IX. — Temples Mazdéens
Les premier? autels de l’Éran n’étaient que des amas de pierres entassées au moment du sacrifice. Ce fut probablement le magisme qui introduisit l’usage des pyrées fixes, construits en maçonnerie et perpétuellement affectés au culte. Ceux-ci se développèrent plus tard en édifices, comme les appelle Strabon, et finirent par constituer des bâtiments recouverts d’un toit.
Tels étaient ceux qu’au siècle dernier, Anquetil trouva au Guzerate et dont il nous a laissé une description circonstanciée. A en juger, d’après ce qu’il dit du Derimer de Darab, le temple mazdéen doit comprendre trois parties essentielles : au centre, un large vestibule où se tiennent les simples fidèles pendant les cérémonies ; à gauche le temple du feu (Atesh-Gàh) (') ; à droite, le lieu du sacrifice (Izeshné-Khânah).
VAtesh Gâh renferme l’autel du feu sacré et les ustensiles qui s’y rapportent. Cet autel se compose d’un vase de pierre haut de 3 pieds, plein de cendres et reposant sur une pierre carrée {adosht) d’un demi -pied d’épaisseur. Près de l’autel s’élève le siège de pierre du Mobed ; dans les coins sont des niches où l’on enserre le bois et les parfums. L’Atesh-Gah est le dàityo gàtus du Fargard VIII. § 254 et suiv. C’est une enceinte sacrée que les prêtres seuls, à part le cas de nécessité, peuvent franchir ; ceux-ci mêmes ne peuvent y entrer qu’après avoir déposé leur chaussure et leurs vêtements de dessus. Des portes grillées permettent aux regards profanes de pénétrer dans le lieu sacré. Deux ou trois Mobeds gardent le feu jour et nuit. Aux Gahs du jour ils y mettent du nouveau bois en récitant des prières ; ils doivent alors porter le paitidâna (^) et leurs mains doivent être recouvertes des dastams (^).
V Izeshné-Khâneh est, comme il a été dit plus haut, le lieu où se font les prières, les offrandes et les sacrifices. Il est lui-même divisé en petites cellules dont la principale est appelée Arviç-Gâh (^).
On y trouve vers la droite un siège pour le sacrificateur, une pierre portant les instruments du sacrifice et une autre plus haute, sur laquelle est placé Vavayid ou vase contenant l’eau des purifications. A gauche est un petit autel du feu ; à côté, un siège pour le sacrificateur et un autre pour son ministre ; puis d’autres pierres sur lesquelles on dépose le bois et les parfums. Au centre est un canal d’écoulement.
Les simples Parses, exempts de souillure, peuvent entrer dans l’Izeshné Khàneh, pendant les cérémonies du Yaçna; mais point dans l'Arviç-Gah. La présence d’un Parse impur dans le Khàneh, connue de l’officiant, rendrait toute la cérémonie vaine ; on devrait la recommencer.
(') Les mots entre parenthèses sont les noms donnés aux lieux ou aux objets dans la relation d’Amiuetil (Atesh-Grah, siège du feu; Izeshne Khô.nah, local du sacrifice). Voir la planche II.
P) Petit voile couvrant le nez et la bouche. Voyez plus haut p. CLXXI.
(3) Couvre-main en forme de sac.
('*) C’est-à-dire : lieu de la pierre Arviç. ; c’est le nom qu’Anquctil donne à une pierre sur laquelle on pose les vases et les objets destinés au sacrifice.
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