Nous honorons Ashi-Vanuhi, etc
54. (‘) Alors Ashi-Vanuhi, l’élevée, dit : Qu’ils n’obtiennent point (une part) des Zaothras qui me sont présentés, ni l’homme dont le semen est épuisé ; ni fa courtisane qui n’a point ses époques, ni l’enfant à l’âge tendre, ni la jeune fille qu’aucun homme n’a approchée.
(') Cette légende qui forme un nouveau sujet, un nouveau Yesht, a une portée morale. Sa fin est de flétrir tout ce qui peut entraver le développement de l’humanité et diminuer les naissances ou faire périr les enfauts. C’est pour ce motif qu’Àshi écarté de ses sacrifices tous les êtres qui ne peuvent engendrer. De là aussi ces imprécations contre les femmes qui se rendent incapables d’enfanter ou provoquent l’avortement (57), ou qui exposent leurs enfants; contre ceux, enfln, qui empêchent les jeunes tilles de se marier pour éviter le paiement des dots, etc.
KHORDA A VESTA.
55. Lorsque me poursuivaient (‘) les Touras Q, aux chevaux rapides, pleins de (l’ardeur et de la force de la) jeunesse, je me cachai le corps sous le pied d’un taureau mâle, portant son (®) fardeau. Alors les enfants en bas-âge et les jeunes filles non demandées en mariage me cachèrent (^). Lorsque me poursuivaient les Touras aux chevaux rapides, pleins de jeunesse.
56. Je me cachai le corps sous le cou d’un bélier mâle, à la nombreuse progéniture (^) ; alors les enfants en bas-âge et les jeunes filles non encore recherchées en mariage me cachèrent ; lorsque me poursuivaient les Touras aux chevaux rapides, pleins de jeunesse.
57. Ashi-Vanuhi, l’élevée, exhala sa première plainte au sujet de la courtisane qui n’enfante plus : « N’avance pas le pied vers elle, ne foule pas le sol (qu’elle occupe). » Que ferais-je à leur sujet ? m’en irai-je au ciel, m’enfoncerai-je en terre ?
58. Ashi-Vanuhi, l’élevée, exhale sa seconde plainte au sujet de la courtisane (®) qui emporte l’enfant engendré pour un étranger et le dépose sur le chemin Ç). Que ferai-je au sujet de ces (femmes) ? pénétrerai-je le ciel, m’enfoncerai-je en terre ?
59. Ashi-Vanuhi, l’élevée, exhale sa troisième plainte : C’est là l’acte le plus vilain (*) que commettent à mon égard les hommes puissants ; c’est qu’ils privent (®) les jeunes filles de mariage et laissées longtemps sans
(1) Tous ces verbes sont à l’imparfait; on ne peut donc traduire parce qu'ils me poursuivent, etc.
('^) Les ennemis supposés d'As'.ii sont r ‘présentés sous des traits des ennemis nationaux des Éraniens, de ces Touras ou cavaliers rapides qui iufestaientl’Éran.
(®) Sens incertain; ce peut être aussi : prenant sa nourriture, ou même, peut-être, posant l’acte qui produit la grossesse.
(4) Ou le contraire. Fraguzay peut signifier faire aller au-delà, faire sortir de la cachette. Ce sens mettrait ce passage en harmonie avec ce qui précède, où Ashi refuse des Zaothras aux enfants, etc. On pourrait toutefois le rapporter à ce qui suit; ce serait le motif de cette protection.
(‘) Çatokara, littéralement qui fait cent. On pourrait comparer à cette expression le puthrem varstem du § 58 et justifier ainsi la traduction. Spiegel et Justi : d’une activité centuplée. Kara peut aussi signifier main, rayon. Ce dernier terme fournirait aux mythologues une image de la lumière ou de l’éclair. Mais /tara, rayon, est un terme idioîique, particulier au sanscrit.
(®) Il s’agit de la courtisane et non de la femme mariée, de la destruction des enfants et non de la simple tromperie exercée à l’égard d’un époux; nous ne pouvons donc admettre la correction depazt/ié en paithyê. V. note suiv.
(^) Étranger, et non à un époux. La Jahika se donne au premier venu. Paithê, Geldner corrige paithyê et scande paithiyê pour former un vers. Cela est bien hasardé. On ne peut guère supposer ici qu’il s’agisse d’une femme mariée et de la substitution d’un enfant au lieu d’un infanticide.
(®) Çtavo. Comp. sansc. sthûla, grossier, etc.
('’) Uzvath; peut être : répudient. Litt. : metti’e hors de mariage.
YESHT XVIII.
époux les privent d’enfantement (‘). Que ferai-je à leur sujet, rentrerai-je dans le ciel ou m’enfoncerai-je en terre ?
60. Alors Aliura-Mazda reprit : Ashi, brillante, création de sagesse Q ; ne va pas au ciel, ne t’enfonce pas en terre. Va à l’intérieur (^) d’une demeure splendide, œuvre de puissance Q.
61 . Je veux t’honorer de ce culte, je veux te célébrer par cet hommage que te rendit Vîstàçpa au delà l’eau du Dàitya ; que le Zaota élève la voix (et chante tes louanges) se tenant derrière le bareçma (“). Je veux t’honorer par ce culte, je veux te célébrer par cet hommage, ô Ashi la belle, création de sagesse. Par son éclat et sa majesté, etc.
62. Honneur, louange, puissance, force à Ashi-Vanuhi, à la sagesse sainte, à la sainte droiture, à la sainte rectitude, à la majesté, à la prospérité créée par Mazda. Ashem Vohû.
Khshnaothraà Ahura-Mazda... Ashem Vohû... JemeconfesseMazdéen ; satisfaction à la majesté des Aryas créés par Mazda, etc. Yâta Ahû Vairyô.