LA PINTADE A BARBILLONS ROUGES
Les pintades cachent le plus possible leurs œufs, et dans les fermes il faut compter qu'il y en a toujours une certaine
Fig. 108. — Pintade à caroncules rouges (variété lilas).
quantité perdue. On croit même souvent à la disparition de Tune d'elles, et on est tout étonné, après maintes recherches, de la voir ramener une bande de pintadeaux. Le mâle dénonce
quelquefois la cachette par ses visites réitérées aux alentours du nid.
Les pintadeaux sont très vifs dès leur naissance ; ils ont le dos brun, rayé et ponctué de fauve, le ventre blanchâtre, le bec et les pattes rouges. Leur élevage est facile.
Les pintades ont un plumage abondant qui les fait paraître plus grosses qu'elles ne sont en réalité. Adultes, elles pèsent de l''s,500 à 2''»,500 ; on devrait les consommer lorsqu'elles sont âgées de sept ou huit mois au plus, car leur chair serait plus tendre et elles laisseraient dans ce cas plus de profit à l'éleveur que tuées plus tard. Leur chair est fine et rappelle un peu celle du faisan de bois ; elle paraît cependant sèche si leur embonpoint laisse à désirer.
Le groupe des oies [Ansérinés) comprend : 1<» des oiseaux dont la domestication est très ancienne, dont les formes ont été modifiées et les aptitudes augmentées; 2° des espèces sauvages, parfois apprivoisées, acclimatées et multipliées dans un état de semi-domesticité, mais seulement pour leur originalité et non comme productrices d'utilités.
Nous ne. ferons que signaler les plus connues parmi ces dernières. Elles sont très différentes les unes des autres et se rattachent d'ailleurs, dans la classification zoologique, à quatre genres différents : Anser, Bernicla, Chenopolex et Ccreopsis, Ce sont :
L'oie cendrée (fig. 109), que Ton aperçoit en France pendant l'hiver, volant par bandes à une très grande hauteur et en formant toujours un V^ dont la pointe est occupée par celle qui avance la première;
Voie à cravate ou du Canada, dont le corps est grisâtre, le ventre blanc et la tête ainsi que le cou noirs, mais séparés par une bande blanche formant cravate (fig. 110);
Voie rieuse, à front blanc, à plumage gris sur le dessus du corps et à ventre noir, ainsi dénommée à cause de son cri particulier ;
Voie d'Egypte ou oie renard {Chenopolex œgyptiacus, Evéhm)
est à peu près telle qu'on la connaissait il y a vingt siècles, quoiqu'elle se soit souvent reproduite en captivité (fig. 170) ; Voie Céréopse ou d'Australie, dont le bec est très court, recouvert en partie d'une membrane jaune, ce qui fait ressembler un peu sa tète à celle d'une poule (fig. 111);
Fig. 109. — Oie cendrée.
La Bernache à collier (fig. 112), la Bernache de Magellan, la Bernache à crinière et la Bernache des îles Sandwich qui sont, dans le groupe des Ansérinés, les oiseaux les plus jolis, s'apprivoisent, s'élèvent facilement, et pourraient, en conséquence, être facilement domestiquées.
Elles pourraient sans doute l'être aussi rapidement que
l'ont été deux des principales races sauvages d'oies à caroncules y
Fig. 110. — Oie du Canada à cravate.
Voie de Guinée et Voie de Siam, que nous étudierons parmi les
races domestiquées, bien qu'elles aient encore des représentants vivant à l'état sauvage.
L'oie cendrée, Foie rieuse et l'oie à cravate se sont parfois accouplées, au cours de leurs
Fig. 111. — Tétc de Céréopse cendrée, pérégrinations, aux oies
déjà modifiées par la
domestication, donnant ainsi naissance à de nouvelles
LOIE SÉQUAiMENxNE OU COMMUNE.
variétés, à de nouvelles races. En fait, les oies entretenues dans les basses-cours ont des caractères communs, mais forment néanmoins des populations hétérogènes, plus ou
Fig. 112, — Bernache à collier.
moins avantageuses à exploiter, dont quelques types seulement ont jusqu'à présent été isolés, perfectionnés et sélectionnés.
L'oie séquanienne ou commune.
Cette race, qui est le plus souvent distinguée sous le nom Je commune, par opposition à d'autres races plus ancienne-
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aOO OEES.
ment constituées, n'eut, en effet, pendant longtemps que quelques caractères particulière permettant de la différencier d'autres groupes et n'avait pas cette uniformité, cette fixité dans la transmission des caractères qui donnent tant de valeur aux races pures ou sélectionnées, parce que, connaissant exactement leurs caractères distinctifs, on sait quelles sont leurs qualités et leurs aptitudes.
Depuis que l'on a obtenu qu'elle se reproduise absolument pareille à elle-même après en avoir augmenté le volume, elle mérite la qualification de séquanienne parce que c'est dans toute la région au-dessus de la Loire qu'elle est le plus répandue, tant en Normandie qu'en Beauce et en Champagne.
Elle a pour caractères essentiels une tête relativement petite, un cou mince, un plastron peu bombé, une poitrine manquant de largeur et de hauteur, des pattes peu écartées, un dos relativement court par rapport à celui d'autres races perfectionnées, un abdomen peu descendu entre les pattes ne dépassant pas le niveau de l'articulation tibio-tarsienne, des ailes longues croisées sur le dos à leur extrémité, enfin un bec et des pattes de couleur jaune orangé.
Le caractère distinctif le plus important de cette race est un dimorphisme sexuel accentué (fig. 113). Le jars ou mâle, plus volumineux et plus haut que la femelle, a un plumage entièrement blanc, tandis que celle-ci a la tète grise ainsi que la partie supérieure du cou, la plus grande partie des tectrices des ailes et quelques plumes des cuisses.
Quelques auteurs ont prétendu qu'il y avait des mâles de cette race de même couleur que les femelles, qu'il y en avait même davantage que de blaricset qu'ils ne devenaient blancs qu'en vieillissant. Leurs observations avaient sans doute porté sur des métis de la race de Toulouse ou sur un autre groupe à peu près semblable, car la transmission de ties différences sexuelles se fait avec une très grande fixité. Dans cette race, les oisons naissent avec un duvet jaune sale, mais à l'âge de six semaines il est déjà possible de distinguer les sexes, et à deux mois et demi, quand toutes les plumes sont poussées, le mâle est uniformément blanc et les femelles ont le pLumage décrit plus haut.
L^OIE SÉQUANlENiNE OU COMMINE.
Ce.dimôrphisnie sexuel constitue une des qualités primoidialesde la race, car c'est non seulement, comme nous l'avons
dit, l'indice d'une grande puissance procréatrice, mais il permet de nourrir les mâles qui doivent être livrés à la consommation, différemment de ceux qui doivent être gardés
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comme reproducteur, et n'expose pas Téleveur aux méprises fâcheuses qui se produisent avec d'autres races.
Son format est moyen ; son poids à Fàge d'un an, loi'squ elle est gardée pour la reproduction, varie entre 4 et 5 kilogrammes, suivant l'état d'embonpoint et le sexe ; sa hauteur totale dans une position normale n'excède pas 75 centimètres.
Cette race relativement svelte s'accommode mieux que d'autres du parcoui*s à travers les chaumes aussitôt la moisson terminée. Son volume est suffisant pour former de belles pièces à rôtir, mais pour la production des foies gras il laisse un peu à désirer. Elle est bonne pondeuse ; ses œufs pèsent de 120 à 160 grammes.
L'oie de Toulouse.
Cette race, fort répandue dans le sud-ouest de la France, comprend des variétés plus ou moins améliorées qu'on distingue par les dénominations suivantes : 1° à bavette et à fanon ; 2° à bavette sans fanon; Z^ à fanon sans bavette; 4° sans bavette ni fanon.
Par bavette, on désigne un repli cutané ne renfermant que très peu de graisse, à bord antérieur mince, aplati sur les côtés, situé au-dessous de la mandibule inférieure, à la naissance de la gorge, et recouvert de plumes courtes.
Le fanon est un double repli cutané situé entre les pattes et au-dessous de l'abdomen. C'est une erreur que de le définir comme dans l'espèce bovine et de dire qu'il est disposé longiiudinalement à la partie antéro-inférieure du cou et sous la poitrine. Il est recouvert d'un duvet abondant.
L'oie de Toulouse à bavette et à fanon^ que nous allons tout d'abord décrire, est la plus perfectionnée, et peut être considérée comme la colosse de l'espèce. Si les races d'oies étaient aussi nombreuses que celles de poules, et qu'il y ait intérêt à les classer suivant leur format et leur conformation, elle figurerait assurément parmi les hypermétriques brévilignes, car elle a toutes les apparences d'une bête énorme et trapue.
En outre de la bavette et du fanon, elle a pour caractères