‹ AvicultureChapitre 134 sur 165 · OPÉRATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS DIVERSES

primaires dans la partie formant bracelet, puis on passe une des extrémités de la chaînette recouverte de peau dans le porte-mousqueton et on tourne le bras de l'aile avec celle-ci avant d^accrocher l'autre extrémité. En soulevant quelques barbes des rémiges pour les appliquer sur la chaînette, ainsi que quelques plumes du bras, l'entrave passe complètement inaperçue tant que l'oiseau ne relève pas l'aile comme lorsqu'il cherche à s'envoler.

Opérations diverses.

En dehors des cas de maladie, l'éleveur doit encore intervenir dans plusieurs circonstances et pratiquer de petites opérations.

Certains coqs ont dès l'âge de deux ans des ergots tellement longs qu'ils sont gênés dans l'accomplissement de leurs fonctions de reproducteurs. On est obligé de les leur racourcir. 11 suffit, avec un couteau bien aiguisé, de procéder comme pour couper ou diminuer avec ce même outil un bâton épais. Cette opération, qui est parfois faite pour masquer l'âge des oiseaux dans les expositions, est, en réalité, souvent fort utile dans les basses-cours.

Les déformations du bec doivent être traitées de la même façon.

Lorsque des poules huppées ont les plumes de leur huppe mal placées et retombant sur les joues, il y a lieu de les leur arracher pour leur permettre de voir clair. Les coqs qui portent la queue de travers, sans avoir cependant les vertèbres coccygiennes déviées, doivent aussi avoir leurs grandes et moyennes faucilles arrachées.

Enfin, lorsqu'il y a à craindre, pour des coqs destinés à la reproduction, la gelée de la crête et des barbillons, il est préférable de ne pas attendre que le froid ait fait son œuvre et de pratiquer préalablement l'ablation de ces organes. Pour les coqs à grande crête, c'est d'ailleurs leur éviter bien des petites blessures qu'ils reçoivent accidentellement ou en se battant entre eux et dont ils souffrent beaucoup.

Vécrêtage se fait avec un scalpel ou un canif bien aiguisé ; il

suffit de suivre les contours du crâne en coupant toute la- partie de la crête vue de profil, c'est-à-dire tout à fait à sa base.

On pratique encore Vécrêtage en même temps que le chaponnage parce que la crête des chapons retombe généralement sur un des côtés de la tête.

Chaponnage,

La technique de cette opération est la suivante :

Le coq à castrer ayant les ailes réunies au-dessus du dos et liées au moyen d'un cordon enserrant les bras des deux ailes, et ayant aussi les pattes attachées ensemble, est placé sur une table et maintenu de préférence par un aide. On peut opérer seul en fixant au lien qui réunit les deux ailes une ficelle qui porte un poids à son autre extrémité et qu'on fait retomber d'un côté de la table, puis en faisant de même à l'égard des pattes, mais en laissant retomber le poids de l'autre côté de la table.

On commence par enlever les plumes sur 6 à 8 centimètres carrés près de la dernière côte, puis on mouille celles qui restent autour pour les maintenir plaquées.

Il sufQt alors de pratiquer une incision de 3 centimètres environ de longueur dans la paroi abdominale, le long et dans le sens de la dernière côte, sans y toucher et en commençant à 3 centimètres du dos. Lorsqu'on aperçoit les viscères, on introduit le doigt médian dans cette incision et on procède à la recherche des testicules situés près de la colonne vertébrale, en suivant la dernière côte.

Lorsqu'on en atteint un, on le détache lentement par pression du doigt et de l'ongle sur chacun de ses côtés, puis on le ramène vers l'ouverture que l'on a pratiquée, en le maintenant et en le faisant glisser sur la paroi abdominale. On introduit le doigt à nouveau pour avoir le deuxième testicule dans les mêmes conditions.

On a parfois recommandé l'emploi d'un extenseur pour écarter les lèvres de l'incision et parvenir à voir les testicules, ainsi que celui d'une pince spéciale pour les enlever. En réalité, il faut plus d'adresse et d'apprentissage pour se servir

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MOYENS D'EMPECnER LES VOLAILLES DE COUVER. 389

convenablement de ces instruments que pour opérer avec le doigt.

Quelle que soit la façon d'opérer, il est nécessaire que les manifestations sexuelles soient déjà bien nettes chez les coquelets, pour être sûr que leurs testicules sont bien développés.

Lorsque l'opération est terminée, on ferme la petite plaie par une ligature, ou avec une épingle comme pour une saignée ; on l'humecte ensuite d'eau contenant 1 à 2 p. 100 de crésyl ou de formol et on met l'oiseau en liberté. 11 n'y a d'autre précaution à prendre que de l'empêcher de se percher pendant trois ou quatre jours.

Moyens d'empêcher les volailles de couver.

L'aviculteur peut encore intervenir pour empêcher d couver les poules et les autres femelles des oiseaux de basse-cour, dont il estime davantage la production d'œufs que l'aptitude à l'incubation.

On a indiqué souvent, comme moyen, de faire prendre un bain froid aux poules qui persistent à rester sur le nid, même quand on retire les œufs tous les jours.

Ce n'est pas toujours sans inconvénient pour leur santé, et le but qu'on se propose n'est guère atteint qu'autant que ce bain est donné dès qu'elles commencent à manifester leur désir — leur besoin, serait-il plus juste de dire — et que si l'on recommence plusieurs jours de suite.

11 est préférable de les placer pendant vingt-quatre heures au moins dans un panier ou une caisse à claire- voie sur tous ses côtés, suspendue par son centre, en plein air, jour et nuit, et non munie de litière. On les y laisse jeûner et si, au bout de ce temps, elles paraissent encore vouloir couver, on leur administre une forte purgation : 3 grammes de sulfate de soude en solution ou une petite cuillerée à café d'huile de ricin.

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Suivant la production à laquelle on se livre, le logement doit avoir des formes et des dimensions différentes.

On donne parfois le nom de dindonnerie au logement des dindons, mais les termes de poulailler et pigeonnier sont à peu près les seuls usités pour désigner les locaux habités par les oiseaux domestiques.

Le poulailler est d'ailleurs parfois un local commun à tous les hôtes de la basse-cour. C'est là une très mauvaise condition pour que la production soit rémunératrice. Les différentes espèces doivent avoir des logements distincts. 11 est préférable aussi que les oiseaux dont la croissance n'est pas achevée ne soient pas mélangés avec les adultes.

Les poulaillers.

Là où la production des œufs ne constitue pas une spécialité et où l'on fait en même temps de l'élevage, il doit y avoir, si le nombre des reproducteurs excède une cinquantaine, au moins un poulailler pour les coqs et les poules adultes, et un pour les poulets. Les dindes et les dindonneaux d'une part, les oies et les canards ainsi que les jeunes de ces espèces, d'autre part, doivent être logés séparément.

On a constaté maintes fois que les volailles qui couchent en plein air et sont exposées à toutes les intempéries en toutes saisons sont en excellente santé. Ce serait une erreur d'en conclure qu'un poulailler n'est pas nécessaire, car, pour compenser leurs déperditions de calorique, elles sont obligées de prendre un supplément de ration. Gela ne peut d'ailleurs être favorable à la production des œufs ou à la croissance.

Le poulailler, quelle que soit sa destination, ne doit être ni trop froid en hiver, ni trop chaud en été. Autant que possible la température y restera comprise entre 12® et IS^ G.

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11 doit être assez spacieux pour que les oiseaux y soient à Taise et y respirent un air non vicié (1).

D'après Colin, Féminent physiologiste qui professa à l'École vétérinaire d'Alfort (2), une poule ordinaire pesant un kilogramme consomme par heure li*'',97 d'oxygène, soit 23*'*, 28 en vingt-quatre heures, équivalant à 517 litres d'air.

Elle vicie cependant environ cinq fois autant d'air que n'exige sa consommation d'oxygène ; elle doit donc avoir à sa disposition, pour une douzaine d'heures au moins, 1 mètre cube d'air.

S'il n'y avait aucun échange d'air entre le poulailler et l'extérieur, il.faudrait, pour satisfaire à cette dernière condition, que chaque poule disposât, dans un local de 2 mètres à 2"*, 50 de hauteur, d'une surface de 0™,70 sur 0™,70.

En réalité, il n'en est jamais ainsi, et, en admettant que le poulailler ait un plafond et des murs épais, il serait préférable, au point de vue économique, d'assurer la ventilation du poulailler au moyen d'une baie grillagée plutôt que d'accorder à chaque poule une surface aussi grande. On évite du reste ainsi les élévations de température résultant de la réunion même des volailles et les refroidissements à la sortie le matin, qui en sont la conséquence souvent mortelle.

Avec la disposition des perchoirs sur un même plan horizontal, disposition qui devrait toujours être adoptée, une surface de 0'"2j20, procurée par un espacement de Om,60 entre les perchoirs et qui donne place à trois poules par mètre courant de perchoirs, est suffisante. On ne saurait cependant en adopter une moindre, sans inconvénients.

Un poulailler pour cent coqs et poules adultes doit donc avoir au moins une hauteur de 2 mètres à 2", 50, une longueur de 5 mètres et une largeur de 4 mètres.

Un simple baraquement, une construction légère en briques peuvent suffire, mais des poulaillers de ce genre doivent en outre satisfaire aux conditions suivantes :

(1) Voy. Danguy, Constructions ivraies (Encyclopédie agricole).

(2) Colin, Traité de physiologie comparée des animaux ^ t. 11^ p. 329. Baillière et fils, éditeurs.

Fig. 141. — Perchoir à section méplate.

Us doivent être faciles à nettoyer et à désinfecter (Voy. Désinfections, p. 430). Un plafond et des murs ou cloisons, sans interstices et à surface bien unie, sont absolument nécessaires ; il faut que tout passage soit non seulement interdit aux

fouines, aux chats, aux rats et aux souris, mais encore aux parasites de toutes sortes qui pourraient se réfugier dans leur épaisseur, dans un local voisin ou même au dehoi-s.

Leur mobilier se compose uniquement de perchoirs et de pondoirs. La meilleure disposition à donner aux perchoirs consiste à les placer sur un même plan horizontal, à une hauteur variant de 0™,bO à 0",80 suivant la grosseur et l'agilité de la race qu'on élève, et écartés entre eux de 0"»,60.

Il est utile qu'un espace soit réservé pour le passage sur toute la longueur du poulailler. Pour une largeur supérieure à 3 mètres, ce passage facilite davantage le nettoyage s'il se trouve placé au milieu et si les perchoirs forment deux rangées parallèles accotées aux murs.

Dans ce cas, les perchoirs sont fixés à la cloison latérale par un scellement ou au moyen d'un support et, de l'autre bout, sur un pieu solidement enfoncé enterre.

La partie sur laquelle les oiseaux se perchent doit être assez large pour qu'ils n'aient aucune difficulté à s'y maintenir (Cig. 4). Le poids du corps pendant le sommeil agit d'autant plus mécaniquement sur le muscle fléchisseur des phalanges que le pouce et les autres doigts se trouvent plus écartés. Les oiseaux reposent donc d'autant mieux qu'ils enserrent une branche ou un bâton de plus grand diamètre. Il est inutile que le perchoir soit rond; il suffit de lui donner une section méplate qui est plus facile à obtenir et est en conséquence moins coûteuse .

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La disposition en gradins pour les perchoirs est très défectueuse ; on ne devrait jamais l'adopter. Elle est en effet l'origine entre tous les hôtes du poulailler de disputes journalières et conséquemment de heurts et de coups, toujours préjudiciables à la santé. Tous prétendent avoir droit au perchoir le plus élevé et, après avoir essayé tous d'y parvenir en se déplaçant mutuellement, les plus forts s'y entassent.

La température près du plafond étant toujours supérieure de 3 à 4 degrés à celle qui règne près de terre, ils se trouvent donc, de plus, dans une atmosphère généralement trop chaude.

Les pondoirs doivent aussi être établis et répartis de telle façon que les poules n'aillent jamais pondre ailleurs, ou que quelques-uns d'entre eux ne soient pas préférés à l'exclusion des autres.

Ils ne remplissent ces conditions que s'ils se trouvent tous posés à la même hauteur, que s'ils sont également éclairés, que s'ils ont une forme convenant aux poules et que s'ils ont mêmes dimensions.

Lahauteuràlaquelle il convient de les placer est celle de 0"»,40 et la meilleure forme à adopter est celle d'une caisse ouverte aux trois quarts sur un de ses côtés le plus étroit, et ayant 0°»,35 de longueur, 0",30 de hauteur et 0",30 de largeur (fig. 142).

L'intérieur des pondoirs de ce g^nre ne se trouve jamais sali par les excréments de poules venant s'y percher. En les nettoyant de temps à autre, on peut donc récolter des œufs propres, n'ayant même pas besoin d'être lavés, ce qui permet de les vendre mieux, les commerçants en gros n'hésitant jamais à les payer plus cher. Ces pondoirs ont encore l'avantage, là où l'on utilisp les poules qui veulent couver, de pou-

Fig. 142. — Pondoir couvert.

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voir transporter celles-ci dans un autre local sans recourir à différents moyens pour leur faire adopter un nouveau nid.

Lespondoirs en osier, que Ton emploie assez fréquemment, sont non seulement salis par les poules qui viennent se percher sur leurs bords, mais ils sont encore fort difficiles à nettoyer.

Lorsque le poulailler est spacieux, on peut faciliter la récolte des œufs et éviter aux personnes chargées de ce soin de recevoir des coups de bec de la part des poules qui se trouvent sur le nid, en adoptant des pondoirs dont la face postérieure s'ouvre au moyen d'une charnière (fîg. 143). On doit, en con-

Fig. 143. — Pondoir non couvert et à charnières, permettant de prendre les œufs par deux côtés.

séquence, pouvoir circuler par devant et par derrière; ils nécessitent donc plus de place.

S'ils ne sont pas couverts à leur partie supérieure, il est nécessaire de placer au-dessus, et avec une forte pente, un panneau de grillage, empêchant qu'ils soient transformés en perchoirs. Bien qu'on puisse en réunir alors plusieurs à la fois, leurs dimensions doivent rester cependant très réduites pour que le nettoyage et la désinfection en soient faciles. Perchoirs et pondoirs doivent, dans ce but, être toujours mobiles.

Pour éviter que plusieurs poules ne s'entassent dans un même pondoir ou qu'elles ne pondent ailleurs, il est nécessaire qu'elles en aient un nombre suffisant à leur disposition. Un pondoir à raison de trois poules est suffisant.

On les y attire sans aucune difficulté, rien qu'en y plaçant un œuf de verre. En y laissant un œuf ordinaire, on risque de le mélanger avec les œufs frais après l'avoir laissé pendant

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quelques jours dans le nid. Les œufs de plâtre se détériorent rapidement et, malgré une légère différence dans le prix de revient, on doit leur préférer ceux de verre qui, étant généralement très épais, sont presque incassables et inusables.

Toutes les fois que le nombre de poules que doit contenir un poulailler n'excède pas une vingtaine et que, pour une raison quelconque, on ne peut leur consacrer une partie d'un bâtiment quelconque, les poulaillers plus ou moins mobiles que Ton peut déplacer facilement sont préférables aux constructions fixes spéciales. Celles-ci sont toujours, en effet, par raison d'économie, fort légères, à parois peu épaisses et ne sont guère confortables.

Les poulaillers en bois, pourvu que leurs différentes parties soient bien assemblées et que tous les joints soient bien recouverts par des couvre-joints, laissent beaucoup moins pénétrer l'air froid en hiver que ceux en briques recouverts en tuiles (fig. 144).

Une excellente disposition consiste à établir sous le plancher un espace abrité formant hangar où les volailles se mettent à 'abri du vent et de la pluie pendant le jour. Il est au moins nécessaire que le plancher y soit mobile et puisse être enlevé rapidement, ainsi d'ailleurs que les perchoirs, pour faciliter le nettoyage. Une petite échelle doit permettre l'accès du poulailler aux poules les plus lourdes.

Des poulaillers de cette sorte sont assurément ceux qui conviennent le mieux toutes les fois que l'élevage se fait sur des terrains en location, ou à une certaine distance des bâtiments, dans un parc, un verger, un potager par exemple. II est alors en effet très facile de limiter l'espace accordé aux volailles au moyen de panneaux de grillage que l'on dispose suivant la configuration du terrain.

Lorsqu'on ne fait de l'élevage que pendant la belle saison, le poulailler affecté aux poulets n'a pas besoin d'être hermétiquement clos. Un hangar de faible hauteur, clos seulement sur trois de ses faces et muni de perchoirs placés dans un même plan horizontal comme précédemment, suffit amplement. Cependant, si les bêtes fauves sont à craindre, la garniture en grillage des parties ouvertes s'impose.

Par contre, un poulailler clos est fort utile pour les poulets qui terminent leur croissance à la fin de l'automne ou en hiver.

Il en est de même pour les dindes destinées à la reprodiic-

Fig. 144. — Poulailler à plancher démontable formant hangar en dessous.

tion et dont on a donc tout intérêt à hâter la ponte au printemps.

Quant aux canards et aux oies, ils se contentent parfaitement en toutes saisons d'un hangar les abritant de la pluie et du vent sur trois côtés. En l'entourant de grillage, ne fût-ce qu'à une faible hauteur, on pourra, au moment de la ponte, les laisser enfermés jusqu'à 9 heures du matin et éviter ainsi qu'ils ne pondent dans la mare, l'étang ou le ruisseau où ils se baignent, comme cela arrive fréquemment lorsqu'ils peuvent y aller plus tô^

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Leurs pondoirs doivent être placés sur le sol de ce hangar. Les dimensions données pour ceux des poules sont trop restreintes pour ceux des oies. JI faut leur donner environ 0™,50 de longueur, 0°^,35 de hauteur et 0"*,40 de largeur.

Ayant indiqué précédemment dans d'autres chapitres ce que doit être l'alimentation depuis le plus jeune âge jusqu'à l'âge adulte et ce qu'elle doit être pour les oiseaux dont on attend la plus grande production possible d'œufs, il ne nous reste que quelques mots à dire sur la façon de distribuer la nourriture.

Lorsqu'il s'agit seulement d'entretenir des volailles, la ration doit éjtre moins riche et moins forte que pendant qu'elles produisent des œufs ; on ne doit cependant pas, par une économie mal comprise, la réduire au delà d'une certaine limite et il vaut mieux donner plus que la théorie ne l'indique pour qu'elles soient dans un état de santé florissant.

Le seul point important à observer dans la distribution de la nourriture consiste à ne pas laisser les oiseaux beaucoup plus forts que les autres se gorger aux dépens des plus faibles. La séparation des différentes espèces et même celle des adultes et des jeunes sont, à ce point de vue, fort désirables.

On doit aussi éviter qu'une partie des grains ne se trouve entraînée par les eaux pluviales ou que les pâtées ne soient délayées outre mesure. Il existe des appareils spéciaux, trémies autoclaves, qui mettent le grain continuellement à l'abri et qui ne fonctionnent que sous le poids d'une poule ordinaire, ne permettant même pas aux pierrots de prendre leur tribut. Ces appareils ne sont recommandables que pour les possesseurs d'un petit nombre de volailles, pour qui les déprédations commises par les pierrots, les rats et les souris sont relativement considérables. De simples précautions suffisent dans la plupart des cas. Les augettes munies d'arceaux (fig. 145), ne permettant pas aux poules de gratter et de jeter le grain à terre, sont cependant fort utiles ; il n'y a qu'à les mettre à l'abri, soit en cas de pluie, soit d'une façon constante.

Des abreuvoirs siphoïdes permettent aussi, mieux que Ch« Voftellier. — Aviculture, 23

n'importe quelle auge, de mettre constamment, à la disposition des poules, de Teau propre (1).

Enfin, dans toute basse-cour, quelle que soit son importance, les volailles doivent pouvoir satisfaire le besoin qu'elles ont, même sans être couvertes de parasites dangereux, de se pou-

Fig. 145. — Augette à arceaux empochant les poules de jeter le grain à terre avec leurs pattes.

drer, c'est-à-dire de se rouler dans la poussière en faisant pénétrer celle-ci sous leurs plumes. Un hangar sous lequel elles trouvent d'ailleurs abri du grand vent ou de la pluie, sans être obligées de rentrer dans leur poulailler, et dont le sol est poussiéreux, est donc fort utile.

Pigeonniers,

Autrefois, et malheureusement parfois encore aujourd'hui, on considérait que le pigeonnier devait être nécessairement une tourelle dominant les autres bâtiments pour que ses hôtes fussent incités à parcourir la plaine qu'ils avaient devant les yeux ou qu'ils puissent regagner facilement leur logis en ne le perdant pas de vue lorsqu'ils s'en étaient éloignés.

Cette conception résultait du droit de colombage qui appartenait, sous la féodalité, aux seigneurs de tout rang, droit que es propriétaires se sont ensuite réservé dans leurs conventions avec leurs fermiers ou métayers et qui subsiste encore dans certains baux à ferme. II est en tous points analogue au droit de chasse, car il attribue au propriétaire des animaux que le fermier seul a nourris.

(1) Voy. Danguy, Constructions mirales, p. 348.

L'exercice de ce droit n'équivalant qu'à une faible redevance, tant est grande la guerre faite par les cultivateurs aux pigeons qui fréquentent la plaine et causent des dégâts considérables dans les ensemencements, le propriétaire y renonce le plus souvent.

Toute personne, ne s'occupant pas de culture ou ne fût-elle propriétaire d'aucune parcelle de terre, peut avoir un colombier dont les pigeons peuvent légalement, en dehors des périodes où les colombiers sont officiellement fermés chaque année par arrêtés préfectoraux, ramasser toute leur nourriture dans les champs.

Il est juste de reconnaître que, dans les villes comme dans les villages, des pigeons peuvent, en vérité, être élevés sans recevoir aucune nourriture de leur propriétaire : ce qu'ils consomment serait perdu sans aucun profit pour personne.

Il n'en est pas moins certain que dans tous les pays de culture, notamment ceux de culture intensive, et exception faite pour les pays d'herbage, les pigeons qu'on laisse courir à travers la plaine nuisent beaucoup aux ensemencements, particulièrement à ceux des mélanges fourragers, et pour un e valeur beaucoup plus importante que celle qu'ils représentent.

11 semble donc qu'une réglementation plus sévère des colombiers s'impose dans l'intérêt de l'agriculture, mais elle serait difficilement applicable ou manquerait de sanction et serait fort inefficace.

A son défaut, nous conseillons aux propriétaires de renoncer au maigre profit qu'ils pourraient retirer du droit de colombage, et aux fermiers de s'entendre d'une part entre eux pour faire la guerre aux bandes de pigeons courant à travers leurs récoltes, et d'autre part de ne posséder eux-mêmes que des races sédentaires, s'éloignant peu des bâtiments, pour utiliser les graines perdues dans la ferme ou son voisinage et que les autres oiseaux de basse-cour ne retrouvent pas.

Les pigeons réunis en bandes, comme ceux qui fréquentent la plaine, causent d'ailleurs aux propriétaires de bâtiments ruraux plus de tort qu'ils ne leur laissent de profit. Ils sont si agités, quittent tant de fois les toits pour y revenir quelques

instants après et s'y abattent avec tant de précipitation que les tulles ont beaucoup à en souffrir. Sur les toits à forte pente, ils les font tomber fréquemment, et sur ceux à faible pente ils contribuent à les pourrir par leurs déjections.

Sans méconnaître le profit que les fermiers peuvent retirer •de rélevage des pigeons bien compris et le leur interdire en raison du préjudice qui pourrait en résulter pour les bâtiments, les propriétaires agiraient sagement en le réglementant •dans leurs baux.

Pour toutes ces raisons, le pigeonnier seigneurial, formant tourelle et consistant en une vaste pièce garnie sur toutes ses faces de petites loges exiguës, difficiles à nettoyer, où les pigeons se trouvent d'ailleurs dans de mauvaises Conditions hygiéniques, doit être remplacé par un pigeonnier plus adapté aux conditions modernes de Texploitation des pigeons à la ferme.

Si le nombre des habitants ne doit pas dépasser une douzaine, il peut être établi dans un grenier peu élevé. La lumière doit pénétrer par un vasistas ou une fenêtre grillagée, et la porte donnant accès au dehors doit être large ouverte et munie 4'un plancher ou plate-forme extérieure qui en occupe tout le hord inférieur.

On y constitue pour chaque couple une niche, isolée autant que possible des autres et consistant en une simple caisse ouverte sur une de ses faces latérales. Un nid en forme de •cuvette en compose le mobilier. Les nids en plâtre doivent être préférés aux poteries, parce qu'ils plaisent mieux aux pigeons.

Q est le plus souvent impossible d'interdire l'entrée de pigeonniers de ce genre aux souris et aux rats ; ces derniers y attaquent souvent les pigeonneaux dans leur nid. Leur nettoyage n'est d'ailleurs généralement pas facile et, s'ils se trouvent envahis par des poux ou des acariens, on ne peut les en débarrasser. Tout élevage y devient impossible.

Le pigeonnier le plus pratique pour des pigeons vivant en liberté consiste, pour chaque couple, en une caisse, en planches bien assemblées et avec couvre-joints interceptant le passage de l'air, dont la paroi supérieure forme toit, et dont la

façade est mtinie de deux portes, pouvant se remonter à volonté dans des coulisseaux (fig. 146).

Les pigeonnier de ce genre doivent autant que possible être distants les uns des autres de 4 ou 5 mètres au moins,

Fig. 146. — Pigeonnier pour un couple de pigeons.

être adossés à un mur élevé et fixés cependant, non pas à la partie la plus haute, mais seulement à 3 mètres environ du sol. il doit y en avoir au moins autant qu'il y a de couples de pigeons.

Chaque embrasure de porte est munie d'une planchette débordant à l'extérieur, et de dimensions telles qu'un pigeon puisse y prendre place et que deux pigeons ne puissent s'y tenir à l'aise. Une seule porte ainsi qu'une seule planchette pour deux portes ont de grands inconvénients.

Avec une seule porte, le ménage se trouve continuellement gêné dans ses allées et venues au moment de la confection de son nid, et, s'il prend fantaisie à un importun de s'y introduire, il ne peut l'en déloger facilement. Ce sont même les hôtes habituels qui parfois se trouvent obligés de rester à la porte! S'ils parviennent à rentrer, il y a à l'intérieur un pugilat qui dure d'autant plus de temps qu'il n'est guère facile

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à Tun des combattants de sortir tout en se défendant. S'il y a des œufs dans le nid, ils sont alors généralement cassés. Avec deux portes, il y a toujours un chassé-croisé dans lequel les hôtes habituels ont l'avantage.

Une planchette formant galerie extérieure sur laquelle plusieurs pigeons étrangers peuvent prendre place est aussi une source continuelle de disputes. Le logis est si peu facile à garder dans ces conditions que les pigeons y établissent rarement leur nid ou qu'il leur y est impossible de mener à bien leurs couvées.

Avec des pigeonniers ainsi agencés et disposés le long des murs, les pigeonneaux n'ont rien à craindre ni des rats, ni des chats, leurs plus grands ennemis.

Pour que le nettoyage en soit facile, il est nécessaire qu'une des parois latérales soit mobile et puisse être relevée au moyen de charnières. Il faut aussi que le pigeonnier puisse être enlevé pour être lavé et désinfecté fréquemment.

Afin de pouvoir saisir les pigeonneaux qui ont pris leur vol ou s'emparer de leurs parents pour faire une sélection et modifier les accouplements que l'on ne juge pas bons, on doit maintenir constamment les portes en haut de leurs coulisseaux au moyen d'une corde qui, passant dans des pitons, descend jusqu'à terre et qu'il n'y a qu'à lâcher au moment propice.

On habitue facilement un couple de pigeons à prendre possession du pigeonnier qu'on lui réserve, en le maintenant enfermé pendant quelques jours avec du grain et de l'eau en quantité suffisante et en ayant la précaution de ne mettre que des portes grillagées pour donner accès à la lumière dans l'intérieur.

Chaque pigeonnier doit être muni d'un nid en plâtre que les pigeons garnissent, selon leur goût, de paille, de foin ou de plumes. Il est bon de mettre ces matériaux à leur disposition si l'on juge qu'ils ne peuvent en trouver facilement ; il ne sert à rien de confectionner complètement leur nid.

On place parfois ces pigeonniers à l'extrémité de perches et à 2 ou 3 mètres du sol. Cette disposition ne présente assurément aucun avantage pratique ; elle nécessite un scellement assez fort dans le sol et occasionne donc une dépense qui peut être évitée.

Les pigeonniers adossés à des murs exposés à l'est ou au midi semblent d'ailleurs convenir beaucoup mieux aux pigeons, sans doute parce qu'ils s'y sentent plus à l'abri ou y trouvent la température qui leur convient. Leurs préférences varient suivant les régions et les climats ; l'éleveur a toujours le plus grand avantage à s'y conformer et à placer tous les pigeonniers à l'exposition que les pigeons indiquent lorsqu'ils peuvent choisir.

Pour les pigeons Voyageurs, que l'on soumet à l'entraînement et qui prennent part à des concours d'épreuves, il est nécessaire que le pigeonnier soit un local commun à un assez grand nombre de couples et situé à une hauteur relativement grande, pour qu'au retour d'une longue course ils l'aperçoivent de loin sans être obligés de se poser tout d'abord sur un toit voisin.

On doit y avoir facilement accès. Une mansarde ou une chambre située immédiatement au-dessous d'un toit convient parfaitement.

Elle doit être autant que possible plafonnée, à cloisons en maçonnerie recouverte d'un enduit de plâtre ou de ciment, et carrelée, pour qu'il n'y fasse ni trop chaud ni trop froid, pour que les insectes et les poux n'y puissent pulluler et pour que les souris et les rats ne s'y introduisent pas.

Ce pigeonnier doit aussi être agencé de telle façon que les pigeons y couvent sans se déranger mutuellement et qu'on puisse les y attraper facilement à tout propos, notamment pour marquer ou reconnaître ceux qui arrivent les premiers après un voyage de plusieurs heures.

Afin d'engager les arrivants à rentrer immédiatement, il est nécessaire qu'il y ait une porte de sortie et une porte d'entrée et que cette dernière ait, en toutes circonstances, le même aspect, même si l'éleveur est déjà occupé à prendre d'autres pigeons à l'intérieur. Le dispositif doit être tel que les pigeons ne puissent habituellement se servir de l'une ou l'autre porte pour rentrer.

On a inventé, à cet effet, de nombreux systèmes de trappes ou cliquettes qui ne fonctionnent que dans un sens sous le poids ou la poussée du pigeon.

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Coryza.

Le coryza est dû à rinflammation de la muqueuse qui tapisse les fosses nasales et les sinus orbitaires.

II se caractérise tout d'abord par un écoulement des narines, un éternuement fréquent, une respiration par le bec qui en est la conséquence. Celle-ci donne naissance à un bruit plus ou moins strident, le râle, que l'on perçoit surtout lorsque les oiseaux sont au repos dans leur poulailler. Les palmipèdes semblent réfractaires à cette affection.

Le coryza ne tarde pas à prendre une forme aiguë. L'inflam mation des sinus orbitaires d'un côté tout d'abord, puis des deux côtés, fait sortir quelque peu l'œil au dehors de sa cavité, provoque enfin un œdème des joues et des barbillons. Toute la tète de l'oiseau paraît enflée, l'œil s'ouvre difficilement et la vue n'est presque plus possible. Le coryza, même dans sa forme la plus bénigne, constitue, en raison de la proximité de la muqueuse nasale et de la muqueuse buccale, le terrain de prédilection pour le développement de la diphtérie. C'est à ce titre qu'il est très grave.

Les oiseaux atteints doivent d'abord être mis au sec dans un local où règne une température de 15<> à 20» C. Des nettoyages fréquents de la gorge et des fosses nasales avec un pinceau ou, mieux, avec une plume de l'aile trempée dans de Iliuile contenant 2 p. 100 de crésyl, suffisent à arrêter rapidement la maladie dans son développement. 11 y a toujours lieu de faire des lotions des joues et des paupières avec le même produit. L'huile est préférable à l'eau parce qu'elle met les tissus à l'abri de l'air. Lorsque les yeux sont atteints et font saillie en dehors de leur cavité, il y a lieu de faire précéder les lotions d'huile crésylée d'une autre lotion avec une solution tiède de sulfate de cuivre à 3 p. 100. Si la maladie se prolonge

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