GÉNÉRALITÉS
L'aviculture est rexploitation raison née des oiseaux domestiques, exactement comme l'agriculture est celle des champs, ck\ la viticulture celle de la a igné, l'apiculture celle des abeilles, etc.
L'ensemble des connaissances qui s'y rattachent et des principes sur lesquels elle repose constitue évidemment une science. On a proposé de lui donner le nom d'omithotechnie, mais la méthode expérimentale l'a jusqu'à présent si peu pénétrée et elle reste si purement descriptive que ce vocable ne mérite pas, en réalité, d'être employé.
L'aviculture est une branche de ce que l'on a fort justement appelé VanimalicuUure {{), réservant le terme de zootechnie kla science qui s'occupe de rechercher et d'établir les principes de la meilleure exploitation des animaux.
Les oiseaux qui vivent à l'état sauvage peuvent être exploités par l'homme comme le sont les forêts de certains pays, pour les utilités qu'il en retire, sans souci de leur conservation, de leur multiplication et de leur perfectionnement. 11 est évident que l'aviculteur et le zootechnicien ne peuvent s'occuper que des oiseaux ou des animaux domestiques.
L'étude des oiseaux sauvages, de leurs mœurs, de leurs migrations, de leur chasse même, fait partie du domaine de la zoologie ou plutôt de Vornithohgie qui n'en est qu'une partie importante.
(1) Rossignol et Dech ambre, Éléments cT hygiène et de zootechnie.
yGo\)gle
Ch. Voitellier. — Aviculture, C^Ar^
2 GÉNÉBAUTÉS.
L'aviculture comporte en réalité deux divisions bien distinctes : Vavicullure proprement dite ou pratique, qui ne s'occupe que des oiseaux domestiques, producteurs d'utilités : œufs, chair, plume, et Vavicullure sportive qui ne s'intéresse qu'aux oiseaux domestiques ou en voie de domestication, non pour les utilités qu'on peut en retirer, mais parce que leur originalité ou la divei'sité de leur parure contribue à l'ornementation de la propriété au même titre que les espèces florales vivant et se reproduisant en plein air, ou ne pouvant subsister qu'en serres chaudes.
Cette distinction, si facile qu'elle paraisse, n'en doit pas moins être faite parfois d'une façon arbitraire. Les oiseaux ofTrent une telle diversité de formes et modifient si aisément leurs mœurs que dans la même espèce il n'est pas rare de trouver des races domestiques fort peu différenciées des races sauvages.
Certains oiseaux s'accommodent fort bien de l'existence qui leur est faite dans nos basses-cours, au point même de s'y reproduire parfaitement. Us ne reprennent la vie sauvage qu'entraînés par leurs congénères et semblent alors n'avoir conservé aucune empreinte, aucun souvenir de leur état de domesticité. On en trouve de fréquents exemples parmi les palmipèdes et les colombins.
Entre l'état de domesticité et la domestication, il y a cependant une nuance. Cette dernière comporte en réalité une modification durable de l'organisme ou des mœurs et a pour critérium l'incapacité de se multiplier, d'assurer la perpétuité de l'espèce sans la protection de l'homme.
Cette considération fait parfois rattacher à l'aviculture pratique tout ce qui concerne certains gibiers, comme le faisan, parce qu'on est obligé d'entourer leur reproduction de soins minutieux et que l'on s'occupe même de les perfectionner par des croisements.
Comme on le verra au cours des études qui vont suivre, l'aviculture pratique et l'aviculture sportive ont de nombreux points de contact ; leurs procédés sont du reste les mêmes à peu de choses près, et si nous cherchons à en faire la distinction, c'est uniquement parce que leur confusion est nuisible.