‹ AvicultureChapitre 25 sur 165 · LES PLUMES · texte numérisé non relu

LES PLUMES

les aperçoit le plus souvent très nettement une quinzaine de jours après l'éclosion. Les plumes de la queue et de la huppe,

lorsque celle-ci constitue un apanage de la race, ne commen-

Fig. 10. — Plume du camail chez le coq.

Fig. 11. — Duvet.

cent à poindre que vers Tâge de six semaines ; elles ne sont complètement développées qu'entre deux mois et demi et quatre mois. A cet âgé, les plumes ont alors la couleur définitive propre à chaque individu; il n'y a plus de modifications que dans l'intensité de la pigmentation.

Le duvet du premier âge ne tombe qu'au fur et à mesure et un peu après que les plumes se sont formées. Les plumes ne sont pas, comme les poils des mammifères, susceptibles d'un développement continu. Elles ont, considérées dans une même région du corps, même forme et mêmes dimensions. Toute plume dont la longueur normale était atteinte et qui vient à être cassée ne peut plus l'acquérir à nouveau. Par contre, lorsqu'une plume est arrachée de son follicule, le

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bulbe formateur peut généralement en fournir une autre.

Un certain nombre de plumes tombent et sont remplacées naturellement chaque année. Ce renouvellement des plumes îç'appelle la mue ; il n'affecte pas toutes les parties du corps au même degré et se produit sous notre climat entre le mois de juin et le mois d'octobre. Il offre quelque diversité suivant les races, les sexes, les individus et même suivant leur alimentation et leur hygiène.

La première mue a généralement lieu Tannée qui suit celle de la naissance. Entre l'époqlie où le plumage d'adulte est formé et où cependant la croissance n'est pas terminée et l'époque de la première mue, il pousse un assez grand nombre de plumes qui semblent venir combler les vides résultant d'un nombre primitif devenu trop restreint pour l'augmentation de la surface cutanée.

Les pigeons, comme tous les columbidés, naissent complètement nus, mais le développement de vraies plumes commence aussitôt et se poursuit avec une rapidité telle qu'il est presque achevé à l'âge d'un mois.

Une glande, appelée glande uropygienne^ située dans la région du croupion, au-dessus de l'anus, sécrète une matière huileuse qui sert à lustrer les plumes et à les préserver de l'action de l'eau. Les oiseaux prennent cette matière avec leur bec et en enduisent leur plumage. Cette glande est lurtout développée et active chez les espèces aquatiques.

La ponte.

Ses modalités. — La ponte est le phénomène physiologique qui se trouve le plus modifié par la domestication.

Tandis que les oiseaux vivant à l'état sauvage pondent à plusieurs reprises dans le cours d'une année un nombre d'œufs presque toujours invariable pour une môme espèce, nos oiseaux domestiques, les pigeons exceptés, nous montrent de très grandes variations sur ce point.

Les périodes de ponte n'existent plus, l'émission des œufs est irrégulière et discontinue.

Les modifications survenues dans la ponte chez les oiseaux

Lk POiNTE. 25

en voie de domestication ou récemment domestiqués permettent seules de dire qu elles ont pour causes premières les modifications produites sur tous les organes par une alimentation toujours abondante. La production plus grande des œufs et la diminution ou même la suppression de l'instinct qui pousse les animaux sauvages à toujours couver tous les œufs qu'il ont pondus, ne sont que le corollaire de la vie plus facile à rétat domestique.

La confusion des périodes naturelles de ponte devient complète lorsque les oiseaux ont perdu Tinstinct de couver. Ceux que la domestication a amenés à ce point semblent évidemment les meilleurs à exploiter dans une entreprise qui est spécialisée à la production des œufs. 11 n'en est cependant pas toujours ainsi, pour des causes que nous examinerons ailleurs.

Eu égard à la lenteur des modifications produites par la domestication, il est à présumer que les siècles futurs pourront peut-être voir l'irrégularité dans la ponte bien diminuée, mais que la discontinuité subsistera toujours.

Il y a, même chez les oiseaux ayant perdu l'instinct de couver, un arrêt de la ponte qui se produit chaque année et qui dure plusieurs mois. Il coïncide sensiblement avec l'arrêt de la végétation.

L'activité de l'ovaire est, d'une façon générale, sous la dépendance de la température moyenne de l'air, et, lorsque celle-ci reste comprise entre 0<* C. et 25<* C, elle en suit presque complètement les fluctuations. Il en est surtout ainsi après l'arrêt annuel de la ponte. En dessous de ces limites, elle s'arrête presque aussitôt; en dessus, elle décroit notablement. Il n'y a de divergences réelles à cette règle qu'au moment de la mue.

Le nombre d'œufs est devenu, sous l'influence de la domestication, fort différent dans la même espèce, dans la même race et même entre individus de très proche parenté.

La grappe ovarienne n'est pas, en effet, comme l'ont

prétendu quelques auteurs, comparable à un sac renfermant

un nombre d'ovules Vixé à l'avance, fût-ce, suivant les

uns, pour chaque année, fût-ce, suivant les autres, pour

Ch. Voitellier. — Aviculture. r^^?Lr^T^

l'existence de l'individu, et susceptible de les émettre en un temps plus ou moins court.

Les ovules ne se forment qu'autant que Tétat physiologique général ne laisse rien à désirer, c'est-à-dire que tous les organes fonctionnent convenablement. A une nutrition intense, mais normale toutefois, des tissus, correspond le maximum d'activité del'ovaire. Une excitation locale résultant d'une application ou d'une ingestion de substances soit irritantes, soit abortives, peut produire l'émission de quelques ovules paraissant complètement formés, mais elle est toujours fort restreinte. Les principes constitutifs de l'ovule, à plus forte raison de l'œuf entier, viennent à manquer rapidement; l'excitation est toute passagère. Ils ne peuvent être élaborés que s'ils sont sans cesse réintroduits dans l'économie. Les limites assignées à l'activité de l'ovaire se confondent donc avec celles de l'appareil digestif.

De ce fait, il résulte qu'il est possible d'augmenter la ponte, puisque l'appareil digestif est un de ceux dont on a reconnu maintes fois la perfectibilité par une gymnastique fonctionnelle bien comprise. Pour n'avoir pas été, jusqu'à présent, voulue et méthodique, celle-ci n'en a pas moins existé d'une façon naturelle pour nos oiseaux domestiques. La plus grande activité de l'ovaire en a été la conséquence, et la transmission héréditaire de ce perfectionnement est devenue l'apanage de quelques groupes.

Le praticien se souviendra toujours fort à propos que, si la modilication dans le fonctionnement de l'appareil digestif est le résultat de l'hérédité, elle ne peut subsister si la cause qui l'a provoquée, l'alimentation rationnelle intensive, vient à manquer. 11 y a dans ce cas disproportion entre la demande des tissus et l'offre d'éléments réparateurs qui leur est faite. L'état physiologique général devient moins bon ; l'ovaire est un des premiers organes sur lesquels il se reflète.

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Appréciation zootecbnique.

Parmi les théoriciens de l'aviculture, et même dans le petit groupe d'entre eux qui se sont le plus occupés du côté économique, il en est peu qui n'aient attribué aux races et aux variétés une importance relativement trop grande, tant était petite la place faite par eux à rappréciation zoolechnique des individus.

Certes, lorsqu'on a recours aux races perfectionnées, il ^ a de grandes probabilités pour que l'on ait de bons animaux, mais il y a aussi de nombreuses exceptions et il est nécessaire de les distinguer : il n'est pas moins important de juger de la valeur des groupes par l'appréciation individuelle de leurs composants.

Nous devons reconnaître ici que les oiseaux de basse-cour sont cependant exploités le plus souvent par les cultivateurs sans considération de la race à laquelle ils appartiennent. On ne s'occupe d'ailleurs guère plus de rechercher la conformation qui, dans chaque cas particulier, procure le plus de produits utiles. Comme en bien d'autres circonstances, la théorie et la pratique n'ont que peu de points de contact.

L'éleveur qui raisonne, le zootechnicien en un mot, doit se faire un idéal de la conformation pour chacun des services ou pour chacune des utilités qu'il attend des animaux. Pour lui, il doit y avoir dans chaque cas une adaptation des organes ou des régions du corps, à laquelle correspondent des caractères extérieurs.

A la bonté de la machine animale correspond la beauté de ses organes, et dans l'appréciation zootechnique des individus la beauté devient ainsi synonyme de bonté.

Elle peut n'être que conventionnelle. C'est malheureusement trop souvent le cas en aviculture. Elle peut être basée sur l'harmonie des différentes parties du corps entre elles et

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constitue dans ce cas la beauté harmonique. Elle peut au contraire résulter de la spécialisation des aptitudes qui imprime généralement aux caractères extérieui's des modifications très nettes; c'est ce qu'on appelle la beauté (V adaptation.

Le but visé dans l'élevage ou l'exploitation des oiseaux de basse-cour étant très variable, ce qui constitue la beauté d'adaptation ne peut être régi par des règles très étroites. On le verra en examinant la spécialisation de chaque production ; on n'oubliera pas cependant qu'il y a des aptitudes mixtes souvent recherchées et que la beauté des sujets chez qui elles se rencontrent revêt en conséquence un aspect différent.

L'adaptation n'a pas du reste toujours un caractère économique. Le mâle est, par exemple, d'autant plus beau qu'il a tous les attributs de la masculinité. On peut en dire autant de la femelle et du neutre. Cette beauté d'adaptation, toute spéciale, est indépendante de la beauté d'adaptation au point de vue économique; elle contribue à l'augmenter ou à la diminuer, comme nous allons le voir.

Caractères sexuels,

A leur naissance, les oiseaux ne présentent aucune différence sexuelle. Ils ont une individualité, mais ils ne sont apparemment d'aucun sexe. Ce sont des poussins, des dindonneaux, des pintadeaux, des faisawUaux, des canHona, des oisoîTS. Il en est chez lesquels des différences se manifestent au fur et à mesure que les testicules et l'ovaire se développent: il y a (Hmorphisme sexuel; il en est d'autres, au contraire, chez lesquels le développement de ces organes s'accomplit sans qu'il y ait extérieurement aucune différence entre les deux sexes.

Chez ces derniers, une modification se produit qui caractérise l'état adulte, mais qui est la même pour le mâle aussi bien que pour la femelle.

Le plumage, le coloris sont les mêmes dans les deux sexes, et, entre individus d'une parenté rapprochée, la taille, le poids sont identiques.

Cela s'observe surtout chez les pigeons et, à des degrés

moindres, chez les pintades et quelques races d'oies et de poules. Cette ressemblance des deux sexes a généralement pour corollaire une diminution des facultés reproductrices, et est, conséquemment, en opposition avec la beauté d'adaptation des animaux spécialement producteurs d'œufs.

Le dimorphisme sexuel se manifeste à des degrés différents. U affecte quelquefois la taille et le poids; d'autres fois, le plumage ou même seulement le coloris.

Il s'exagère souvent, les mâles ayant des formes particur lières et même des attributs, comme l'éperon, dont les femelles sont dépourvues. L'éperon est, en général, la caractéristique d'une masculinité accentuée. Loi^squ'il existe chez les femelles, il contribue à diminuer leur beauté sexuelle et est l'indice d'une aptitude à la ponte restreinte.

En général, les différences sexuelles qui portent sur la taille doivent être recherchées dans une entreprise dont le but est la production de la chair sans restriction au point de vue de sa qualité. Elles sont, en effet, l'expression d'une vie végétative plus intense ; elles ont pour corollaire la précocité et la rusticité. Elles peuvent, au contraire, être faibles ou- même nulles, si toutefois il en existe d'autres portant sur le plumage ou le coloris, là où l'on recherche spécialement la production des œufs.

11 est donc très utile, dans l'appréciation de la valeur des groupes, races ou variétés, déjuger de l'importance des différences sexuelles. Nous le ferons d'une façon détaillée en étudiant chacun d'eux, mais il n'en est pas moins nécessaire de jeter dès à présent un rapide coup d'œil sur ce qu'elles sont dans chaque espèce.

Chez les gallinacés, les différences sexuelles sont le plus souvent fort nettes, tout au moins à partir du moment où l'instinct de la reproduction se manifeste. Parmi celles qui ont trait aux productions dermiques, la présence de l'éperon, un plus grand développement de la crête et des barbillons, l'allongement des plumes de la queue, des faucilles et rectrices, de celles du camail, des reins et de la huppe, caractérisent les coqs dans la plupart des races.

Ces différences ne sont pas tombées jusqu'à présent au-des-

L'AVICULTURE LT L\ ZOOTECHNIE.

SOUS d'un certain minimum. On signale la réduction fort grande et l'égalité des barbillons et de la crête pour les deux sexes dans quelques races ; l'absence de faucilles et de lancettes chez certains coqs, la présence de l'éperon chez des poules, mais l'allongement des plumes du camail, des reins et de la huppe est toujours tel, d'une façon absolue, que la distinction est facile.

Quant aux différences de coloris, elles n'existent plus dans quelques races dont la couleur du plumage est la même pour les deux sexes, que sous forme de reflets.

Par contre, le format se maintient, chez toutes, plus grand pour le coq. Les cris et le chant restent aussi toujours fort différents.

Chez les dindons, le dimorphisme sexuel est très accentué.

Dans les deux sexes, une grande partie de l'extrémité supérieure du cou n'est pas emplumée et est recouverte de productions verruqueuses rouge bleuâtre. Chez le mâle, elles sont beaucoup plus développées . Dans les deux sexes, le bec est, en outre, surmonté d'une caroncule char nue, érectile, rouge et pendante.

Chez le mâle, elle s'allonge facilement sous l'effet d'une excitation génésique ou de sa volonté, acquérant une longueur double ou triple de sa dimension normale, tandis

Fig. 12. — Ti'tc de pintade mâle.

que chez la femelle elle conserve toujours sensiblement le même volume. Enfin, les plumes de la queue sont plus nombreuses, plus longues et peuvent être relevées verticalement et étalées à la façon d'un éventail. Les mâles adultes ont toujours aussi un bouquet de crin au thorax, mais un assez grand nombre de femelles en possèdent aussi lorsqu'elles sont âgées de quelques années.

Les pintades, qui sont, dans la classifîcation zoologîque, si rapprochées des dindons, n'offrent cependant que des différences sexuelles très faibles. Le format et le plumage sont les mêmes chez le mâle et la femelle. La protubérance cornée qui surmonte la tète est seulement un peu plus grande chez le premier et ses barbillons sont plus larges et plus convexes (fig. 12) ; enfin, la plaque blanchâtre qui descend de la tête sur le cou est plus allongée. A vrai dire, on ne juge bien de ces différences que par comparaison et la distinction ne devient réellement facile et sûre que par l'examen des animaux en liberté. Le mâle semble vouloir montrer constamment sa prestance et soulève les ailes au point d'en paraître bossu, en courant en tous sens.

Chez les canards, les différences dans le plumage se réduisent toujours à la présence chez le mâle de deux petites plumes caudales recourbées en avant.

Le format et le coloris sont souvent identiques et ces deux plumes caudales, très nettement visibles même à quelques pas

[Fig. 13. — Tête de pintade femelle.

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de distance, constituent pour l'œil le seul moyen de distinction des sexes. A l'âge adulte, le cri est bien différent.

Chez les oies, cette minime particularité du plumage qui fait distinguer le canard et la cane n'existe jamais. Le format est à peu près le même dans les deux sexes et, dans les races où le coloris est le même, il n'y a plus de distinction certaine que par l'examen des organes génitaux. On y procède en faisant tenir les oiseaux par un aide, en écartant avec les doigts le duvet qui entoure l'anus, puis en appuyant à droite, à gauche et en dessous de façon à rendre visible la muqueuse du cloaque et à faire saillir l'appendice dont nous avons parlé précédemment (page 16). On ne saurait se fier sans aléa à l'impression laissée par les cris, même si les animaux observés se trouvent en liberté.

Dans quelques races de pigeons, le mâle est d'un format plus grand que Ja femelle, mais il est un plus grand nombre de races où il n'y a aucune différence à ce point de vue. Des reflets plus accentués pour les teintes métalliques assez fréquentes dans le plumage, et particulièrement pour les plumes du cou, permettent encore souvent de distinguer assez facilement le mâle de la femelle. Mais quand cette nuance dans le coloris est fort réduite par suite de la prédominance de la couleur blanche ou par suite de l'état anémique des sujets considérés, il n'y a plus de distinction certaine que par l'examen de leurs ébats amoureux. Dans la pratique, il y a lieu d'y recourir très souvent. Plusieurs cas se présentent: les deux sujets dont on veut s'assurer du sexe sont deux mâles, ou deux femelles, ou constituent un couple.

Dans ce dernier cas, si les animaux vivent depuis longtemps ensemble, fût-ce en compagnie et dans un local commun à d'autres ménages de pigeons, on peut être rapidement fixé par leurs allées et venues, à moins qu'ils ne manifestent une indifférence complète l'un vis-à-vis de l'autre. Le mâle suit presque constamment la femelle en roucoulant et en tournant autour d'elle; il se redresse, s'incline et avance par petits bond^ saccadés, abaissant de temps à autre sa queue au point de lui faire toucher terre. La femelle répond à ses avances tout au moins par des roucoulements plus doux, moins

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sonores et moins longs, puis froUe sa tête contre la sienne et cherche à lui ouvrir le bec. Mais Fun des deux sujels peut être ardent et l'autre indifférent ! Si la femelle est ardente et que le mâle ne prête aucune attention à ses avances, ses allures peuvent la faire considérer comme un mâle. Pour ne pas prolonger l'examen pendant plusieurs heures ou même plusieurs jours, il faut user de subterfuges et introduire dans la volière où on les observe, alternativement un mâle et une femelle que l'on connaît tels et doués de quelque ardeur sexuelle.

Si, des deux sujels en observation, celui que l'on considère comme le mâle est indifférent, le mâle introduit ne tarde pas à lui lancer quelques coups de bec et les allures de la femelle changent alors complètement au bout de quelques instants. Si, au contraire, c'est la femelle qui manifeste de l'indifférence, le nouveau mâle se montre immédiatement tout aussi galant, malgré les rebuffades du premier.

Lorsque les deux sujets en présence sont deux mâles, la venue d'un troisième ne provoque que l'indifférence ou un échange de quelques coups de bec, tandis que la venue d'une femelle provoque la galanterie et amène, sinon un pugilat, tout au moins un échange entre eux de coups de bec et de coups d'aile auquel ne participe pas la femelle. Si ce sont deux femelles, on ne pourra se porter garant de leur sexe qu'après les avoir mises séparément en présence d'un mâle ardent et avoir examiné leurs relations.

Nous n'attribuons aucune valeur au procédé qui consiste à tenir, d'une main, le pigeon suspendu par l'extrémité des ailes, et, de l'autre, à lui allonger le cou en tirant sur le bec. On a prétendu que les mâles se trouvant dans cette position abaissaient la queue et que les femelles la relevaient. 11 en est ainsi quelquefois, mais on ne constate souvent qu'un mouvement de va et-vient ou même contraire à ces indications.

L'exploration avec le doigt des os du bassin pour apprécier la distance qui les sépare n'a aussi aucune valeur absolue. Elle se fait facilement en tenant à pleine main le pigeon, les ailes maintenues contre le corps, les pattes étendues, soit avec

un doigt de la même main, soit avec l'index de l'autre main, en l'appuyant depuis le ventre jusqu'à la queue. La femelle qui a pondu a, en effet, les os du bassin plus espacés que le mâle, mais on ne peut tirer une conclusion de ce que l'on constate qu'autant que les deux sujets considérés sont de même race et de même taille, de proche parenté par conséquent, et surtout du même âge.

Les pigments et leur corrélation avec les aptitudes.

Le pigment ou matière colorante, qui donne à tous les animaux la couleur particulière de leur peau, de leurs poils ou de leurs plumes, se distribue de façon très diverse et avec plus ou moins d'intensité dans les différentes régions du corps. Sa répartition est régie par les lois de l'hérédité, et les variations naturelles qui viennent à se manifester sont de celles qui se transmettent avec le plus de facilité. Aussi conçoit-on que le croisement d'animaux diversement colorés produise de nouveaux coloris du plumage et qu'on ait recherché s'il n'y avait pas, pour la répartition nouvelle du pigment, des lois immuables, et cela soit dans un but spéculatif pour l'obtention d'animaux de coloris déterminé, soit pour retrouver, en procédant par généralisation, l'origine de certaines races.

Malheureusement, il n'a jamais été procédé à ces recherches par voie expérimentale et l'on s'est contenté d'émettre des règles sur la transmission des particularités pigmentaires après avoir enregistré quelques faits sans aucune préoccupation de l'ancienneté des caractères des sujets mis en présence. Nous verrons, enétudiantl'hérédité, que la fixité des caractères est d'autant plus grande qu'ils ont été transmis héréditairement un plus grand nombre de fois. On ne saurait conclure, de ce fait que l'on a obtenu telle variation en croisant deux sujets de couleur différente, que la résultante sera toujours la même si l'on croisait deux sujets ayant les couleurs en question, mais de races différentes.

Les couleurs principales que l'on rencontre chez nos oiseaux domestiques sous des formesou nuances divei^essont le blanc^ le noir, le rouge et le jaune.

Valhinisme, ou anomalie d'organisation qui consiste dans

LES PIGMEiNTS ET LES APTITUDES.

l'absence complète du pigment cutané, n'a pas encore été signalé, à notre connaissance, en aviculture. L animal dont le corps et même les yeux sont dépourvus de pigment est qualifié d'albinos. Certes, beaucoup d'oiseaux ont une tendance à l'albinisme, car les sujets à plumage uniformément blanc ne sont pas rares, mais il n'y a point parmi eux d'albinos, leur bec, leurs pattes ou leurs yeux étant généralement colorés.

Le noir à reflets métalliques bleus ou verts est fort commun et constitue souvent un coloris uniforme ; il donne par simple atténuation le violet et le gris ardoisé ou bleu.

Le rouge n'existe jamais seul dans le plumage ; il est le plus souvent allié au noir. Par atténuation il donne le jaune.

La réunion dans une partie du plumage de plusieurs de ces trois couleurs ou de leurs dérivées fait donner à cette partie ou au plumage entier

les qualifications de :

Doré, lorsque le rouge et le

noir se trouvent sur la même

plume, le noir occupant une

moindre surface sous forme

d'une ou plusieurs bandes

périphériques, longitudinales

ou transversales, ou encore

sous forme de taches ; Argenté {fig. 14), lorsque le

blanc et le noir se trouvent

sur la même plume dans les

mêmes conditions que cidessus. Le pigment ne se

trouve quelquefois que sur le

rachis de la plume ;

Hermine, lorsque le noir ne se trouve occuper que l'extrémité d'une plume blanche ;

Fig. 14. — Plume formant le plumage maillé, argenté ou doré.

Pailleté (fig. 15), lorsque le noir forme tache à l'extrémité sur un fond blanc ou rouge ;

Barré (fig. 16), quand les plumes présentent des barres transversales noires sur fond blanc argenté ou doré ;

Fig. 15. — Plumo formant le plumage pailleté.

J'ig. 16. — Plume formant le plumage barré.

Cailloutéj quand les plumes sont inégalement noires et blanches ; par extension, on considère comme caillouté le plumage composé de plumes noires et blanches et de plumes blanches, sans aucune règle de répartition sur la même plume ;

Gris, lorsque le noir et le blanc se trouvent fondus ensemble sur la même plume ;

Coucou, lorsque chaque plume renferme du gris et du noir et que celui-ci s'y trouve disposé en bandes concentriques ;

Perdrix, quand chaque plume renferme du rouge et du noir et que celui-ci s'y trouve disposé en bandes concentriques ;

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