PIGEONS VOYAGEURS
On distinguait autrefois de nombreuses races de pigeons Voyageurs, mais les colombophiles qui s'occupent uniquement de l'entraînement de ces pigeons, estimant avec raison que les gagnants dans les concours étaient les plus aptes à leur donner des pigeons triomphant dans les épreuves futures, n'attachent aucune importance aux caractères extérieurs et
Fig. 125. — Pigeon Voyageur Anversois, écaillé bleu.
accouplent assez souvent des pigeons quelque peu différents, soit par leur forme, soit par leur plumage. 11 en est résulté une fusion de tous les types renommés pour leur aptitude à voyager.
C'est à peine si l'on distingue aujourd'hui les deux variétés qui se disputèrent autrefois la suprématie dans les épreuves sur de longues distances : le pigeon à bec long ou Anversois (fîg. 125) et le pigeon à bec court ou Liégeois,
11 y en a de toutes couleurs. Les nuances foncées prédo-
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minent cependant et les variétés les plus communes sont : la bleue, la rouge, Vécaillée bleue, Vécaillée rouge, la noire, la grismeunier. Les variétés écaillées ont sur les ailes de petites taches régulièrement distribuées à la façon des écailles des poissons et de couleur noire ou de teinte beaucoup plus foncée que le reste du plumage. Les unes et les autres ont sur les rémiges secondaires deux barres transversales noires et les caudales terminées par une bande noire.
Le plumage des Voyageurs est très épais et serré; leurs ailes sont bien détachées en avant du plastron et, comme le bras et Favant-bras sont longs, elles paraissent, dans leur position normale, relativement larges ; d'autre part, elles sont longues, les rémiges recouvrent la queue aux trois quarts de sa longueur, et sans se croiser réciproquement. Il est vrai que les caudales, le plus souvent au nombre de douze, ne sont que de moyenne longueur par rapport à celle du corps et sont bien réunies entre elles.
Le bec est généralement moyen ; les morilles sur le bec sont petites et Tœil est entouré d'un mince fdet oculaire.
L'aptitude à l'orientation ainsi qu'au vol rapide et soutenu sur de grandes distances a été fort développée chez les pigeons Voyageurs et, depuis les services éminents qu'ils ont rendus pendant le siège de Paris en 1870, elle s'est encore accrue considérablement. Les concours sur 500 kilomètres se comptent tous les ans par centaines et ceux qui se font sur plus de 1 000 kilomètres ne sont plus rares. Ne peuvent évidemment y prendre part que des sujets d'élite, rationnellement entraînés, âgés au moins de deux ou trois ans ; encore, quantité d'entre eux n'arrivent-ils pas au but ! Il n'en est pas moins admirable et tout à l'honneur des colombophiles, que des milliers de pigeons soient en état de parcourir de telles distances avec une vitesse qui égale et dépasse même souvent celle des meilleurs trains rapides.
Il est procédé chaque année en France, en raison des services que les pigeons Voyageurs peuvent rendre en temps de guerre, à un recensement des pigeons entraînés. Les colombophiles qui ne soumettent leurs élèves à aucun entraînement ne sont tenus à aucune déclaration, mais ceux qui le font