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MALADIES PARASITAIRES

On a relaté à plusieurs reprises des empoisonnements par du nitrate de soude dont remploi est si commun comme engrais. Nous n'avons jamais été témoin de semblable accident et nous connaissons des exploitations où les poules viennent picorer contre les sacs d'engrais, nitrate de soude, superphosphate, Tîhlorure de potassium, et où il ne s'est jamais produit d'empoisonnement des volailles. Ces matières sont évidemment toxiques lorsqu'elles sont ingérées en grande quantité, mais les oiseaux ne les recherchent pas et il faut qu'il y ait une cause les obligeant à en avaler pour que l'empoisonnement se produise.

Maladies cryptogamiques.

La teigne ou favus.

Elle est due à un champignon de la même famille que le Trichophyton tonsurans qui est la cause de la teigne de l'homme. Elle se manifeste d'abord sur la crête et les oreiUons et fait tomber les plumes de la tète et du cou. On voit alors de petites taches blanches au point d'implantation du mycélium du champignon; elles s'étendent rapidement et finissent par se réunir. Le feutrage formé par le mycélium ressemble ensuite à un enduit épais de 5 à 6 millimètres. Si on enlève cette sorte de croûte, la peau apparaît excoriée.

La maladie se communiquant facilement d'un oiseau à un autre, il est indiqué d'isoler les sujets atteints. Le traitement consistera à détacher les croûtes et à badigeonner jusqu'à complète guérison les parties malades avec du perchlorure de fer liquide, étendu de deux à trois fois son poids de glycérine. Les pommades mercurielles donnent aussi de bons résultats, mais seulement lorsque la maladie ne s'est pas étendue à des parties emplumées et que leur application peut être limitée.

Maladies parasitaires.

Le nombre des parasites que l'on trouve à l'autopsie dans les différents organes des oiseaux et dont l'abondance parait avoir occasionné la mort est considérable.

Gh. VoriELLiER. — Aviculture. 24

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Les uns, comme le trichosome, provoquent une surcharge du jabot; d'autres, comme les ascarides, l'hétérakis et diverses sortes de ténias, sont la cause d'entérites d'où résultent une diarrhée persistante, l'épuisement, et quelquefois la mort. La présence de ces parasites est parfois décelée par des attaques épileptiformes, mais, le plus souvent, on ne ^connaît la cause du mal, qui revêt une forme épidémique, qu'à l'autopsie.

Le traitement le plus simple consiste à donner, en mélange avec les grains qui composent la ration, quelques graines de semen-contra.

Indépendamment de ces parasites du tube digestif, il en est d'autres qui sont la cause de troubles funestes dans la fonction respiratoire ou d'aflfections dermiques graves.

Le ver rouge {Syngamustrachealis),

Ce ver se rencontre chez les faisandeaux, les perdreaux et les poulets. 11 n'était connu autrefois qu'en Amérique et en Angleterre. 11 est venu fort probablement de ce dernier pays, avec des reproducteurs importés.

Les Syngames se développent en grande quantité dans la trachée des jeunes faisans et provoquent la maladie du bâillement (en anglais gape), dont la terminaison ordinaire est l'asphyxie. Us y sont fixés solidement et entremêlés de telle façon qu'ils résistent aux efforts d'expectoration que font les oiseaux. Le Syngame mâle n'a guère que de 2 à 6 millimètres de longueur, tandis que la femelle a de 5 à 20 millimètres suivant son degré de développement. Le mâle lui est intimement accolé sur le côté, au point qu'il ne paraît plus y avoir qu'un seul ver à deux têtes. C'est pour cette raison qu'on le désigne aussi sous le nom de ver fourchu. Le mot syngame signifie d'ailleurs mariés ensemble.

Les faisans contractent le ver rouge en ramassant ses œufs répandus à foison par d'autres animaux atteints sur les terrains où ils vivent. Dans l'humidité, les œufs se conservent longtemps et n'éclosent que lorsque la température atteint 150 à 180.

PARASITES DE LA PEAU. 423

On a indiqué de nombreux traitements, tels que l'enlèvement des vers avec une plume ébarbée ou avec des pinces, l'introduction dans la nourriture de substances médicamenteuses et d'odeur très forte, comme l'ail, la rue, l'asa fœtida, le gingembre, ou encore le salicylate de soude dans l'eau de boisson. Tous ces traitements n'ont qu'une efficacité très minime. Le seul que nous ayons vu réussir dans une proportion de 95 p. 100 et qU\)n peut considérer comme parfait consiste à soumettre les oiseaux atteints à des fumigations d'acide sulfureux ou d'acide phénique.

On se sert à cet effet de caisses hermétiquement closes, assez grandes pour qu'on puisse y mettre plusieurs faisans à la fois et munies d'un carreau par lequel on observe les effets des vapeurs sur les oiseaux. Lorsqu'un commencement d'asphyxie vient à se manifester, on les enlève immédiatement. Dans cette opération, la plupart desSyngames fixés sur toute la longueur de la trachée ont été tués. En général deux fumigations à trois semaines d'intervalle permettent d'amener des faisandeaux à un âge où ils arrivent à se débarrasser eux-mêmes des vers qui les incommodent par des expectorations fréquentes. 11 est rare que les adultes se laissent envahir au point d'être asphyxiés.

Parasites de la peau.

Ils appartiennent à des espèces différentes que l'on peut classer de la façon suivante :

!« Les puces (fig. 148), insectes appartenant à l'ordre des Diptères aphaniptères. 11 y en a de nombreuses variétés et presque autant qu'il y a d'espèces d'oiseaux sur lesquelles on les rencontre.

Elles provoquent des irritations de la peau et, en pjg ^^^ p^^e des poules. tourmentant sans cesse les oiseaux, les empêchent de se développer ou d'engraisser.

Les volailles qui ont à leur disposition des cendres de bois

Fig. 149. — Larve de la puce des poules.

ou de la poussière très fine parviennent facilement à s'en débarrasser en se saupoudrant elles-mêmes. 11 ne suffit pas de leur fournir ces matières; il faut encore chercher à atteindre les larves (fig. 149) qui vivent sur le sol des poulaillers et procéder à des désinfections (Voy. p. 430).

Nous pourrions en dire autant des punaises, de leui^s inconvénients et des moyens de les détruire.

2° Les poux ou ricins, insectes de Tordre des Hémiptères aptères, famille des Ricinidés. Il y en a plusieurs genres et de nombreuses espèces et variétés.

En général, ils vivent des débris épidermiques qu'ils détachent avec leurs mâchoires et ne se rencontrent en grande quantité que sur les oiseaux anémiés déjà par d'autres parasites, malades ou vieux. Ils sont souvent l'indice de la présence d'arthropodes appartenant à l'ordre des Acariens qui contribuent beaucoup à anémier les oiseaux et qu'on ne retrouve pas toujours à la surface de leur corps, ne se jetant en effet sur eux que lorsqu'ils sont au repos et se mettant à l'abri dans les anfractuosités des poulaillers.

Les poux proprement dits que l'on trouve sur nos différentes espèces d'oiseaux domestiques appartiennent aux genres Docophore, Goniode, Goniocote, Lipeurus (fig. 150), Ornithobie, Colpocéphale, Trinoton, Menopon. Les moyens que nous indiquerons pour détruire les acariens seront toujours suffisants pour débarrasser les volailles de ces hôtes importuns.

3^ Les acariens, dont certaines espèces vivent constamment à la surface et à l'intérieur des plumes {Sai'coptidés p/iimico/es), tandis que d'autres, se gorgeant du sang des volailles, se réfugient dans les pou-

Fig. 150. — Pou du pigeon {Lipeurus),

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PARASITES DE LA PEAU

laillers (Dermanysse des volailleSy Argas) ou bien sont la cause d'affections épidermiques comme la gale des pattes (Sarcopte changeant).

Les Sarcoptidés plumicoles ou Analgésinés ne font aucunement souffrir les oiseaux sur lesquels on les trouve. Us pénètrent à l'intérieur des grandes plumes de l'aile et de la queue par leur ombilic et s'y nourrissent de débris épidermiques.

Le Dermanysse des poulaillers (fig. 151), bien qu'appartenant à un groupe très voisin du précédent, est Tacarien le plus nuisible. Il se blottit pendant le jour dans les interstices des murs et des planches des poulaillers ou pigeonniers, ainsi que dans ceux que forment les perchoirs et les pondoirs. La nuit, il se jette sur les oiseaux, les pique et se gorge

de leur sang. Les piqûres répétées ne tardent pas à amener

Fig. 151. — Dermanysse des poulailiffl».

A, vu de dessus; B, femelle &jeuDv.vue de dessous ; C, patte (troisième da mâAe)^ D'après Berlese.

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l'anémie, surtout des jeunes élèves, et leur dépérissement. Les Dermanysses sont de la grosseur d'une tête d'épingle ; on les reconnaît facilement à leur couleur rosée ou rouge due au sang qu'ils ont absorbé. On les distingue des poux en ce qu'ils ont huit pattes, comme tous les arachnides, et non six comme les insectes. Ils sont très agiles, craignent la lumière et quittent facilement le corps de leure hôtes habituels.

En raison de leurs mœurs et de leur habitat, les dermanysses sont difficiles à détruire. On opérera, suivant le genre de poulaillers ou de pigeonniers, comme nous l'indiquons au chapitre Désinfections.

L'Argas des pigeonniers, qui appartient aussi au groupe des Acariens, mais à la famille des Ixodidés, est un peu moins fréquent que le Dermanysse, mais est aussi dangereux pour les pigeons (iig, 152).

Les Argas se fixent, eux et leurs /! /■HPifAi larves, sur le corps des pigeons à la f iî^- J^^ ■ façon de l'ixode ricin sur le chien. Une fois repus, ils peuvent vivre longtemps sans manger. M. Railliel rapporte qu'il a pu en conserver de très maigres pendant quatorze mois dans un flacon. C'est là une preuve de vitalité, commune à beaucoup de par asites, qui peut servir à expliquer les invasions de poulaillers et de pigeonniers dont on ne voit pas la cause. Le Sarcopte changeant {Sarcoptes miitans) {Çig. 153) vit habituellement et presque exclusivement sous les écailles des pattes. L'irritation qu'il y produit détermine ce qu'on appelle la gale des pattes.

Les écailles sont tout d'abord soulevées, puis entourées et recouvertes d'une matière d'un blanc jaunâtre constituée par des couches épidermiques accumulées. La forme des pattes s'en trouve complètement transformée et il en résulte souvent une gêne dans les mouvements des doigts.

La gale ne paraît pas incommoder beaucoup les oiseaux, tout au moins au début, mais elle les anémie et nuit à leur

Fig. 152. — Argas des pigeonniers.

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PARASITES DE LA PEAU

vente, tant pour la consommation que comme reproducteurs. Elle contribue en particulier à gêner les mâles dans l'accomplissement de leurs fonctions reproductrices en rendant moins souples tous les mouvements des pattes. Elle atteint toutes les espèces d'oiseaux B

domestiques, à l'exception des palmipèdes.

Fig. 153. — Sarcopte changeant.

A, mâle; B, femelle ovigère (d'après Pierre Mégnin).

Le traitement est simple et consiste à faire tomber la matière qui recouvre les écailles en frottant avec une brosse dure imbibée de pétrole. On enduit ensuite de pommade soufrée contenant de 30 à 50 p. 100 de soufre sublimé ou fleur de soufre. Au bout de quelques jours on recommence le nettoyage avec la brosse imbibée de pétrole et on enduit à nouveau de pommade soufrée. Il est rare qu'on soit obligé de faire un troisième traitement. Le brossage doit être fait assez énergiquement, dût-on faire tomber une ou deux écailles et faire poindre quelques gouttelettes de sang.

11 arrive très exceptionnellement que le Sarcopte changeant se développe sur des points du corps autres que les pattes, la crête, les joues, le cou notamment, et y forme des croûtes peu épaisses, 11 suffit, dans ce cas, d'enduire les endroits atteints de pommade soufrée.

Parmi les Acariens, il en est encore un, le Trombidion soyeux,

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plus connu sous le nom d'aoûtat, qui est quelquefois à craindre pour les jeunes poussins ou les canetons. Il est très

commun en été dans les vignes, les plantations de haricots et les prairies. Sa larve, appelée rouget (ûg. 154), se jette sur rtiomme et sur les animaux et s'y fixe pour vivre en parasite. Elle occasionne chez tous une vive démangeaison. Pour tous, ainsi que pour nos oiseaux domestiques adultes, le carac- Fig. 154. -- Rouget, larve du 1ère passager de cet inconvé- Trombidion soyeux. ^^^^^^ ^^ p^^t f^^^ classer

Faoûtat comme fort nuisible, mais il n'en est pas de même pour les poussins et les canetons âgés de quelques jours. 11 y a lieu, en conséquence, d'éloigner ceux-ci des plantations mentionnées.

Épithélioma ou variole.

C'est une maladie de la peau due à un sporozoaire du groupe des Grégarines et qui se loge dans les cellules épithéliales. On l'observe surtout chez les pigeons et les dindons.

Les épithéliomas ou tumeurs de l'épithélium se développent de préférence dans les régions dépourvues de plumes : à la base du bec, près de l'oreille, aux paupières, plus rarement sous les ailes, au ventre et près du croupion. Cette sorte d'éruption est facile à combattre par des badigeonnages de glycérine crésylée à 5 p. 100 pour les parties avoisinant les yeux ou par des bains de Barèges pour le reste du corps.

Moyens de débarrasser les oiseaux de la vermine.

Pour débarrasser les oiseaux des insectes, des poux ou des acariens que nous venons d'étudier, on peut mettre en œuvre différents procédés. On a recommandé les insufflations de poudre de pyrèthre fraîche, mais il est assez difficile d'en

DÉSII^FECTIONS. 429

mettre sur toutes les parties du corps et les oîsetux k font tomber rapidement.

On en obtient de moins bons résultats que du simple badigeon nage, avec une brosse imbibée de pétrole, de la face interne des plumes qu'on relève avec l'autre main. Dans cette opération il faut éviter de toucher la peau, mais avec un feu d'habitude le résultat est meilleur parce que l'odeur persistante du pétrole éloigne tous les poux.

Ce sont là deux procédés courants, mais qui ne sont pas parfaits. Lorsqu'on pratique une désinfection générale de poulaillers où la vermine est abondante ou bien lorsqu'on met des volailles dans des épinetles pour l'engraissement, il y a lieu de n'introduire avec les animaux aucun parasite.

On construit à cet effet des machines dites épouilleuses qui consistent en une série de loges en communication avec une caisse où l'on produit des vapeurs sulfureuses ou des vapeurs de formol, acide phénique, etc. Dans chaque loge, qui est très étroite, on ne place qu'une bête et on lui maintient la tête au dehors par une disposition particulière. Tous les hôtes qui l'importunent sont immédiatement tués et quelques-uns seulement s'échappent par l'ouverture dans laquelle est engagé le cou. Là il est facile de les détruire tous avec quelques gouttes de pétrole.

A ce procédé on préfère quelquefois substituer le suivant, qui donne d'aussi bons résultats et qui a l'avantage d'être plus rapide. On trempe simplement pendant une minute les animaux dans un bain de Barèges tiède fait avec 30 grammes de pentasulfure de potassium par litre. En tenant les oiseaux par les pattes et par la tête, on arrive à les retourner de telle façon que toutes les plumes, même celles qui sont le pllts près des yeux et du bec, soient humectées. Il faut avoir soi» de ne pas exposer immédiatement les animaux au froid et de les laisser se sécher dans un local muni d'une litière abondante, de paille, de menue paille, de copeaux ou de sciure de bois sèebe.

Désinfections,

Les découvertes microbiologiques de ces vingt dernières années ont donné au mot désinfection un sens nouveau ou

plutôt une signification plus étendue qu'auparavant. Tandis qu'il voulait dire « supprimer TinfecÛon », c'est-à-dire la puanteur, la corruption produite par des miasmes délétères, il donne aujourd'hui l'idée de destruction de microbes ou de cryptogames, de germes en un mot que l'on ne voit pas sans le secours du microscope, mais que l'on sait ne pas se transpoi'ter par leurs propres moyens d'un endroit à un autre. On admet cependant qu'ils peuvent être entraînés par des mouvements de l'air et y être maintenus en suspension, mais on considère que cela n'est possible que dans une atmosphère confinée. Le transport d'une maladie contagieuse par l'air seul entre deux points séparés par une masse d'air non confiné est, pour tous les microbiologistes, absolument exceptionnel. La désinfection parfaite, nous serions presque tenté de dire la siérilisation de locaux logeant des animaux quelconques, peut être obtenue. Elle comporte que tout germe soit éliminé de l'air qu'ils renferment et elle n'est efficace qu'autant qu'on fait disparaître toutes les causes de contagion.

L'isolement des animaux suspects est donc nécessaire. La réintroduction des animaux contaminés, c'est-à-dire souillés extérieurement par des matières ayant pu provenir de malades, ne doit donc se faire qu'après leur désinfection. En un mot, il faut toujours traiter les locaux et les animaux.

Les conditions dans lesquelles la désinfection doit être pratiquée méritent d'être étudiées avec soin (1). Nous tiendrons compte surtout du prix de revient et des difficultés matérielles que présente l'opémtion.

Les locaux à désinfecter, poulaillers et pigeonniers, sont construits si différemment que nous envisagerons à ce propos les constructions: i° en maçonnerie; 2° en bois et en fer, non démontables; 3° en bois et en fer, mais démontables.

i° Constructions en maçonnerie.

Les matériaux n'y sont généralement recouverts d'aucun enduit et sont simplement assemblés avec du mortier de

(1) Voy. Gagny et Gobert, Dictionnaire vétérinaire, Paris, 1902, t. I, art. Désinfections, p. 364-365.

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DÉSINFECTIONS. 431

chaux, de la terre, du plâtre et plus rarement du ciment. Ils présentent eux-mêmes des anfractuosités nombreuses. S'il y a été fait un badigeon nage à la chaux, celui-ci s'est désagrégé, et la situation est la même que s'il n'y en avait pas eu précédemment. Au plafond existent des poutres apparentes, mal équarries et souvent Qssurées. Le sol est en terre battue.

Là, il est nécessaire de procéder au nettoyage des matériaux avec Fantiseptique le meilleur et le plus énergique qui est évidemment l'acide sulfurique étendu d'eau à raison de 1000 grammes pour 10 grammes d'acide sulfurique.

Gomme ce mélange est fort corrosif, l'opérateur doit éviter d'être atteint, même par de fines gouttelettes. On doit renoncer à l'employer pour le plafond qui sera seulement lavé avec de l'eau additionnée de crésyl, de formol ou de lysol, à raison de 10 grammes pour 1000.

Pour l'emploi du mélange d'eau et d'acide sulfurique sur les murs, on peut se servir d'une brosse à badigeon ; le sol sera traité en le jetant avec une écuelle en bois, en verre, en poterie ou en porcelaine. 11 y a lieu de se rappeler toujours à ce propos que l'acide sulfurique étendu attaque le zinc, le cuivre et le fer, et que, pour former le mélange en évitant toute projection de liquide au visage, il faut verser l'eau dans l'acide sulfurique, et non le contraire.

Une fois sec, le local ainsi nettoyé est hermétiquement fermé. On y vaporise alors du formol (formaldéhyde à 40 p. 100) en plaçant ce produit dans un récipient au-dessus d'une lampe à pétrole ou à alcool. La quantité à vaporiser est 1 litre pour 100 mètres cubes.

L'emploi de l'acide sulfurique est tout au moins nécessaire pour la désinfection du sol. On serait obligé d'employer de très grandes quantités d'eau contenant un des antiseptiques cités précédemment, pour obtenir un résultat équivalent. Ce remplacement est indiqué lorsque les murs sont recouverts d'un enduit de plâtre, de ciment ou de peinture à l'huile^

Le badigeonnage à la chaux des murs et du plafond, quelquefois recommandé, ne constitue pas une désinfection parfaite. On peut cependant y avoir recours de temps à autre - pour entraver la formation de moisissures ou de nids d'in-

sectes qui -soat les meiUeurs agents de la propagation des germes âe maladies*

Si Ton n'« comme objectif que la destruction des parasites, on l'obtiendra en faisant simplement brûler du soufre dans un rase en fonte après avoir hermétiquement fermé toutes les ouvertures. On a recours pour cela au soufre sublimé qui, une fois allumé, se consume mieux que le soufre sous toute autre forme. 11 faut en employer 2 kilogrammes pour un local de 100 mètres cubes, et^ dans ce cas, répartir autant que possible cette quantité dans plusieurs récipients. 11 faut enfin «""ouvrir les portes et fenêtres qu'au bout de 12 heures environ pour que le gaz sulfureux ait eu le temps de se répandre dans toutes les fissures et de produire son effet.

Le sulfure de carbone, recommandé souvent à ce propos, peut être supérieur comme insecticide, mais il a, au point de vue pratique, de nombreux inconvénients.

Sa vaporisation, qui doit se faire sans le chauffer, est lente ; les vapeurs peuvent donner lieu à une explosion au contact d'une flamme ou simplement de la cigarette d'un fumeur ; enfin elles influent défavorablement sur l'ardeur génésique des animaux. Ces raisons sont évidemment suffisantes pour faire renoncer à son emploi ; le prix de revient de l'opération serait d'ailleurs plus élevé qu'avec le gaz sulfureux.

2« ConstruoUoBs en bois et en ter, non démontables.

Lorsqu'elles affectent la forme de hangars fermés et qu'elles sont fixées à demeuré au sol, ce sont celles qu'il est le plus difQcile de désinfecter. Les vapeurs antiseptiques ou insecticides que l'on peut y produire s'échappent par les plus grands interstices des planches, et n'arrivent jamais à être assez intenses pour pénétrer dans les moindres fissures où se réfugieat les parasites et où se trouvent des germes de maladies contagieuses.

Dans des locaux de ce genre, le badigeonnage n'est pas un moyen assez énergique pour faire pénétrer les substances insecticides et antiseptiques. 11 faut avoir recours aux offices de la lance d'une pompe ou tout au moins de celle d'un pulvé-

DÉSINFECTIONS. 433

risateur. A la place de l'acide sulfurique, on peut employer le sulfate de fer, en solution à 10 p. 1000, mais on lui préférera cependant les solutions au même titre de formol, de crésyl ou de lysol projetées ou pulvérisées en grande abondance.

Contre les parasites, le mélange d'eau et de pétrole à 5 p. 100 donne dans ces conditions les meilleurs résultats. Ce mélange s'obtient facilement en versant par petites portions à la fois le pétrole dans une décoction d'écorce de JPanama. 40 grammes de ce produit contiennent assez de saponine pour émulsionner d'une façon stable 200 grammes de pétrole. Si les poulaillers ou pigeonniers sont de dimensions restreintes, l'eau bouillante peut tenir lieu d'antiseptique et de parasiticide, mais il faut pour cela qu'elle soit jetée réellement bouillante y ce qui n'est pas toujours facile à réaliser.

Z^ Constructions en bois et en fer, démontables.

Les poulaillers et pigeonniers qui rentrent dans cette catégorie sont les plus faciles à désinfecter. On ne saurait trop en recommander l'emploi. 11 suffit en effet de badigeonner les différentes parties avec un des produits précédemment cités, et on a toujours la facilité de les peindre à nouveau, ce qui permet de boucheries moindres interstices.

Quel que soit le genre des constructions, il faut chercher à éviter l'envahissement par les insectes. Il est facile d'agir préventivement en couvrant les parois d'un enduit de plâtre ou de peinture. Toutes les parties en bois peuvent être efficacement protégées par une couche de carbonyle, 11 faut cependant éviter d'en mettre dans les points susceptibles d'être touchés par les animaux, car ce produit, quj ne sèche qu'au bout d'un temps assez long, provoque une légère irritation de la peau et souille quelque peu le plumage des oiseaux.

Gh. Voitellibr. — Aviculture. 25

Aviculture à la ferme.

L'aviculture, considérée comme une branche de l'exploitation agricole, a, par la valeur de ses produits, une importance beaucoup plus considérable que celle qui se pratique loin de toute culture.

On a toujours considéré que les oiseaux de basse-cour étaient indispensables dans la mise en valeur d'un domaine quelconque par la culture. Ce n'est qu'exceptionnellement, et plutôt par désir d'établir d'une façon plus nette les principes qu'ils suivaient, que quelques partisans de la culture industrielle spécialisée ont déclaré qu'il n'y avait pas place pour des oiseaux domestiques sur le domaine exploité par eux, et que leurs occupations ne leur permettaient pas d'en tirer profit.

Certes, il vaut mieux ne faire qu'une chose et la bien faire que d'en faire plusieurs et les faire mal ; mais le talent pour un directeur d'usine n'a jamais consisté à ne savoir faire que de la comptabilité et à laisser aux soins de ses contremaîtres la direction des machines et des ouvriers. L'agriculteur doit savoir diriger tous les rouages de son exploitation et ne négliger aucun de ceux qui peuvent en accroître le bénéfice.

L'impossibilité de se faire aider, de trouver une maind'œuvre consciencieuse n'est et n'a jamais été une objection sérieuse permettant d'abandonner délibérément une branche quelconque de l'exploitation agricole. Tel maître, tel valet! disait-on autrefois. Le proverbe est toujours vrai. N'est bon charretier que celui qui sait mener, au besoin, des chevaux difficiles et les plier à ses exigences en usant de prévoyance, de patience, de douceur et de fermeté. N'est également bon patron que celui qui, sachant toujours ce qui doit être fait, peut prévoir et faire exécuter quand même, lorsque la maind'œuvre capable ou intelligente lui fait défaut.

La plupart des fermières à qui est dévolue la direction de la

AVICULTURE A LA FERME. 435

basse-cour manquent souvent de connaissances pratiques en aviculture (1). Si, pour beaucoup de cultivateurs, la basse-cour reste improductive, cela tient à ce qu'ils sont absolument incapables de la diriger, voire même d'en contrôler la direction.

On considère, trop souvent, hélas I que toutes les espèces ont place' dans la basse-cour, qu'elles y doivent vivre ensemble et se nourrir de la même façon ; on n'attache que peu d'importance au choix des races, aux aptitudes individuelles ; on obtient des poulets et des œufs de toutes grosseurs et de qualités très diverses et sans souci des époques les plus favorables pour la vente. On puise parfois, d'ailleurs, sans compter, au grenier à grains, et on laisse les volailles élire domicile où bon leur semble, au détriment de la propreté des locaux réservés aux instruments et aux bestiaux.

Partout où il y a production de grains, et là où existent des prairies naturelles, les volailles utilisent des produits qui seraient perdus ou des déchets dont elles augmentent la valeur.

Le meilleur moyen de tirer un bénéfice de l'exploitation de la basse-cour est assurément d'en spécialiser la production et d'observer à ce propos certains principes d'ordre économique,, analogues à ceux d'où résultent des systèmes différents de culture sur les diverses parties du territoire.

On peut, en effet, par des procédés artificiels, implanter la plupart des productions agricoles dans une région quelconque. On peut cultiver la betterave à sucre dans des pays où elle est ignorée ; on peut établir des pâturages sur des terres médiocres et sous un climat froid et sec ; on peut obtenir des légumes là où on cultive les céréales ; mais, néanmoins, le prix de location de la terre, la facilité des communications ou le climat exigent et font que, d'une façon générale, la production des betteraves à sucre et de distillerie est réservée aux terres avoisinant les usines, que celle du beurre et du lait concentré est plutôt localisée dans les fermes éloignées des grands centres, que la fourniture du lait pour la consommation ainsi que celle des légumes appartiennent presque exclusivement

(1) Voy. Mme Bussard, le Livre de la fermière (Encyclopéiie agricole).

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aux fermes établies près des grandes villes, enfin que Télevage des animaux de l'espèce bovine n'est prospère que si les pâturages ont une végétation active dès la fin de l'hiver, ne dessèchent pas en été et donnent une nourriture abondante pendant une grande partie de l'année.

Les différentes productions avicoles sont aussi sous la dépendance de causes qui, pour n'être que rarement observées, n'en existent pas moins.

Dans les exploitations agricoles situées dans les faubourgs des villes ou le voisinage de celles-ci, la plus-value que donne aux œufs leur fraîcheur absolue, la facilité de la vente au détail et au fur et à mesure de la production, l'exiguïté relative du parcours accordé aux volailles, font que la production des œufs y est plus avantageuse que l'élevage des poulets ou de toute autre volaille.

Là, plus que partout ailleurs, tout ce qui favorise la ponte en hiver doit être réalisé (Voy. page 364).

La production exclusive des œufs est encore bien à sa place dans les fermes importantes où la culture des céréales est intensive et tient le premier rang, où les déchets sont abondants, où, pendant une grande partie de l'année, les terres, toutes emblavées, touchent aux bâtiments de la ferme, où les prairies permanentes n'existent pas, où la cour, quoique vaste^ ne constitue pas un terrain propice pour l'élevage et n'offre ni l'abri contre le vent et le soleil, ni la nourriture variée qu'e celui-ci réclame.

Suivant l'éloignement des villes et suivant la facilité des communications, on y visera la productioa des œufs en hiver, ou on se contentera de celle qui se fait naturellemeat au printemps et en été. La conservatioin des œufs pourra y être envisagée.

L'élevage des poulets est, au contraire, indiqiué là où, la production des céréales étant importante^ il y a néanmoins un verger, des prairies avec des arbres, des haies^ permettant d'abriter les poussins du vent et du soleil,, et leur offrant un parcours étendu dès qu'ils peuvent se passer de leurs mères ou de i'éleveuse artificielle. Les terrains secs lui conviennenl mieux que les sols imperméables^

AVICULTURE A LA FERME. 437

Sur ces derniers, les élevages de printemps réussissent moins bien à cause de l'humidité. Si les prairies y ont une étendue suffisante, l'élevage des oies est préférable. S'il y existe, à proximité des bâtiments, un ruisseau, une mare ou un étang qui ne soit pas mis à sec en été, l'élevage des canards peut y faire l'objet d'une spécialité.

L'élevage des dindons convient particulièrement aux pays de culture extensive, où la surface du territoire non cultivée est importante, où les friches, les boqueteaux, les buissons et les haies permettent de les mener en bandes avant la récolte des céréales. 11 en est de même de l'élevage des pigeons de moyen et de petit format aux mœurs vagabondes. Partout ailleurs, celui des gros pigeons est à préférer.

11 arrive très souvent que les conditions favorables à deux productions différentes, celles des poulets et des canards, par exemple, se trouvent réunies. Elles ne seront réellement avantageuses qu'autant qu'elles seront séparées, que les deux espèces pourront recevoir une nourriture différente et appropriée, ainsi que les soins particuliers que chacune d'elles réclame.

L'entretien en commun de deux espèces qui n'ont pas les mêmes besoins provoque nécessairement le gaspillage.

Pour la production exclusive des œufs, il est assurément préférable d'acheter des volailles de race et d'âge convenant le mieux, se trouvant dans les conditions voulues, et de ne pratiquer aucun élevage. Cela est surtout vrai pour la production d'hiver, pour laquelle il faut des poulettes du même âge, mais il est si difficile d'acheter ce que l'on veut au moment voulu que l'on est le plus souvent obligé d'en faire l'élevage.

Le commerce des poussins âgés de quelques jours, qui existe en quelques endroits et qui constitue ainsi une spécialité, n'est pas non plus assez régulier, assez établi pour que Ton puisse, le plus souvent, ne faire que de l'élevage.

En réalité, toutes les productions avicoles comportent, quoiqu'on veuille les spécialiser, l'entretien d'un certain nombre d'oiseaux reproducteurs ; mais elles seront d'autant plus rémunératrices qu'on s'écartera moins des principes énoncés précédemment.

AVICULTURE COMPARÉE.

On accordera par exemple aux reproducteurs la liberté la plus grande, tant que les poussins des premières couvées n'auront que deux ou trois semaines ; mais, à partir de ce moment, on leur donnera un enclos suffisamment vaste, une cour et un poulailler particuliers, pour que les poulets soient, d'autre part, seuls à jouir de la grande liberté et des avantages qu'elle comporte.

Cette séparation est toujours facile à réaliser, car Tinstal-

Fig. 155. — Poulailler entouré de panneaux grillagés.

lation de panneaux de grillages montés sur cadres en bois (fig. 155) n'est pas coûteuse, se prête à n'importe quelle configuration et peut être modifiée selon les besoins à tout moment.

Le choix d'une race appropriée à la production que l'on vise est particulièrement difficile et réclame une connaissance exacte du milieu où elle est appelée à se multiplier et des qualités de toutes les races.

Parmi les races de poules dont l'aptitude à la ponte est très développée, il y en a qui, comme nous l'avons vu, aiment à vagabonder, sont agiles et trouvent sans peine leur nourriture dans la campagne, tandis que d'autres, à la conformation massive, restent plus volontiers toujours près de leur poulailler. Les premières conviennent à la culture extensive et les secondes à la culture intensive.

D'une façon générale, il convient d'adopter une race d'un format en rapport avec la fertilité du sol et principalement avec sa richesse en calcaire et en acide phosphorique. La rus-

l'aviculture en dehors de la ferme. 430

ticité est cependant la qualité qu'il faut rechercher avant toutes les autres. Sous un climat brumeux et sur les terrains humides, le choix se trouve, en conséquence, très limité.

L'aviculture en dehors de toute exploitation agricole.

Malgré l'importance tout à fait supérieure de l'aviculture considérée comme partie intégrante de toute exploitation agricole, celle de l'aviculture pratiquée isolément n'est pas négligeable.

Dans toutes les propriétés où il existe un jardin, si petit soit-il, à l'intérieur des villes ou en campagne, il y a le plus souvent une petite portion de terrain réservée aux volailles.

La production exclusive des œufs pour la consommation personnelle y est généralement le but poursuivi. On y pratique parfois l'élevage des pigeons, mais celui des poulets et, à plus forte raison, celui des canards, des oies ou des dindons ne pourraient y donner, en raison du faible espace dont on dispose, que de médiocres résultats.

Dans le choix d'une race bien appropriée à cette production, peu de considérations entrent en ligne de compte. Si la beauté est quelquefois envisagée, on cherche avant tout des poules produisant des œufs à un moment où il est difficile de s'en procurer.

Toutes les races dont l'aptitude à la ponte est bien développée peuvent être adoptées. Cependant, celles qui donnent des œufs d'une grosseur au-dessous de la moyenne doivent être éliminées, car, pour assurer la production des œufs en hiver, il faut avoir recours à des poulettes. Or la grosseur des œufs de poulettes est souvent beaucoup moindre que celle des œufs de poules ; on risquerait alors de n'obtenir que des œufs réellement trop petits.

Pour atteindre le but qu'on se propose, il est donc indiqué de peupler à nouveau une telle basse-cour, tous les ans, en achetant des poulettes de races reconnues les meilleures à ce point de vue. Il ne faut pas trop compter à l'avance sur leur précocité, et il est préférable de les prendre âgées déjà de cinq ou six mois, au mois de septembre.

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440 AVICULTURE COMPARÉE.

Les acheter plus tôt et moins âgées ne contribuerait qu'à entraver leur croissance. Si rationnelle que fût leur alimentation, le manque d'espace contribuerait à les anémier. Plus tard, le changement de régime serait trop rapproché de l'époque où on désire qu'elles commencent à pondre. 11 est nécessaire, d'ailleurs, de les nourrir deux mois au moins à l'avance d'une façon très substantielle et surtout de faire prédominer les matières azotées dans leur ration journalière.

L'emplacement qui leur est réservé, et qui comprend un poulailler et un enclos de faibles dimensions ou parquet, est souvent aménagé en forme de volière pour les empêcher de s'ichapper, de se perdre chez les voisins ou de dévaster les plates-bandes du jardin.

Cette volière a des formes très variables et est plus ou moins luxueuse et spacieuse suivant le cadre où elle est placée. Pour que les poules y aient le confortable qui les amène à pondre pendant l'hiver, il faut que le sol n'en soit jamais très humide, que l'air n'en soit pas confiné, que le soleil y ait accès et qu'elle soit abritée contre les vents froids.

Le local où les volailles sont enfermées pendant la nuit doit avoir, encore plus que les poulaillers des fermes, une température moyenne, n'excédant jamais IS* C, car, n'ayant que peu d'espace pour prendre leurs ébats lorsqu'elles en sortent le matin, les refroidissements sont encore plus à craindre.

11 est préférable de placer à l'intérieur du parquet un petit tas de fumier que l'on renouvelle de temps à autre pour qu'il soit constamment chaud, plutôt que de chauffer le poulailler ou de maintenir les volailles dans un local complètement clos et à température élevée.

La construction de ces poulaillers en forme de volière comporte, en outre, l'emploi de grillage à mailles fines, de 25 millimètres au plus, empêchant les pierrots de s'y introduire, car leur consommation, dans la plupart des endroits où ces poulaillers se trouvent installés, est très importante comparativement à celle des volailles.

11 faut aussi éviter, sous prétexte de protection contre le froid, l'humidité et le vent, de placer le parquet dans une demi-obscurité.

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Si, ne pouvant satisfaire à toutes les conditions sans

exception qui favorisent la ponte en hiver, on ne cherche qu'à obtenir des œufs toujours très frais pendant les saisons plus clémentes, on peut adopter des poulaillers en forme de volières

442 AVICULTURE COMPARÉE.

d'une construction un peu plus légère et moins coûteuse. Une très grande facilité de démontage est, dans ce cas, non seulement particulièrement avantageuse dans des propriétés en location, mais elle permet encore un nettoyage et une désinfection faciles, qui laissent d'autant plus à désirer avec les constructions fixes que les personnes chargées de les faire ne sont pas initiées aux pratiques de l'aviculture.

Aviculture industrielle.

Toutes les productions avicoles, soit spécialisées, soit combinées, peuvent donner lieu à de véritables industries indépendantes de toute autre exploitation.

La production des œufs, l'élevage, l'engraissement, l'incubation, sont souvent devenus des industries lucratives.

Elles exigent une connaissance approfondie des procédés de l'aviculture, ainsi que du commerce qui s'y rattache.

Elles ne doivent être établies ou développées que proportionnellement à l'importance des débouchés et sur des terrains ne grevant pas l'installation de frais hors de proportion avec le bénéfice possible.

On ne saurait oublier que la production des œufs et que celle des volailles pour la consommation résultent en majeure partie de ce que les oiseaux domestiques utilisent dans les exploitations agricoles une grande quantité de déchets ou de produits qui ne coûtent rien, et qu'ils n'emploient qu'un terrain non susceptible de recevoir une autre destination.

Si la production au plus bas prix possible doit être l'objectif, elle doit être organisée aussi de façon à n'avoir pas à subir la coalition et les exigences des intermédiaires.

L'écoulement sur les marchés abondamment pourvus est souvent funeste à l'industriel qui se spécialise, car, par la régularité de ses envois, il contribue rapidement à l'encombrement, à la pléthore, et les cours avec lesquels il lui avait paru, au préalable, possible de réaliser un joli bénéfice baissent alors à un point tel qu'il se trouve constamment en perte.

L'organisation de la vente ainsi que le développement de la consommation rentrent dans ses attributions. Toutes les fois

AVICULTURE SPÉCIALE. 443

qu'il délaisse le côté commercial et qu'il veut se contenter des débouchés et des moyens de vente le plus généralement employés, il porte préjudice aux productions non spécialisées qui se défendent généralement si mal contre les intermédiaires ; mais il est écrasé par leur nombre et doit abandonner la lutte.

La possibilité de réaliser de très beaux bénéfices par l'aviculture pratiquée industriellement est tellement évidente qu'elle séduit beaucoup de personnes. Cela est d'autant plus facile qu'il n'y a pas besoin de capitaux importants et que les connaissances techniques s'acquièrent rapidement.

11 manque malheureusement bien souvent, à. ces personnes à la recherche d'une industrie lucrative, le flair commercial, l'habileté, la persévérance, le tact, la modération, l'ardeur au travail, qui sont les qualités essentielles du bon commerçant et qui résultent moins d'un grand développement de l'intelligence que de la connaissance pratique des affaires.

Aviculture spéciale.

En dehors des industries qui ont pour spécialités la production des œufs, la production par l'incubation artificielle de poussins ou de canetons, vendus quelques jours après leur naissance, l'élevage des volailles de toutes espèces ou l'engraissement, il y a d'autres spécialités avicoles n'ayant pas autant le caractère industriel, mais qui n'en sont pas moins très importantes.

Ce sont notamment celles qui ont pour but la production d'oiseaux reproducteurs de premier choix, la production d'oiseaux de luxe et d'ornement, l'élevage et l'entraînement des pigeons voyageurs. Les deux premières sont souvent réunies.

L'obtention d'oiseaux reproducteurs de premier choix comporte l'installation de parcs et de poulaillers en grand nombre, permettant de se livrer à une sélection rigoureuse et de ne fair« se reproduire entre eux que des sujets susceptibles de donner de beaux produits. 11 est nécessaire de pouvoir pratiquer la reproduction en consanguinité, d'entretenir à cet effet un nombre de mâles relativement considérable, de placer

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AVICULTURE COMPARÉE.

les reproducteurs dans les meilleures conditions de bien-être, d'accorder à Télevage les soins les plus grands, enfin de satis-

faire une clientèle dont les besoins ne sont pas forcément très réguliers.

A côté de parquets où les reproducteurs sont isolés par lots de deux ou trois, il doit donc y en avoir d'autres réservés à

(1) Vue communiquée par MM. Thomas et Normand.

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AVICULTURE SPÉCIALE. 445

rélevage des jeunes, d'autres encore à l'entretien de sujets adultes destinés à remplacer par moments ceux qui sont mis en rapport avec les femelles, enfin d'autres encore où doivent être entretenus en bon état de santé les reproducteurs destinés à la vente.

Les éleveurs qui s'occupent spécialement de cette production doivent aussi nécessairement faire connaître la valeur des oiseaux qu'ils offrent à leur clientèle, et le meilleur moyen consiste pour eux à faire apprécier les qualités de leurs reproducteurs d'élite dans les expositions et dans les concours. La préparation toute particulière que cela nécessite, et les inconvénients de cette participation, qui est d'ailleurs souvent contraire aux conditions imposées pour réaliser un bon élevage, font que l'installation et les soins se trouvent doublés.

L'exiguïté de l'emplacement réservé aux reproducteurs et à l'élevage est souvent funeste à la prospérité de ces établissements, quelle que soit leur spécialité : production d'oiseaux reproducteurs appartenant aux espèces et aux races les plus utiles ou production de celles qui n'ont qu'un caractère ornemental.

Leur organisation générale doit être analogue à celle des établissements producteurs de graines pures et sélectionnées ; elle comporte l'observation exacte des lois de l'hérédité ainsi que la mise en pratique des procédés zootechniques et réclame aussi le concours d'exploitations agricoles pour la multiplication des variétés ou simplement des familles qui, par leurs qualités exceptionnelles, se signalent à l'attention des éleveurs. En tout cas, pour obvier aux inconvénients de l'agglomération, il est indiqué de répartir les parquets dans un endroit où le soleil n'ait pas une action funeste, où l'ombre soit cependant modérée, protégé du vent autant que possible et sur un terrain plutôt sec qu'humide. Ces conditions se trouvent parfaitement réalisées dans les vergers, et l'alliance de l'horticulture et de l'aviculture spéciale donne assurément les meilleurs résultats à ce point de vue.

Quant à la production des pigeons voyageurs, après ce que nous en avons déjà dit, il nous suffira d'ajouter qu'elle comporte une connaissance approfondie des conditions dans lesquelles l'entraînement doit être pratiqué.

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Afin d'éliminer quantité de sujets qu'il ne convient pas de conserver pour la reproduction, il est nécessaire de soumettre les jeunes, dès l'âge de six ou huit mois, à un entraînement

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graduel. En limitant les étapes à quelques kilomètres et toujours dans la même direction, on ne perdra tout d'abord que ceux qui ne montrent aucune aptitude. Ces premiers voyages peuvent se faire à raison de deux par semaine; les lâchers doivent autant que possible avoir lieu à la même heure, le malin, de 8 à 10 heures. Les pigeons doivent

AVICULTURE SPÉCIALE. 447

être à jeun et, par conséquent, avoir été mis en paniers la veille au soir.

Le nombre des voyages pendant la première et la deuxième année doit être assez limité, car ce n'est qu'à trois ans que le pigeon a toute sa vigueur et peut parcourir de très longs espaces avec rapidité.

D'ailleurs, les pigeons ne sont pas constamment pendant toute l'année en état de fournir une longue course.

Us ne doivent pas être en mue, ni avoir des œufs sur le point d'éclore, ni des petits âgés de quelques jours. Le moment le plus favorable est celui où les pigeons commencent à faire leur nid ; mais pour les femelles, cependant, il ne faut pas attendre qu'elles soient sur le point de pondre.

L'accouplement joue aussi un grand rôle dans l'entraînement, et il est rare que des sujets non accouplés réalisent de longs voyages avec rapidité.

La participation aux concours organisés par les sociétés colombophiles est aussi nécessaire pour juger de la valeur absolue des pigeons que l'on élève. Elle ne doit cependant pas dépasser une juste limite, car sa fréquence peut devenir préjudiciable à l'élevage. Pour remporter des succès dans les concours où les épreuves se font sur plus de 300 kilomètres, il faut engager beaucoup d'excellents pigeons et compter en perdre toujours une notable quantité par suite de circonstances défavorables. Les concours sur des distances moyennes et où l'on tient compte tout à la fois de la rapidité du vol et du nombre de pigeons rentrant à leur pigeonnier dans un temps donné contribuent assurément davantage à l'amélioration de l'élevage des pigeons voyageurs que les très grandes épreuves.

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Les prix des produits avicoles accusent de très grandes •différences suivant la façon dont ils sont présentés sur le marché ou au consommateur, ainsi que suivant leur qualité et l'époque de Tannée. Ces variations sont aussi importantes à connaître que les fluctuations qui se produisent dans les débouchés.

Préparation des œufs pour la vente.

Les œufs d'une fraîcheur absolue, c'est-à-dire pondus au plus •depuis quarante-huit heures, lorsqu'ils sont présentés au consommateur, se vendent toujours àun prix relativement élevé. Du mois d'octobre à la fin de janvier, ils ont même une valeur supérieure d'un tiers en moyenne à celle des œufs qui, étant cependant encore frais, sont pondus depuis quelques jours.

Toutes les fois que les œufs, pour arriver au consommateur, doivent passer dans les mains de nombreux intermédiaires, •commerçants en gros et en détail, la fraîcheur n'a plus autant d'influence sur leur prix de vente.

La grosseur est alors la qualité qui contribue le plus à augmenter leur valeur. Leur propreté, leur apparence de fraîcheur, le coloris de leur coquille influent aussi, mais dans de moindres proportions. On en jugera par le tableau suivant, où se trouvent relevés les prix obtenus pour certaines sortes d'œufs (1) aux Halles de Paris pendant toute une année :

(1) Prix publiés par l'Office de renseignements agricoles, d'après Jes cours officiels de la Préfecture de police.

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