L'OIE DE TOULOUSE
L'éleveur qui fait l'acquisition d'animaux ayant ces caractères distinctifs sait que leur format, leur précocité, leur aptitude à l'engraissement se transmettent à leur descendance avec une 1res grande fixité.
La variété à bavette et à fanon est évidemment plus sédentaire que les autres, et n'est pas construite pour faire de longues marches à travers les chaumes; mais elle prospère cependant d'une façon remarquable dans les prairies et est surtout utilisée pour le croisement avec d'autres races ou variétés moins grosses et l'obtention de métis relativement volumineux et précoces.
Rappelons que dans cette race, quelle que soit la variété considérée, la ressenpblance du mâle avec la femelle est un grave défaut pour la bonne conduite du troupeau. Les explications que nous avons données précédemment nous dispensent d'en dire plus long.
L'oie de Toulouse possède au plus haut degré l'aptitude au développement précoce et l'aptitude à l'engraissement. Le poids moyen des oies âgées d'un an et conservées pour la reproduction, c'est-à-dire simplement en bon état, varie, suivant le sexe et les variétés, de 6 à 10 kilogrammes. Les prix d'honneur au Concours général de Paris, en 1894, pesaient 27 et 28 livres. Cette race convient tout spécialement pour la production du foie gras, c'est-à-dire de l'hypertrophie de cet organe, qui résulte d'un engraissement exagéré. On parvient d'une façon courante, avec les variétés d'oies de Toulouse les moins volumineuses, à obtenir des foies gras pesant 600 grammes ; on en a, paraît-il, obtenu qui pesaient près de 3 kilogrammes.
La quantité de duvet fournie par l'oie de Toulouse à bavette et à fanon est un peu plus grande que dans les autres variétés. Le plumage des oisons à l'état vivant, deux fois avant leur sacrifice, peut donner près de 200 grammes de plumes molles et de duvet. Les oies adultes plumées trois fois dans le courant d'une année et au moment où elles sont sacrifiées donnent environ 500 grammes de plumes et de duvet.
Comme toutes les races perfectionnées et possédant au plus haut degré l'aptitude à l'engraissement, la race de Toulouse,
surtout la variété à bavette et à fanon, renferme un certain nombre d^individus et môme de familles relativement peu prolifiques et qui, au lieu de pondre une soixantaine d'œufs par an, n'en donnent plus qu'une vingtaine. Il est facile de parer à cet inconvénient par l'emploi de reproducteurs appartenant à des familles moins proches parentes entre elles.
L'oie dEmhden.
D'origine allemande et naturalisée anglaise, cette race porerait, d'après Cornevin (1), le nom d'un village de l'OstFriedand, province qui n'est pas située en i^ngleterre, comme un assez grand nombre d'auteurs l'ont écrit et copié inconsciemment, mais qui est tout simplement la Westphalie. C'est une fabrication anglaise du même genre que celle des races gallines de M inorque et Espagnole à face blanche, qui a peutêtre eu son point de départ en Allemagne et pour laquelle le hasard a certainement joué un grand rôle, mais qui témoigne aussi de l'opiniâtreté et de l'habileté des éleveurs anglais pour façonner les animaux à leur gré.
En réalité, du Khin à la mer Baltique on ne trouve que des oies analogues, d'une part, à la race que nous avons précédemment qualifiée de séquanienne, dont les mâles sont blancs et les femelles blanches et grises, et, d'autre part, à la variété de Toulouse sans bavette ni fanon. Y a-t-il eu, à un moment donné, introduction d'une race où les deux sexes ont un plumage blanc, comme ils le sont, d'ailleurs, da,ns un groupe qui a beaucoup de représentants, l'oie frisée du Danube, ou bien y a-t-il eu production accidentelle de femelles blanches? Il n'en est pas moins certain que l'oie d'Embden est fort peu répandue en Allemagne, qu'elle l'est, au contraire, en Angleterre, et que ses propagateurs semblent n'avoir plus pour but que d'obtenir une race identique à notre race de Toulouse et n'en différant que par la blancheur du plumage dans les deux sexes. Il arrive encore de temps à autre que des sujets ont un plu-
(1) Ch. Cornevin, Zootechnie spéciale. Les Oiseaux de basse-cottr, p. 31.
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