GATH AS
en provenez, vous) et tout qui vous honore, ainsi que les pratiques (*) du mensonge et de la fourberie et les tromperies par lesquelles vous êtes connus dans les sept parties de la terre.
4. Car c’est vous qui avez produit — et — répandu ces (doctrines) par suite desquelles les hommes commettant les plus grands crimes disent ce qui plaît aux Dévas ; déchus du bien, par l’esprit, ces hommes sont privés de l’esprit d’Ahura-Mazda et de la vérité.
5. Par là, vous frustrez l’homme du bonheur de la vie et de l’immortalité, car le mauvais esprit, par le penser, l’agir et le parler criminels, vous donne, à vous, dévas, la puissance, comme (il la donne) au méchant.
6. Vous avez été cause de châtiments nombreux qui ont été annoncés, puisque par ces châtiments, la rétribution atteindra les êtres (^). Tu le sais, ô Mazda, par ton intelligence parfaite; c’est en toi, en ta puissance et ta vérité, que je trouverai la vraie doctrine (^).
7. Il ne sait rien des châtiments qui atteindront les meurtriers, celui qui prêche ces meurtres par le fer aigu, qui l’ont fait connaître (^). Mais toi, ô Ahura-Mazda, tu en sais parfaitement l’exécution (terrible).
8. C’est par ces châtiments qu’est connu Yima, le fils de Vivanhâo, qui voulut enseigner aux mortels à manger des chairs dépecées (®). Je m’en remets à toi, ô Ahura, pour leur distribution (®).
9. L’homme aux mauvaises doctrines détruit les sentences sacrées ; par ses enseignements, (il fait périr) l’esprit de vie. Il a éloigné Ç) le bien
(') Skyaoma est une forme collatérale de skyaothna et dérive de çcyu qui signifie entreprendre une chose. Il a la forme syaoma comme syaothna.
(2) Litt. : Si quidem per illas pœnas per quas fama fit, entia in rationis redditione erunt.
(3) Ou « sera à trouver » en prenant vidâm pour une forme verbale servant à former des temps comme celles en antim. Mais ce peut être aussi la pi’emière pers. sing, du subjonctif imparfait. Peut-être aussi uf-iidjw, j’établirai ou j’ai établi.
('') Strophe très-obscure. Ces meurtriers sont probablement les persécuteurs des mazdéeus qui exhortent à massacrer ces novateurs et le font eux-mêmes. Litt. : Harum pœnarum nihil cognoscit in occidendo (occisore) evidentia (ou accidentia); cf. sadru.On bien: in agendo occisiones (hâdrôya de sad), quas occisiones docet, quibus audit, per ferrum splendens. On pourrait à la rigueur rapporter ces coups et ce fer aigu aux supplices des méchants eu enfer et traduire : Ils ne savent pas ces châtiments qu’on verra les frapper par le fer et qui seront annoncés, connus. AoJadearajan/jdgd dejan.
{’>) Litt. : par le partage de la chair, ou mangeant des morceaux i?) Peut-être « cherchant à satisfaire. » Comp. fargard II, introd. — Il est difficile de ne pas voir ici une allusion à la déchéance de Yima et à son supplice.
(*) C’est à toi à discerner les châtiments qui doivent leur être infligés.
{’’) Il détruit en enseignant le contraire ou en empêchant la propagation de la vraie doctrine. Il fait en sorte que le bon esprit disparaît. On ne peut tenir compte du passage du singulier au pluriel ni des temps des verbes. Apayanta de apa-yam.
GATHAS.
sublime, véritable, de l’esprit bon qui m’appartient. Ces paroles de mon intelligence, je les profère (les adressant) à vous, ô Mazda, et à Aslia (‘).
10. Il détruit mes enseignements, celui qui dit que la terre et le soleil sont ce qu’il y a de pire à voir des yeux (“^) ; celui qui prodigue ses dons au méchant, qui désole les champs et porte le coup de mort au juste.
11. Au maître et à la maîtresse de maison, il enlève la possession (^) du bonheur. Ils détruisent (^) la vie pour moi, ceux qui estiment grands les méchants (®) et qui privent les justes du bon esprit (®) pur,
12. Par suite de cet enseignement au moyen duquel ils ont écarté les mortels des actions saintes. Mazda a maudit ceux qui enseignent à donner la mort au bétail (’), ceux par qui le Karapan s’est éloigné de la vérité par la corruption, et la puissance (est devenue le partage) des (hommes) qui aiment le mensonge.
13. Par cette puissance (^), le corrupteur l’a fait passer au domaine de l’esprit pervers, destructeur de ce monde; et ainsi fait celui qui se plaît à tourmenter (^) le ministre de la loi qui leur montre le chemin de la sainteté, ô Mazda !
(') Parenthèse du poète.
(-) C’est là le seul sens naturel de cette phrase, tout bizarre qu’il est. Bâthéng ou qui établit les lois du méchant.
(*) Litt. : inventio.
(*) La vie qui résulte de mes doctrines.
(5) Qui apprécient les méchants par des grandeurs, ou qui les comblent de grandeurs, les honorent.
(6) Il nous est impossible d’admettre un ablatif comme complément direct de vouloir blesser, nuire.
On regarde généralement ràreshga comme une forme neutre passive de l’intensif de rash (= rahsh)
blesser, nuire, et on traduit « recevoir du dommage. » Cette explication est inadmissible. Notons d’abord que cette dérivation est possible, il est vrai, mais qu’elle ne s’appuie sur aucun fait; en outre, que raksh a aussi le sens de protéger, préserver et quepd (même sens) est pris dans l’Avesta en mauvais sens, pour signifier écarter d’un bien, priver (Voy. Y. XLV, 8. d.). Le sens adopté est impossible car il suppose que le bon esprit, la sainteté, pourraient nuire, ce qui est absolument faux. Ils ne nuisent à personne. C’est leur propre loi, leur propre méchanceté qui nuit au méchant et s’il est puni dans l’autre vie ce n’est ni par Voliiimanô ni par Asha. De plus, pour le soutenir il faut donner à râreshy un sens passif ou traduire « qui nuit par la sainteté » sens plus impossible encore. On verra les défauts de cette interprétation au Yaçna XI, 6. Elle est enfin condamnée par la tradition qui traduit partout « priver, repousser, écarter » et donne partout un sens satisfaisant. Que l’on fasse venir ce mot de raksh en lui donnant le même sens qu’à pd, ou de arsh, s’en aller, s’enfuir (avec métathèse), soit avec la tradition du désidératif de râ. Rien ne permet de soutenir que râshay et râresh ont la même origine; resh témoigne plutôt d’une forme rsh. Moins admissible encore est l’explication de Justi qui fait d’un ablatif le complément d’un verbe signifiant blesser, nuire.
(") Litt. : qui tuent la vie du bétail par leur dire, leur enseignement.
(®) Litt. ; ces puissances.
(®) Qui (sont) dans le plaisir — faisant gémir.
GATHAS.
14. Le corrupteur, le sectateur des Kavis (‘), a incliné son intelligence dans la voie de ce (mauvais esprit), produisant ces deux erreurs funestes à savoir qu’il s’adresse au méchant pour (avoir) appui, et que la vache doit être immolée, lui qui promet (comme suite) un secours qui écarte la mort.
15. La perdition (qui vient) de vous (ô génies célestes) s’est appesantie sur ceux qui sont les disciples des Karapans et des Kavis et aussi sur ces maîtres despotiques qui ne donnent point la vie (^). Ceux-ci seront portés par les deux génies (^) dans la demeure de Vohumanô,
16. Ceux qui ont enseigné complètement tout ce qui est bien à l’intelligence éclairée et pieuse (^). Tu es maître, ô Mazda Ahura, de ceux dont l’incrédulité est pour moi persécutrice ; livre donc les méchants au châtiment (®).
(■) Les Karapans et les Kavis (voy. str. 15) sont certainement des docteurs d’une religion opposée à celle de Zoroastre, mais les Gâthâs ne nous disent point à quel culte, à quelle nation ils appartiennent. On ne peut méconnaître la ressemblance de ces noms avestiques et de l’Uçikhs (43-20) avee ceux des Krpas, Kerpanyus, Kavis et Uçij védiques; mais on ne peut rien conclure de cette similitude. Les Kavis, etc. sont ici accusés de prêcher le massacre du bétail, de chercher à détruire les troupeaux; ils sont les amis des nomades ([ui ravagent les pâturages. Or, rien de plus opposé que tout cela aux moeurs des Indo-.Aryas qui avaient pour la race bovine un respect presque superstitieux et prodiguaient des soins approchant d’un culte, à ces précieux animaux qui formaient leur principale richesse. Il suffit, pour faire preuve, de rappeler ces mots sanscrits, mahishi = vache et épouse; gôtra, étable et famille, etc. Il est à remarquer, en outre, que les ennemis des Aryas védiques sont désignés dans le chant sacré comme des hommes à peau noire ou rouge, à nez écrasé, antropophages, etc. Rien de cela ne convient aux Éraniens. V. III, 34, 9; I, 130. 8, V. 17, 32; V, 29, 10; I 133, 5, etc. Ces noms sont probablement antevédiques. Les Yeshts font des Kavis et des Karapans des génies malfaisants du même genre que les Yâtus et les Pairikas. Hôithwa = Txaêtu (sêtu) transporté à la déclinaison a;hî fradivd, au duel féminin; mraoî et que la vache est dite devoir tuer.
(2) Dans l’empire desquels régnent la tyrannie et la mort. Yéng à l’accusatif par attraction.
(3) Ce sont, selon la tratition, Haurvatât et Amerctât, génies de la préservation des maux et de l’immortalité, fournisseurs des aliments célestes. Ceux-ci [tôi) désignent les autres, les fidèles.
(*) Ou bien «et complètement tous les biens seront pour celui qui.» Tdi bien qu’au pluriel peut très bien se rapporter à yé. On trouve des enjambements dans le.s Gâthâs, comp. XXXI. 11, 12.
(^) Litt. : jette donc ainsi les méchants envoyés au châtiment. Cet hymne doit être très-ancien ; les Karapas et les Kavis ne sont pas connus de l’histoire. Il témoigne d’elforts pour l'endre les Éraniens sédentaires et mettre en honneur l’élève du bétail. On y voit qu’à cette époque, les Éraniens zoroastriens étaient exposés aux coups et aux invasions de nombreux ennemis qui s’attaquaient surtout aux atharvans. Dvaêthd. Comp. dvêdha, ou inimitié. Litt.: dont l’inimitié est une persécution pour moi. Aithi de â iti ou at aller contre.
GATHAS.
Les lois données au monde primitif régissent toute chose- Le méchant sera puni et
le bon récompensé. Le poète demande la science des lois et du culte divin et les
bieyis promis aux justes. H offre tout son être en oblation au ciel.
1. Tout s’accomplira ici-bas comme (cela doit se faire) par suite des lois qui ont été données (*) au monde primitif selon une (règle d’) action très juste, et (qui s’exécutent) pour le méchant comme pour le juste en raison de la fourberie à laquelle (se livre) le premier et de la droiture (naturelle) au second (^) ,
2. A celui qui fait le mal au méchant, par pensée, par parole ou par action; ou qui affermit le monde dans le bien, on donnera une récompense à souhait, selon le bon plaisir d’Ahura.
3. Si quelqu’un est pour le juste, un maître (®), un serviteur, un client parfait ou s’il soigne le bétail avec diligence, ôAhura, il habitera le champ de la vérité et du bon esprit.
4. (Pour moi) qui, par mes prières, éloigne de toi la rébellion et le mauvais esprit ; du maître, le mépris ; du serviteur, la fraude proche; du client, les querelles; du pâturage du bétail, les mauvais soins,
5. (Pour moi) qui appelle à notre secours, ton Çraosha, grand par dessus tous, fais-nous obtenir une longue vie, dans la possession du bon esprit et sur les voies droites de la sainteté dans lesquelles Ahura-Mazda a établi sa demeure.
6. Moi qui t’invoque, selon la vérité et d’un esprit droit, j’aspire au suprême bonheur céleste (^); ainsi par cet esprit sous (l’inspiration) duquel je m’applique (®) à soigner les pâturages, par lui je soupire après les deux (biens), ô Mazda, de ta vue et de ton entretien.
7. Venez à moi; montrez-moi, ô Mazda, ces biens parfaits, ces biens à vous propres ; par l’esprit pur et saint dont la possession m’a fait connaître du très-grand (®). Qu’au milieu de nous se manifestent les dons brillants qui s’attachent à la dévotion.
(') Ou par les chefs, ah illis qui dati sunt principes.
(■■^) Ou bien ; dont l’un se livre à la foui-berie, l’autre à la justice ; mithahyâ est attiré par yêhyâ; « mithd yêhyâ hémjaçaitê, erezvâ yâ a hôi. »
(*) Litt. : excellent en maîtrise. Vldâç de vîdâ...
(‘) Ou à la possession du bon esprit.
(S) (Je suis) penseur ou avertissant.
(®) Litt, : par qui je suis connu. La vertu l’a rendu grand aux yeux d’Ahura qui connaît sa sainteté.
GATHAS.
8. Faites-moi connaître ces lois par lesquelles je marclierai selon le bon esprit, et votre culte, ô Mazda, les hymnes de louange sacrés, et vos dons qui sont les biens d’Ameretât et les offrandes (que procure) Haurvatât (^).
9. Que la sagesse, ô Mazda, pleine de l’éclat d’une puissance qui fait croître la pureté, (nous) apporte avec bienveillance cet esprit (qui vient) de toi et qui aide à obtenir cette perfection (^) que les âmes cherchent à atteindre.
10. Toutes les délices qui ont été, qui sont et qui seront, ô Mazda, distribue-les à la création, selon ton bon plaisir. Par Vohumanô, par Khshathra, par Asha, développe le bonheur du corps (®).
11. Ahura-Mazda, esprit vivifiant par-dessus tous, Armaiti, Asha qui développe les mondes, Vohumanô et Khshathra, écoutez-moi, soyez-moi propice pour tout don (que je puisse désirer) ('^).
12. Lève-toi pour me (favoriser), ô Ahura, donne-moi par la sagesse, vigueur et croissance; fais-moi ce don, Mazda, Esprit très saint, en vertu de cette offrande pure d’invocations. Par Xsha, donne-moi une force puissante ; par Vohumanô, la puissance.
13. Pour ma joie, fais-moi voir dans un vaste horizon (®), cette sainteté qui est pour vous en plénitude, qui est celle de Khshathra, comme de Vohumanô, ô Ahura ! — Çpenta Armaiti, fais-moi connaître les lois de la pureté.
14. Zarathustra (®) présente en offrande le principe vital de son propre corps, la plénitude du bon esprit Ç), la sainteté de ses actions et ces deux choses : son obéissance aux préceptes et (toute sa) puissance.
{') Comp. Yaçna VIII init. Le poète demande à Ahura de lui faire connaître les lois disciplinaii’es et le culte qu’il veut voir établir; il énumère les différentes parties de ce culte, puis les offrandes solides et liquides qui doivent être faites. Les premières proviennent des végétaux. On pourrait aussi traduire le premier vers ; Procurez-moi ces objets que je présente (en offrande), etc.
(*) Arôis â, pour, jusqu’à la perfection, le complément; art comme arem.
(3) Ou grandis (en sorte que ce soit) bonheur, pour le bonheur.
(*) Pour me l’accorder. Litt. : « indulgete. »
(‘) Dans une large vue.
(•) Prière d’offrande finale. Le prêtre, représenté par Zoroastre, offre à Dieu sa vie et toutes ses facultés. La plénitude peut se rapporter à râtâm.
Ç) Qui l’anime, de sa dévotion.
N. Des strophes telles que la huitième ne peuvent certainement pas provenir d’un homme qui se donne comme prophète ni de ses disciples immédiats.
GATHAS.
Offrandes et invocations à Ahura-Mazda. — Hommage au feu. Les bonnes œuvres
réjouissent Ahura. Récompense des bons; malheur qui attend les méchants.
Royaume d’ Ahura-Mazda. Le poète demande les dons célestes pour les pasteurs et
les justes.
1. De ces actes, de ces paroles, de ces sacrifices par lesquels tu donnes à tes (fidèles) (*), ô Mazda, l’immortalité, la sainteté et la puissance de l’incolumité, (de tout cela) nous sommes ici pour t’offrir les prémices (^).
2. Nous t’offrons par la pensée, et ces choses et les dons du bon esprit et tous les actes de l’homme juste, dont l’àme s’attache à la pureté (^). Je vous honore dans ce culte, ô Mazda ! (m’unissant) aux chants de ceux qui célèbrent vos louanges.
3. Nous t’offrons, ô Ahura, ces dons avec nos prières, à toi et à Asha; pour que tu règnes (*) sur toutes les demeures que tu as établies dans le bon esprit et que tu procures aux bons, en toutes choses, ô Mazda, la prospérité que vous possédez (®).
4. Nous honorons selon la loi de sainteté, ô Mazda, ton feu, (élément) puissant, rapide et fort, qui réjouit le monde et secourt par sa brillante (lumière) (®), mais châtie manifestement par ses puissantes émissions (’), celui qui l’offense.
5. Quelle puissance, quelle jouissance vous (est donnée) par les bonnes œuvres? que je le proclame, ô Mazda, afin que par la pureté, par le bon esprit, je contribue à faire protéger le pauvre qui vous appartient. Proclamons-le devant vous tous, devant les dévas et les hommes pervers.
6. Si vous êtes réellement, ô Asha, ô Mazda, unis au bon esprit, donnez-m’en un signe par tous les lieux du monde, en sorte que, en vous honorant d’un culte, je publie vos louanges pour votre satisfaction (®).
(') Aux fidèles présents au sacrifice. Yâ skyaothnâ... aêshâm est attraction pour aeshâm skyaothnanâm yâis.
(2) Litt. : nous sommes dans le donner par les premières choses ou par les plus abondantes; ou bien : il t’est offert par nos prémisses.
{?) Ou dont l’âme suit la pureté.
(*) Noms verbaux jouant le rôle d’infinitifs. Khshatht'ôi, ârôi dans le régner, dans le procurer.
(®) Litt. : en vous, chez vous.
(*) Litt. : au secours brillant,
(^) Litt. : faisant paraître le châtiment par des émissions de puissance; Zaçtâçta de zaçta açta (R. ah).
(®) Litt. : earn ad cantum satisfactionis.
GATHAS.
7. Où sont, ô Mazda, tes distributeurs du bon esprit (*) qui en enseignent Q les lois sages et rendent l’esprit à l’aise à ce qui est affligé, accablé? Je n’en connais point d’autre que toi, Asha! Protège-nous donc.
8. Ils nous terrifient par leurs actes qui sont la perte de beaucoup comme un plus fort (terrifie), le misérable, ces persécuteurs de ta loi (^). De tout homme dont les pensées ne sont pas saintes, le bon esprit est loin.
9. De ceux qui, connaissant ta sainte et sublime sagesse, ô Mazda, la repoussent par leurs mauvaises actions, (de ces hommes) ignorants du bon esprit (^), la sainteté (^) (Asha) fuit promptement, tout comme (fuient) les bêtes fauves.
10. Que le sage appelle (®) (en lui) les actes qui sont le germe du bon esprit et la sainte sagesse, lui qui connaît la nature essentielle de la sainteté. Tout cela, ô Mazda, conduit à ton royaume Ç).
11. Tous deux Haurvatât et Ameretât, Armaitis, ainsi que la puissance de Yohumanô et Asha s’y sont élevés pour ta gloire. Par eux sont, ô Mazda, le bonheur et la puissance ; tu es à toi-même la félicité (*).
12. Quelles sont tes ordonnances ? Que veux-tu, ô Mazda, d’hymne de louanges ou de sacrifice? Dis, ô Mazda, pour que je l’entende, quels sont les mérites de vos ordonnances ? Enseigne-nous, ô Asha, les sentiers heureux (®) du bon esprit.
13. Et la voie du bon esprit que tu m’as enseignée, Ahura! (la voie) des prophètes de la loi, voie parfaite qui s’élève selon la sainteté. Vous préparez (*®) aux justes une récompense que tu as établie, ô Mazda (*‘).
(') Comme viçto; ou bien, distributeurs du bon esprit qui connaissent les vraies doctrines.
(*) Comme pourùs (nom pl.) et çdnis, id. — Ushi-uru esprit large, à l’aise.
(*) Ou peut-être : en secret ; sur ce qui le touche, sans qu’on s’en aperçoive, selon les gloses. Le sens est : ils nous terrifient par les meurtres qu’ils commettent, lorsqu’ils sont les plus forts. Voyez Y. LVI. 4. 3. note.
(*) Par l’ignorance.
(5) Ashâ peut être pluriel neutre. Ou çyazdal est impersonnel : il y a évasion par la sainteté. Comp. vohù jimat mananhâ.
(*) Se livre aux bonnes œuvres qui engendrent en lui le bon esprit. Ou bien qu’il proclame que ces actes l’engendrent.
(?) Comp. la racine vi, vay, etc. Le locatif avec a interdit toute supposition d’expulsion, d’éloignement.
(®) C’est ainsi qu’a compris la tradition. Tibi ipsi es ad...
(®) Ou : qui vous sont propres.
(1®) Ce pourrait être aussi un nom verbal : tu es préparateur. Cf. la racine cyus.
(Il) Dont tu es le fondement, la constitution ou la collation.
GATHAS.
14. Accordez donc, ô Mazda, ce bon esprit; donnez à ceux qui soignent (‘) la vaehe mère, la sagesse parfaite de votre intelligence, ô Mazda, et les œuvres qui développent selon la sainteté (^).
15. Dis-moi, ô Mazda, (quelles sont) les maximes et les actions les meilleures ; ces actions qui, en vertu du bon esprit et la sainteté, sont l’objet de notre chant de louange. Par votre puissance, Ahura, et votre volonté, vous donnez au monde la perpétuité et la reconstitution essentielle (^).
(') Qui sont dans le travail pour la vache.
(2) Il s’agit probablement ici de l’agriculture.
(®) Ces deux mots sont nécessaires pour rendre le terme zend qui indique la reconstitution du monde et son rétablissement dans un état de perfection.
YAÇNA HAPTANHAITI