L'OIE DE GUINÉE
mage gris et blanc, bien que leui*s parents soient absolument blancs, preuve que la race n'est pas parfaitement fixée ; mais dans ces dernières années l'augmentation du format, l'acheminement vers la conformation de l'oie de Toulouse à bavette et à fanon ont été tels qu'on peut lui attribuer, dans l'impossibilité d'en examiner encore des groupes assez nombreux, toutes les qualités de la race de Toulouse, comme si elle n'en constituait qu'une variété blanche.
On lui attribue beaucoup de mérites ; on a rapporté qu'elle avait des œufs très gros à coquille épaisse et couverte d'aspél'ités ! C'est le fait des oiseaux abondamment nourris, dont la ponte s'effectue mal. On a dit qu'elle ne semblait pas avoir besoin de beaucoup d'eau ! C'est le fait de beaucoup de palmipèdes entretenus en parquets chez les amateui*s et qui, arrivés à un âge assez avancé, ont un plumage si peu imprégné de matières grasses qu'ils craignent même d'entrer dans l'eau, parce qu'ils sentent qu'ils peuvent s'y noyer presque aussi bien que des poules.
L'oie frisée du Danube,
C'est une oie de petit format, à plumage blanc chez les deux sexes, caractérisée par la présence de plumes frisées sur la tète, le cou et les ailes. Elle n'a guère d'intérêt au point de vue pratique et n'est élevée qu'à cause de son originalité. Il en est de même de l'oie de Sébastopol, qui est aussi une oie blanche frisée, de même grosseur, mais dont les plumes des ailes sont très allongées et fortement frisées.
L'oie de Guinée.
De format moyen, à peu près semblable à celui de l'oie commune, elle a une conformation un peu particulière (fig. 116).
Le cou est long et porté très droit ; le corps est légèrement aplati de dessus en dessous, relativement long; les pattes sont courtes et la queue est très courte, portée relevée.
La tète porte au-dessus du bec une protubérance cornée,
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arrondie, aussi lar^^e que haute, dirigée en avant, et de couleur noire. Le bec et les pattes sont noirs.
Les joues sont gris roussâtre, de même que le cou, et, sur toute sa longueur, celui-ci porte à son bord postérieur, depuis le dessus de la tête et à partir des yeux, une bande rousse qui
Fig. 116. — Oie de Guinée.
s'amincit en approchant du dos. Le plastron et les cuisses sont gris roussâtre clair ; le duvet de Tabdomen est blanc ; enfin les plumes des ailes sont grises, bordées de blanc, de même que celles de la queue.
L'oie de Guinée a un cri plus rauque et plus aigu que les races précédentes.
C'est un oiseau très rustique et très facile à élever, ayant une réelle aptitude à devenir très précoce, mais pas encore assez modifié dans sa conformation pour être très avantageux à exploiter. 11 s'accommode fort bien du pâturage.
Dans un troupeau important de reproducteurs, il y a toujours un certain nombre de mâles qui s'accouplent avec une seule femelle et ont beaucoup de tendances à former des couples isolés. Cela tient à ce que la domestication de l'oie de Guinée remonte à bien peu de temps. Ce n'en est pas moins un inconvénient aux yeux de l'éleveur, qui a ainsi quantité d'oies femelles ne donnant que des œufs non fécondés. On constate plus rarement qu'un mâle isolé avec trois ou quatre femelles ne les féconde pas toutes.
L'union de l'oie de Guinée avec les autres races de nos pays ne se fait le plus souvent qu'autant que les mâles sont isolés avec seulement quelques femelles d'une race autre que la leur.
Chez l'oie de Guinée, l'aptitude à la ponte n'est pas encore très développée, mais son aptitude à l'incubation est au contraire plus grande que dans les races examinées précédemment. Elle est, de plus, très habile à conduire une bande d'oisons et on a souvent recours à ses bons services pour l'élevage des grosses oies de Toulouse que leurs mères écrasent ou bousculent trop souvent.
L*oie de Siam.
Elle a le même volume et la même conformation que l'oie de Guinée et n'en diffère que par son plumage blanc dans les deux sexes et son bec ainsi que ses tarses jaunes.
Les canards forment le groupe le plus important de l'ordre des palmipèdes, celui des AnaliwJs qui comprend un grand nambre d'espèces sauvages, domestiques et semi-domestiques. Il se distingue de celui des oies {Ansérinés) par les caractères suivants : le bec est au moins aussi large ou plus large vers l'extrémité que vers la base, tandis que chez les oies il est plus étroit et terminé par un onglet corné ; le cou est court ou de longueur moyenne et les jambes sont courtes, relativement reportées en arrière.
Les différences entre les deux groupes sont, en réalité, assez
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faibles et la transition de l'un à Tautre est insensible. Entre le canard Tadwne ou le Casarka et Voie d'Egypte les différences ne sont pas grandes et Ton conçoit que les personnes ayant peu de connaissances ornithologiques confondent parfois, à première vue, les canards et les oies.
Les espèces qui composent le groupe des Anatinés peuvent être divisées en deux sections : les Anaiinés ou canarrfs proprement dits et les Fuiigulinés. Dans Tune et l'autre tribu, la plupart des espèces sauvages sont Tobjet d'une chasse active et beaucoup sont entretenues et multipliées dans un état de semi-domesticité à un point de vue ornemental sur les pièces d'eau. Nous mentionnerons les principales :
Les Tadornes {C\g. 117), dont le corps, le cou et les pattes sont longs et dont la mandibule supérieure du bec est concave et surmontée d'une petite caroncule.
Leurs doigts sont armés de griffes assez fortes. Bien qu'ils se perchent occasionnellement, ils se logent de préférence dans des trous, voire même dans les terriers de lapins dont les falaises sont creusées. Le duvet qu'ils déposent dans leurs nids est fort recherché. Ils vivent de préférence au bord de la mer et leur reproduction en captivité est, pour cette raison, assez difficile à obtenir.
Le Tadorne vulgaire s'apprivoise assez facilement et vit en bonne intelligence sur les pièces d'eau avec les autres palmipèdes, mais les Casarkas ont un caractère détestable et cherchent continuellement querelle aux autres espèces.
Les Aix sont assurément, de tous les canards, ceux qui ont la livrée la plus brillante. Les espèces les plus jolies et les plus répandues sont le canard Mandarin et le canard de la Caroline.
Leur taille est petite; leur tète paraît grosse, à cause du plumage abondant dont elle est recouverte et de la huppe étroite qui prend naissance en arrière et retombe jusque sur le dosa faible distance du cou; les plumes du cou peuvent se hérisser fortement lorsqu'ils éprouvent de la joie ou manifestent leur colère. Le bec, le cou et les pattes sont relativement courts, tandis que le corps et la queue sont longs. Les
mâles seuls ont un plumage de couleurs vives. La queue esl, chez ces oiseaux, douée d'une grande mobilité et va et vient d(^ droite à gauche comme celle des chiens d'arrêt.
Fig. 117. — Canard Tadorne.
Le canard Mandarin est originaire du nord de la Chine. Il a le bec et les tarses rouges; sa huppe est verte et bleue, bordée d'une raiejaunâtre partant de Tœil (fig. 118). Les plumes qui forment crinière sur le cou sont rouges; celles de la partie antérieure du cou rouge brun et celles du dos brun clair. La poitrine présente sur le côté quatre bandes transversales alternativement noires et blanches. Le dos porte deux éventails de plumes redressées et raides se superposant régulièrement comme des rémiges, et brunes dans une de leurs moitiés, bleues dans l'autre, bordées
de noir et de blanc près de leur extrémité. La queue est verl foncé à reflets métalliques; la partie inférieure du corps est blanche.
La femelle n'a qu'une huppe très courte et est entièrement f^^rise et brune avec le dessous du corps plus clair.
Fig. 118. — Canard Mandarin.
Cette espèce se perche fréquemment. La femelle établit son nid de préférence dans des arbres creux ou dans des anfractuosités où elle se trouve complètement à l'abri.
Le canard de la Caroline {Vig. 119), qu'on appelle souvent à tort carolin, possède aussi une huppe de couleur bleue, bordée sur les côtés par une raie blanche et retombant en arrière du cou. Les plumes du cou sont bien moins longues que chez le Mandarin et ne forment pas une crinière. La gorge est marquée de blanc ; le plastron est marron tacheté de blanc et bordé sur les côtés par deux raies, l'une blanche et l'autre noire. Les plumes sur les côtés de la poitrine sont rayées de noir et de roux et terminées par des taches blanches et noires dont la réunion forme des bandes parallèles. Le dos et la queue sont vert noirâtre ; les rémiges sont bleues, ainsi que les rectrices ;
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les couvertures latérales de la queue sont rouge orangé.
La femelle n'a pas de huppe et a un plumage brun olivâtre avec quelques reflets verts aux ailes; elle a le tour des yeux d'un blanc pur.
Cette espèce est originaire du nord de T Amérique et, comme
Fig. 119. — Canard de la Caroline.
la précédente, se multiplie facilement en Europe sur toutes les pièces d'eau où on l'entretient à cause de son originalité.
L'élevage de ces deux espèces est difficile et réclame des soins tout particuliers : protection contre le froid et la pluie, nourriture d'origine animale abondante et notamment œufs durs, sang de bœuf cuit, œufs de fourmis ; nourriture végétale presque uniquement composée par la lentille d'eau. Celle-ci forme une sorte de mousse verte à la surface des eaux stagnantes ou des ruisseaux à cours très lent.
Les PiletSy caractérisés par une queue très longue qui leur a fait donner le nom de Canards faisans. Les principales espèces de ce groupe sont le Pilet acuticatide, le Pilet à bec rouge, le Pilet spinicaude et le Bahama.
Ch. Voitellier. — Aviculiure, 18
Ces espèces s^apprivoisent assez facilement, s'élèvent avec un peu moins de difficultés que les Mandarins et, par leurs couleurs assez vives, constituent rornement des pièces d'eau.
Les Soucbets, caractérisés par la longueur de leur bec, qui dépasse celle de la tète, et par son élargissement en forme de cuiller. Us sont de grande taille. Le Rouge de rivière est l'espèce la plus répandue. Malgré son caractère peu sauvage, il ne s'accommode pas facilement de l'existence des autres oiseaux de basse-cour ; il préfère la nourriture animale à toute autre.
Les Sarcelles, qui se distinguent des canards surtout par leur très petite taille et leur forme plus élancée.
Ces oiseaux se nourrissent de végétaux aussi bien que de mollusques, d'insectes et de vers ; ils s'apprivoisent facilement et se reproduisent assez bien sur les pièces d'eau. Leur chair est d'ailleurs excellente et fait regretter qu'ils ne soient pas plus volumineux.
Les Canards sauvages, dont on dit et répète à tort que toutes nos variétés de canards domestiques descendent, sont de très beaux oiseaux, excellents voiliers et excellents nageurs, émigrant, comme les espèces précédentes d'ailleurs, à certaines époques de l'année qui sont différentes suivant les espèces que l'on considère. Chacune d'elles se localise en certains points du globe et limite ses voyages à certaines contrées.
Le Canard à col vert est le plus connu en France, où il apparaît à l'époque des grands froids sur les étangs et les rivières {Vig. 120). En réalité, il y en a plusieurs races qui ont exactement la même livrée et ne se différencient que parleur volume et leurs mœurs. De migratrices qu'elles sont naturellement, certaines sont devenues sédentaires.
Le Canard à bec orangé du Cap, le Canard à bec de lait de l'Inde, le Canard à sourcil blanc de l'Australie, le Canard chi- •peau du nord de l'Europe et le Canard à faucilles du nord de l'Asie orientale sont des espèces très voisines du Canard à col vert, avec lequel elles s'accouplent volontiers.
Les Canards sauvages, bien que très difficiles à surprendre et à approcher à l'état sauvage, s'apprivoisent cependant faci-