‹ AvicultureChapitre 138 sur 165 · CONGESTION PULMONAIRE. — PÉPIE · texte numérisé non relu

CONGESTION PULMONAIRE. — PÉPIE

mettant à part les animaux dès qu'ils paraissent malades ; en tenant absolument propres les poulaillers et les ustensiles servant à Falimentatîon ; enfin en opérant, dans le cas de contagion bien caractérisée, des désinfections énergiques.

Congestion pulmonaire.

Très fréquente chez les gallinacés, elle a toujours pour cause la transition brusque d'une atmosphère surchauffée à une atmosphère relativement froide. On conçoit qu'elle se produise souvent, car la plume, bien que constituant un manteau protecteur contre le froid, contribue à élever considérablement la température du corps des oiseaux et à la maintenir telle lorsqu'ils évitent des déperditions de chaleur en se massant les uns contre les autres, ou lorsqu'ils respirent un air chaud.

Les oiseaux n'ont, pour combattre l'élévation de température de leur corps, aucun autre moyen qu'une respiration énergique. 11 n'y a, en eflfet, chez eux aucune production desueur et ils ne peuvent, comme le chien, vaporiser une grande quantité d'eau par le halètement.

Aussi, toutes les fois qu'ils sont réunis en grand nombre dans un local insuffisamment refroidi par une aération active,, ou qu'ils sont massés les uns contre les autres dans des paniers, ils cherchent, dès qu'ils sont sortis, à diminuer leui' température. Si l'air n'est pas assez froid et ne leur procure pas le soulagement qu'ils désirent, ils courent le plus rapidement possible ingérer de grandes quantités d'eau. La congestion pulmonaire les guette, dans un cas comme dans l'autre.. La mort survient en vingt-quatre ou quarante-huit heures. Il n'y a point de traitement curatif, mais, connaissant les causes du mal, on peut l'éviter bien souvent.

Pépie.

Ce n'est tout au plus qu'un symptôme d'affections diverses^ de l'appareil respiratoire et du tube digestif dans lesquelles il y a de la fièvre et, conséquemment, de la soif. La seule produc-

lion d'un enduit gras sur la langue ne constitue pas une maladie proprement dile. La pépie n'existe du reste bien souvent que dans l'imagination d'ignomnts qui prennent l'extrémité cornée de la langue pour une production anormale et s'empressent de pratiquer cette opération saugrenue, aussi tenace dans les campagnes que tous les préjugés, qui consiste à enlever cette pointe cornée avec une épingle.

La langue des oiseaux est assurément, comme chez l'homme et les animaux, le miroirde l'estomac. L'examen de sa surface pourmit servir à juger du fonctionnement de l'appareil digestif, mais on s'inquiète peu des légères indispositions des oiseaux et, quand on en fait lexamen, ce n'est qu'en raison de leur attitude souffreteuse. La diphtérie, la tuberculose ou la simple congestion pulmonaire peuvent aloi^ être le plus souvent diagnostiquées. L'arrachement de l'étui corné de la langue ne peut évidemment avoir qu'une influence plutôt fâcheuse sur le développement de la maladie en cours, l'animal opéré éprouvant plus de difficulté à manger.

Rachitisme.

Cette maladie, qui a pour cause un défaut de nutrition ou une alimentation défectueuse, est caractérisée par une déformation de certains os et l'anémie. Les vertèbres et le sternum sont les parties du squelette généralement atteintes, celles, du moins, surlesquelles l'affection se manifeste. Les déviations dont les membres inférieurs sont parfois l'objet ne nous paraissent pas attribuables au rachitisme, mais à une évolution défectueuse de l'embryon dont la cause serait une température moyenne trop basse pendant l'incubation.

11 est à remarquer que le rachitisme correspond le plus souvent à un développement précoce. 11 n'est donc pas, tout au moins dans ce cas, le résultat d'une insuffisance dans l'alimentation, mais bien, ou de la mauvaise constitution de la ration ou d'un trouble de la nutrition.

Le froid, l'humidité, les parasites, en augmentant les dépenses de lorganisme, sont des causes indirectes du rachitisme.

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GOUTTE. — PICAGE. 415

Toutes les déformations du squelette, celles du bréchet en particulier, n§ sont pas la conséquence de Fétat rachitique. Celles-ci se produisent très souvent lor que les jeunes animaux n'ont à leur disposition, à partir de l'instant où ils éprouvent le besoin de se percher pour passer la nuit, que des perchoirs de faible diamètre. Pour assurer leur stabilité, ils sont, dans ce cas, forcés de s'accroupir complètement, le corps légèrement en avant et le bréchet portant sur le perchoir. L os, n'ayant pas encore acquis toute sa dureîé, se plie une ou plusieurs fois sur lui-même.

Connaissant les causes du rachitisme, il est facile de l'éviter.

Goutte.

Bien qu'on ait observé sur tous nos oiseaux domestiques des cas de goutte, le pigeon est celui chez qui elle se manifeste le plus souvent. Elle y est, comme chez l'homme, le résultat du mauvais fonctionnement de l'appareil urinaire et est caractérisée par le dépôt de cristaux d'urate de soude dans les articulations. Les oiseaux atteints renoncent tout d'abord à voler, et restent volontiers immobiles. 11 y a quelquefois de la boiterie.

La goutte ne se montre que chez les oiseaux déjà âgés, maintenus dans des volières étroites, et dont la nourriture abondante et échauffante a le défaut de n'être pas assez variée.

Le traitement préventif présente seul de Tintérèt en raison de l'âge des oiseaux atteints. 11 consiste à allier la nourriture animale à la nourriture végétale, à mettre du sel marin à la disposition des animaux et même, si des cas de goutte se sont déjà produits dans un pigeonnier, à donner 5 grammes de bicarbonate de soude par litre dans l'eau de boisson.

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Cette affection, qui se manifeste le plus souvent à F^gimné ^ aussitôt après la mue, plus rarement au printemps, seraractérise par ce fait que des poules, qui vivaient jusqu'alors en

bonne intelligence, s'acharnent sur une d'entre elles pour lui arracher, d'un coup de bec lancé sournoisement* des plumes qu'elles s'empressent d'avaler ou qu'elles rejettent après avoir eu la goutte de sang attachée au tuyau.

Commençant tout d'abord par s'attaquer aux plumes du croupion, puis à celles de l'abdomen, elles finissent par frapper à coups redoublés pour avoir les plumes du dessus de la tête. Le sang qui résulte de l'enlèvement brusque de la plume hors de son follicule excite celles qui frappent et leur victime succombe quelquefois. Au bout de peu de temps les poules renfermées dans un même parquet ou toutes celles d'une basse-cour de ferme se sont ainsi attaquées et abîmées mutuellement.

C'est là le symptôme de l'affection connue sous le nom de pictty ou maladie de l'estomac amenant une dépravation du goût qui pousse les bêtes à ingurgiter des produits ou des objets ne faisant pas partie de leur alimentation ordinaire.

Parmi les oiseaux domestiques, c'est chez les gallinacés seulement que se manifeste le picage.

L'isolement des sujets dont les plumes sont enlevées par les autres est souvent nécessaire pour les soustraire à des blessures mortelles.

Le remède préventif et le remède curatif sont les mêmes. Il faut donner aux oiseaux une nourriture quelque peu différente de celle qu'ils ont habituellement, et le plus de liberté possible, parce que c'est ainsi qu'on procure la nourriture la plus variée.

Cette proposition n'est pas en contradiction avec ce que nous avons dit plus haut, à savoir que le picage sévissait parfois dans des basses-cours de fermes. Il arrive en effet fréquemment, dans des exploitations agricoles, qu'à la fin de l'automne, la cour étant très humide, les poules restent constamment à l'abri sous une remise sans prendre d'exercice. Là, le picage sévit d'une façon aussi intense que dans un parquet.

Des choux, des salades ou des betteraves que l'on suspend au moyen d'une ficelle à 30 ou 40 centimètres du sol fournissent la nourriture végétale verte et aqueuse dont l'absence

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