Nous honorons Mithra
54. Qui, les mains levées vers Ahura -Mazda, se plaint parlant ainsi : Je suis le gardien habile Q de toutes les créatures, je suis le soutien habile de toutes les créatures. Mais les hommes ne m’honorent point en invoquant mon nom comme ils invoquent nominativement les autres Yazatas.
55. Car s’ils m’invoquaient nominativement comme ils invoquent les autres Yazatas, je viendrais pour favoriser lesjustes au point de temps fixé ; j’arriverais au(moment) déterminé de ma vie brillante, immortelle.
56. Le juste t’honore en invoquant ton nom, par la prière convenable, t’apportant des Zaothras.
57. Par un culte nominatif, par une prière convenable, je veux t’honorer puissant Mithra.
58. Par un culte nominatif, par une prière convenable, je veux t’honorer, ô bienfaisaisant Mithra,
59. Par un culte nominatif, par une prière convenable, je veux t’honorer, ô Mithra, qui ne peut se tromper ! Ecoute, ô Mithra, nos louanges, agrée notre sacrifice, viens assister à notre sacrifice, etc. (voy. § 32).
60. Nous honorons Mithra ... dont la renommée est excellente; Informe, belle ; la gloire parfaite ; qui distribue ses dons à volonté, qui a des champs à volonté, qui ne nuit point aux champs (®) du pasteur qui n’ont point souffert ('*), d’une nature fertile.
Par son éclat, etc.
(') Termes obscurs. Il semble que le texte distingue les coups portés à droite, à gauche, avec rapidité, de ceux pour lesquels le guerrier concentre ses forces voulant abattre d’un coup.
(2) Qui opère bien.
(3) Vaço doit être effacé, ainsi que fshuyantem.
(‘) Y6 na inîtem (î). Le mètre le demande.
YESHT X.
61. Nous honorons Mithra...aux pieds toujours dressés (pour se mettre en marche), vigilant, observant (tout), fort, judicieux, qui met les eaux en mouvement et écoute les invocations (qu’on lui adresse), qui fait couler les eaux et croître les plantes, qui dispose convenablement les sillons ; sage, utile, jamais trompé, plein de ressource, création de sagesse,
62. Qui ne donne ni puissance ni force à aucun des mithradrujes, qui ne donne ni éclat ni récompense à aucun des mithradrujes.
63. A leurs bras il enlève la vigueur, lui qui (lorsqu’il n’est) pas trompé, délivre l’homme de toute oppression, délivre de toute perdition.
61. Nous honorons Mithra ... en qui réside la sagesse, avec la grandeur et la puissance (‘), pour l’utilité delà loi sainte et belle, propagée au loin ; (génie) dont le regard (^) se porte fixe sur tous les sept Karshvarsdela terre.
65. 11 est le rapide des rapides, le généreux des généreux, le fort des forts, le sage des sages ; c’est lui qui donne la prospérité, qui donne l’abondance des offrandes, qui donne les troupeaux, qui donne la puissance, qui donne la progéniture, qui donne la vie, qui donne le bien-être, qui donne la pureté.
66. C’est lui que suivent Ashi Vanuhi et Parendi, au char retentissant et la (puissance) redoutable qui défend le guerrier, et la redoutable majesté royale, et le puissant Firmament qui subsiste par lui-même, et la terrible malédiction de l’esprit, et les redoutables Fravashis des justes. Il est le protecteur (^) de nombreux fidèles mazdéens.
Par son éclat, etc.
67. Nous honorons Mithra... qui (monté) sur un char de construction céleste, aux roues élevées, s’avance du Karsh var Arezahi vers le Karshvar
(') Nous lisons amaca, ce léger changement donne un sens très satisfaisant à cette phrase qui serait sans cela de la construction la plus bizarre.
(2) Paiti cithrem. ou j}aiti vldhdtem-, alors paiti marque l’application à l’objet, vî, l'étendue que le regard embrasse.
(®) Peut-être aussi ; qui les réunit. Ceci doit se rapporter à Mithra, car il n’y a point de nom dans cette phrase. On peut analyser hathrûka eu ha-thrâ ou hathra ak.
KHORDA AVESTA.
Qaniratha, suivi delà majesté créée par Mazda et de la victoire créée par Ahura (comme d’) un cercle (un entourage) digne de lui.
68. Mithra dont Ashi Yanuhi, grande et noble, tient le char, pour qui la loi mazdéenne fraie la route pour une marche heureuse, que traînent des chevaux célestes d’un fauve éclatant, superbes, saints et sages, rapides, aux pensées célestes, lorsque (le génie de) la malédiction le pousse dans la direction convenable.
69. Devant lui tremblent les Dévas du monde invisible et les méchants livrés à la corruption. Puissions (‘) nous ne pas venir à l’encontre de Mithra irrité ! Mithra dont les mille élans fondent sur un (seul) adversaire, qui voit de mille côtés, puissant, omniscient, jamais trompé.
Par son éclat, etc.
70. Nous honorons Mithra devant qui marche Veretraghna , créé par Mazda, s’avançant sous la forme bien faite d’un sanglier mâle bondissant, aux dents aiguës, aux défenses aiguës (^); qui tue d’un seul coup; d’un sanglier gras et fort, irrité, prêt à attaquer, à la course rapide, aux jambes de fer, aux pieds de fer, aux défenses de fer, à la queue de fer, aux mâchoires de fer ;
71. Qui, dans sa course, atteint par son adversaire (^), le cœur plein d’un mâle courage, abat de coups aigus ses ennemis et ne compte point qu’il frappe et ne cesse point ses coups (*) jusqu’à ce qu’il ait détruit la moëlle, colonne de la vie, la moëlle, source de la force vitale.
72. Il les défait tous complètement (®), lui qui (disperse et) répand à terre les os, les cheveux, les têtes (®) et le sang des mortels mithradrujes.
Par son éclat, etc.
73. Nous honorons Mithra... qui tenant ses mains élevées, profère ces paroles de plainte : Ahura-Mazda, etc. (voy. § 54.)
' (') Môit tul Litt. : venir contre la course.
(-) Tîzhiaçüro, lire tizhiçro ou tizhiçûrua, aux dards aigus ou aux sabots pointus. Le premier sens est le plus naturel.
(3) Ce sens nous paraît requis par le texte et l’ensemble.
(‘) Ne fait point cesser rien des coups.
{•’) Ce (jui précède ne permet point, ce nous semble, de donner à ce mot le sens de en une fois.
('■>) Ou crânes, mastr ghan (?) compages. Cette finale est très différente de celle de fraçparegha.
YESHT X.
74. Car, s’ils m’invoquaient nominativement, comme ils invoquent les autres Yazatas, je viendrais pour favoriser les justes au point de temps fixé ; j’arriverais au (moment) déterminé de ma vie brillante, immortelle.
75. Soyons les protecteurs des champs, et non les destructeurs (*). Ne soyons pas les destructeurs des nmânas, des viçs, des tribus, des régions, et que le bras puissant de nos ennemis (^) ne nous accable point.
76. O toi, tu brises la haine de ces ennemis, de ces hommes qui se plaisent à nuire, abats ceux qui persécutent les justes. Tu as des coursiers excellents, un char superbe, tu triomphes dans les défis, tu es un héros. Je veux t’invoquer, (t’appeler) à mon secours par une offrande abondante, par une offrande pieuse de Zaothras, par une offrande excellente, par une offrande nombreuse.
77. Qu’ainsi nous demeurions longtemps auprès de toi, vivant d’une vie heureuse, de la vie désirable.
78. O toi, tu protèges les contrées qui s’efforcent de faire des offrandes agréables à Mithra, aux vastes campagnes. Tu détruis les contrées qui sont impies. Je t’appelle à mon secours. Qu’il vienne pour nous secourir, le puissant, l’impétueux Mithra, digne d’honneur et de louange, brillant chef des régions.
Par son éclat, etc.
79. Nous honorons Mithra... pour qui Rashnu, qui a fondé la demeure permanente (la famille), a préparé une habitation, pour (établir les liens de) la société durable.
80. Tu es le gardien de la maison, le protecteur des hommes qui ne trompent point ; tu es le soutien de l’entourage (^) (famille ?) des hommes qui ne connaissent point la fraude. Car c’est sur toi que (Rashnu) a fondé la société parfaite et la victoire créée par Mazda, et sur ce fondement, les premiers hommes, qui ont cherché à tromper Mithra, se sont brisés dans leur iniquité (‘).
Par son éclat, etc.
(■) Ou les abaudonueurs après défaite.
(2) Qu’une force puissante venant de nos adversaires.
(3) Familiæ.
(*■) Ou leur méchanceté. Vyath’ ou vidhus. Cette traduction rétablit l’harmonie nécessaire entre toutes les parties de ce passage. Rashnu, le représentant du droit, a fondé la famille, la société, il eu a établi Mithra le gardien. Ce dernier est le protecteur, le salut des justes et la perte des méchants.
KHORDA AVESTA.
81. Nous honorons Mithra (voy. § 79) à qui Ahura-Mazda a donné mille moyens d’action (^), dix mille yeux pour apercevoir (toute chose).
82. Par ces mille moyens, de ces mille yeux, il observe celui qui nuit à Mithra, celui qui le trompe. A cause de ces moyens et de ces yeux, il ne peut être trompé, Mithra qui voit de mille cotés, puissant, omniscient, non trompé.
Par son éclat, etc.
83. Nous honorons Mithra... Que le chef de région, les mains levées vers le ciel, appelle constamment à son secours.
84. Que le chef de tribu, les mains levées vers le ciel, appelle constamment à son secours ; que le chef de tribu, les mains levées, appelle constamment à son secours; que le chef de région, les mains levées, appelle constamment à son secours ; que les époux unis, les mains levées, appellent à leur secours; que le pauvre, pratiquant la doctrine sainte, privé de ses droits, appelle à son secours, les mains levées vers le ciel.
85. Ce (pauvre) dont la voix, lorsqu’il se plaint, s’élève et atteint les astres, parcourt la terre et se répand dans les sept Karsh vars, soit qu’il élève la voix par son hommage, soit par l’audition ('^).
86. La vache emmenée captive l’appelle (à grands cris) à son secours, les mains levées, pensant à son étable : que Mithra qui règne sur les vastes campagnes nous reconduise donc à l’étable, comme le mâle (chef du troupeau), marchant (^) derrière nous ! Quand nous ramènera-t-il dans la voie de la vérité, nous qui sommes entraînés vers la demeure de la Druje menteuse?
87. Mais Mithra vient au secours de celui dont il est satisfait; à celui, au contraire, contre qui il est irrité, il enlève la nmâna, le bourg, la tribu, la région, la puissance sur les régions.
Par son éclat, etc.
(') Mille membres, peut-être mille rayons.
Mille forces ne nous semblent pas ici en place alors qu’il ne s’agit que de voir. Le pranidh, de Nériosengh se rapporte aussi à l’idée d’espionner, l’egarder.
(2) Qu’il prie mentalement, qu’il demande par les actes du culte, ou qu’il demande expressément, à haute voix.
P) Ou plutôt : porté en char.
YESHT X.
88. Nous honorons Mithra... qu’honora Haoma qui développe et guérit, Haoma brillant, royal, aux yeux couleur or, sur le sommet le plus élevé, sur le pic élevé qui s’appelle Hukairya. (Haoma) sans tache honora (Mithra) sans tache au moyen du bareçma pur, du Zaothra pur, des paroles saintes et pures ;
89. Mithra qu’Ahura-Mazda (l’esprit) pur établit sacrificateur, zélé pour le culte, chantant d’une voix élevée. Sacrificateur, prompt aux cérémonies du culte, chantant d’une voix élevée, il offrit le sacrifice, à haute voix, en qualité de prêtre, à Ahura-Mazda et aux Amesha-Çpentas. Sa voix s’éleva jusqu’aux astres, parcourut la terre, se répandit sur tous les sept Karshvars.
90. (Mithra), le premier, offrit les branches de hôma au moyen d’un mortier émaillé d’étoiles, d’une construction céleste, sur le sommet du Haraithi. Qu’Ahura-Mazda l’honore, que les Amesha-Çpentas aux corps majestueux le célèbrent, lui à qui le soleil aux coursiers rapides rend hommage (* (**)) de loin.
91. Honneur à Mithra qui règne au loin sur les campagnes (^), à Mithra aux mille oreilles, aux dix mille yeux. Tu es digne d’honneur, de louange ; sois honoré et célébré dans les demeures des mortels. Salut à l’homme qui t’honore constamment, tenant en main le bois de l’autel, le bareçma à la main, le myazda à la main, le hâvana à la main, les mains purifiées, après avoir purifié les mortiers, avec le bareçma formé en faisceau, en élevant le hôma vers le ciel et disant l’Ahuna Vairya.
92. En vertu de ce rite Ahura-Mazda à favorisé et aussi Vohumanô et Asha Vahista et Khshathravairya et Çpenta Armaiti et Haurvatât uni à Ameretât. Les Amesha-Çpentas favorisent cet homme par amour de la loi (sainte) ; qu’Ahura-Mazda, aux œuvres parfaites, accorde la primauté sur les mondes terrestres à ceux qui te reconnaissent, au milieu des créatures, le maître et le chef des mondes, le purificateur parfait de ces créatures.
93. Protège-nous donc dans les deux mondes, en celui qui appartient à l’être visible, comme au monde de l’être céleste, ô Mithra aux vastes campagnes, contre la mort qui fond, contre Aeshma qui fond (sur nous), contrôles armées qui fondent (sur nous) et qui tiennent levé un drapeau sanglant ;
(*) Fait savoir.
(**) Litt. : aux vastes domaines formés de champs.
KHORDA A VESTA.
(protège-nous) contre les assauts que nous livre Aeshma le méchant, uni à Vîdliôtus créé par les Dévas.
94. Donne-nous donc, ô toi Mitlira, la vigueur pour nos attelages, la santé aux corps, l’observation de nos ennemis, l’écrasement des méchants, la défaite complète des adversaires qui haïssent et nuisent.
Par son éclat, etc.
95. Nous honorons Mithra... (*) qui s’étend sur toute la surface de la terre après le coucher du soleil ; qui frôle les deux extrémités de cette terre vaste, arrondie, aux limites lointaines ; qui occupe tout ce qui se trouve entre la terre et le ciel.
96. 11 tient en main une massue à cent boutons, à cent pointes aiguës (^), qui tombe en avant avec violence et abat les hommes ; (massue) revêtue d’un métal jaune, fondu, (d’un métal) fort et dur, de couleur d’or, la plus puissante des armes, la plus victorieuse des armes.
97. Devant lui Anro-Mainyus, le meurtrier fuit tremblant ; devant lui Aeshma le méchant, au corps perverti fuit devant lui, Bushyançta, aux longues mains, fuit tremblant. Devant lui fuient tous les Dévas du monde invisible, tous les méchants livrés à l’impudicité.
98. Puissions-nous ne point venir à l’encontre de la course de Mithra irrité ; qu’il ne vienne point à nous dans sa colère, Mithra qui règne au loin sur les campagnes, lui le plus puissant des Yazatas , lui le plus vigoureux des Yazatas, le plus fort des Yazatas, le plus rapide des Yazatas, le plus (constamment) victoiieux des Yazatas, occupe la surface de la terre (^).
99. Nous honorons Mithra... devant qui tremblent tous les Dévas du monde invisible et les méchants impudiques. Mithra, aux vastes campagnes, s’avance, chef des régions, à l’extrémité orientale de la terre, vaste, arrondie, aux limites lointaines.
(') Mithra personnifie ici la lumière du crépuscule. (2) A cent mamelles (fstâna), à cent déchirures (dar). (2) Même réflexion qu’è, la note 1.
YESHT X.
100. Au côté droit de Mithra marche Çraosha saint et pur ; à sa gauche Rashnu, noble et puissant. A ses côtés s’avancent et les eaux et les plantes et les Fravashis des justes.
101. Puissant, il lance constamment contre eux (^) des traits aux plumes d’aigle; et lorsque, dans sa marche, il arrive là où sont les régions ennemies de Mithra, alors il lance. le premier sa massue sur les chevaux et les hommes, il fait fuir tremblants les uns et les autres, les chevaux et les hommes.
Par son éclat, etc.
102. Nous honorons Mithra... aux chevaux d’un fauve brillant, à la lance aiguë, à la longue hampe, aux traits agiles, Mithra qui atteint au loin de ses traits, guerrier plein d’hahileté ;
103. Mithra, qu’Ahura-Mazda a constitué le soutien et le directeur de la prospérité de tout être terrestre et qui, constitué soutien et directeur de la prospérité de l’être terrestre, ne dormant jamais, garde avec vigilance les créatures de Mazda; qui ne dormant jamais, conserve intactes par sa vigilance les créatures de Mazda.
Par son éclat, etc.
104. Nous honorons Mithra dont les longs bras saisissent, avec une puissance qui atteint tout, et ce qui est à l’orient de l’IndusQ et ce qui est dans les profondeurs de l’occident (®), et ce qui est au cours lent de la Ranha et ce qui est aux extrémités (^) de la terre.
105. O toi Mithra, étends tes bras pour saisir (et frapper). Le (maître) à l’éclat mauvais, destructeur de la justice, est une cause de douleur pour le monde. Il pense ainsi : Mithra ne voit pas tout ce qui se fait de mal, tout ce qu’il y a d’acte mauvais plein de fourberie (®).
(') Les Dévas, § 99.
(2) Terme extrême des connaissances géographiques des Éraniens de ce côté. Mithra voit tout, atteint tout, de l’orient à l’occident, du nord au sud.
P) Dans l’enfoncement nocturne.
(^) Au-delà du milieu.
(6) Aÿishma \ apiç, non formé, ou simplement « arrangement, » a pour â.
KHORDA AVESTA.
106. Mais moi je crois, selon mon esprit : L’homme terrestre, avec une puissance centuplée ne pense pas autant de mauvaises pensées que le céleste (*) Mithra, par sa (seule) force, pense de pensées saintes. L’homme terrestre, avec une puissance centuplée, ne dit pas autant de paroles mauvaises que le céleste Mithra en dit de bonnes par sa (seule) puissance. L’homme terrestre, avec une force centuplée, ne fait pas autant de mauvaises actions que le céleste Mithra en fait de bonnes par sa puissance.
107. L’esprit inné, agrandi de cent fois, ne sert pas l’homme terrestre autant qu’il sert (^) le céleste Mithra. L’homme terrestre, avec une puissance centuplée, n’entend point de ses oreilles autant que le céleste Mithra, l’audition même. Génie aux mille moyens, il voit tout ce qui trompe.
108. Mithra s’avance (^) plein de force, il amène (^) des maux terribles pour le pays; de loin, il fixe ses regards brillants qui étincellent de ses yeux : Qui m’honore, qui veut me nuire? Qui croit que je dois être honoré d’un culte saint; qui, par un culte coupable? A qui (moi) qui le puis, accorderai-je la richesse et l’éclat ; à qui la santé du corps? A qui accorderai-je, (moi) qui le peux, une abondance de biens pleine d’éclat ? Pour qui ferai-je naître une descendance directe?
109. A qui donnerai-je une puissance forte, aux armes bruyantes, (pourvue) de nombreuses armées, parfaite, (et cela) sans qu’on y pense (®)? (A quel) souverain, possédant toute la puissance, vaillant, frappant et n’étant point frappé, qui tient fermement à l’exécution des châtiments (imposés pour des fautes). Le (châtiment) imposé, s’exécute aussitôt, s’il y persiste dans sa (juste) colère et, pour satisfaire Mithra, cherche à apaiser l’esprit de Mithra irrité et qui n’a point obtenu satisfaction (®).
110. A qui, (moi) qui le peux, donnerai-je la maladie et la mort, et le dénuement privé d’éclat (^)? De qui détruirai-je d’un seul coup la descendance immédiate?
111. A qui enlèverai -je, sans qu’il y songe, la puissance forte, aux armes retentissantes, pourvue de nombreuses armées, parfaite? (A quel)
(1) Le § 107 prouve que le mot céleste se rapporte à Mithra. Mithra fait plus de bien à lui seul que cent hommes ne font de mal.
(2) L’esprit inné de Mithra a plus de sagesse et opère plus que cent esprits d’hommes.
(3) Comp. pratisthâmi.
(*) Vah a aussi ce double sens.
(5) Litt. : l’esprit ne pensant point; sans qu’on le remarque.
(®) On peut aussi faire dépendre kameredhojano (si on le prend pour un génitif) de vahistem. De cette façon, cette phrase pourrait se rattacher à l’ensemble. Elle du reste, tous les caractères d’une interpolation.
C) Comp. l’analogue istîm •pouruqàtrâm.
YESHT X.
souverain maître suprême, vaillant, frappant et n’étant point frappé, qui tient fermement à l’exécution des châtiments. Le châtiment imposé s’exécute aussitôt s’il y persiste, irrité, et excite l’esprit de Mithra, satisfait, non offensé, de manière à déplaire à Mithra (*).
Par son éclat, etc.
112. Nous honorons Mithra... au casque d’argent, à la cuirasse d’or, appuyé sur un gdaive, puissant, prompt, guerrier, chef des Viçs. Brillantes sont les Y'oies de Mithra qui parcourt la contrée, lorsque, bien honoré, il transforme les gorges les plus vastes en champs fertiles. Il circule alors, gouvernant à son gré les troupeaux et les hommes qui lui appartiennent.
113. Qu’il vienne à notre secours Mithra (et) Ahura, maîtres élevés (“^), lorsque les glaives élèvent leur voix stridente (^), que les crinières (^) des chevaux s’agitent, que les glaives se heurtent (®) et que les cordes des arcs lancenti^) des flèches aigues. Qu’alors, les fils des sacrificateurs coupables (^), frappés à mort, tombent les cheveux pendants (*).
114. Alors donne-nous, toi, Mithra aux vastes campagnes, force pour nos équipages, santé pour le corps, l’observation des ennemis, l’abattement des méchants, l’écrasement des adversaires, ardents, haineux.
Par son éclat, etc.
115. Nous honorons Mithra... à (toi), ô Mithra aux vastes campagnes, sont les chefs des nmânas, des bourgs, des tribus, des régions, le prêtre suprême.
(') Il est très-difficile d'expliquer ce passage qui s’applique en partie aux deux cas opposés. Quel châtiment y a-t-il à exécuter au premier cas, § 109? Comment l’exécution produit-elle deux effets si opposés? Y a-t-il lacune ou interpolation? on ne peut le dire avec certitude.
Hamôkhshathra n’est pas « égal en puissance » mais « qui réunit toute la puissance, souverain suprême d’autres monarques inférieurs. » Mithra (dans Mithra, manô), peut ti’ès bien être un vocatif. Yaozayêiti, causatif, de yuz {yiij), peut avoir le sens de yôjayatî, exciter à.
(2) Également interpolés, ils brisent le rliythme.
(®) Le texte primitif devait être berejayen astra vacim. Le mètre l’indique.
(1) Lis. cîfa-çipha (?) khshufç de khshub, kshubh.
(^) Kans.
(®) Ni et vat collatéral de vad comme pat de pad.
(■) Mot obscur, il s’agit certainement d’un culte condamné par la loi, mais lequel est-ce? Toutes les conjectures possibles, (guru (adj.), guru (nom.), gâura, gâurava), sont insuffisantes.
(®) Fravareça, les cheveux en avant.
116. Mithra est de vingt (ans) entre des amis étroitement unis (‘); de trente (ans), entre voisins ; de quarante, entre copropriétaires de champs ; de cinquante, entre sacrificateurs fidèles ; de soixante, entre condisciples (qui s’exercent aux cérémonies); de soixante-dix (ans), entre disciples et maîtres; de quatre-vingts (^ans), entre beau-fils et beau-père; quatrevingt-dix ans, entre frères ;
117. De cent, entre père et fils; de mille (ans), entre deux régions; Mithra est de dix mille (ans) pour celui qui est attaché à la loi mazdéenne ; qu’il soit tous les jours d’une force victorieuse.
118. Par cet hommage apporté ici-bas, que je m’élève au lieu des hommages de là-haut (^). Comme le soleil s’avance et s’élève à travers le Hara Berezaiti, qu’ainsi, par mon offrande d’ici-bas, je m’élève à celles de là-haut, ô très saint! à travers le désir (contraire) d’Anro Mainyus, l’esprit méchant.
Par son éclat, etc.
119. Nous honorons Mithra... Sacrifie à Mithra, ô saint! et ordonne aux disciples (^) de le faire. — Que les Mazdéens t’offrent un sacrifice de deux boeufs, de deux bêtes de trait, de deux oiseaux ailés qui se meuvent au moyen d’ailes.
120. Mithra est l’instigateur et le formateur de tous les Mazdéens fidèles à la loi. Le hôma a été annoncé, il a été présenté, que les sacrificateurs les offrent et accomplissent le sacrifice. Que l’homme pur mange des offrandes consacrées qu’il a préparées ; que Mithra (^) aul vastes campagnes, qu’il honore par ce culte, soit satisfait, offensé en rien.
(>) Mithra est le représentant des liens de société, de la fidélité, etc. On peut traduire aussi : Mithra demeure par une étroite union. Les nombres peuvent désigner la force du lien; ce lien est vingtuple, trentuple, etc. — Çwptidarenga, « par une attache ferme » ou « unis par les épaules (au figuré); » au duel. — Les mots hamahê ayân prouvent qu’il s’agit de temps et non de quantité.
(2) Mot obscur. La doctrine mazdéenne suppose qu’au ciel on sacrifie encore et qu’on chante les louanges des génies; ûjaçâni doit avoir un complément. Le sens serait : que je m’élève a,\i garo nmânn où sont les hommages supérieurs, les hommages de là-haut.
(3) Qui s’appliquent à l’étude de la loi. Ce passage est évidemment hors de place. C’est un reste d’une prière destinée au sacrifice comme le Yaçna VIII. Les §§ 121-122 forment encore un autre fragment appartenant à un chapitre dialogué.
(*) Ceci doit se rapporter à Mithra, puisque dans la réponse d’Ahura, il s’agit uniquement de contenter et d’honorer Mithra et nullement de satisfaire le sacrificateur.
YESHT X.
121. Zarathustra lui demanda : comment, ô Aliura-Mazda, l’homme pur pourra-t-il manger des offrandes consacrées qu’il a préparées? (En sorte que) Mithra aux vastes campagnes, auquel (le Zaota) offre ce sacrifice, soit satisfait, en rien offensé?
122. Ahura-Mazda répondit : Qu’ils se lavent le corps trois jours et trois nuits, qu’ils réunissent de ci et de là trente apports (‘), pour l’honneur et la louange de Mithra aux vastes campagnes. — Qu’ils se lavent le corps deux jours et deux nuits, qu’ils amènent vingt apports pour l’honneur et la louange de Mithra, qui règne au loin sur les campagnes. Que personne ne mange de ces offrandes qui me sont présentées s’il n’a point appris ceux des Çtutas Yaçnas (qui commencent par les mots) viçpè ratavai^).
Par son éclat, etc.
123. Nous honorons Mithra... auquel Ahura-Mazda sacrifia du haut du Garonmâna éclatant de splendeur.
124. Les bras levés, Mithra, qui règne sur les vastes campagnes, s’avance du brillant Garonmâna vers le lieu de l’immortalité (^) sur un char éclatant de beauté, marchant d’une vitesse toujours égale, orné de toutes façons, fait d’or.
125. (Attelés) à ce char, marchent quatre coursiers blancs, semblables en couleur, nourris d’aliments célestes, immortels. Leurs sabots de devant sont recouverts d’or; ceux de derrière le sont d’argent. Tous (les quatre)sont unis et attelés au timon, au joug recourl)é, au montant du joug superposé (^) et attaché au timon par une cheville de métal, solide, bien travaillée.
(') Probablement des apports de bêtes malfaisantes et impures faits aux prêtres. Ceci prouve bien que les coups, dont parle le Vendidâd, sont des coups donnés aux Khrafstras.
(2) Ce sont les premiers chapitres du Vispêred, ou ce livx-e en entier.
P) Impossible de traduire vers l’immortalité comme si Mithra devenait immortel par suite du sacrificed’ Ahura-Mazda. Car à ce compte Mithra partirait d’un lieu physique, le Garonmâna, pour s’avancer en char vers une idée abstraite. En outre, il serait de moindre condition que ses chevaux, immortels par eux-mêmes. Amerekhtis doit désigner ici ce ciel supérieur au Garonmâna, dont parlent les livres parses.
(*) Litt. : dans sa superposition. Il s’agit du jugum curvum, joug recourbé, prenant le poitrail des chevaux, formé de trois pièces; les deux jougs sont ari'ondis et la barre de jonction est supci'posée au joug et attachée à ce dernier par une courroie ou une longue cheville. Ici c’est une cheville. Ce char était donc du style le plus élégant que connussent les anciens; ce n’est point étonnant, car ce passage est récent. Timon (sanscrit îçâ). Le sens ne peut être : au même timon; pour cela il faudrait
KHORÜA AVESTA.
126. A droite, k côté de lui, marche Rashnu, très juste, très saint, d’une taille élevée. A sa gauche s’avance la sagesse (^) très juste, portant des offrandes, pure, vêtue d’habits blancs, blanche elle même, fondement de la loi mazdéenne (^).
127. A leur suite vient la puissante malédiction de l’esprit, sous la forme bien faite d’un sanglier fondant sur (son adversaire), aux dents aiguës, aux défenses aiguës, tuant d’un seul coup; d’un sanglier gras, irrité, prêt à attaquer, vigoureux, armé, allant çà et là autour (de son ennemi). Après lui s’avancent le feu flamboyant, et la redoutable majesté royale.
128. Pour la garde du char de Mithra se dresse un millier de flèches d’arcs, faits d’os, avec art, (garnis) d’une corde de nerf de bœuf. Au gré de la pensée, elles partent ; au gré de la pensée, elles tombent sur la tête des Dévas.
129. Pour la garde du char de Mithra, se dresse un millier de traits (’) aux plumes d’aigles (^), à la pointe d’or, au pied de corne, au manche de fer, bienfaits. Au gré de la pensée, ils partent; au gré de la pensée, ils tombent sur la tête des Dévas.
130. Pour la garde du char de Mithra, se dressent mille lances, aiguës comme des fendoires, faites avec art. Au gré de la pensée, elles se meuvent ; au gré de la pensée, elles tombent sur la tête des Dévas. Pour la garde du char de Mithra, se dressent mille coutelas (®) d’airam, aux deux côtés aigus, faits avec art. Au gré de la pensée, ils partent ; au gré de la pensée, ils tombent sur la tête des Dévas.
131. Pour la garde du char de Mithra, se dressent mille glaives à deux tranchants, faits avec art. Au gré de la pensée, ils partent; au gré de la pensée, ils tombent sur la tête des Dévas. Pour la garde du char de Mithra, se dressent mille masses de fer, bien faites. Au gré de la pensée, elles partent; au gré de la pensée, elles tombent sur la tête des Dévas.
hâmôiçà et ce mot devrait être un adjectif se rapportant à aurva7itô. — Çimd. Cf. persan sîmah, pièce de bois. Le montant du joug, la pièce intermédiaire qui unit les deux pièces courbées était superposée au timon et tenue par une cheville (ou des courroies). — Dereta est ici ferme, solide.
(') Nous ne pouvons voir ici qu’un cas de plus de l’emploi irrégulier de l’accusatif.
(2) Aom de avem (Spiegel). Peut-être simplement « garde du char de Mithra, » comme garde.
(*) Et non des arcs, de qui l’on ne peut dire vazenti, patenti.
(4) Plutôt : de coq.
(■’’) Comp. le néo-persan, caqu.
YESHT X.
132. Pour la garde du char de Mithra, se dresse une massue brillante, facile à lancer, àcent boutons, à cent pointes aiguës, tombant avec violence, écrasant les hommes, d’un fer jaunâtre, recouverte (^) d’or solide, la plus forte des armes, l’arme victorieuse par dessus toutes. Au gré de la pensée, elle part; au gré de la pensée, elle tombe sur la tête des Dévas.
133. Après avoir frappé les Dévas, après avoir abattu les hommes qui trompent Mithra, alors Mithra, qui règne au loin sur les campagnes, pai’court l’Arezahe Çavahe, le Vourubaresti, Vourujaresti, le Fradadhafshu, Vidadhafshu et le présent Karshvar Qaniratha, le brillant.
134. Aussitôt, Anro Mainyus, le meurtrier, tremble violemment, 11 tremble violemment, Aeshma, le méchant, au corps perverti. Elle tremble fortement, Bushyâçta aux longs bras ; ils tremblent fortement, tous les Dévas esprits et tous les méchants impudiques.