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LES PIGMENTS ET LES APTITUDES

Fauce, lorsque toutes les plumes sont jaunes à reflets roueâtres. C'est Tanalogue de la couleur qui constitue la robe alezane chez le cheval ; elle passe du jaune-orange à la couleur café au lait foncé par mélange intime de pigment noir;

Chamois, lorsque toutes les plumes sont jaunes sans reflets rougeâtres;

Pi/e, lorsque, toutes les plumes étant blanches, celles de l'aile sont rouges ou, d'une façon plus générale, lorsqu'il y a concentration du rouge sur toute une région en opposition avec une région blanche.

Le coloris peut être modifié par une alimentation dans laquelle rentrent certaines plantes tinctoriales ou certaines matières minérales colorantes. La pigmentation proprement dite n'est cependant jamais changée; elle ne tarde pas à revenir à ce qu'elle était primitivement lorsque les causes qui l'ont produite viennent à cesser et que le principe colorant qui s'était simplement déposé a eu le temps de se résorber.

Les premières modifications se manifestent dans la graisse, puis dans la peau; elles sont alors visibles au bec et aux pattes; elles ne gagnent les plumes que bien longtemps après.

De toutes les substances qui entrent habituellement dans l'alimentation des volailles, le maïs peut seul préoccuper à ce propos. Donné en abondance, le maïs jaune produit en efl'et une graisse jaune; on constate parfois qu'il accentue la teinte du bec et des pattes lorsque ceux-ci sont naturellement blancs ou jaunes, mais nous ne l'avons jamais vu transformer en plumage jaune un plumage blanc, et à plus forte raison un plumage de couleur foncée.

On a cherché maintes fois à établir une corrélation entre le coloris et les aptitudes des oiseaux, mais, par une généralisation trop hâtive, on a, comme pour la détermination des lois qui régissent la répartition des pigments dans le cas de croisements, conclu d'une façon arbitraire et fausse. On a dit qu'aux plumages noirs correspond un grain de peau très petit et une blancheur de chair très grande, plus grande même qu'aux plumages uniformément blancs. Certes, c'est à des races à plumage noir qu'appartiennent la blancheur et la délicatesse de chair les plus grandes, mais nous devons constater aussi Gh. Voitellier. — Aviculture. 3

que, dans celles où tous les coloris existent et constituent autant de variétés, on ne distingue généralement aucune différence dans la qualité de leur chair.

On a dit et répété encore qu'à une couleur jaune des pattes, indice ordinaire d'une graisse et d'une peau jaune, correspondait une chair de qualité inférieure. 11 nous semble que cela tient uniquement à ce que les races à pattes jaunes n'ont pas une chair blanche et fine. Nous ne voyons pas d'exception à cette constatation et, en présence d'un sujet à pattes jaunes, nous sommes porté à conclure, s'il n'est pas de race pure, qu'il est, tout au moins, le résultat d'un croisement dans lequel, la transmission de la couleur s'étant faite, il y a de grandes probabilités pour que la qualité inférieure de la chair ait été également léguée. Mais rien ne nous autorise, tant sont grandes les variations produites par les croisements, à établir en principe qu'à une patte jaune correspond inéluctablement une chair inférieure.

Dans un autre ordre d'idées, les colombophiles ont conclu que, dans la production des pigeons voyageurs, il fallait préférer les coloris foncés et éviter les blancs, les argentés, les fauves clairs, l'énergie et la résistance dans une longue course étant l'apanage des premiers. Comme précédemment et pour des raisons identiques, cette observation, si juste que nous la reconnaissions en examinant les qualités des différentes races voyageuses, ne saurait être sans inconvénient transformée en principe.

La gymnastique fonctionnelle.

Depuis que Lamarck, montrant l'influence de l'exercice sur l'organisme, a dit : « La fonction fait l'organe », l'étude du perfectionnement des animaux a fait beaucoup de progrès. On ne s'est pas borné à enregistrer les variations naturelles; on a provoqué un fonctionnement plus intensif des organes et, comme on l'a fait avec méthode, on lui a donné avec raison le nom de gymnastique fonctionnelle.

Parmi les résultats extraordinaires qu'elle adonnés, il nous suffira de rappeler l'augmentation de la précocité des animaux

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