CANARD DE ROUEN
sexes avant que ne se soient développées les deux petites touffes de plumes faisant crochet sur la queue des mâles. Le plumage des canetons est, en vérité, à peu près identique chez les canards et les canes ; mais cependant, au fur et à mesure que se développe le plumage d'adulte, les plumes de la tète et celles des ailes ont des couleurs et des dimensions qui per-
Fig. 1:^1. — Canard de Rouen, variété claire.
mettent, le plus souvent, de reconnaître les mâles et les femelles. Le plumage des adultes est, en effet, très différent et a une très grande ressemblance avec celui des canards et canes sauvages.
Le mâle a la tête et le tiers supérieur du cou vert foncé ; une collerette blanche limite cette partie sur le devant et les côtés du cou ; en dessous, les plumes sont brun marron foncé bordées de brun marron plus clair, ainsi que celles du plastron (fig. 121). Les ailes sont gris brun avec un miroir bleu
bordé en avant et en arrière par une bande blanche. Le dessousdu corps, depuisles épaules jusque loin derrière les cuisses, est gris clair; le duvet en dessous des plumes de la queue est noir et ces dernières sont noires, mais à reflets métalliques accentués.
La femelle a un plumage gris brun, formé de plumes sur lesquelles cette teinte a deux tons et cela sur presque toutes les parties du corps, de façon à constituer un plumage maillé. Les ailes portent, comme chez le mâle, un miroir bleu bordé par deux raies blanches.
A leur naissance, les canetons ont un duvet brun et jaune.
La variété claire diffère de la variété foncée en ce que la teinte générale du plumage est plus claire notamment chez la femelle. Le blanc y remplace parfois le gris jaunâtre dans les parties les plus claires.
Le mâle et la femelle, dans l'une et Tautre variété, ont les tarses et les doigts rouge orangé, mais ont le bec vert-olive clair. Les sujets dont le bec est jaune brun sont généralement moins volumineux ; il en a du moins été ainsi pendant longtemps, et c'est avec raison que l'on attache quelque importance à ce caractère.
La race de Rouen est remarquable par sa précocité, ainsi que par son aptitude à la production de la chair, à l'engraissement et à la ponte.
Les canetons peuvent être livrés à la consommation dès l'âge de trois mois, car ils ont atteint presque leur volume d'adulte dès ce moment et ne font plus qu'augmenter de poids; élevés en liberté et bien nourris, ils peuvent alors peser l***f,500; à cinq mois ils pèsent de 2 kilogrammes à 2''», 500, et en les soumettant à l'engraissement on peut leur faire atteindre, \evs l'âge de huit mois, le poids de 3'»ff,500. On a vu des reproducteurs qui, à l'âge de deux ans et fortement nourris, pesaient 5 kilogrammes.
La chair est de qualité supérieure et la peau, très fine et blanche, contribue beaucoup à augmenter la valeur des produits présentés sur les marchés.
La ponte, qui n'est que d'une quinzaine d'œufs dans l'espèce sauvage, prend en particulier dans la race de Rouen une
dbyGoogk
CANAHD D'AYLESBURY. 319
importance en rapport avec l'activité de Tapparéil digestif, et elle atteint parfois le chiffre de quatre-vingts.
Les œufs pèsent en moyenne 70 grammes et leur coquille» très lisse et onctueuse, comme d'ailleui's chez les autres races de canards, est blanc verdâtre.
Canard de Duclair.
Cette race, qui porte le nom du village de Duclair, chef-lieu de canton de Farrondissement de Rouen, se distingue de la race de Rouen par un moindre volume, son plumage et des qualités un peu moins développées.
Elle est caractérisée par une bavette blanche qui couvre le devant du cou et la poitrine. Le mâle a la tète et le cou vert noirâtre, le dos et les. ailes brunes avec un miroir vert, l'abdomen et les cuisses noir mal teint, le bec vert et les tarses rouge brun. La femelle est grise et brune.
La race de Duclair a été l'objet d'une sélection bien moindre que la race de Rouen, et tandis qu'à l'époque où on a commencé à la distinguer on pouvait la considérer comme l'égale de celle-ci, elle ne lui est plus aujourd'hui qu'inférieure sous le rapport du format, de la précocité et de l'aptitude à la ponte.
Canard d'Ayiesbury.
Cette race a pour origine la vallée d'Aylesbury, à 80 kilomètres environ à l'ouest de Londres. Elle a été amenée au plus haut point de perfectionnement et ressemble par son format et sa conformation à la race de Rouen améliorée.
Elle n'en diffère que par son plumage qui est absolument blanc chez les deux sexes. On attache une grande importance à ce que le bec soit relativement gi^nd et blanc rosé, car c'est un caractère propre aux sujets de familles bien sélectionnées. Certes, cette couleur peut se modifier légèrement avec l'âge, avec la qualité de l'eau et de la nourriture, mais c'est un cai*actère plus stable que beaucoup ne le prétendent et que les éleveurs font bien d'exiger chez les reproducteurs qu'on leur présente. Les tarses sont jaune orangé.
Bien qu'il soit fort difficile d'apprécier la qualité de la chair d'une race comparativement à celle d'une autre quand les différences sont très faibles, nous estimons, jusqu'à preuve du contraire, qu'à ce point de vue l'Aylesbury ne doit être classée qu'en deuxième ligne, après la race de Rouen.
Son aptitude à la ponte semble aussi un peu moins prononcée; ses œufs pèsent aussi 70 gmmmes environ et sont blancs.
La race de Merchtem, créée depuis quelques années par les Belges, n'est que celle d'Aylesbury peu sélectionnée, avec un moindre format.
Canard de Pékin.
Originaire, dit-on, de la Chine, cette race est très répandue tant en Angleterre, en France et en Belgique qu'aux États- Unis, au Canada et en Argentine.
Si elle ressemble à l'Aylesbury par son plumage et si elle donne des produits à peu près aussi lourds que celle-ci et que la race de Rouen, elle en diffère par sa conformation. Sa tête est relativement ronde et son bec court ; le cou est normalement porté à peu près dans le prolongement de la ligne du dos qui est elle-même très oblique d'avant en arrière par rapport à l'horizon. Le corps est donc porté droit, un peu à la . façon des pingouins ; il est épais et large, mais moins long que celui des races d'Aylesbury et de Rouen, et son arrière, vu de profil, semble tronqué brusquement.
La race de Pékin se distingue en outre de la précédente par un plumage moins lisse de la tête et de l'arrière du cou où les plumes s'entre-croisent pour former une sorte de crinière rudimentaire ; par un bec et des tarses jaune orangé, même plutôt rouge orangé; enfin, par une différence des teintes dans le plumage qui, au lieu d'être blanc laiteux, est blanc jaunâtre, quelquefois même presque jaune-soufre.
Cette race est plus rustique et plus précoce que celle d'Aylesbury, et est à ce point de vue l'égale de celle de Rouen ; ■mais elle est un peu moins volumineuse que l'une et l'autre; sa chair est moins fine et sa peau à grain plus grossier, un peu