‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 245 sur 686 · Il court en avant, çà et là, comme un enfant · texte numérisé non relu

Il court en avant, çà et là, comme un enfant

162. Tel est le caractère qui lui appartient comme à l’enfant.

XLIX-163. Que les maîtres des maisons (qui sont) à moi n’en repoussent point ces deux (espèces de chiens) (^) :

164. Ceux qui gardent les troupeaux et ceux qui gardent les maisons ;

165. Car sur la terre créée par Ahura, les maisons ne subsisteraient pas sur leurs fondements, si je n’avais pas ces chiens qui gardent les trou- *peaux et les demeures.

L-166. Créateur des mondes ! Si des chiennes viennent à mourir, les sensations (®) éteintes et devenues impuissantes que devient le principe de connaissance (qui est en elles)?

LI-167. Ahura-Mazda répondit : Il va au fonds originaire des eaux, ô saint Zarathustra. Là se trouvent avec elles deux udras aquatiques, un couple, l’un mâle, l’autre femelle,

168. Réunis à mille chiens femelles et à mille chiens (®) mâles.

169. Le meurtrier d’un udra produit une sécheresse qui détruit les pâturages.

LII-170, Partout avant ce (crime), ô saint Zarathustra! de ce lieu, de cette terre provenait l’abondance et la fertilité ; la santé et la guérison,

(1) Au rik pelilvi comparez aussi l’hébreu rhq. Le § 156 est interpolé; il répète le § 141, mais, comme le remarque Spiegel, il est apocryphe.

(^) C’est-à-dire: Il est gourmand, et non : il parle inconsidérément. Cp. l’expression karhâ zûhân, à langue de chien, qu’on trouve dans VArdâ V. N. 63, 8.

(3) D’autres entendent par là qu’il marche avec les membres de devant, à quatre pattes, comme l’enfant. Il faut alors lire paou7'vaeibya.

(*) Ou bien que les Ratus (docteurs de la loi) n’écartent pas de ces maisons... Le mot Ratus désigne certainement aussi les maîtres de maison. Comp. Vispered, III. 20, etc. Le § 164 démontre qu’il s’agit réellement des chiens ; que ce sont eux qu’on ne doit pas écarter.

(6) Le mot zend est inconnu. Le seul mot sanscrit qui s’y rapporte est jeînana,- action de manger. — Le pehlvi peut aussi signifler : Dont la valeur a péri ou dont le cerveau est mort (comparez au mot pehlvi le néo-pers. mazah, mazagî?). .

(«) Spiegel : Qui proviennent de mille chiens mâles, etc. Le mot mille étant à l’instrumental se traduit mieux comme nous le faisons ici.

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l’extension, la prospérité, le développement, la croissance des blés et des pâturages.

LIII-171. Créateur des mondes ! Quand reviendront en ces lieux, en ces pays habités, l’abondance et la fertilité, la santé et la guérison, l’extension, la prospérité, le développement, la croissance des blés et des pâturages ?

LIV-172. Ahura-Mazda répondit : Dans ces lieux, dans ces pays l’abondance et la fertilité, la santé et la guérison, la gloire, la prospérité, le développement, la croissance des blés et des pâturages ne reviendront pas.

LV-173. Avant que le meurtrier de l’udra n’ait été tué, ou qu’on ait fait les offrandes trois jours et trois nuits pour son âme pieuse.

LVI-174. Près du feu brûlant, avec le bareçma formé en faisceau, le homà levé (vers le ciel). Alors reviendront l’abondance etla fertilité, la santé et la guérison, la prospérité, le développement et la croissance, la croissance du blé et des pâturages (*).

(') Le texte répète mot pour mot les §§ 190-194 du IX' fargard, qui ne sont certainement pas en place à cet endroit; l’udra n’était point en cause dans le chapitre XIII. Ils forment comme une sorte de transition au fargard suivant; transition, du reste, très-maladroite. Cette conception de l’udra provenant de 2000 chiens est fort bizarre; aussi croyons-nous devoir la rejeter. Cette explication semble requise par la reproduction de cette phrase, au § 2 chap. XIV. Mais il est évident qu’elle s’est glissée là par mégarde. Voy. ce § page 151. — Cf. § 168, note, p. 147.

FARGARD XIV

DU MEURTRE DE l’UDRA. — PEINE ET MOYEN d’eXPIATION.

Le fargard XIV ne s’occupe que d’un seul sujet': le meurtre de l’udra qu’il veut empêcher et punir. Il semble n’ètre la continuation du précédent ou plutôt sa conclusion et se rattacher aux §§ 1(39-170 de ce chapitre. En effet, le présent fargard ajouté à ces deux paragraphes forme un morceau parallèle à plusieurs passages du Yendidâd et notamment aux §§ G, 12, 21, 25, 35, 38 du fargard XIII. Nous y trouvons, en effet, d’abord, l’énonciation du crime, puis celle de ses conséquences, XIII §§ 169 à 172; enfin celle du châtiment qui doit atteindre le coupable. Comparez, par exemple, XIII §§ 6, 9, 10, 12. — Il serait même possible que l’on eût détaché les §§ 1-5 pour les réunir au fragment relatif à l’expiation du meurtre de l’udra, fragment qui existait peut-être isolé lors de la dernière rédaction du Vendidâd.

Cette partie de notre chapitre déployé un luxe de moyens inconnus au reste de l’ouvrage. Non-seulement les œuvres expiatoires y sont multipliées, mais elles atteignent des proportions extraordinaires ; c’est par dix mille que se comptent les actes et les objets de ces actes.

Il n’est pas douteux, bien que le texte ne le dise pas, que l’accomplissement de toutes ces œuvres n’était point requis, mais que l’une ou l’autre suffisait. Au plus grand nombre de ces prescriptions, du reste, il serait absolument impossible de satisfaire. On oserait même dire que ce morceau ne semble pas être l’œuvre d’un législateur sérieux ; aussi ne pourrions-nous pas lui attribuer une origine très-ancienne.

L’animal dont ce fargard s’occupe est désigné sous le nom de udra aquatique ; ce doit être la loutre. Le Sadder enlève tout espoir de salut au criminel qui a donné la mort à cet animal chéri d’Ahura. D’où vient ce respect religieux pour cet être peu utile à l’homme? c’est ce qu’aucun de ces livres ne nous indique.

Le Boimdehesh, il est vrai, considère la loutre comme destiné à détruire les dévas des eaux !

Cette longue énumération d’œuvres de salut, parfois assez bizarres, offre très-peu d’intérêt en elle-même ; mais au point de vue ethnologique, elle n’est point sans importance. Elle nous fait connaître de nombreux traits de mœurs de ces temps antiques et nous donne une idée de la civilisation de ces âges reculés. Malheureusement, l’obscurité qui règne sur un certain nombre d’expressions contenues dans ces paragraphes, fait perdre à ces indications beaucoup de leur intérêt.

Les difficultés que présentent les §§ 54-59 trouveront peut-être leur explication dans un passage de Chardin que nous citerons ici pour éviter de donner aux notes

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une extension démesurée : « (Il y a en Perse) des conduits d’eau souterrains qu’ils « appellent kerises. Ils creusent au pied des montagnes pour trouver de l’eau ; et « lorsqu’ils en ont trouvé un filet ils le conduisent, par des canaux souterrains, huit « à dix lieues loin... Il n’y a pas de peuple qui sache si bien ménager l’eau que les « Persans. Ces conduits ou canaux sont quelquefois creux de 10 à 15 toises ; j’en ai vu « d’aussi profonds... Un de mes voisins d’Ispahan, fils du Vizir de Corassan qui est « l’ancienne Bactriane, me disait souvent que son père avait trouvé dans les registres « de la province, qu’il y avait eu autre fois quarante-deux mille kerises » (Comp. §§ 55-57). Chardin, Voyages, T. IV, p. 218.

Et plus loin : « Pour ce qui est de la distribution des eaux des rivières et des sources, « on la fait par semaine ou par mois selon le besoin, en cette manière : On met sur le « canal qui conduit l’eau dans le champ une tasse de cuivre, ronde, fort mince, percée « d’un petit trou au centre, par où l’eau entre peu cà peu et, lorsque la tasse va au fond, « la mesure est pleine et on recommence jusqu’à ce que la quantité d’eau convenue « soit entrée dans le champ. » {Idem, p. 220.) Comp. §§ 58-60.

Après avoir labouré, les cultivateurs persans rompent les mottes avec des maillotes de bois et avec la herse, « et puis avec la bêche ils unissent la terre et la mettent en « carré comme les parterres d’un jardin, y faisant des rebords hauts d’un pied, plus ou « moins... La mesure d’eau, c’est qu’il y en ait assez pour qu’un canard puisse y nager « et c’est de cette manière qu’on en donne aux jardins toutes les semaines. Les jardins « payent tant par an pour avoir de l’eau tant de fois par mois. L’eau ne manque point « d’ètre envoyée au jour nommé et alors chacun ouvre le canal de son jardin pour y « recevoir l’eau. « Voy. Idem, p. 220-222. — Comp. Flandin, Voyage en Perse, T. I, 273, 277, 278. T. II, 389.

I- l. Zarathustra demanda à Ahura-Mazda : Ahura-Mazda, esprit trèssaint, Créateur des êtres visibles !

2. Si quelqu’un frappe l’udra (‘) d’un coup qui fait partir l’âme et qui détache le principe vital (^),

3, Quel doit être son châtiment ?

II- 4. Ahura-Mazda répondit : qu’il frappe 10,000 coups du Çraoshocarana, 10,000 de l’aiguillon.

5. Qu’il apporte au feu d’Ahura 10,000 charges de bois dur et sec, examiné avec soin (^) ; conformément à la loi sainte et en expiation pour (le salut de) son âme.

IIT-6. Qu’il porte au feu d’Ahura 10,000 charges de bois mou de sandal, d’encens, d’agallochum ou de grenadier ou de quelque autre plante odoriférante; conformément à la loi sainte et en expiation pour (le salut de) son âme.

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