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Nous honorons Verethraghna, créé par Mazda

Zarathustra demanda à Ahura-Mazda : Ahura-Mazda, esprit saint, créateur des mondes corporels, pur ! Quel est, de tous les Yazatas célestes, le plus actif ?

Ahura-Mazda répondit : c’est Verethraghna, créé par Mazda, ô saint Zarathustra !

27. Vers lui vint, la dixième fois, Verethraghna, créé par Ahura, s’avançant sous la forme d’un homme brillant et beau, créé par Mazda, portant un glaive à poignée d’or, ornementé, possédant tout genre d’ornement. Ainsi il vint et apporta la bonne splendeur créée par Mazda, la majesté créée par Mazda, en outre, la guérison et la force, etc. (voy. §§3 et 4.)

{') Ou aurusha, d’un fauve brillant.

(*) Nivaçtekfi, de ni vath ta. Comp. paaraÇa).

YESHT XIV.

28. Nous honorons Veretliraglina créé par Mazda, auteur de la virilité, qui donne la mort, qui opère le renouvellement (’), qui accable, qui se rend maître Q par lui-même. A lui sacrifia le pur Zarathustra selon la pensée de Veretliraghna(^), la parole de A^erethraglina, les actes de Verethraghna, par des prières initiatives, par des répons victorieux.

29. A lui A'erethraglma, créé par Mazda, donna les puits de la justice, la force des bras, la santé de tout le corps, le bien-être de tout le corps, et cette vue que possède Karomaçyô I’aquatique, qui dans la Ranbaaux rives éloignées, profonde (de la hauteur) de mille hommes, remarque un filet d’eau de la grosseur d’un cheveu.

Par son éclat, etc.

30. Nous honorons A’’erethraghna créé par Mazda, auteur delà virilité, qui donne la mort, qui opère le renouvellement, qui accable, qui se rend maître par lui-même. A lui sacrifia le pur Zarathustra, selon la pensée de Verethraghna, par la parole de A^’erethraglina, par les actes de Verethraghna, par des prières initiatives, par des répons victorieux.

31. A^erethraghna, créé par Mazda, lui donna les puits de la justice, la force des bras, la santé du corps entier, le bien-être du corps entier et la vue que possède un cheval mâle qui, par une nuit obscure, sans la moindre lueur, chargée de nuages, voit un crin de cheval gisant à terre, et voit s’il est du bout ou du commencement.

Par son éclat, etc.

32. Nous honorons Verethraghna, créé par Mazda, auteur de la virilité, qui donne la mort, qui opère le renouvellement, qui accable, qui se rend maître par lui-même. A lui sacrifia le pur Zarathustra, selon la pensée de Verethraghna, par la parole de Verethraghna, par les actes de Verethraghna, par des prières initiatives, par des répons victorieux.

(') Le renouvellemeut du monde à la fin des temps. C’est le génie de la victoire qui en assure la production.

(*) Ayaonem. Comp. ayu, s’emparer, se rendre maître.

(3) Ou de victoire.

KHORDA AVESTA.

33. Verethraghna, créé par Mazda, lui donna les puits de la justice, la force des bras, la santé du corps entier, le bien-être du corps entier et la vue telle que la possède le faucon de l’âge qui, de la contrée la plus éloignée (‘), voit un morceau de chair crue, de la grosseur d’un poing, (qui lui apparaît) comme l’éclat d’un (^) charbon, brillant comme la lueur d’un charbon brûlant.

Par son éclat, etc.

34. Nous honorons Verethraghna, créé par Ahura. Zarathustra demanda à Ahura-Mazda : Ahura-Mazda, esprit très-auguste, etc. Si je suis accablé par les imprécations, par les malédictions (^) de beaucoup (d’ennemis) qui cherchent à nuire, quel est le moyen d’échapper à ce mal?

35. Ahura-Mazda répondit : procure-toi, ô saint Zarathustra, une plume de l’oiseau Vâraghna, aux plumes de hibou ('*) ; avec cette plume, frotte-to’i le corps, avec cette plume, conjure ton adversaire :

36. « (La terre) (®) qui nous porte (le fait) par le corps de l’oiseau rapide, par la plume (^) de l’oiseau rapide. Un hcmme puissant ne le frappe pas, ne (le) repousse pas ; il lui apporte en abondance hommage et éclat ; la plume des oiseaux assure le secours de l’oiseau (suprême),

37. Le souverain chef des oppresseurs, destructeur des héros ne peut en tuer cent ; malfaisant, il ne peut abattre d’un coup ; il ne frappe qu’un seul et disparaît.

38. Tous (les héros) craignent pour l’oiseau comme pour le propre corps (^). Tous les méchants en craignent la force, la puissance victorieuse, l’intelligence établie (dans le corps) pour (diriger ce) corps.

(') Litt. : la neuvième.

(’) Ce morceau de viande crue et toute rouge apparaît comme un charbon brûlant. Naeshem, ce qui est nettoyé, déni;, ni-. Les autres traductions « un morceau de viande qui paraît comme l’éclat d’une aiguille. » « comme la pointe d’une aiguille, ou comme la tache d'une aiguille, » donnent un sens peu en harmonie avec le reste.

(’) C’est là le sens, car il s’agit d’échapper à des ennemis. Voy. §§ 37-38.

(*) Ou dont le dos est couvert d’abondantes plumes. Pour certain système, cet oiseau sera l’éclair, (f) Car tout est l’éclair.

(°) Comp. Y. XXXVIII, 2. On pourrait aussi traduire ; les biens que nous apportent le corps et les plumes de l’oiseau. Ou bien : ce ((ui nous soutient, ce sont le corps, les plumes, etc. Baraiti serait au singulier pour pluriel. On serait cependant tenté déliré avec Geldner, yô nâ : l’homme qui porte des plumes, etc. Il y a ici, peut-être, fausse réminiscence. Vaêçaêpa de vi et sip; non de dvi.

(®) Vu le contexte et la fréquence des doubles thèmes, il est impossible de prendre parenavô comme forme de perena, plénitude. Tout ce texte est altéré et obscur.

(?) Litt. : pour mon corps; tanvô, qui manque dans plusieurs manuscrits et qui est écrit, dans d’autres, tanvê, doit être effacé avec le membre de phrase.

YESHT XIV.

39. (C’est cet oiseau) que doivent implorer les chefs, que doivent implorer les adhérents des chefs, les hommes de renommée illustre ; c’est lui qu’invoque Kava Uça, lui queporte(‘) le cheval mâle, lui que porte le chameau porte-fardeau, lui que porte l’eau courante ;

40. Que porta Thraetaona le fort, qui tua le serpent Dahâka, aux trois gueules, aux trois têtes, aux six yeux, aux mille membres, etc. (voy. Yaçna IX, 25-27).

41. Nous honorons Verethraghnacréé par Mazda. Par ses étendards(^), il enveloppe cette demeure d’éclat et le fait descendre sur elle comme (fait) l’immense oiseau Çaenai^), comme ces nuages gonflés d’eau, s’abattent sur les montagnes élevées.

42. Nous honorons Verethraghna... Zarathustra demanda à Ahura- Mazda : Ahura-Mazda, esprit très saint, créateur, etc. Quand (‘) doit-on invoquer le nom de Verethraghna, créé par Ahura; quand doit-être (faite) sa louange, sa déprécation ?

43. Ahura-Mazda répondit : Lorsque des armées s’entrechoquent, ô saint Zarathustra ! et qu’elles sont formées, chacune en rangs bien disposés ; qu’alors ceux qui sont l’objet des coups ne soient point atteints, qu’ils ne soient point frappés.

44. Etends les plumes (^) vers la route des deux (armées). Là où a été invoqué en premier lieu, Verethraghna, fort, bien fait, à la taille majestueuse, créé par Ahura, là suit la victoire.

45. Je bénis la Force et Verethraghna, les deux maîtres, les deux défenseurs, les deux soutiens, qui tous deux pressent, qui tous deux écartent (®), qui tous deux mettent en fuite, qui tous deux raclent, qui tous deux effacent, font disparaître.

(') Ou « honore. »

(2) Voy. Yesht XVII, §8, note 1.

(2) Cet oiseau doit encore être l’éclair. Ce serait plutôt un représentant des lueurs rougeâtres qui illuminent les nuages ou l’horizon, au soleil couchant.

{*) Le contexte demande quand et non où.

(®) Si cette plume (comp. § 35) est l’éclair, comment se la procure-t-on pour se frotter le corps ou l’étendre entre deux armées? Le mythe a certainement changé de nature et sou origine, fût-elle ce que l’on dit, ne nous explique rien.

(®) A dhvaosh, comp. dhvaj, s’agiter, ou duvas, qui pousse dehors.

KHORDA AVESTA.

46. Zarathustra, ne fais connaître ce Manthra à personne d’antre qu’au père, au fils ou au frère né du même sein ou prêtre domestique (*). Voilà les paroles qui seront pour toi puissantes et (de) ferme (soutien), puissantes pour le sage conseil(^), puissantes pour la victoire, puissantes pour la guérison. Voilà les paroles qui purifieront la tête criminelle et feront siffler, (lancée) loin en arrière (^), l’arme levée (pour frapper).

47. Nous honorons Verethraghna. .. qui prend placeau milieu des rangs formés et (allant) çà et là avec Mithra et Raslmu, demande : Qui cherche à tromper Mithra ? qui ofiense Rashnu ? A qui départirai-je, moi qui le peux faire, la maladie et la mort ?

48. Et Ahura-Vlazda dit : Lorsque les hommes honorent Verethragna, créé par Ahura, que près de lui se fait habituellement ce qu’il y a de meilleur à offrir de tout ce qui est offert de sacrifice et de louange, alors sur les contrées aryaques, ne fondent ni armées, ni maux qui entravent (son bienêtre), ni lèpre (^), ni venin magique, ni char ennemi, ni bannière levée.

49. Zarathustra lui demanda : Comment est le sacrifice, la louange la plus conforme à la loi, selon la sainteté parfaite (que l’on puisse offrir) à Verethraghna, créé par Ahura, etc.

50. Ahura-Mazda répondit : Que les contrées aryaques lui apportent desZaothras, étendent vers lui le bareçma, qu’elles sacrifient par la cuisson une tête de bétail, fauve, ou de couleur d’or (^) ou de toute couleur qui ressemble à celle de Haoma.

51. Qu’un criminel n’en prenne point, ni une femme de mauvaise vie, ni un (mazdéen) qui désole (®) le monde en ne chantant pas les Gàthâs, détruit le monde et combat la loi d’Ahura, de Zarathustra.

(') Que l’on entretient, qui a sa nourriture. Comp. Yesht IV, §§ 10 et suiv.

(2) Le sens d'assemblée donné à ce mot est inexplicable ici. Litt. : dans.

{^) Apasha prouve que apa indique mouvement en arrière et non privation.

(*) Ou maladie semblable.

(^) Vôhu gaona doit être une couleur de teinte jaunâtre, comme prouve ce qui suit. Vasu, en sanscrit, désigne l’or, le feu, le rayon de soleil.

(*) Ashaovo ou Ashâovo, de a, shâ, réjouir. En manquant à ses devoirs, le fidèle répand la désolation dans le monde, comme on l’a vu au Veudidâd. Ou a shu, qui ne fait pas prospérer. — Açrdvaya-g, semble être une glose, il trouble le mètre.

YESHT XIV.

52. Si un criminel, si une femme de mauvaise vie, si un mazdéen qui désole le monde en ne chantant pas les Gàthàs,siun destructeur du monde, un homme qui combat la loi d’Ahura, de Zarathustra y prend part, alors Verethrag'hna, créé par Ahura, ressaisit ses agents curatifs.

53. Constamment sur les contrées aryaques les maux s’abbattent, constamment sur les contrées aryaques les armées viennent tondre, constamment des contrées aryaques (les guerriers) sont abattus, cinquante (‘) par les çataghnas, (tueurs de cent) ; cent par les hazanraghnas, (tueurs de mille ); mille par les baevareghnas ; dix mille par les tueurs d’innombrables (ennemis).

54. Alors Veretraghna, créé par Ahura, prononça ces paroles : Non maintenant l’àme du taureau créé par le créateur ne doit point être l’objet d’un culte ou d’hômmages de la part de l’homme. Car maintenant les Dévas violents (^), les hommes adorateurs des Dé vas répandent le sang et exercent de (nombreuses) violences (®).

55. Parce que les Dévas violents, les hommes adorateurs des Dévas apportent au feu, de ces plantes qui ont nom Apereçi^ de ce bois à brûler qui a nom Nemetka ;

56. Parce que maintenant les Dévas violents, les hommes adorateurs des Dévas, font avancer l’attaque (^), font se répandre, pour la lutte, le milieu (des armées) et disposent tous les combats; que celui qui frappe, tombe et ne frappe plus, que celui qui tue, tombe et ne tue plus. Puisque les Dévas insulteurs, les hommes adorateurs des Dévas tiennent leur intelligence écartée (de la vraie doctrine), ce génie détourne ses regards.

57. Nous honorons Verethraghna. J’invoque Haoma qui a la primauté en partage (^) ; j’invoque Haoma vainqueur, Haoma protecteur, j’invoque

(1) De manière à en tuer cinquante; occisui.

(2) Vyambùro. Cotnp. le saiisc. ambhar. Peut-être: insulteur, se riant de la loi. Comp. le sansc. ambh, insulter; litliuan. amhiti, id.

(5) Shine. Néo-pers. shinjidan.

(‘) Plient en avant; peut-être le flanc de l’armée, l'aile. Spiegel pense que ceci se rapporte au coi-ps ; ils plient l’échine, avancent le milieu et étendent tous les membres. Il est ditTicile d’expliquer cela à moins qu’on no suppose une posture propre aux infidèles pendant la prière, ou une manière de disposer la victime pendant le sacrifice.

('■’) Le Bag lia principal?

KHORDA AVESTA.

pour mon corps, selon ce qui est bien, Haoma protecteur. Celui qu’il soustrait au coup, échappe à l’ennemi dans la bataille (‘).

58. Afin que je batte cette armée, afin que je vainque cette armée, afin que j’écrase cette armée qui me poursuit.

59. Nous honorons Verethraghna créé par Ahura. Ahura Puthra portait un trait acéré, étincelant contre les fils (des ennemis) aux dix mille chefs

Il était fort, lui dont le nom est le victorieux ; il fut vainqueur, lui dont le nom est le fort.

60. Que j’obtienne autant de victoires que tous les autres chefs aryaques (^), afin que je batte cette armée, afin que je vainque cette armée, afin que j’écrase cette armée qui me poursuit.

61. Nous honorons Verethraghna créé par Ahura. Au taureau, la force ; au taureau, la vénération ; au taureau, la louange; au taureau, la victoire; au taureau, la nourriture; au taureau, la pâture. Pâturage pour la vache, la soignant pour notre nourriture.

A cause de son éclat, etc.

62. Nous honorons Verethraghna... qui sépare les rangs des armées, qui brise les rangs des armées, qui les forme (^) et les fait choquer ; qui les brise, les disperse, les réunit et fait choquer avec violence les rangs des Dévas et des hommes, des Yâtus et des Pairikas, des Çâthras, des Kavis et des Karapans, lui Verethraghna, créé par Ahura.

(') Nivanti nivandât. Comp. badh, handham; à la suite de la bataille; ceci est une sorte de parenthèse.

(’) Ce sont les Dinous touraniens. Ceux-ci représentent, selon les védisants, les démons du nuage orageux. Il serait difficile de donner à cette phrase un sens autre que purement conjectural. Puthrô semble interpolé et amené par la consonnance. Le tout paraît être une suite de prières ou de paroles magiques à l’usage des guerriers . — Çighùirê, cp. sîghur, porc-épic et çizkdra. — Ahurô 'peut-être : le fils du chef, le chef fils; ou Puthra, le chef.

(*) Lis. : Airyê (K. 16 et L. 11). Ce passage semble corrompu.

(‘) Les fait s’appartenir, ou comp. le néo-pers. qanj, compressio.

YESHT XV.

63. Nous honorons Verethraghna, créé par Almra. Car, lorsque Verethraghnacréé par Aliura, arrête et retient les membres des ennemis rangés et pleins d’ardeur (*), des pays coalisés, et des mortels mithradrujes, il couvre leurs yeux d’un voile, il enlève l’ouïe à leurs oreilles, il ne soutient plus leurs pieds, il n’est plus dominant (pour eux) (^). A cause de son éclat et de sa majesté... Yatliâ Aliû AAiryô ; culte, louange, force, etc.

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