DIPHTÉRIE
et que les yeux soient pris, il faut veiller à ce que les oiseaux se nourrissent et il faut au besoin les gaver.
Diphtérie.
De toutes les maladies auxquelles sont sujets les oiseaux de basse-cour, il n'en est pas qui soient aussi communes, aussi répandues et qui causent autant de ravages que la diphtérie.
Elle est due à un bacille proche parent de celui qui occasionne la diphtérie dans l'espèce humaine et qu'on s'accorde généralement aujourd'hui à considérer comme distinct de celui-ci. Le microbe de la diphtérie aviaire paraît tout au plus apte à développer une affection diphtéroïde chez l'homme et réciproquement. 11 en est du reste à peu près de même entre la diphtérie des gallinacés et la diphtérie des colombins. On ne la constate pas chez les oiseaux aquatiques.
La diphtérie a pour symptômes tout d'abord une difficulté de la respiration provoquant le râle, un peu de toux, des bâillements, enfin un manque d'appétit, un abattement général, une teinte violacée des barbillons, des joues et de la crête, ces derniei's indices étant ceux de tout état maladif. Au bout de quelques jours la diarrhée verdâtre, qui est habituelle chez les animaux fiévreux et insuffisamment nourris, se manifeste.
La diphtérie se caractérise toujoure par la présence de fausses membranes qui tapissent l'intérieur du bec, le palais, la langue, l'extrémité supérieure de la trachée et de l'œsophage. Elles sont le résultat de Pulcération des muqueuses par le bacille de la diphtérie. L'envahissement des deux voies respiratoires et digestives est presque toujours simultané. Le microbe répandu par le sang dans tout l'organisme y donne naissance à des altérations diverses.
L'évolution de la maladie est d'autant plus rapide que les animaux sont plus jeunes. Ceux qui résistent à la forme aiguë du début camctérisée par une production abondante de fausses membranes, et qui ne succombent pas par asphyxie ou empoisonnement par les toxines du bacille, conservent en eux-mêmes le germe de la maladie.
De petites masses sphériques, dures, jaunâtres, grosses
comme une tête d'épingle, une noisette ou une noix, véritables colonies de bacilles, se forment en des points fort variables de Forganisme. Ces sortes de kystes occupent les parois de Tœsophage, le dessous de l'œil, l'oreille, le foie, l'intestin, les sacs aériens.
Chez les pigeons, ils se développent communément dans les follicules du jabot, chargés de sécréter, aussitôt la naissance des jeunes, ce que l'on a improprement appelé le lait des pigeons. Toutes les fois que ces kystes forment saillie sous la peau, une simple incision permet de les faire sortir facilement par pression entre les doigts. Cette sortie se fait parfois sans aucune intervention. Les microbes que ces kystes contiennent sont moins virulents que ceux que l'on trouve dans les fausses membranes.
Les oiseaux porteurs de ces tumeurs diphtériques ne sont pas à l'abri de nouvelles manifestations de la maladie du côté de la gorge. Bien que M. Adrien Loir n'ait pas obtenu la production de fausses membranes à la suite d'inoculations à doses massives du microbe par voie intraveineuse, la récidive de la maladie à plusieurs mois ou même à une année d'intervalle est très fréquente et ne peut être niée.
Traitée dès son début, la maladie peut être guérie sans grandes difficultés. 11 importe, tout d'abord, d'isoler les animaux atteints, de les mettre dans un local sec dont la température soit voisine de 15° C, de cautériser au moins deux fois par jour les points des muqueuses qui donnent naissance à des fausses membranes, enfin d'assurer l'alimentation des oiseaux.
La cautérisation ne doit pas — et ne peut, du reste — se limiter aux points de formation des fausses membranes. A la destruction par le microbe d'une partie des muqueuses buccale, œsophagienne et trachéale qui est fatale à l'oiseau, il est assurément plus rationnel au point de vue médical de lui préférer la cautérisation qui empêche l'empoisonnement de l'organisme. On a recommandé l'emploi du pétrole, de la teinture d'iode et du nitrate d'argent.
On obtient d'excellents résultats avec de l'huile contenant du pétrole raffiné à raison de 5 p. 100 de son poids ;
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