TUBERCULOSE
au-dessous de Tanus. A Tautopsie on trouve quantité degranulations, un peu moins jaunes que celles de la diphtérie, dans le foie, la rate et les intestins ; on en trouve rarement dans les poumons.
Il n'y a pas encore de traitement curatif connu. On parviendrait probablement à prolonger Texistence des oiseaur par la suralimentation et par des inhalations de créosote ;; mais nous estimons qu'on a toujours intérêt, dans Fétat actuel des connaissances scientifiques sur le sujet, à sacrifier immédiatement les volailles chez lesquelles on diagnostique indubitablement la tuberculose. On peut alors procéder aux désinfections indiquées en pareil cas, et éviter ainsi la contamination des volailles saines.
Choléra, -— Peste aviûire. — Affections cholériiormes.
La facilité avec laquelle on se sert du nom de choléra pourdésigner toute maladie contagieuse dont on ne connaît pas exactement les symptômes et Torigine est la cause de confusions que les études scientifiques ont des difficultés d'autant plus grandes à détruire qu'elles visent à corroborer des déOnitions données par d'anciens auteurs.
C'est ainsi qu'en 1877 un grand savant italien, Perroncito, ayant découvert un Micrococcus dans le sang des volailles mourant rapidement en grand nombre, Toussaint, professeur à l'Ecole vétérinaire de Toulouse, démontra que cet infiniment petit était l'agent de la contagion et y vit la cause de l'épi-^ demie décrite par Chabert en 1789 sous le nom de typhus, par Huzard en 1830, par Renault en 1851 sous le nom de choléra des poules, par Delafond, la même année, sous le nom ^'affection charbonneuse.
Quelques années plus tard. Pasteur isola le même organisme recueilli sur des poules mortes et lui donna le nom de microbe du choléra des poules (1). Il décrivit les lésions produites^ par son inoculation qu'il vit être nocive pour tous nos oiseaux
(1) Voy. Besson, Technique microbiologique et sérothérapique^ 3« édit., p. 320.
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domestiques et même pour le lapin. 11 en recommanda dans la suite l'emploi pour la destruction des lapins en Australie. Bien que l'inoculation fît périr parfaitement tous les animaux, la propagation naturelle du microbe aux lapins ne se fit pas.
En 1888, MM. Cornil et Toupet, lors d'une épidémie qui sévit sur les oiseaux aquatiques du Jardin d'Acclimatation de Paris, décrivirent le microbe du choléra du canard. Leurs expériences démontrèrent que l'inoculation en était inoffensive pour les poules et les pigeons.
Depuis cette époque, les éleveurs, effrayés par les relations concernant des maladies aussi contagieuses et en redoutant l'apparition dans leurs basses-cours, s'empressent, toutes les fois que des décès consécutifs s'y produisent, d'envoyer à des spécialistes quelques sujets à autopsier. Nous avons toujours été très étonné du nombre de fois que ceux-ci constatent le choléra des poules ou le choléra des canards. Nous ne le sommes pas moins du reste de la localisation relative de ces épidémies comparativement à celles de rougeole, d'influenza, de fièvre aphteuse par exemple.
L'unique caractéristique du choléra serait la diarrhée, car les symptômes généraux sont communs à d'autres affections, à la diphtérie notamment : tristesse, ailes tombantes, nonchalance, plumage hérissé, crête violacée, mort au bout de quelques heures ou de quelques jours dans un coma profond.
La terminaison rapide en quelques minutes avec secousses €onvulsives, que M. Pierre Mégnin a signalée tout particulièrement, nous paraît attribuable à d'autres causes, et bien probablement à l'empoisonnement par des graines vénéneuses. Nous avons en effet été témoin en 1896 et dans l'espace de trente-six heures de la mort de 14 coqs, poules ou faisans dans un établissement d'aviculture renfermant près de T)00 volailles logées à raison de 1 à 5 par cage, et qui, venant, comme le rapporte M. Mégnin, de « manger, pondre ou chanter » sous nos yeux, semblaient pris de peur, se débattaient et mouraient en un instant. Nous n'avons pu •retrouver que des graines de coquelicot et de moutarde sauvage, d'une part dans le jabot, d'autre part dans le petit 'blé qui était distribué aux animaux. Dans des parquets con-
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CHOLÉRA. — PESTE AVIAIRE. 411
tenant plusieurs bêtes, il n'en mourut pas plus d'une et, ayant mis les animaux morts dans d'autres cages en présence desujets de valeur inférieure, nous n'obtînmes aucune contagion.
Ajoutons d'ailleurs qu'au cours d'essais où nous introduisions les graines incriminées à doses variables dans le bec des oiseaux, il ne se produisit aucun accident fâcheux.
Nous avions appris quelque temps avant qu'une pseudoépidémie du même genre avait duré plusieurs mois sur les chevaux de l'infirmerie de la Compagnie générale des Omnibus à Claye. Au passage d'un garde d'écurie, au bruit d'une fourche tombant à terre, un cheval ayant toutes les apparences de la santé tombait de-ci de-là, et de temps à autre, comme foudroyé. Il succombait en quelques minutes si l'on ne pratiquait en toute hâte la trachéotomie, l'autopsie ayant démontré qu'il n'existait qu'une constriction du larynx. La cause du mal fut attribuée, sans preuve à vrai dire, à l'ingestion de graines du genre Lathyrus remontant à plusieurs mois auparavant, à un moment où l'on ne cribJait pas les grains. L'identité de cause entre les deux épidémies ne nous parut pas douteuse.
D'autres observateui's que ceux que nous avons cités précédemment ont également décrit des affections cholériformes, entre autres Smith en 1895 et M. Lucet, vétérinaire à Courtenay, en 1893. Celui-ci a même découvert dans l'intestin de sujets ayant succombé un microbe qui lui parut spécifique et qu'il parvint à isoler, le BacUhis enterUis gaUinarum,
M. Eloire, vétérinaire à Caudry, commentant les différentes découvertes microbiologiques relatives au choléra des poules et faisant allusion au défaut de contagion à l'état naturel de microbes soi-disant spécifiques et parfaitement nocifs par inoculation, ainsi qu'aux expériences du D' Gamaleia à l'Institut Pasteur, l'a appelé avec beaucoup de raison le « choléra des poules mortes ».
En présence du peu de précision des recherches scientifiques, une opinion assez générale se manifesta qui voulut que les affections cholériformes des volailles fussent attribuables à une septicémie, c'est-à-dire à l'absorption avec les aliments ou les boissons d'un principe infectieux produit par la décompo-
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sition des matières animales ou végétales et pénétrant ensuite dans le sang.
La question en était là quand, en 1901, se produisit une épidémie à la suite d'une exposition internationale tenue à Brunswick. Les professeurs Centanni (de Ferrare) et Savonuzzî d'une part, Scheurlen et Buhl d'autre part, ne purent retrouver chez les animaux atteints la bactérie ovoïde et typique du choléra des oiseaux. Ils retrouvèrent au contraire les lésipns péritonéales exsudatives décrites par Rivolta et Delprato en 1880. Ils qualifièrent Taffeclion de péritonite épizootique, et indiquèrent comme caractéristique la résistance absolue des pigeons, lapins et souris à Tinoculation.
La même maladie signalée en France, dans le Tyrol, en Vénétie, en Belgique, en 1902, le fut sous le nom de peste aviaire. Elle fut particulièrement étudiée par MM. Nocard, Leclainche, Vallée et Eloire.
D'après le professeur Leclainche, les symptômes généraux décrits plus haut seraient ceux de la peste aviaire ; mais les excréments conserveraient leur couleur et leur consistance normales. Les hémorragies seraient surtout fréquentes dans la muqueuse de l'estomac et rares dans celles de l'intestin grêle, du cloaque, de la bouche et des paupières.
En résumé, la peste aviaire se distinguerait du choléra en ce que : 1° les poules seraient les principales victimes de la bassecour et que les pigeons resteraient absolument indemnes; 2<> l'inoculation d'une trace de sang au pigeon le tuerait en trente-six heures au plus s'il s'agissait de choléra et le laisserait indemne s'il s'agissait de peste. Mais ne vaut-il pas mieux poser un grand point d'interrogation ?
Quoi qu'il en soit de ces discussions scientifiques, les éleveurs de volailles se trouvent de temps à autre en présence d'aflfections cholériformes dont l'évolution est trop rapide pour qu'ils cherchent à guérir les animaux atteints et qu'il y a un intérêt considérable pour eux à enrayer.
Qu'il s'agisse de choléra, de septicémie ou de peste aviaire, ils pourront toujours éviter de grandes pertes en isolant tout d'abord les animaux qu'ils veulent introduire dans leurs basses-cours et en les surveillant pendant quelques jours ; en