‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 441 sur 686 · Et toutes les créatures pures de Çpenta Mainyus · texte numérisé non relu

Et toutes les créatures pures de Çpenta Mainyus

(Suit une longue liste de prières extraites de différentes parties du Yaçnaou du Vispered : Ahunavairyo, — Yacna 34, 15. — Air; ma ishya. — Ashem vohû, etc., etc. Elles n’ont aucune importance et elles n’appartiennent pas au manuel liturgique.)

(1) La conjonction copulative prouve la différence d’objets. A r<. l'.nia comp. Vai’ûn, déva des passions honteuses. Voy. Binkart, édid. Peshotun Beramjî, page 43, glossar.

GATHA AHUNAVAITI (')

Prière de I'Atharvan à Ahura-Mazda, Asha et Armaiti. 11 implore les dons célestes et terrestres, pour lui et pour les premiers disciples de Z oroastre.

I- O. Pensées, paroles, actions heureuses (*) de Zarathusthra le saint. Que les Amesha-Çpentas viennent accueillir les Gâthâs. Honneur à vous, ô purs Gâthâs !

II- l. Par (cette) prière, les mains élevées (vers le ciel), pour la satisfaction de Mazda, l’esprit vivifiant, je veux honorer d’abord tous(^) ceux qui pratiquent les actions saintes qui réjouissent l’esprit de Vohumanô et l’âme du taureau.

III- 2. Moi qui suis à vous, ô Ahura-Mazda ! je viens vous implorer, avec une intention droite, pour que (vous me) donniez les biens appartenant aux deux mondes, au monde corporel et à celui de l’esprit ; (ces biens qui proviennent) de la pureté et par lesquels (celle-ci) donne la félicité (*) à ceux qui se complaisent (en elle).

IV- 3. Moi qui suis à vous, ô Asha, je veux aussi vous louer, ainsi que le bon esprit originaire (®) et Mazda-Ahuraà qui sont la puissance incommutable, et la sagesse qui donne le développement ; accourez à mes invocations, pour me satisfaire.

V- 4. Et moi qui, avec (l’aide du) bon esprit, ai appliqué mon âme à des pensées célestes (®), qui connais les bénédictions des actes (conformes à la loi) d’Ahura-Mazda, que je persévère dans le désir de la sainteté, tant que j’en aurai le pouvoir et la force.

(') De Ahu, chef, Ahura-Mazda. Ce Gâthâ chante ses grandeurs et ses dons.

(2) Yânim qui provient d’un don céleste (yânem), qui donne le bonheur. Cet entête ne fait point partie des gâthâs; il y a été apposé par le compilateur.

(’) Tous par les actions saintes, ou peut-être < toutes les actions, > ahyâ se rapporte à çpentahyd. (‘) Etablit en félicité.

(®) Apaourvhn, qui est sans précédent.

('>) Litt. : qui ai établi mon âme pensant au garé nmâna, ou peut-être : pensant aux hommages à rendre à Ahura et aux génies.

OATllAS.

VI- 5. Asha ! comment parviendrais-je à te voir, eonnaissant le bon esprit et l’obéissance, voie (qui conduit) à Ahura-Mazda, l’esprit vivifiant? Par cette loi (en le redisant) de notre bouche (^), nous pourrons mieux (que par tout autre moyen), écarter les méchants.

VII- 6. Viens avec le bon esprit, toi qui donnes (^) les dons de la sainteté. Par tes paroles véridiques, Mazda donne pour longtemps un bonheur plein de puissance à Zarathustra et à nous, ô Ahura ; que par lui nous écrasions les haines de l’ennemi.

VIII- 7. Donne, Asha, la bénédiction, les dons du bon esprit. Donne, Armaiti, à Vîstàçpa, (l’objet de) son désir; et à moi aussi. Donne-nous tes dons, ô Mazda, maître suprême (^), que nous observions vos lois (^).

IX- 8. Je t’implore en dévot, toi le maître le meilleur, qui te plais dans la pureté parfaite, te demandant les meilleurs dons en faveur de Frashaostra, pour moi et pour ceux que tu feras participer pour toujours aux dons du bon esprit (®).

X- 9. Grâces à ces faveurs, puissions-nous ne jamais vous offenser, ô Ahura, ni Asha, ni Vohumano; nous qui cherchons à vous satisfaire, (®) en vous offrant nos hymnes de louange, à vous qui favorisez le désir et la possession des biens utiles.

XI- 10. De ceux que tu connais, en raison de leur sainteté, comme des créatures du bon esprit et des esprits droits, comble le désir en leur donnant des biens (^). Je sais que (ceux qui écoutent) vos enseignements sont pourvus d’aliments et de dons qui ne (vous) manquent jamais (*).

XII- 1 1. O toi, Ahura-Mazda ! enseigne-moi du ciel, de ta propre bouche pour que je proclame (tes enseignements); enseigne-moi à conserver à jamais la pureté et le bon esprit, dans l’état où était le monde primitif (®).

(>) Litt. : langue. Manthra peutjêtre ici une formule conjuratoire. Vâurôimaidê potentiel du thème vâur pour vâvar intensif de var, écarter.

(2) Litt. : pour un temps long; ceci peut se rapporter à Asha.

(3) Le dernier mot pourrait désigner Khshathra; ou tes lois qui sont des dons.

(*) Vâun de vanômi.

(*) Que tu établiras en vertu et feras parvenir au monde céleste.

(®) Qui vous favorisons dans l’offrande.

(^) Par des obtentions.

(*) Ou peut-être que vos enseignements soient brillants, favorables, ne défaillissant pas.

(^) Ce chant a un caractère trop vague pour appartenir aux premiers temps de la réforme. Le V. 3, str. 6, prouve d’ailleurs qu’il n’est point de Zoroastre. Toutefois la mention exclusive de Vîstàçpa et de Frashaostra lui donne une grande apparence d’ancienneté.

Tous les hymnes du Gâthâ ahunavaiti sont composés de vers de seize syllabes coupées par une césure après la septième.

GATHAS.

Le génie des troupeaux se plaint au ciel des mauvais traitements dont ses protégés sont les constants objets. Ahura-Mazda lui annonce la venue de Zoroastre. Prière de CAtharvan.

morceau abonde de difficultés. Maints passages sont obscurs et l’on ne se rend pas bien compte de la nature du personnage mis en scène. Quel est ce Géus urvâ Spiegel, avec la tradition, y voit l’àme du taureau primordial, la première des créatures vivantes d’Aliura-Mazda, mise à mort par Anro-Main}ms ; Roth le considère comme une sorte de Bubonus mazdéen. 11 est facile de concilier ces deux opinions ; car l’àme du taureau, Géus urvà, est, dans le ciel mazdéen, un génie protecteur du bétail. Le but de cet hymne est de rappeler la mission de Zoroastre et de le représenter comme le redresseur de tous les torts. Une autre difficulté se rencontre dans la détermination des rôles de cette scène. Nous croyons que plusieurs des strophes doivent être attribuées au prêtre ofliciant; le premier mot du chant (vers vous) indique un interlocuteur en dehors des personnages du dialogue. Il en est de même des strophes 10 et 11. On a prétendu que cet hymne avait eu, pour auteur, Zoroastre lui-même ou l’un de ses premiers disciples. Rien de plus faux. Ce n'est, au contraire, qu’une composition tardive; la légende zoroastrienne y est déjà toute formée; en outre la manière dont le Géus urvà accueuille l’annonce de la venue du prophète, démontre le contraire. Les allusions à l’Ahuna vairya et à l’Ashem vohu, indique une composition récente.

Le Prêtre,

1. Vers vous l’esprit des troupeaux éleva ses plaintes : ^Pour qui m’avez-vous formé, qui m’a créé? Sur moi (s’appesantissent) la passion meurtrière, la force et la violence de l’homme impur (^), har-

(') L’âme du bœuf.

(2) Ahîshahya. Comp. dhitis (?) — qui se plaît à souiller, ce qui justifierait l’intervention d’Aslia. Ahùshahya. Comp. le néo-pers. ahô. (?)

GATHAS.

dies (‘) et cruelles. Je n’ai point d’autre pasteur que vous, montrez-moi de bons pâturages.

2. En conséquence, le formateur du taureau (®) demanda à Asha : que feras-tu (^) pour les troupeaux , afin que vous leur procuriez, ô esprits puissants, avec les pâturages, des soins diligents qui fasse prospérer les troupeaux ('^) ? Quel chef voulez-vous leur donner qui fasse retourner la violence contre les méchants (®) (qui l’exercent).

3. Asha lui répondit : il n’est point, pour les troupeaux, de chef qui ne leur nuise en rien. Ceux mêmes de ces chefs qui sont justes ne savent pas comment on doit marcher dans les voies saintes (®). C’est vers le plus fort que le travailleur vient aux cris (’).

Asha.

4. Mazda tient parfaitement en compte tout ce qui a été fait (®) et tout ce qui le sera encore, en quelque manière que ce soit, par les dévas et les hommes. Ahura est celui qui discerne, qu’il nous soit fait comme il veut.

(>) Les autres traductions ne tiennent pas compte de Yd. — Dares; comp, le dars des inscriptions cunéiformes. — Cruelle, méchante, criminelle, comp. turis, sansc. Ou peut-être : puissante, prévalant. Dares, taris, sont des formes radicales.

(*) Ce doit être Çpenta-Mainyus. Comp. XXXI, 9.

(3) Comment est ta manière d’agir; si ratus signifiait chef, il faudrait cis (ratus) ou uu autre pronom et non un adverbe.

(*) Qaodâyô de gâo ddy.

(î>) Dregvôdebis est à l’instrumental; mais ce cas remplace souvent le datif. « Qui chasse Aeshma avec les méchants > donne un sens moins satisfaisant.

(®) Comp. XXXIII, 8. Passage obscur. Pehlvi : ce qu’est la bienveillance, la concorde, (âshtîh et non addtih) brillante et juste. Cette traduction est évidemment fausse ; elle fait de shavaitê un substantif et d'ddréng ereshvdonhô deux adjectifs se rapportant à ce mot qui est au singulier. Il est clair que les traducteurs ne nous donnent ici qu’une simple conjecture. C’est donc une explication sans importance d’une valeur moindre encore que les conjectures des éranistes modernes, puisqu’elle provient de gens qui n’avaient aucune idée d’un procédé scientifique. Ceci s’applique à tout cas semblable. On pourrait traduire : il n’en est point parmi eux qui favorisent les justes droits, mais pour cela il faudrait shavayêitê et non shavaitê.

(7) Litt. : vers qui il y a venue par le travailleur. Le sens est que la force domine tout.

(8) Vâverezôi pour vdverezê parfait passif troisième personne du singulier de varez. Daévdis dépend du passif. 11 ne s’agit pas ici, d’ailleurs, de ce que fait Mazda, mais de ce qui est fait par hommes et dévas puisqu’il suit immédiatement < Ahura discerne. > Caqdre est pris dans le sens de compte, jugement. Ahura retient comme compte.

GATHAS.

Géus urvâ.

5. Les mains levées vers vous, maîtres célestes (*), pleines de dévotion pour Aluiv?,; mon âme et celle de la vache mère ont dit (^) à Mazda par leurs demandes ’) : que l’homme dont la vie est juste, que le pasteur ne vive point au iiiilieu des méchants Q.

6. Alors Ahura-Mazda, qui connaît t()ute fin par sa sagesse, dit : il n’est point encore donné le maître suprême ni le chef (établi) en vue de la pureté (®). — Pour toi, le créateur t’a fait pour le pasteur et le cultivateur de pâturages.

7. Ahura a créé ce manthra de prospérité, d’accord avec Asha. Mazda, l’être vivifiant, l’a créé pour les troupeaux ainsi que la jouissance (®), pour ceux qui en jouissent (^) selon la loi (®).

^ Géus urvâ.

As- tu quelque homme qui, (doué) du bon esprit, transmette un jour ces (dons) aux mortels.

Ahura-Mazda.

8. Je le possède, cet homme, qui seul a entendu nos commandements, Zarathustra le saint. Celui-là fait nos volontés à nous, Mazda et Asha (®) pour promulguer nos enseignements. C’est pourquoi (il faut) lui donner l’art (*°) de l’élocution.

9. Alors l’esprit du taureau se prit à pleurer : « (Malheureux) qui ai obtenu un don sans valeur, la voix d’un homme faible (“) tandis que je le

(') Pehlvi, mtnishnîh et non tùkhshakîh. Frénemnâ, partie, àhvâo pl. de ahva. Cp. Y. XXXIII, 8.

(2) Litt. : avons dit.

(3) Peut-être : nous demandons d’Ahura par nos supplications ce que lui demandent ceux qui ont recours à lui dans leurs doutes, leurs difficultés. Rien ne prouve que du ait déjà un sens défavorable dans les Gâthâs. Mon âme. C’est donc le Géus urvâ qui parle.

(*) Et ne nous maltraite point. Litt. : que le commerce de la vie ne soit pas au juste parmi les méchants.

(5) Il s’agit probablement ici de l’Ahuna-Vairyo non encore révélé, vyâna de vi yâ; distinction, intelligence.

(®) Ou le lait.

(7) Comparez Eig Vida X, 32. 4, gàvô çâsan.

(8) Ou : lui sacré pour ceux qui.

(8) Ceci prouve qu’Ahura répond au Géus urvâ et que ce dernier a dit la phrase précédente. Litt. : celui-là veut en faveur de.

(10) Le bon don ou la bonne constitution ; hu demem de hu dâ.

(") Non guerrier. Khshànménê. il faut lire yé khshânméno qui possidens (sum), ou traduire qui suit dans le posséder; de khshànména ou hhshânman suivant la leçon, khshânmâna dériverait de khshâ, racine collatérale à khshi ou peut-être dé khshnâ (= jnâ); yé khshànménô serait « qui reconnaît, voit en lui. » La version pehlvie suppose dans le texte kshâ, nmâné, possédant dans la maison ; khshàn comme yàn.

GATHAS.

veux (ce sauveur) puissant et fort! Quand existera-t-il celui qui lui donnera un appui plein de force ? «

10. Pour vous, ô Ahura, ô Asha, donnez-leur (‘) et cela par le bon esprit (®), la force et la puissance qui leur procurent une vie heureuse et sûre, le bonheur. Moi, ô Mazda, je te reconnais comme le premier possesseur de cet (esprit).

11. Où sont lapureté, lebon esprit et la puissance(^)? Quant à moi, Asha et vous Mazda, donnez-moi vos dons de rétribution pour le développement du grand œuvre (de la propagation de la doctrine mazdéenne). O Ahura, notre salut (dépend) du don qui nous (vient) de vous.

Distinction des deux esprits. — Sort final des bons et des méchants.

1. Et maintenant, je veux annoncer à ceux qui viennent (à moi) ces (vérités) que (l’on dit) au sage. O Mazda ! Chants de gloire pour Ahura, hymnes de louange pour le bon esprit; leçons salutaires (données) par Asha; et ces enseignements révélés par les splendeurs lumineuses (^).

2. Ecoutez de vos oreilles ce qui est parfait, voyez de votre esprit ce qui est purpour discerner le choix (àfaire), chaque hommepour son propre corps, avant le grand œuvre (^). Car voici les maîtres qui (sont destinés) à enseigner (ce qu’il faut savoir) pour cela.

3. Or (je proclamerai) ces deux esprits primitifs qui ont été appelés d’après leur propre opération en pensées, en paroles et en actions, l’esprit bon et le mauvais ; que les justes savent discerner (®) avec vérité et les méchants point.

(1) A ces chefs que le Géus urvâ demande, probablement. Il doit y avoir une lacune entre 9 et 10, caries derniers vers du § 9 ne sont pas de nature à relever le prestige du prophète et la strophe 10 ne suit pas bien la précédente. Les strophes 10 et 11 ne peuvent être dites que par le prêtre; elles forment une conclusion de l’hymne et le ramènent au niveau des prières du sacrifice.

(2) Ce bon esprit dont il est fait mention à chaque pas est tantôt l’Amesha*Çpenta Vohumanô, tantôt la disposition interne de l’homme juste opposée à celle des dévas ; c’est l’esprit de soumission à la loi mazdéenne, l’ensemble de toutes les tendances conformes aux principes mazdéens. Ménhi, je t’ai pensé, reconnu.

(3) Comment les obtiendrai-je? La part, at indique que mâm ashâ commence un nouveau membre de phrase. La mention du génie Asha est évidente. Frâkhshnenê, rétribuez-moi pour le développement pour le grand œuvre (frâkhshnan, de fra-\-ac-\-s).

(*) La lumière est un mode de manifestation de la divinité. Construisez nyêca urvâzâ yâdareçaîd.*

{f) Le triomphe des justes dont il est parlé XLVII, 2. d.

(®) Litt. : sont discerneurs; de vis-ci.

GATHAS.

4. (Je proclamerai) cela aussi que ces deux esprits se rencontrèrent à l’origine pour créer la vie et la mort et le sort final de l’être (*); (ces deux esprits qui sont) le mauvais esprit des méchants, l’esprit très bon du juste.

5. De ces deux esprits, celui qui était mauvais choisit les actes coupables (^) ; l’esprit saint choisit la pureté, lui qui habite les cieux immuables ; (comme lui firent) ceux qui cherchent à satisfaire Ahura par des actes essentiellement bons, tendant vers Mazda.

6. Ils ne surent point distinguer ces (esprits) selon la vérité, les sectateurs des Dévas ; à ces (méchants) qui complotent la destruction (^) s’unit l’esprit mauvais qu’ils avaient choisi et les mortels s’unirent avec empressement à Aeshma (^) pour accabler de maux par lui les dopx mondes.

7. Vers celui-ci (le juste) vint Armaitis la sagesse avec la puissance, (Khshathra) le bon esprit et Asha (la pureté), et lui donna la prospérité pour le corps avec la vigueur (^). Qu’il te soit fait en sorte que tu abondes des dons ce ces (génies) !

8. Mais lorsque sur ceux-là (les méchants), vient fondre le châtiment des crimes ; qu’alorston règne s’établisse par le bon esprit, ô Mazda Ahura ! il règne sur ceux qui ont assujetti la Druje (menteuse) par la vérité,

9. Puissions-nous être ceux qui opéreront la reconstitution (®) du monde! et des maîtres sages et par la sainteté apportant les joies (au monde renouvelé). Que pour cela notre esprit soit où la sagesse habite Ç) !

10. Alors (®) sur les (sectateurs des) Drujes s’appesantit le coup de la destruction ; et ceux qui versent dans la sainte doctrine participent pour jamais à la félicité de Vohumano, de Mazda et d’Asha.

11. O mortels ! apprenez les enseignements que Mazda a donnés aux hommes, les règles de conduite et de bonne vie, et qu’un long malheur (est

(>) Litt. : et comment serait l’être au dernier temps.

(2) Verezyô, le commettant.

(2) A pereçmanéng debaoma ; de de bû, deorsum fieri.

(*) Déva de la violence et du meurtre. Litt. : par qui ils accableraient.

(q Anma pour dma ou de a nam.

(«) La résurrection générale, dit la glose pehlvie, mais le texte ne parle que d’un progrès ou de la perpétuité du monde.

(^) Que nous suivions toujours les voies de la sagesse. Litt. où la sagesse est par sa demeure.

A môyaçtra, comp. »nayaj, joie, restauration. On doit peut-être traduire avec la tradition: ô Mazda, Ahura et Asha qui apportez, etc.

(») A la rétribution finale.

GATHAS.

réservé) aux méchants et des avantages de longue durée aux justes. De ces (enseignements) vient le salut (*)

Annonce des vérités religieuses. Le poète demande la sagesse. AJiura Mazda est le

chef du monde pur. Eloge de la vie pastorale. L’âme est le principe d'action. Ahura

scrute les cœurs. Malheur des méchants; bonheur réservé aux justes.

1. Rappelant vos enseignements, nous proclamons ces paroles inouïes à ceux qui, par les enseignements du mensonge, détruisent les mondes de la sainteté ; mais paroles excellentes pour ceux qui sont attachés de cœur à Mazda.

2. Si la foi en cette croyance ne vous est point, par cela même, démontrée meilleure, alors je viendrai vers vous tous (‘^). Car Ahura-Mazda a constitué un chef de cet ensemble de dons ('^), au moyen duquel nous vivons conformément à la sainteté.

3. Donne par le feu céleste (^) et par Asha, cette science que tu réserves aux défenseurs (de ta doctrine) (®).

Cet enseignement (que tu donnes) aux docteurs (®) (delà loi), dis-le-nous, ô Mazda, pour que nous le connaissions, dis-le-nous par la langue de ta propre bouche; que par lui, je favorise (^) tous les êtres vivants !

4. Lorsque Ahura Mazda (®) et la sainteté et la sagesse sont invoqués

(!) Ce Gâthâ ne porte aucun indice de sa date ni de son origine. On n’y trouve point le langage d’un réformateur, du prédicateur d’une nouvelle doctrine.

(2) Pour vous le démontrer, car Ahura m’a constitué chef. (Peut être : pour vous punir) et non : j’irai vers vous, Amesha-Çpentas.

(3) Dons spirituels, la loi, le bon esprit, la pureté, etc. ; ayâo génitif féminin singulier et non génitif duel; ce serait alors de ces deux parts, le sort final heureux ou malheureux; ce que la suite (yû ashâ, etc.) rend impossible.

(‘) Manifestateur de la divinité, principe de la vie de l’homme, etc. Peut-être : que tu donnes, ô esprit !

(3) Le contexte ne permet pas de traduire ranôïhyà par bois dont on fait jaillir l’étincelle. Nous lisons ranôibyô comme au Yaçna XLII, 12. C’est ainsi aux combattants pour ta loi. Si on veut maintenir le duel, il faut alors supposer avec la tradition, deux partis en discussion religieuse. — Impossible de traduire : cette pointe de feu que tu lances sur tes ennemis. Rana ne peut désigner les ennemis de Mazda puisqu’au Yaçna XLIl, 12,il leur donne des bénédictions par ÇraoshS, Çraoshô ashîs ranôibyô vidayât. D’ailleurs, le contexte s’y oppose; il ne s’agit ici qued’enseignement.

(6) Cazdônhvat de cazdanhvat\ cazdanh de cash, enseigner et dâ (?)

(') Ou « favorise » (toi).

(3) Ces mots sont au pluriel. La tradition les prend au singulier. S’ils désignent plusieurs êtres, ce ne sont certainement pas les Amesha-Çpentas dont les Gâthâs ne parlent pas, mais les génies célestes quelconques. Varedâ, litt. développement.

GATHAS.

selon la (loi de) vérité, donne-moi par l’esprit parfaitement bon, un pouvoir fort ; que par sa puissance, nous abattions la Druje.

5. Indique-moi, pour que je le distingue clairement, ce bien excellent que vous m’avez donné selon la sainteté, pour que je sache, par le bon esprit, pour que je comprenne ce qui sera sans dommage pour moi (*).

Dis-moi, ô Mazda, tout ce qui ne sera pas ou ce qui sera.

6. Bonheur parfait soit au sage qui me dira conformément à la vérité, ce manthra d’Haurvatât, d’Asha et d’Ameretât (^) : Tel est le règne d’Ahura, qu’il se développe pour lui par le bon esprit !

7. Celui qui a formé à l’origine (^) ces éclats lumineux, pour qu’ils se répandent dans les astres, celui-là a créé par son intelligence, la pureté par laquelle il soutient le bon esprit. Tu les fais croitre, ô Mazda, toi qui es perpétuellement d’un pouvoir universel, ô Maître!

8. Or, je te reconnais, ô Mazda, comme le principe (^) du monde créé par l’intelligence, père du bon esprit; car je t’ai saisi dans (mon) regard. Je te reconnais le créateur véritable de la pureté, le maître du monde, quant à ses actes.

9. A toi était la terre, à toi l’esprit qui forma le bœuf. Esprit céleste, Ahura-Mazda ! Sur cette terre (®), tu as donné passage à celui qui mène la vie pastorale (®), à celui qui n’est point pasteur.

10. De ces deux (hommes) Armaiti a préféré le pasteur qui la cultive avec soin. Tu remplis (^) du bon esprit, le maître juste. Maïs, ô Mazda, que le nomade, adorateur des dévas, ne soit pas participant aux saintes doctrines.

11. O Mazda, qui, par ton esprit, es le créateur des mondes, et des lois et des intelligences ! c’est pour nous la chose la plus importante que tu nous as donné une âme pourvue d’un corps et la faculté d’agir (*) et des enseignements. Lorsque (l’homme) pose avec volonté des actes de choix, (*^)

(!) Litt. : de quoi l’innocuité pour moi. Ereshes de a rish, d’après la tradition, d’où le mot de Neriosengh acchêdas. Comp. acchidra.

(2) C’est-à-dire, qui donne l’incolumité, la pureté, l’immortalité; formule magique ou la loi.

(3) Paoiryo comme fratemô, fargard II.

(*) Au pehlvi zâk, comp. le persan zâq (?) (uterus.)

(^) Ou pour cette terre, en sa faveur.

(®) Litt. : qui vient du pâturage. Armaiti est ici la terre.

(') Ou tu repais, comp. psâ. — Nomade, litt. : « non pasteur. »

(8) Litt. : les actes.

(9) C’est-à-dire lorsqu’il agit avec délibération et jugement.

GATHAS.

12. Alors il élève la voix (il parle) mentant (*) ou disant la vérité, sage ou insensé, par la vertu du cœur et de l’esprit de cette (âme). La sagesse, qui les observe partout, scrute invisiblement leurs dispositions (^).

13. Qu’elle scrute par une recherche ostensible ou en secret, ô Mazda! Qu’un homme se soumette à la plus grande expiation pour une petite faute, tu vois cela, éclatant à (tes) yeux, (toi qui es) Maître (^) (des hommes).

14. Je te demanderai, ô Ahura, ce qui arrive et ce qui arrivera. Quelles fins (^) sont accordées par les rétributeurs à l’homme juste ; quelles fins, ô Mazda sont données aux méchants? Comment s’accompliront-elles?

15. Je te le demanderai, quelle vengeance (sera exercée) contre ce criminel qui procure la puissance au méchant, ô Ahura, qui ne parvient pas (à mériter) (^) la vie, à cause du tort qu’il fait au pasteur, au troupeau et à l’homme innocent ?

16. 'Jeteledemanderai, ô Ahura, commentest celuiqui, bon et sage, s’est appliqué à développer, selon la sainteté, la puissance de la nmâna, du bourg ou de la contrée ! Comment t’appartiendra-t-il et quels seront ses actes? (®)

17. Est-ce le juste ou le méchant qui choisit le bien le plus grand ? que le sage, le dise au sage (qui l’ignore), que l’ignorant ne soit point préposé (à cet enseignement) Ç). Sois pour nous, ô Mazda-Ahura, le manifestateur du bon esprit.

18. Que personne d’entre vous n’écoute les maximes, ni les enseignements du méchant, car il livrerait la nmâna, le bourg, la tribu, la contrée au malheur, à la destruction. Mais exterminez les (méchants) par le glaive.

19. Écoutez le sage qui enseigne la pureté aux mondes, ô Ahura ; qui sait dire les paroles de vérité ; qui parle en maître (*) par ton leu brillant

(1) Litt. : le mentant ou le véridique... parle.

(2) Ou bien . scrute les deux genres d’esprit, le bon et le mauvais; demande où est leur tendance.

(’) Neriosengb conserve les mots effacés de la version pelüvie que nous possédons et traduit Adrd

par péché. Peut-être pourrait-on comparer ce mot au persan hdr, ordui’e, chair putréfiée, et traduire; tu vois tout, impuretés ou vertus. Les dehors ne te trompent pas. Il faut effacer un aibi, le premier probablement.

(i) Ou plutôt : terme final.

{^) N'obtient pas la vie comme mérite.

(6) Comment sera-t-il tien, et quoi opérant. L’auteur demande quelles seront les qualités et les l’écompenses de l’homme de bien.

(?) Le poète demande que tous les maîtres de la doctrine soient savants et sages.

(8) Ou : qui est le maître de sa langue; ou bien : qui domine par sa langue. La première interprétation viole les principes de la composition des mots.

GATHAS.

dans la décision (d’une contestation) selon ce qui est bien (‘), ô Ahura !

20. A celui qui rend le juste menteur ("^), qu’il soit (donné) désormais pour une longue vie, un séjour de ténèbres, à la nourriture empoisonnée, aux voix lamentables. Que la loi (que vous suivez), par vos propres actes, vous conduise dans ce lieu, qui est le vôtre, ô méchants !

21. Ahura-Mazdaa créé le Summum de l’intégrité et de l’immortalité, de la plénitude et de la pureté, de la puissance souveraine (®) et la collation du bon esprit, pour celui qui lui est cher, par ses pensées et par ses actes.

22. Ces choses sont évidentes pour l’homme bon, comme pour celui dont l’esprit sait comprendre (‘). Celui-là suit (la voie de) la pureté sainte, par ses facultés, ses paroles et ses actions. Celui-là, ô Mazda Ahura, sera pour toi l’être le plus utile (®).

Les esprits célestes et les délias cherchent à gagner la faveur d'Ahura-Mazda. Celuici rejette les dévas et proclame la criminalité de leurs œuvres. Bonheur réservé aux Justes', chcitiments des méchants.

1. Le maître, le serviteur avec le client (®) et les dévas vinrent pour (gagner) la faveur de son esprit à lui Ahura-Mazda ! (disant :) que nous soyons tes ministres, arrête ceux qui te haïssent.

2. Ahura-IMazda qui règne par le bon esprit, en vertu de la puissance (qui lui est essentielle), leur répondit selon la vérité, son heureuse et brillante compagne : Nous choisissons votre Armaiti sainte, parfaite ; (que ce soit) elle (qui) soit à nous !

3. Mais vous, dévas, vous êtes tous (de) la race du mauvais esprit, (vous

{’) Ranayâo iie peut être le même mot que ranôibyô. Le sens de combattant est inadmissible ici. Vanhâu, selon le bien, ou locatif pour génitif.

(2) Ou « trompé » qui trompe le juste. Avaêtâç lisez avaêtaç, plein de cris de douleur.

(3) Peut-être : par la propriété de sa puissance.

(*) Qui sait par son esprit, ou peut-être par le bon esprit.

O Ou qui s’approche le plus de toi. Celui-là pratique la sainteté par toutes ses facultés. Vohù se rapporte à ashem. Pehlvi : le corps qui te porte le plus en soi.

(C) Ces trois mots : cjactus, airyaman, verezënô sont encore obscurs. Ici ils sont employés comme termes généraux désignant tous ceux qui sont dévoués à un chef (à Ahura). Il s’agit dans cette strophe soit des sectateurs de Mazda, soit des Amesha-Çpentas, des esprits célestes. La strophe 2 nous fait pencher vers cette seconde opinion. De la comparaison des strophes 2 et 3, il résulte qu’Ahura répond à des propositions qui lui ont été faites par les génies et les dévas, au V. 4, str. 1. Nous lisons ahmi et non mahmi.

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