Nous honorons Mithra
13. Le premier Yazata céleste qui s’avance au-dessus du Hara, marchant devant le soleil immortel, aux coursiers rapides ; qui, le premier paré de l’éclat de l’or, atteint les sommets brillants d’où il embrasse, favorisant les êtres, tout le sol aryaque.
(') C’est ici le Karshvar terrestre, le pays à l’ouest de l’Ariana. Le mot hhruishitîs indique des armées non aryennes.
(2) Il faut lire yâtarathra (cf. âtarathra) et ajouter danhu'patayô si l’on veut rétablir le mètre. La première coi'rectiou est nécessaire en tout cas.
KHORDA AVESTA.
14. (Ce sol) où les chefs valeureux dirigent ou mettent en ordre de nombreuses troupes, où de hautes montagnes, abondant en pâturages et en eaux, produisent les choses qui servent à l’entretien du bétail, où subsistent des lacs profonds, aux eaux vastes ; où des eaux navigables, au large cours, se précipitent à grand flot vers Iskata(*) et Pouruta, vers Mouru, Haraeva, Gau, Çugdha et Qâirizâo.
15. Sur Arezahi-Çavahi, sur Fradadhafshu, Vîdadhafshu, sur Vourubaresti, Vourujaresti, sur ce Karshvar Qaniratha, brillant, siège des troupeaux, séjour des troupeaux, abondant en moyens de salut, s’étend (^) Mithra puissant et fort ;
16. Yazata céleste qui circule dans tous les Karsh vars donnant la majesté; Yazata céleste qui circule dans tous les Karshvars donnant la puis- , sance ; Yazata céleste qui assure la victoire à ceux qui l’honorent par des oflrandes, avec piété, sagesse et sainteté.
Par son éclat, etc.
17. Nous honorons Mithra. . . qui n’est trompé par qui que ce soit, ni par le chef de nmâna, ni par le chef de viç, ni par le chef de tribu, ni par le chef de contrée.
18-19. Si le chef de nmâna, si le chef de bourg, si le chef de tribu ou le chef de contrée cherche à le tromper, alors Mithra irrité, offensé, renverse et la demeure et le viç ; (il détruit) la tribu et la contrée et le chef de nmâna et celui du viç et le chef de tribu et celui de contrée et les chefs suprêmes des contrées, Mithra irrité, offensé, s’en va(^) de cette région où se trouve le Mithradruje et il ne la garde plus avec sa protection (^) céleste.
20. Des Mithradrujes les plus légers, courant ne peuvent atteindre, chevauchant n’avancent point (^), allant en char ne peuvent diriger leur
(') L’ordre suivi dans cette énumération inlique que Iskata est le Paropamisus. — Iskata et Pouruta sont à l’est, Gâu, Çugdha et Qâirizâo au nord, Haraeva et Mouru à l’ouest. — Pouruta; les îtapuTjTÛu opv] de Ptolémée, au sud du Paropamisus (V. VI, 18, 1).. — Qâirizâo, le nord du Khorassan, au midi de Khiva. La terre aryaque ici décrite est évidemment la Margiane unie aux parties occidentales de l’Hyrcanie et au nord de l’Aria. Des montagnes qui en occupent le centre, coulent le Dargamonis, le Dargidus, le Zariaspes, le Margus, l’Ochus, l’Etymander et ses affluents, etc., etc.
(2) Ou « étend ses regards. »
(3) S’en va pour... est comme s’il n’était plus.
(*) Pâiti est nécessaire au mètre.
(®) Litt. : s’étendre en avant. Comp. prasthd, s’en aller.
YESHT X.
course (*). Il retourne en arrière le trait que lance l’ennemi de Mitlira, à cause des maximes criminelles Q que met en pratique l’ennemi de Mithra. S’il jette un trait avec adresse et qu’il atteigne un corps, il ne le blesse point cependant ;
21. A cause des maximes criminelles que met en pratique l’ennemi de Mithra. Le vent emporte le trait que lance l’ennemi de Mitlira, à cause des maximes mauvaises qu’il met en pratique.
Par son éclat, etc.
22. Nous honorons Mithra... Qui, (lorsqu’il n’est) pas trompé, délivre l’homme de toute oppression, délivre de toute perdition.
23. Préserve-nous de l’oppression, délivre-nous des oppressions, ô Mithra, qui n’as point été trompé (par nous). Toi, ô Mithra, tu fais pénétrer la terreur dans le corps même des hommes mithradrujes. Irrité et puissant, tu enlèves la vigueur à leurs hras ; la force à leurs pieds ; la lumière à leurs yeux ; Touïe à leurs oreilles.
24. Ni les coups {^) du trait aigu, ni ceux du dard lancé (avec violence) ne peut atteindre celui que Mithra, d’un esprit favorable vient secourir; Mithra qui observe de dix mille côtés à la fois, (Mithra) puissant, omniscient, jamais trompé.
Par son éclat, etc. ^
25. Nous honorons Mithra — maître, élevé dans le firmament, plein deforce, favorisant la loi, sage, qui se plaît (^) aux louanges, noble, aux vertus pures, incarnation de la loi, guerrier, aux bras vigoureux;
26. Mithra qui frappe les Dévas à la tête, qui châtie (^) les coupables, qui punit les trompeurs, adversaire des Pairikas, qui, lorsqu’il n’est pas violé établit le pays en puissance suprême, qui, non trompé, établit le pays en triomphe suprême.
(') Framan, arranger en avant; peut-être aussi avancer.
{^) Le mot verezyèiti nous semble exclure le sens de paroles magiques. Frêna n’est peut-être qu’un développement de fra et ne signifie nullement « par l’abondance. »
(3) Les variantes font supposer une forme primitive çanmayô-, le mètre demande la suppression du second a. Comp. çân, çanaka.
(‘) Comp. sentire, goth. sinih, anc. ail. sindôn{^)
(“) Cf. hunth.
KHORDA AVESTA.
27. Qui rend obliques les (sentiers) droits du pays qui le trompe, arrête la majesté (et l’en écarte), lui enlève la victoire, le rejette (le laissant) sans défense et le livre aux guerriers exterminateurs (‘), Mithra qui voit de dix mille côtés, puissant, omniscient, jamais trompé.
Par son éclat, etc.
28. Honorons Mithra. . . qui soutient les colonnes des demeures de haute construction et les rend solides, inébranlables (^). Il procure des groupes nombreux de bestiaux et d’hommes aux maisons où on le satisfait, mais il renverse les autres où il est offensé.
29. Tu es, ô Mithra, le mal (^) et le bien le meilleur pour les pays, tu l’es aussi pour les hommes, tu disposes en maître de la tranquillité et de la perturbation des pays.
30. Tu rends les nmânas glorieuses (^) par leurs femmes, glorieuses par leurs chars, belles par les tapis qui y sont étendus, par les coussins qui y sont déposés, grandes. Tu rends glorieuse par ses femmes, glorieuse par ses chars, ornée de tapis, de coussins déposés (sur le tapis), élevée, la demeure de celui qui, fidèle à la loi, te rend un culte en invoquant ton nom, en prononçant les paroles convenables, en te présentant des offrandes.
31. Je veux t’honorer en invoquant ton nom, en prononçant les paroles convenables (^), en te présentant des offrandes, ô puissant Mithra ; je veux t’honorer par des offrandes, en invoquant ton nom, par la prière convenable, ô bienfaisant Mithra, je veux t’honorer par des offrandes en disant ton nom par la prière convenable, toi que l’on ne peut tromper.
32. Écoute, ô Mithra, nos chants de louange, agrée notre culte ; assiste (®) à notre sacrifice, viens (accepter) nos offrandes, viens vers ces objets (qui te sont) consacrés. Porte-les au Cinmâna(’), dépose-les dans le Garônmâna.
33. Donne-nous ce don, puisque nous t’honorons, selon les prescriptions de la loi, ô puissant génie (donne-nous) l’abondance, la force, la victoire,
{') Aux tueurs de dix mille; aux guerriers les plus redoutables. Le mètre exige baevareghnanâm.
(2) Aithija de a, i.
P) Litt. : mauvais, très bon.
(4) Litt.: ayant des femmes glorieuses.
(=) Selon que le temps l’exige.
(®) Peut-être â-hi (si).
(■) Lieu céleste où l’on rassemble les mérites des justes. Toutes les offrandes montent au ciel pour y réjouir les esprits ; Cinmâna n’est qu’un local adjacent au Garônmâna ou une partie de ce dernier.
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YESHT X.
le bien-être, des dispositions saintes, la renommée, l’habileté, la mesure, une intelligence sainte, la victoire créée par Mazda, la supériorité qui triomphe de tout et (provient) de la pureté parfaite, (le zèle pour) l’étude de la loi sainte.
34. Afin que, amis bienveillants de celui qui est pour nous bienveillant, favorable nous puissions abattre nos ennemis et tous les esprits méchants ; que, amis bienveillants de celui qui est bienveillant et favorable nous vainquions, que nous écrasions toutes les haines des Dévas et des hommes, des Yâtus et des Pairikas, des Çàthras, des Kavis et des Karapans.
Par son éclat, etc.
35. Nous honorons Mithra... qui excite les préparatifs (guerriers), qui forme les armées, doué de mille moyens d’observation, dominateur, puissant, omniscient (*),
36. Qui forme le front de bataille avancé, qui s’y tient et qui se tenant au front de bataille, brise les rangs (armés). Les ailes des armées (^), formées en front avancé, se joignent (et combattent) ; lui, il met en déroute le centre de l’armée barbare.
37. Plein de puissance il répand en elle la désolation et la terreur. Il abat les têtes des mithradrujes, il jette au loin les têtes des mithradujes.
38. Demeures funestes, privées de la bénédiction d’une descendance, sont les habitations ou demeurent (^) les mithradrujes et les méchants, destructeurs de la sainteté. La vache au sabot corné suit un chemin redoutable, funeste, (lorsqu’elle est) entraînée dans les repaires (^) des mithradrujes ; attelées à leurs chars, elles sont là, versant des larmes (qui se répandent) le long de la bouche qui en coule.
39. Leurs flèches, aux plumes d’aigle, lancées par la corde de leur arc fortement tendu, (ne) percent (que) l’air lorsque Mithra les rencontre, irrité, offensé, n’ayant point été apaisé. Leurs lances aiguës, leurs traits acérés, lancés par leurs bras fne) percent (que) l’air lorsque Mithra, aux vastes campagnes, les rencontre, irrité, offensé, non apaisé.
(') Ou disposant tout.
(2) Ce mot doit être pris comme un pluriel.
(®) Haithîm doit-être effacé, il trouble le mètre. (*) Darena, fente de rocher, de dar, fendre.
KHORDA AVESTA.
40. Leurs glaives, bien tenus et (dirigés) pour tomber sur la tête des guerriers, (ne) frappent (que) l’air lorsque Mitbra les rencontre, irrité, offensé, non apaisé. Leurs massues, brandies avec habileté pour tomber sur la tête des guerriers, (ne) frappent (que) l’air lorsque Mitbra, aux vastes campagnes, les rencontre, irrité, offensé, non apaisé.
41. Mitbra répand la terreur, Rasbnu pénètre (les coeurs) de terreur, Çraosha combat (‘) de tous côtés contre les Yazatas qui les protègent. Les rangs se défont (^) lorsque Mitbra, aux vastes campagnes, survient, irrité, offensé, non apaisé,
42. Disant à Mitbra, aux vastes campagnes : Hélas ! Mitbra, qui règnes sur les campagnes ! Nos coursiers rapides sont détournés de leur voie par Mitbra ; nos bras vigoureux, ô Mitbra, laissent échapper leurs glaives (^) !
43. Alors Mitbra les livre pour être tués par cinquantaines (‘) par les guerriers capables d’en tuer cent; par centaines, par les guerriers qui peuvent tuer mille ennemis ; par milliers, par les guerriers capables d’en tuer dix mille; par dix mille, par les destructeurs d’ennemis innombrables.
Par son éclat, etc. ,
44. Nous honorons Mitbra... dont la demeure est établie sur l’étendue de cette terre, en ce monde corporel, grande, sans limite, brillante, vaste, sur un fondement immense,
45. Dont les ministres dévoués sont assis en observation sur toutes les hauteurs, dans toutes les enfractures (®), observant les mitbradrujes,, les suivant du regard, se rappelant ceux qui ont précédemment trompé Mitbra ; gardant les voies de ceux que cherchent (pour leur nuire) les mitbradrujes et les méchants qui détruisent essentiellement (®) la sainteté.
46. Gardant ces hommes (menacés par les méchants), veillant sur eux' par devant et par derrière, il regarde, veilleur incapable d’être trompé,
(') Ce mot est mutilé, il doit avoir une syllabe de plus. Peut-être vanaiti (?j.
(-) Les guerriers qui forment les rangs défaits. Ceci prouve que raêcayêiti est au passif, impossible d’expliquer le sens autrement.
(3) Sont séparés de (leur) glaive. Ou : sont coupés par le glaive.
(‘) Ici cette expression est employée dans son sens naturel. Litt. : pour le meurtre de cinquante accompli par les tueurs de cent, etc.
(S) Cf. vyadh. C’est le seul sens naturel, le seul en rapport avec les autres cas d’emploi de ce mot. Il n y a pas ici à chercher des observatoires, des trous de murs, etc.
(®) Haithhn, mot interpolé, comme plus haut. Litt. : gardien examinant.
YESHT X.
Mithra, qui règne sur les campagnes, s’avance vers celui au secours j duquel il veut venir dans des sentiments de bienveillance; Mithra qui veille dans dix mille sens à la fois, (Mithra) puissant, omniscient, (Mithra) I que l’on ne peut tromper.
A cause de son éclat, etc.
47. Nous louerons Mithra... génie fameux, brillant de l’éclat de l’or, quc/ des coursiers aux larges sabots conduisent contre les armées barbares, contre les rangs (ennemis) qui s’avancent, unis dans les combats, pour (la possession) des pays.
48. Lorque Mithra marche contre les armées barbares, contre les rangs qui s’avancent, unis dans les combats pour les contrées, alors il retient les bras des mithradrujes, il recouvre leurs regards, il ôte l’ouïe à leurs oreilles, il ne soutient point leur marche ; il n’a point de puissance pour ces régions, pour ces comhattants, lorsque Mithra les traite comme des rebelles.
Par son éclat, etc.