‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 669 sur 686 · IX. — FRAGMENTS · texte numérisé non relu

IX. — FRAGMENTS

A. — 1® Ahura-Mazda (?) exhorte Zoroastre à réciter les prières du sacrifice, pour glorifier et réjouir

les génies célestes et les Fravashis. — 2“ Hommage au Fravashi de Thraetaona. — 3® Nature et effets des pensées, des paroles et des actions bonnes et mauvaises. — 4® Grandeur et efficacité de la prière Airyama Ishya. Elle abat et fait rentrer sous terre Anro-Mainyus et les Dévas. — 5® Invocation de quelques génies. — 6® Prière à réciter en trayant le lait pour l’offrande. — 7® Hommage aux eaux et à Ahurâni. — 8® Formule magique pour préserver la lune décroissante des atteintes des Dévas. — 9® Louange de la prière Yathâ Ahü Vairyô. Son efficacité. Demande de la prospérité, etc. Exhortation à apporter des offrandes. pp. 606-609.

B. — Passage de livres perdus de l’Avesta cités dans les gloses pehlvies. pp. 609-610.

C. — Vendidâd-Sadé. Prière préparatoire au sacrifice. pp. 610-611.

D. — Yaçna I (fin). Vendidâd-Sâdé, 23. p. 611.

E. — Chapitre XXV du Yaçna selon le Vendidâd-Sâdé. pp. 611-612.

F. — Aogemadaeca. Fragments en langue avestique insérés dans l’Aogemadaeca. pp. 612-614.

G. — Fragments insérés dans le Fahrang-î-oîm hadùk. pp. 614-616.

H. — Fragment du Nirangistan. p. 616.

NOTES

Vendidûd. Page 4, ligne 6. — Qu’une localité terrestre puisse porter le nom d’un lieu mythique, c’est ce que prouve surabondamment le grand nombre de monts Olympe que l’on voit sur la carte des pays helléniques. Evidemment tous ces monts et celui de la Thrace, en particulier, ont une existence réelle. Il peut en être de même des villes et pay; mentionnés au premier Fargard. La possibilité d’une explication mythique ne permet donc pas de conclure à la non réalité des localisations des noms de Varena, Yaêkereta, etc, telles que la tradition nous les donne. En ce qui concerne Varena en particulier, on a cherché h éluder la loi phonique, qui interdit de l’assimiler à Varuna, en apportant comme analogue hamerena que Ton assimile au hamarana du vieux persan, au samarana sanscrit. Mais il n’y a ici aucune dérogation à la règle ; hamerena, s'il signifie bataille, rencontre, ce que rien ne prouve, est formé comme samrti samrta et non comme samarana. D’ailleurs le mot vieux-persan doit plutôt se lire hamarna, ce qui correspond régulièrement à hamerena.

Farg. I. 1. — On pourrait traduire à la rigueur « J’ai rendu agréable le sol terrestre qui n’avait aucun charme ; c.-à-d. : j’ai embelli la terre, créée d’abord inanis et vacua; " mais la construction se prête peu à cela.

I. 9. — L’édition de Westergaard contient ici une glose marginale qui contredit le

texte. Hapta henti hàminô mâonha, paûcazayana askare. Le manuscrit 3 de Haug et d’autres encore partagent le dernier mot. Leur texte est ainsi conçu : hapta henti hàminô mâonha panca zayana as. Karetaêca, c’est-à-dire : « Il y a sept mois d’hiver et il y avait cinq d’été, et ces mois sont formés (tellement qu’ils sont) froids pour la terre, etc. » Evidemment ce sens est impossible. Les deux verbes « sont » et « étaient » ne peuvent marcher ensemble. La phrase hapta henti... askare est une glose insérée à tort dans le texte. Celui-ci disait que l’Airyâna Vaêja avait dix mois d’hiver et deux d’été. L’auteur de la glose, lequel ne comprenait rien à de semblables conditions de climat, y opposa ce qu’il constatait dans son pays et il écrivit en marge : « il est évidemment connu (^askare) qu’il y a sept mois d’été et cinq d’hiver. »

L’Airyâna Vaêja ne peut être, dans la pensée de l’auteur de ce chapitre, ni le berceau de la race indo-européenne ni même celui de la famille érano-indoue. Il ne soupçonne l’existence ni de l’une ni de l’autre. Les Aryas pour VAvesta ce sont les Éraniens ; l’Aryàna Vaêja porte ce nona comme VAriana des géographes grecs; comme VAirân des Sassanides et VArya varta des Iiidous (Comparez notre étude : Les Aryas et leur première patrie).

I. 54. — Paitidayô ne peut être le mauvais œil. Il s’applique à Mithra ; en outre, les deux membres de phrase sont parallèles ; aèm cithrô dakhsto aém cithrâ paitidayô ; et cithrô au masculin ne peut être qu'un adjectif ; il qualifie done paitidayô, et ce mot n’est donc point en apposition.

I. 78. — Açârô; ce n’est point « sans tête corporelle. » UAvesta ne connaît pas cette fable d’hommes acéphales. Ce mot s’applique aussi aux Dévas (II, 16 glose) qui ne sont certainement pas des corps sans tête. Il est souvent question de la Ranha, et ses riverains sont partout des humains ordinaires. D’ailleurs aiwi â hhshayêinti se rapporte à la constitution sociale. C’est par rapport à celle-ci que ces peuples sont dits sans tête, sans chef.

Farg. II. 79. — Geldner rapporte aghem à ahùm et traduit « l'hiver détruira l’humanité perverse » et remarque que cela rapproche encore davantage cette légende du récit biblique du déluge.

II. 80. — La tradition voit à tort dans frakava et apakava des bosses par devant et par derrière. Il ne s’agit d’abord que de fautes.

II. 85. — La tradition rend paèçô par lèpre; il est bien difficile d’admettre que vitareto tanu signifie « qui doit être tenu à l’écart.»

NOTES

11.91. — Geldner corrige varefshva en varê shavat «il fltentrei’ dans le vara.» Varefshva est en réalité une forme inexplicable si elle dérive de vara. Mais ce peut être la 2» pers. sing, de l’impér. moyen delà racine varep, sanscrit varp, grecpeTToj, lithuanien wtVpm, allemand toer/. Il faut seulement corriger varefshat au paragraphe similaire.

Page 17 note 2. — Au § 127 Yima introduit les taokhma dans le sol du vara, en place 1000 d’un côté, 600 de l’autre et 300 d’un troisième. Taokhma signifie semen de plante, d’homme ou d’animal. Cet apport de 1000, 600, 500 semiua doubles et ce placement des taokhma à demeure fixe indiquent clairement qu’il s’agit réeilemeat de germes desemtna, et Yima les introduit dans le sol au moyen de sa charrue. Une lance ne pourrait lui servir à cet usage. Cette conception étrange, mais toute avestique, est analogue à celle du semen de Zoroastre, déposé dans la mer de Kauça et destiné à produire de mille en mille ans un prophète restaurateur de la piété (Yesht XIII. 62). De même c’est le semen de Gajm meretan enfoui en terre qui produit les premiers pères de l’humanité (Voy. le Boundehesh, chap. XVI) et cela après 40 ans comme le taokhma de ce Fargard ; ailleurs il est dit que certains oiseaux lancent leur semen comme les hommes, et le déposent dans la terre à une profondeur de deux pouces. Voyez chap. XIV, p. 31 fin. Enfin, rien ne permet de donner à çufra le sens de lance et l’on ne peut inventer une signification.

II. 92. Qâraokhshna. — Geldner ne peut admettre qu’une fenêtre luise par elle-même. Il a raison mais raocana n’est pas une fenêtre, c'est la lumière surnaturelle du § 131. Comp. Yaçna LVI. IX. 4.

Farg. III. 9. — Athravat. M. Dai’mesteter prend ce mot pour une contraction de athravavat, pourvue d’un prêtre. Il est bien peu probable que chaque maison dût avoir son prêtre.

III. 36. — Roth et Geldner traduisent «la voie de la captivité.» Farefa, empêché, obstrué ou fermé s’applique bien mal à un chemin par où l’on conduit à la captivité; varaitieei dans le même cas.

III. 54. Fraçtaretem hareçma. — Nous continuons à traduire bareçma étendu, formé en faisceau. Spiegel lui-même qui maintient le sens de « lié » traduit çtareta bareçmana « avec le bareçma étendu. » Fraçtareta ne peut signifier lier, si çtareta conserve le sens originaire de la racine. Geldner en fait « du grain répandu » sur l’autel, et cela, parce que dans le sacrifice védique on couvrait d’abord l’autel de grains de kuça. C’est le sanscritisme poussé au point extrême. Le bareçma est formé d’une plante, de branches d’arbre comme l’atteste i'Avesta qui l’appelle w'vara, urvarâo, bi’anches, et prescrit de le prendre à un arbre en le cassant (Voy. Farg. XIX. 61, 62). Les auteurs grecs du temps d’Alexandre le désignent comme pa^oa, des baguettes, des branches.

III. 65. — M. Darmesteter traduit .-«que l’on charge un homme fort, eic.\» mais l’avestique n’emploie jamais en pareil cas des adjectifs sans y joindre le mot nar ou mashyâka, homme, ou bien le pronom indéfini kaçcit. Taûcistem, etc. doivent être ici des adverbes.

III. 79-96. — La version de M. Darmesteter s’écarte ici complètement du texte et contient des termes de comparaison qui ne s'y trouvent point ; elle semble faite à côté du texte dont la construction est absolument inconciliable avec celle de cette version.

III. 97. — Uruthware n’est point le ventre. Ici c’est le développement, l’avancement; pehlvi mêhmânih, vêsh rubâ hïh (racine rudh).

III. 137. — M. Darmesteter croit que les fautes s’effacent pour celui qui ne professait pas le mazdéisme, et qui vient à le faire. C’est le contraire que porte le texte. C’est celui qui est infidèle à ses devoirs qui n’a point de pardon.

Farg. IV. 1. — Nemô ne peut être un prêt. Le sens du motet la tradition la plus sûre s’y opposent; nemô vient de nam, s’incliner, prier, honorer.

Farg. IV. 55. — Avaoirista. Il est mieux de rapporter ce mot à ava-vriç (forme primitive de urviç. de vraç), avec o pour v. Comp. k’shoiwra pour k'shviwra. Yesht XIII. 111.

IV. 69. — Aetahê paiti peshotanuyê signifie pour le peshotanus de lui et non « il est peshotanus. » M. Darmesteter traduit ainsi pour arriver à une définition fausse du peshotanus, l’homme condamné à 200 coups. Comp. IV. § 54 et 83 (XXVIII) ainsi que le Farg. XV. initio.

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