CAUSES INFLUANT SUR LA PRODUCTION DES ŒUFS
et le plus chère peut d'ailleurs être augmentée d'une façon différente, en y faisant concourir des poulettes nées du mois d'avril au mois d'août, ainsi que les poules adultes.
On cherche, dans ce cas, à avancer de plusieurs semaines la ponte, qui ne commencerait que fin janvier, par une alimentation intensive et surtout en préservant les poules du froid, et plus encore du vent que d'une basse température.
Une cour, un verger ou un parc exposés au midi et bien abrités des vents du nord et d'est, ou même simplement un vaste hangar ouvert seulement du côté du midi constituent un parcours convenant parfaitement aux poules pondeuses. Un tas de fumier chaud, assez grand pour qu'elles puissent s'y maintenir une grande partie du temps, le rend encore plus confortable.
Le poulailler où elles passent la nuit doit en outre avoir une température douce, voisine de 16<» C, mais ne dépassant jamais 18<» C, afin de ne pas rendre les transitions trop brusques lorsqu'elles en sortent.
Le maintien des poules dans un local clos et chauffé, même fortement éclairé, ne donne pas de bons résultats; il provoque l'engraissement, le lymphatisme, mais non l'activité de l'ovaire.
On a recommandé bien des fois d'ajouter à la ration des volailles des principes excitants qui am^aient pour effet d'agir sur l'activité de l'ovaire. Le poivre, le quinquina, l'anis n'ont pour effet que d'échauffer les poules, ce qui peut ne pas être mauvais, mais qui ne favorise nullement le développement des ovules.
On a recommandé aussi l'emploi de l'alcool sous forme de vin ou d'eau-de-vie donnés en y trempant du pain. Il est possible que la circulation plus active qui en résulte provoque une expulsion plus rapide des ovules presque complètement formés. N'a-t-on pas dit d'ailleurs que l'alcool à faible dose est un aliment. 11 compense en effet dans une certaine mesure les déperditions de chaleur ; il peut donc procurer en hiver, et seulement pendant un court laps de temps, un supplément de production d'œufs, mais peu considérable assurément.
Quant aux poudres à faire pondre, dont la multiplicité pourrait faire croire qu'il existe tout au moins un excitant de la grappe ovarienne présenté sous des formes différentes, elles ne sont que la preuve que la crédulité humaine peut être exploitée sans relâche au moyen d'habiles réclames.
Quant h Tinfluence du mâle sur la quantité d'œufs produits, elle est appréciée par certains éleveurs et niée par d'autres. 11 n'y a pas d'expériences précises permettant de donner une preuve irréfutable de son efficacité; nous inclinons cependant à penser qu'elle est réelle.
L'incubation a, de son côté, une influence dépressive. On a objecté que c'était un besoin naturel pour les femelles ayant pondu et que, si l'on pouvait s'en rendre un compte exact, on verrait que dans le courant d'une année les poules que l'on a laissées couver ont pondu autant que celles que l'on a empêchées. On en a donné comme preuve que les races chez lesquelles l'instinct de couver est presque annihilé, comme la race de Houdan, ne tenaient pas le premier rang parmi les poules ayant une aptitude à la ponte très développée.
Il semble bien cependant que le désir de couver se développe chez les poules et les autres femelles d'oiseaux domestiques au contact des œufs. Si on les leur retire constamment, n'est-il pas évident qu'on diminuera dans le courant d'une année le temps qu'elles consacreraient naturellement à l'incubation ?
Les poules qui ont couvé et élevé leurs poussins paraissent d'ailleurs fatiguées, épuisées, anémiées. Entre le commencement d'une incubation et le premier œuf qui est pondu dans la suite, il s'écoule souvent deux mois !
Le fait pour beaucoup d'oiseaux, et en particulier pour les pigeons qui couvent toujours aussitôt leurs deux œufs pondus, de pondre parfois un œuf de plus lorsque l'un des deux premiers se trouve cassé ou enlevé avant toute incubation, est assez démonstratif. Lorsqu'ils voient disparaître leurs deux œufs, ils pondent très souvent deux autres œufs dans un laps de temps plus court que celui qu'ils auraient consacré à l'incubation, c'est-à-dire moins de dix-huit jours après.
Cette question est bien difficile à élucider par voie