‹ AvicultureChapitre 106 sur 165 · LE DINDON OCELLÉ · texte numérisé non relu

LE DINDON OCELLÉ

Le dindon sauvage américain.

C'est un oiseau de grande taille, dont le cou, les pattes, les ailes et la queue sont relativement longs, paraissant, en un mot, élancé, dont les pattes sont peu écartées, dont le bréchet, garni de muscles pectoraux puissants, forme une ligne très redressée par rapport à l'horizontale, plus construit, en résumé, pour la course rapide que pour le vol soutenu.

Il a la tète et le cou recouverts d'une peau fine, nue, verruqueuse et de couleur rouge violacé, presque bleue au-dessous des yeux. Du point le plus haut du bec part une caroncule dilatable et érectile qui a une dizaine de centimètres de longueur, et retombe dans son état normal sur le côté de la tète; elle est beaucoup plus développée chez le mâle que chez la femelle.

Le mâle possède en outre un pinceau de crins très longs au milieu du plastron et a la faculté de faire la roue, c'est-à-dire de redresser ses plumes caudales en les étalant et de les faire vibrer, ainsi que celles des ailes, pour manifester son amour auprès des femelles. 11 n'a pas d'éperons aux tarses et ceux-ci sont rouges.

Dans l'un et l'autre sexe, le plumage est bronzé cuivré, toutes les plumes étant à leur extrémité bordées d'un large liséré noir à reflets métalliques et les rémiges secondaires et primaires étant rayées plusieurs fois.

Le dindon ocellé.

U est originaire du Honduras, du Yucatan et du Guatemala. C'est un superbe oiseau dont l'acclimatation est difficile en Europe.

U diffère du précédent par sa taille plus petite et son plumage remarquable ; par la couleur bleu violacé de la peau de la tête et du cou ; par la présence de quelques tubercules orange près des yeux ; enfin par l'absence de tufiercules à la partie inférieure du cou, ainsi que d'une touffe de crins sur le devant de la poitrine.

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28i DINDONS.

Son plumage est vert bronzé ; chaque plume est bordée à son extrémité d'une large bande noire à reflets métalliques suivie d'une autre bande plus externe, d'un bronze doré. Cette dernière devient plus large sur les plumes des reins et de la queue, se prolonge sur leurs côtés et, en enserrant la partie noire, forme des ocellures semblables à celles qui ornent le plumage du paon.

Le dindon sauvage mexicain»

C'est un oiseau plus volumineux que les précédents, ayant la conformation générale du dindon américain et un plumage se rapprochant de celui du dindon ocellé. La poitrine est plus large que celle de la première espèce ; son cou et ses pattes sont également plus courts, enfin sa queue est plus longue et plus large.

Toutes ses plumes sont bordées de la même façon que celles du dindon ocellé, mais la bordure dorée prend un ton mat comme si elle avait été lavée et celles de la queue ne présentent pas d' ocellures. Le plumage n'en est pas moins encore très joli, à cause des tons chauds et brillants de la partie bronzée des plumes et des reflets métalliques de la barre noire. Les grandes couvertures des ailes sont de couleur brun marron et les rémiges primaires de couleur bronzée présentent quatre ou cinq barres transversales noires.

Il ne semble pas douteux que la variété de dindons domestiques connue sous le nom de variété bronzée ne descende directement du dindon sauvage mexicain (fig. 103) et il semble bien, au contraire, que les dindons noirs ou blancs qui se sont multipliés un peu partout en Europe depuis trois siècles ont pour ancêtre le dindon déjà domestiqué au moment de la découverte de l'Amérique et plus proche parent du dindon sauvage américain que des autres espèces.

Jusqu'à présent, on ne s'est que peu ou point préoccupé de perfectionner le dindon, de le rendre plus sociable avec les autres oiseaux de basse-cour, de distinguer les sujets ayant une plus grande aptitude à la ponte et de les sélectionner dans ce sens, de rechercher les individus les plus précoces, utilisant le mieux la nourriture, plus rémunérateurs

LE DhNDON SAUVAGE MEXICAIN.

à exploiter; en un mot, de constituer des races de dindons. On s'est borné à l'obtention de plumages différents et plus ou moins jolis, et on à considéré que les meilleurs dindons, ceux que l'on devait garder comme des reproducteur

Fig. 103. — Dindon mexicain.

de choix, étaient les plus volumineux. On a jugé le plus souvent de leur format par leur taille, et dans les expositions les plus hauts ont presque toujours été récompensés.

Nous admettons volontiers que l'idéal de la production peut être d'obtenir la plus grande quantité de chair, mais encore faut-il que ce soit dans le moindre temps possible, avec le Tnoins de frais possible, et que cette chair soit parfaitement

savoureuse. Nous estimons, par contre, que si cela constitue un idéal, il serait bien souvent plus avantageux de chercher à produire un dindon de moyenne taille, à squelette réduit, à chair fine, rustique et précoce, à caractère peu sauvage, s'engraissant facilement, dont la valeur commerciale serait relativement grande parce qu'il conviendrait à un plus grand nombre d'acheteurs.

Les oiseaux de très grand format et de très grand poids ont certainement beaucoup de valeur, mais ils ne conviennent que pour les festins où les convives sont nombreux, et, lorsqu'ils se trouvent en trop grande quantité sur le marché, ils ne laissent plus au producteur un bénéfice en rapport avec ses déboursés.

Les races de dindons sont actuellement peu différenciées et il n'y a guère que des variétés se distinguant entre elles par leur plumage. Nous ne doutons pas. que par la sélection on ne parvienne à créer des races bien distinctes, remarquables par leur aptitude à la ponte, la saveur de leur chair ou une proportion relativement moins grande des tendons dans les cuisses, leur précocité ou la réduction de leur squelette. Celleci ne doit pas être telle cependant que le dindon soit transformé en un animal incapable de supporter une longue marche, se plaisant davantage à la ferme que dans les champs et les bois. 11 est peu probable qu'ainsi transformé il soit avantageux à élever; il faut éviter de tomber d'un excès dans un autre.

Le dindon noir de Sologne,

De tous les pays où l'on élève le dindon, la Sologne est celui où l'élevage est le mieux compris, où l'on recherche le plus les beaux reproducteurs et où l'engraissement pratiqué couramment est poussé à ses dernières limites. Comme ailleurs, on a considéré que les sujets les plus hauts étaient ceux qui avaient le plus de valeur, mais il s'est cependant fait une sélection naturelle qui a donné la prépondérance aux animaux les plus précoces au point de constituer une race améliorée (fig. 105).

H a la peau des joues et du cou relativement peu verru-

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DINDOiNS.

queuse et les petits tubercules dont elle est garnie sont nettement rouges ; son plumage est d'un beau noir à reflets verts et ses tarses sont franchement noirs, tout au moins pendant la

première année. lldifrère,enoutre, du dindon noir commun par son plus grand format et ses productions verruqueuses des joues moins grosses et plutôt rouges que violacées (fig. 105).

Le dindonneau de Sologne âgé de huit mois environ, sur le point d'être engraissé et ayant vécu jusqu'alors en grande partie dans les champs, pèse de 6 à 7 kilagrammes. Par l'engraissement, on parvient à le faire peser 9 kilogrammes en moyenne et parfois jusqu'à 12 kilogrammes.

Le dindon blanc.

Fig. 105. — Dindon noir de Sologne.

Il a la même forme que le dindon noir commun, mais les sujets de la grosseur du Solognot sont très rares. Il a la peau des joues et du cou très fine et très rouge ; ses tarses et ses doigts sont gris rosé. La blancheur de son plumage fait toute sa valeur, car ses plumes, qui peuvent être teintes en toutes couleurs, trouvent plus d'emplois difl'érenls.

Sa chair est sensiblement de même qualité que celle du dindon noir, mais, pour un même état d'engraissement, la peau a cependant moins belle apparence.

Le dindon de Norfolk,

C'est une race qui, au dire des Anglais, atteint un grand volume, est relativement basse sur pattes et a une chair délicate. Son plumage est noir.

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