‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 560 sur 686 · XI. ÇROSH-YESHT f · texte numérisé non relu

XI. ÇROSH-YESHT f

1. Nous honorons Çraosha-le-saint, à la taille majestueuse, (toujours) vainqueur, qui favorise le développement des mondes, chef pur du monde pur. Hommage saint (^), hommage parfait aux mondes, 6 Zarathustra!

2. Voilà ce quitientarrêtésles méchants et les amis des méchants. Voilà cequi tient l’œil, l’intelligence, les oreilles, les bras, les jambes, la bouche des méchants et des méchantes, entourés de liens (^), c’est cette prière

(*) La lumière enveloppe tout, pénètre tout,

(2) Yesht de Çraoslia. C’est le second consacré à ce génie. Le premier fait partie du Yaçna (Hâ 56) et de l’oflice journalier de l’Atliarvan. Celui-ci est plutôt objet de dévotion particulière, le § 4 l’indique clairement.

(^) Il s’agit probablement de la prière Ashem Vôhù vahistem.

(*) C’est ce qui entoure de liens, etc.

KHORDA AVESTA.

d’hommage Vôhû^ qui ne connaît ni l’erreur, ni la haine. Elle est la cuirasse de l’homme, elle retient le bouclier de la Druje !

3. Çraosha-le-saint est celui qui nourrit le plus longtemps (‘) ; qui, vainqueur, abat le mieux la Druje. L’homme pur qui dit le plus souvent la prière de bénédiction (Afriti), est celui qui remporte le plus de victoires. La Manthra Çpenta est ce qui abat le mieux la Druje spirituelle. L’Ahunavairya est de toutes les prières la plus victorieuse ; la prière dite selon les rites, est la plus victorieuse dans les entreprises Q.

La loi mazdéenne est dans tout ce qui est pur, dans tout ce qui est d’origine pure , ce qui établit le mieux la vérité. Ainsi est la loi de Zarathustra.

4. Si quelqu’un, ô Zarathustra, homme ou femme, prononce cette parole oralement révélée, avec une pureté parfaite de pensée, de parole et d’action, à cause (®) d’une grande eau ou d’une grande lueur subite (^), d’une nuit ténébreuse couverte de nuages, d’un passage sur un courant d’eau, ou de la bifurcation d’un chemin (*), à cause de la rencontre (possible) des fidèles ou du choc (®) des méchants adorateurs des Dévas,

5. Dans tout accident, quel qu’il soit, dans toute occurence sinistre, lorsqu’on craint une lueur subite, une nuit ténébreuse couverte de nuages, un passage sur un courant d’eau , ou la bifurcation d’un chemin , à cause de la rencontre (possible) des fidèles ou du choc des méchants adorateurs des Dévas, jamais ni le jour, ni la nuit, le méchant occupé, habitué h nuire par le regard de ses yeux, ne le regardera point, la haine du brigand qui enlève les troupeaux (’) ne l’atteindra pas.

6. Prononce cette parole révélée, ô Zarathustra, si tu viens à rencontrer des oppresseurs (®), des brigands, des voleurs; qu’alors ils craignent le châtiment des méchants, adorateurs des Dévas; les Yâtus, (celui) des

(>) Spiegel corrige ce mot en dareghum, ce qui signifierait le -pauvre.

(’) Comp. le sanscrit y as, être excité, ardent ; agir. Pehlvi : assemblée; sens impossible ici.

(•) Pour éviter le danger que l’on peut courir dans la traversée, etc.

(*) Thvoaeshô ; comp. tioish, briller subitement; aliâs : frayeur. Mais peut-on traduire : à cause d’une grande eau ou d’une grande frayeur, d’une nuit ténébreuse, etc. ? La frayeur est dans chaque incident.

(*) Pour ne point se tromper ou pour échapper au danger qui pourrait venir par un chemin; la rencontre d’esprits mauvais, etc.

(®) Litt. : s’il survient les chocs contre.

(7) Vazô-vanthvoya, qui enlève les troupeaux; vaz {vah) emmener, enlever, comme premier élément. Cf. Barôsaothra.

(“) Kereças, tourmenteur, de krç-, ou peut-être trompeur. Comp. : le persan harsidan, tromper.

YESHT XI.

sectateurs des Yâtus (*); les Pairikas, (celui) des partisans des Pairikas, et qu’ils fuient ! Abattus les Dévas ! abattus les adorateurs des Dévas ! qu’ils tiennent leur bouche fermée et s’enfuient (^).

7. Attirons près de nous Çraosha-le-saint comme les gardiens des troupeaux; honorons Çraosha-le-saint, le victorieux, le pur, par de bonnes pensées, des paroles et des actions saintes.

8-9. A cause de son éclat et de sa splendeur, de sa force et de sa puissance victorieuse, par ce culte des Yazatas, je veux l’honorer d’un hommage rendu à haute voix, par ces Zaothras, Çraosha-le-saint, Ashi-Vanuhi, l’élevée, et Nairyoçanha, majestueux. Que Çraosha-le-saint, vainqueur, vienneà nous. Nous honorons Çraosha-le-saint, etc. (Voy. Y. LVI. 1, 10-12.)

10-13. Nous honorons Çraosha-le-saint, qui châtie les impudiques, qui frappe les femmes impudiques, qui frappe la puissante DévîDruje, qui détruit le monde. Çraosha-le-saint, etc. (Voy. Yaçna LVI. VII, 3-1 1.)

14. Nous honorons Çraosha... qui garde contre la Druje la paix et les arrangements du Très-Saint, en faveur des Amesha-Çpentas, sur la terre aux sept Karshvars. Il est le promulgateur de la loi. Qu’Ahura-Mazda (l’esprit) pur, la lui enseigne !

Par son éclat, etc.

(') Qui sont au nombre des Yâtumat. Thaeshô n’est point en parallèle avec Yâtus, Pairikas, car le ca lui manque. Le sens que l’on donne à cette phrase n’en eât d’ailleurs pas un.

(2) Ou traduit généralement : recevant du dommage-, mais ce sens qu’on donne krâreshy est inadmissible. Au Yaçna XXXll. II. on serait forcé de traduire: recevant du dommage du bon esprit; ce qui est impossible. Le bon esprit ne nuit à personne. Râresh ne peut venir de risk et son identité avec la racine de râshag est une pure supposition; on n’apporte en preuve que des affirmations gratuites. La version et les gloses pehlvies ne peuvent être invoquées, car elles se contredisent. De plus, pour maintenir cette interprétation, l’on fait de zafra, l’ouverture de l’enfer, ce que rien n’autorise, et l’on rend aixni gerew, par chasser, tandis que ce verbe ne peut signifier que saisir, contenir. On donne, en outre, à aiwi gerew un autre sujet qu’à râreshyantô et l’on suppose que les Dévas sont chassés eu enfer pour y subir des maux, ce qui est également inadmissible.

KHORDA AVESTA.

15. Honorons Çraosha, que le pur Ahura-Mazda a constitué l’adversaire d’Aeshma, l’impétueux; honorons la Force triomphatrice ; ces deux adversaires (*) inébranlables, invincibles (d’Aeshma);

16. Les amis du saint Çraosha, les amis de Rashnu, le juste, les amis de Mithra qui s’étend au loin sur les campagnes, les amis du vent pur, les amis de la bonne loi mazdéenne , les amis d’Arstât, qui développe les mondes et les fait croitre, les amis d’Arstât, la prospérité des mondes, les amis d’Ashi-Vanuhi, les amis de Ciçti-Vanuhi, les amis de la Sagesse parfaite;

17. Les amis de tous les Yazatas, les amis de la Manthra-Çpenta, les amis de la loi antidévique, les amis de la doctrine perpétuelle, les amis des Amesha-Çpentas, nos amis, à nous, apôtres de la loi, bipèdes (hommes) purs, et ceux de toute la création pure.

Par son éclat, etc.

18. Nous honorons Çraosha... premier, supérieur, moyen, extrême; par les A^açnas premiers, supérieurs, moyens, extrêmes (^); en toute manière, nous honorons Çraosha-le-saint, prompt et fort, la loi incarnée.

19. Prompt et fort, protecteur, au bras puissant, guerrier frappant les Dévas à la tête, frappant des coups vainqueurs en faveur du juste, triomphant, pur. (Nous honorons) la supériorité vainqueresse et celle de Çraosha-le-saint, et celle d’Arsti, la vénérable.

20. Nous honorons toutes les demeures protégées par Çraosha, toutes celles par qui Çraosha-le-saint est aimé, béni, traité avec reconnaissance, où (habite) le fidèle qui a le plus de bonnes pensées, dit le plus de paroles saintes et fait le plus de bonnes actions.

21. Nous honorons le corps de Çraosha-le-saint. Nous honorons le corps de Rashnu le juste. Nous honorons le corps de Mithra aux vastes champs. Nous honorons le corps du vent pur. Nous honorons le corps de

(') C’est-à-dire : Çraosha et la Force triomphatrice. Amuyamna, que l'on ne peut repousser; de mu. Comp. sanscrit, mu arrêter, lier; ou latin, movere; grec, àtjiEuoj; lithuanien mauti.

(2) Les Parses expliquent ces termes comme des désignations de certaines parties de l’Avesta. Les épithètes données à Çraosha sont combinées pour y correspondre; en somme, elles indiquent la per. fection de nature de Çraosha.

YESHT XII.

la bonne loi mazdéenne. Nous honorons le corps d’Arstât qui développe les mondes, qui fait croître les mondes ; d’Arstât, la prospérité du monde. Nous honorons le corps d’Ashi-Vanuhi. Nous honorons le corps de Ciçti-Vanuhi. Nous honorons le corps de tous les Yazatas.

22. Nous honorons le corps de la Manthra-Çpenta. Nous honorons le corps de la loi antidévique. Nous honorons le corps de la doctrine établie pour le temps. Nous honorons le corps des Amesha-rpentas. Nous honorons le corps de nos amis à nous, bipèdes purs. Nous honorons le corps de toute la création du bien.

A cause de son éclat et de sa majesté, etc.

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