CANARD DB BARBARIE
il rappelle encore lesAix. Comme eux, il se perche d'ailleurs fréquemment et la force ainsi que la mobilité de son pouce sont très grandes.
Nous insistons particulièrement sur ces rapprochements, parce qu'étant souvent employé pour la production, par union avec les autres canards domestiques, d'un hybride qu'on
Fig. 123. — Canard de Barbarie.
appelle le Mulard, il appartiendra peut-être un jour à un éleveur habile et pei^évérant d'obtenir, par des accouplements successifs entre espèces voisines, un oiseau qui, ayant les qualités de nos canards domestiques, sera encore plus volumineux tout en étant fécond.
Le canard de Barbarie ne fait entendre, comme le cygne, qu'un sifflement étouffé. C'est ce qui le fait parfois appeler canard muet.
Le mâle est de taille plus grande que la femelle et s'en distingue par un plus grand développement des caroncules et les reflets accentués de son plumage. 11 ne possède pas à l'extrémité de la queue de petites plumes recourbées en avant (fig. 123).
Gh. Voitellier. — Aviculture. 19
Les principales variétés sont la bronzée et la blanche ; les autres ne sont que des variétés intermédiaires non fixées dont les différents individus sont bigarrés sans uniformité. Dans la variété bronzée le plumage est noir avec des reflets verts très accentués principalement sur le dos, les ailes et la queue.
La chair des canetons jusqu'à l'âge de quatre ou cinq mois est bonne, mais elle n'est cependant pas, à beaucoup près, aussi délicate que celle des Rouen, des Aylesbury ou même des Pékin. Après cet âge et surtout après un an, la chair a une très légère odeur de musc qui devient surtout perceptible à la cuisson.
L'aptitude à la ponte est réellement très développée chez la cane de Barbarie ; ses œufs pèsent environ 70 grammes et leur coquille est blanc verdâtre. L'incubation dure trentecinq jours.
Le canard de Barbarie n'est pas moins avide d'eau que les autres. Il n'y a que les sujets âgés ou malades dont le plumage se laisse imbiber — sujets assez nombreux dans les bassescours d'amateurs — qui soient réfractaires à l'eau.
Il a surtout été recommandé pour la production du Mulard dont nous avons déjà parlé suffisamment (page 57).
Nous estimons que les éleveurs qui veulent obtenir des produits plus gros que ceux en leur possession auraient plus d'intérêt à introduire dans leurs basses-cours d'excellents reproducteurs de la race de Rouen ; leurs canetons seraient plus volumineux et de meilleure qualité.
Le nombre des races et variétés de pigeons est considérable. Il a surtout pour cause l'émulation qui existe depuis des siècles entre les amateurs pour l'obtention de particularités originales. A en juger par la valeur qu'atteignaient certains couples aux premiers temps de l'ère chrétienne, l'élevage des pigeons constituait déjà une véritable passion.
Leur emploi comme messagers remonte aussi à la plus haute antiquité. 11 semble cependant que ce n'est que dans le courant du xix« siècle qu'on se soit attaché à obtenir quelques
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races ayant une aptitude marquée à la production de la chair
Si l'on n'examine les races de pigeons qu'à ce seul point de vue utilitaire, celles possédant le plus grand format et qu sont le plus prolifiques paraissent être les meilleures, et comme on n'estime guère le pigeon qu'à l'état de pigeonneau on pourrait dire plus simplement que ce sont celles qui pro duisent le plus grand nombre de gros pigeonneaux. Certes les gros pigeons s'éloignant peu de leui*s colombiers con viennent à la plupart des exploitations agricoles, mais dans certains cas il est nécessaire que les pigeons aillent chercher leur nourriture à travers la campagne ou les places et les rues des villes, et il faut pour cela qu'ils volent avec aisance ; des pigeons de moyenne ou de petite taille peuvent alors seuls convenir.
Il résulte de ces considérations que, bien que tous les pigeons puissent être consommés, il n'y a qu'un petit nombre de races qui soient avantageuses à exploiter pour la production des pigeonneaux. Ce sont celles que l'on appelle avec plus ou moins de raison races de ferme, races comestibles.
D'autre part, si tous les pigeons, comme nous l'avons dit en parlant des lois de l'hérédité, ont le sens de l'orientation assez développé, certaines races ont été l'objet d'une sélection qui a eu pour but le développement de ce sens et du vol rapide et de longue durée. Ce sont les races de pigeons voyageurs.
Toutes les races qui ne rentrent pas dans l'un de ces deux groupes sont les races de fantaisie que l'on n'apprécie qu'en raison de leur originalité ou de leur beauté.
Ainsi que dans l'étude des autres oiseaux de basse-cour, nous n'accorderons qu'une place restreinte à ces races qui ont presque d'autant plus de valeur qu'elles sont peu utiles. Comme elles ont été peu modifiées dans leurs formes générales, que la recherche de leurs affinités n'aurait guère d'intérêt et qu'elles se distinguent par des caractères extérieui^ bien visibles, la meilleure classification qu'on puisse en faire consiste à les ranger suivant chacun de ces caractères. Nous commencerons par les races les plus utiles, en donnant la priorité à celles dont le format est le plus grand.
Pigeon Romain,
On ne sait pour quelle raison cette race porte ce nom, car c'est à Paris qu'elle a été sinon obtenue, du moins perfectionnée. C'est probablement parce que les Romains appelaient, il y a déjà vingt siècles au moins, pigeons de Campanie (pro-
Fig. 124. — Pigeon Romain.
vince romaine) les plus gros pigeons de cette époque. C'est, en effet, la plus volumineuse de l'espèce; des reproducteurs d'un an, simplement en bon état de chair, pèsent de 800 à 1200 grammes.
Le pigeon Romain porte le corps horizontalement et il ne dépasse pas, mesuré au-dessus de la tète, 32 centimètres. Ses