‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 321 sur 686 · C. LXII · texte numérisé non relu

C. LXII

41. La fonction de l’oiseau Camrôsh(^) est de porter les semences qui tombent de l’arbre Jad-besh (^), là où Tistrya prend les eaux.

(*) Voy. p. 209, note 1.

(*) Litt. : la prospérité et la fertilité qui sont de cette terre.

(’) Roi des oiseaux, habitant le mont Alborj. Tous les trois ans, il fond sur les villes ennemies de l’Éran et y répand la désolation. Voy. Boundehesh, 46. 5.

(*) Yad-besh (litt. : anti-mal), est le nom de l’arbre qui porte toutes les semences et qui croît dans la mer Vourukasha, le réservoir céleste des eaux fécondantes.

VENDIDAD

42. Tistrya alors emporte ces eaux avec les semences et les répand ensemble sur la terre (*)•

Ces bizarres conceptions diffèrent peu de celles qu’on trouve dans le XXI® fargard. Elles existaient probablement en germe à l’origine du zoroastrisme; mais le développement qu’elles ont pris ici a fait reporter la date de composition de ce fargard, jusqu’au dernier âge de TA vesta. Tout semble démontrer la justesse de cette appréciation.

(') Le Boundehesh donnait déjà les mêmes explications. Voy. cli. XXVII, c. init. p. 63, fin.

FARGARD XXII

AHURA-MAZDA FAIT CONNAITRE A ZOROASTRE LES MAUX QU’aNRO-MAINYUS A SUSCITÉS POUR COMBATTRE ET DÉTRUIRE LA BONNE CRÉATION §§ 1-6. — AHURA-MAZDA DEMANDE LE SECOURS DU GÉNIE DE LA LOI, §§ 7-8. — INVOCATIONS, §§ 9-19. — LE GÉNIE DE LA LOI OFFRE SES SERVICES A AHURA-MAZDA, §§ 20-21. — CE DERNIER ENVOIE NAIRYOÇANHA APPELER ARYAMAN, §§ 22-28. — INVOCATIONS, §§ 29-37. — NAIRYOÇANHA EXÉCUTE CET ORDRE, §§ 38-40. — INVOCATIONS, §§ 41-62. — ARYAMAN SE REND A l’aPPEL D’AHURA- MAZDA. — SES ACTES, §§ 63-69. — PRIÈRE ADRESSÉE A ARYAMAN, § 70.

Ce fargard forme le complément de la série de prières conjuratoires qui terminent le Vendidâd. Comme les deux précédents, il constitue une page d’un rituel, page où l’exposé théorique ou historique précède les prières liturgiques. L’Atharvan conjurateur doit lire d’abord cet exposé, puis prononcer les invocations sur les malades qui réclament son ministère. Ces invocations entrecoupent la partie historique du chapitre I. Le sujet principal se compose donc des §§ 1-8, 20-28, 38-40, 63-69. C’est faute d’avoir compris la nature et le but de ce morceau qu’on l’a représenté comme une œuvre de décadence indigne du Vendidâd. Le désordre, que l’on y voit régner, n’est qu’apparent; chaque partie est disposée selon les exigences des rites et de la cérémonie. Si nous ne nous trompons point, ce fargard est en quelque sorte le pendant du Hâ XIX du Yaçna ; il tend à diviniser la prière Aryanian-Ishyô, comme le Hà dix-neuvième à exalter la grandeur et la puissance de l’Honover. On ne peut toutefois nier que le chapitre final du Vendidâd n’ait été composé âune époque assez récente ; les doctrines fondamentales du mazdéisme s’y montre altérées, la puissance des génies y parait égaler, pour ainsi dire, celle du créateur. Ahura-Mazda implore leur secours d’un ton presque suppliant. Cependant il faut encore ici se garder d’exagérer la valeur de ces signes de décadence ; les maux suscités par Anro-Mainyus n’atteignent pas le créateur mais le monde visible et l’homme. Le Boundehesh XIX, 13-14 l’indique clairement (^). Il est certes bien des passages du Vendidâd qui n’ont rien de plus élevé que ce dernier fargard.

(q Comp. Ulema-i-Islam, p. 49.

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