‹ AvicultureChapitre 132 sur 165 · PRODUCTIONS ACCESSOIRES DES VOLAILLES · texte numérisé non relu

PRODUCTIONS ACCESSOIRES DES VOLAILLES

des parquets, et leur dessiccation rapide provoque rémiettement si favorable aux déperditions d'azote. Si l'on en fait le ramassage journalier, on recueille beaucoup plus de matières inertes de faible valeur fertilisante : terre, sable, sciure de bois, tan, tourbe, que d'excréments.

C'est surtout dans les salles où Ton pratique l'engraissement que) l'on peut attribuer une valeur importante aux déjections. Le lavage quotidien permet de les recueillir en totalité et dans d'excellentes conditions pour leur conservation.

On peut alors en récolter près de 10 p. 400 du poids des animaux. Cent poulets pesant en moyenne 2 kilogrammes chacun donnent 20 kilogrammes de déjections renfermant, pour 400, 4,5 d'azote, 0,8 d'acide phosphorique et 0,9 de potasse. Au prix moyen de ces éléments fertilisants dans les engrais : 4 fr. 20 l'unité pour l'azote, 0 fr. 30 pour l'acide phosphorique et 0 fr. 40 pour la potasse, cela représente 0 fr. 48 par jour.

Dans un établissement d'engraissement où toutes les déjections sont intégralement ramassées chaque jour, le produit annuel par kilogramme de poids vif sei^ait, d'après ce calcul, de 0 fr. 86.

Pour les oies et les canards dont les déjections sont plus abondantes, la valeur du produit n'est pas supérieure. Elles sont, en effet, moins riches en éléments fertilisants : la teneur en azote, en acide phosphorique et en potasse est moins élevée, car ces éléments semblent être éliminés dans une proportion à peu près la même par kilogramme de poids vif que chez les poulets ou les dindes.

Dans les parquets, les volailles' ne peuvent évidemment donner le même produit en fumier que dans les opérations d'engraissement. De toutes les expériences qui ont été faites relativement à la production du fumier par les grands animaux, on peut conclure, sans aucune exagération, que la moitié de l'azote se trouve perdue.

Quant au produit que l'on peut retirer d'un poulailler dans une ferme où les poules vivent en liberté, sa valeur est encore de 20 p. 400 moindre, en admettant qu'il soit ramassé fréquemment et bien conservé. Cela revient donc à attribuer au

produit annuel par kilogramme de poids vif de volaille une valeur de 0 fr. 35.

En recueillant les eaux de lavage des salles d'engraissement dans une fosse étanche, et en ayant soin que la quantité de liquide soit toujours relativement grande par rapport aux matières solides, on opère leur dilution, on empêche les fermentations et les émanations putrides, et on peut enfin faire très facilement la répartition sur les terres comme s'il s'agissait de purin.

Pour faciliter le nettoyage des poulaillers et éviter autant que possible les pertes d'azote, il est nécessaire de mettre sur le sol une litière très courte et en quantité abondante dans laquelle les excréments se trouvent immédiatement enfouis par le piétinement des animaux. La sciure de bois, la menue paille avariée et inutilisable dans les rations des gros animaux, les résidus de tannerie connus sous le nom de tan, le sable, doivent être préférés à la paille longue.

Le fumier obtenu sera d'autant meilleur qu'on opérera tous les jours le mélange de la litière et de la fiente au moyen d'un râteau, et qu'on l'enlèvera fréquemment. On peut le répartir dans le fumier des écuries et des étables qu'il enrichit ; mais, si on préfère l'employer dans le potager où sa richesse le destine particulièrement, il faut, à moins de l'enfouir immédiatement, le mélanger à un volume de terre double ou triple du sien, l'arroser fréquemment et recouvrir le tas de 8 à 10 centimètres de terre, afin que les gaz ammoniacaux se dégageant de la masse soient absorbés.

dbyGoogk

L'exploitation de la basse-cour est, d'une façon générale, d'autant plus productive de bénéfices qu'elle est plus spécialisée et que l'éleveur, connaissant mieux le but à atteindre, peut ainsi faire converger tous ses efforts pour y parvenir.

Nous verrons, en examinant ce que l'aviculture peut être dans les différentes exploitations agricoles et dans les différents pays, que la spécialisation n'est pas, d'autre part, toujours possible. Nous nous bornerons donc pour l'instant à examiner les procédés qui doivent être suivis et les travaux qui doivent être exécutés pour rendre parfaite chaque production.

Durée utilitaire.

N'avoir dans une basse-cour que des [volailles répondant à ce que l'on veut obtenir est le premier point important.

Il semble que cette vérité n'ait pas besoin d'être dite et, cependant, combien de basses-cours donton ignore le nombre des animaux, dont on ne connaît pas l'âge de chacun et où un grand nombre devraient être réformés depuis longtemps pour des causes diverses !

S'agit-il de la production des œufs, il ne faut pas attendre que les poules, à moins qu'elles n'aient des caractères exceptionnels de race, soient tellement vieilles qu'elles ne pondent plus du tout ; il faut les réformer dès qu'elles sont susceptibles de ne plus donner qu'un produit en œufs inférieur à ce que coûte leur nouriiture.

Des poules de cinq et six ans pondent encore. La grappe ovarienne bien garnie d'ovules en formation, que l'on voit fréquemment en les dépeçant, ne témoigne nullement de l'activité de la ponte. Cela indique seulement qu'elles sont sur le point de donner encore un certain nombre d'œufs, mais on

ne peut préjuger du temps que ceux-ci auraient mis à se former. On ne devrait jamais garder de poules ayant plus de trois ans, parce qu'elles coûtent, en moyenne, plus à nourrir qu'elles ne rapportent. - ■

D'autres aussi doivent être éliminées de la basse-cour ; ce sont celles qui, ayant souffert pour une cause quelconque, mue difficile, atteinte de diphtérie, attaque prolongée par des parasites, etc., restent anémiées et ne paraissent pas devoir se rétablir promptement. Enfin, celles qui se montrent pondeuses médiocres.

Les autres oiseaux de basse-cour sont rarement exploités pour la production d'œufs destinés à la consommation ; ils le sont surtout en vue de la production de la chair.

Pour ce cas particulier, on peut être moins exigeant sur la quantité d'œufs, mais les volailles doivent posséder avant tout les caractères de race que l'on recherche et notamment le volume, la conformation, la rusticité. Toute bête malingre, chétive, mal conformée, eût-elle les signes distinctifs de la race exploitée, doit être impitoyablement éliminée. Les mâles surtout doivent être parfaitement constitués et vigoureux.

La production d'individus mâles étant à rechercher parce qu'ils sont plus gros que les femelles et qu'ils assimilent un peu mieux, on doit chercher à la favoriser. Le nombre des reproducteurs femelles sera strictement limité et on ne fera se reproduire que des mâles ni trop jeunes ni trop âgés.

Les coqs auront au moins un an et au plus trois ans ; les canards et les pintades auront au moins le même âge et au plus quatre ans; enfin les jars et les dindes auront au moins deux ans et au plus six ans. Ce n'est qu'en raison de qualités exceptionnelles méritant d'être multipliées qu'on doit garder des mâles plus âgés.

Enfin, on devra pratiquer constamment une sélection rigoureuse, afin d'éliminer tous les défauts dont certains n'apparaissent que chez des sujets âgés, ne conserver que les individus précoces et rustiques.

On doit donc pouvoir à tout instant s'emparer facilement des oiseaux pour voir leur état de santé et reconnaître leurs défauts.

dbyGoogk

Page 1