ANIMAUX, L’UN ADVERSAIRE REDOUTABLE, L’AUTRE AUXILIAIRE PUISSANT DES DÉVAS. — CRIMINALITÉ ET CHATIMENT DE CELUI QUI DONNE LA MORT AU premier; mérite de CELUI QUI TUE LE SECOND. §§ 1-20. — 2° DU SOIN DES CHIENS. ’ — CULPABILITÉ ET CHATIMENT DE CELUI QUI LES TUE OU LES MALTRAITE. §§ 21-105. — ORIGINE, UTILITÉ, CARACTÈRE DU CHIEN. §§ 106-165. — S'» SORT DE L’AME ANIMALE DU CHIEN APRÈS LA MORT. §§ 166-168. — 4° CONSÉQUENCES FUNESTES DU MEURTRE D’UNE UDRA. — MODE DE RÉPARATION ET d’exPIATION DE CETTE FAUTE. §§ 169-174.

Le fargard XIII s’occupe exclusivement du mode de traitement des chiens et de quelques autres animaux; il en est de même du suivant. Il est probable qu’ils appartenaient tous deux à un traité complet sur la matière, traité dont le chapitre XIX, (46-49) du Boundehesh peut nous donner une idée. En ce dernier endroit, il est question des oiseaux, des bêtes sauvages, des quadrupèdes utiles, du renard, du fourmilier, du castor, du coq, du chien, etc. ; certains passages de notre fargard y sont même cités textuellement. Le fargard XIII est le morceau le plus bizarre de VAvesta ; il ne donne pas une très-haute idée des conceptions philosophiques de l’Éran à l’époque de sa composition. Il serait cependant injuste de juger ce morceau, d’après nos idées modernes, et de méconnaitre le mérite de cette naïveté de conception des peuples primitifs. L’auteur de VAvesta, d’ailleurs, avait des motifs spéciaux d’insister sur le soin des chiens, gardiens de l’homme et de ses richesses, seuls gardiens même dans ces temps barbares, et de veiller à la conservation d’animaux précieux, infatigables destructeurs des insectes, qui ravageaient les moissons et enlevaient au peuple ses moyens de subsistance. La plupart des idées étranges qui déparent ce chapitre sont des conséquences directes des doctrines fondamentales du Zoroastrisme. Tout existant dans le monde pour la lutte entre les deux esprits, les animaux utiles créés par Ahura, chéris de lui, coopérateurs à son œuvre, sont dignes d’un soin, d’un respect religieux. D’un autre côté, les animaux nuisibles étant les créatures, les auxiliaires des dévas, leur destruction est aussi une œuvre pieuse. De là, ces sentences et ces prescriptions que nous trouvons ici et ailleurs.

Ce fargard abonde de difficultés ; difficultés de mots, il est vrai pour la plupart, mais n’entravant pas moins l’explication du texte. La première a pour objet l’animal dont il est question aux premiers versets. Quel est ce vanhâpara ou rfiya/ta dont le meurtre est un si grand crime? Les parses modernes prétendent que ce nom désigne le blaireau ou le porc-épic ; mais la comparaison de la version pehlvie avec certains passages du Boundehesh et du Sadder, nous apprend qu’il s’agit ici d’un destructeur de fourmis.

VENDIDAD

« Le Zuzak, dit le premier de ces livres, est créé pour la destruction des fourmis qui « ravagent les grains ; il les noie dans leurs trous et comble ces derniers (Ch. XIX. 9 « pp. 47-48.» ) « Ne tuez pas le Huja, ajoute le Sadder; si vous en trouvez un quelque « part, portez-le au milieu des champs. En faisant cela vous acquerrez de grands « mérites. Le Huja détruit des milliers de fourmis, il tue aussi les serpents ... C’est « un animal très-utile, aussi ne le tuez jamais. » Il semblerait donc que le Vanhàpara appartint à la famille du Tamandua ou fourmilier. Mais le témoignage des naturalistes condamne cette explication ; le fourmilier est un animal d’Amérique, inconnu à l’antique Asie. Il faut donc chercher autre chose, sans sortir des bornes de la faune éranienne. Dans le nord de l’Inde et dans l’Afghanistan, on trouve deux animaux dont la structure et les mœurs répondent assez bien aux indications des textes cités. Ce sont le Pangolin et le Phatagin, tous deux affamés de fourmis qui forment leurs mets principaux, tous deux de marche très-lente et par conséquent faciles à saisir. Leur corps est recouvert d’écailles pointues ; leur tète est mince et allongée; leurs ongles sont longs et aigus. Attaqués, ils se roulent en boule et présentent partout à leurs agresseurs une cuirasse impénétrable ; l’homme seul parvient à la briser. Ces animaux sont doux et innocents et ne font aucun mal ; ils courent lentement et ne peuvent échapper à l’homme qu’en se cachant dans des trous de rocher... (Buffon, t. IV, p. 80, édit, in-18; Desmarchais. Voyages, t. I. p. 200.) C’est donc au Phatagin ou au Pangolin et plus probablement au Phatagin que correspond l’animal chéri d’Ahui'a-Mazda que la loi sainte défend de tuer. C’est bien là, l’animal aux pointes aigues ('), à la tête longue et éfllée que décrit le § 3, et que le Sadder ordonne de reporter dans les champs.

A cette première difficulté vient s’enjoindre d’autres, répandues dans le reste du chapitre; il est même un sujet, un passage entier dont l’explication a, jusqu’à présent, échoué. On verra cela plus loin.

Le sujet du fargard XIII est assez uniforme ; cependant l’exposé des qualités du chien ne paraît pas appartenir à la même époque ni provenir de la même main que le reste ; il n’est pas dans le goût des autres parties du Vendidàd. C’est un jeu d’esprit, où le spirituel ne brille pas toujours. La finale §§ 170-174, est certainement un horsd’œuvre destiné à former la conclusion de ce chapitre que le XIV® suivait peut-être sans interruption.

(1) Le Boundehesh appelle aussi le zaoziK l’animal au dos hérissé de piquants. Voyez C. XIV ou p. 30, circa fin.

I- I. Quel est l’être appartenant à Çpentô-Mainyus, celle des créatures de Çpentô-Mainyus (*)

2. Qui, à chaque aurore jusqu’au lever du soleil Ç), s’avance (terrible) pour Anro-Mainyus comme un (guerrier) qui tue mille (ennemis) ?

II- 3. Ahura-Mazda répondit : C’est le chien porte-dard (^), à la tête allongée (‘) qui se nomme vanhâpara et que les hommes au mauvais langage (®) appellent dujaka.

4. C’est là cet être appartenant à Çpentô-Mainyus, cette créature de Çpentô-Mainyus

5. Qui, à chaque aurore jusqu’au lever du soleil, s’avance (terrible) pour Anro-Mainyus (comme un guerrier) vainqueur de mille ennemis.

III- 6. Celui qui le tue, ô sage Zarathustra, ce chien porte-dard, à la tête effilée, ce vanhapara que les hommes au mauvais langage appellent dujaka^ donne la mort à son âme.

7. (Et sa faute étend ses effets) jusqu’à ses parents des neuf (degrés légaux) (®).

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