HÉRÉDITÉ
de boucherie, de la vitesse du cheval, de la production du lait chez les bètes laitières ; en aviculture, elle n'a pas donné de moindres résultats.
Une alimentation intensive a rendu meilleures pondeuses plusieurs races; d'autres ont vu leur précocité augmenter. L'endurance et la rapidité du pigeon voyageur se sont considérablement accrues sous l'effet d'un entraînement méthodique ; il n'est pas jusqu'au sens de l'orientation qui ne se soit considérablement développé chez lui. Des amateurs se sont aussi occupés de rendre plus fréquent le chant des coqs ; d'autres en ont entraîné au combat. Depuis cinquante ans, la gymnastique fonctionnelle est la préoccupation de tous ceux qui veulent perfectionner l'espèce humaine et les espèces animales. Elle a d'autant plus d'importance en zootechnie que, par des méthodes de reproduction bien comprises, on peut en transmettre les résultats presque intégralement à toute une descendance et les infuser par le croisement à des populations entières. On a malheureusement quelque tendance en aviculture à croire que la gymnastique fonctionnelle a donné tout ce que l'on pouvait attendre d'elle, que l'on possède des races parfaites et que ce que l'on peut faire de mieux, c'est de transmettre leurs qualités ou de les multiplier pour en constituer la population des basses-cours !
Hérédité.
L'hérédité est la propriété que possède tout individu apte à se reproduire, de transmettre à sa descendance les qualités et défauts de son propre organisme.
La puissance héréditaire est le degré d'aptitude que possède tout reproducteur de transmettre à ses descendants une plus ou moins grande partie de ses qualités ou défauts. Elle est d'autant plus grande que la transmission s'est déjà faite un plus grand nombre de fois chez ses ascendants.
Pour l'étude, il est d'usage de grouper les diverses manifestations de l'hérédité et de distinguer :
L'hérédité prépondérante ou uni latéi^ale ;Vhévédité bilatérale;
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l'hérédité par atavisme ou en retour ; l'hérédité par influence ; l'hérédité pathologique.
Hérédité prépondérante. — Lorsqu'un reproducteur transmet, quel que soit son conjoint, tous ses caractères propres, il possède au plus haut degré la puissance héréditaire. On dit de cet animal qu'il race parce que, s'il possède quelques particularités individuelles étrangères à sa race d'origine, particularités acquises ou résultat de variations spontanées, il est éminemment apte à fournir un nouveau groupe, peut-être même une race nouvelle.
Rien ne décèle apparemment le bon raceur ; ses produits seuls le désignent comme tel. L'aviculteur est plus favorisé que l'éleveur de gros animaux pour reconnaître les bons raceurs et en profiter.
11 peut juger, en effet, de la valeur de toute une descendance au bout d'une année seulement et même au bout de cinq ou six mois s'il s'agit de pigeons. Il peut donc, en quelques années de son existence, arriver à constituer un groupe possédant un ou plusieurs caractères distinctifs nouveaux, tandis qu'il faut une quinzaine d'années à l'éleveur d'animaux des espèces bovine et chevaline pour arriver à un résultat identique.
Une des formes de l'hérédité prépondérante est celle qui ne porte que sur les caractères sexuels; on lui donne souvent le nom d'hérédité sexuelle.
Dans l'élevage des oiseaux domestiques, il est fréquent d'obtenir une plus grande quantité de mâles que de femelles, et l'inverse est relativement rare. 11 ne faut pas en conclure que l'hérédité prépondérante sexuelle n'est que rarement l'apanage de la femelle.
• Cela tient uniquement à ce que, dans les conditions habituelles où les animaux se reproduisent dans les basses-cours, les produits héritant des qualités d'un même mâle sont cinq à dix fois plus nombreux que ceux de la femelle. A cette cause s'ajoute en outre celle d'une reproduction fréquente en proche parenté qui donne une influence fort grande aux bons raceurs. Chez les pigeons, on constate, du reste, la prépondé-
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rance sexuelle un nombre de fois égal en faveur du mâle et en faveur de la femelle, bien que, pour des raisons spéciales relatives à leur exploitation, Vkyperandrie, c'est-à-dire un excédent des mâles, soit la règle. Parmi ces raisons, nous ne ferons que citer la principale. L'éleveur soigneux laisse dans le pigeonnier un nombre égal de màles et de femelles pour éviter que les couvées ne soient dérangées, mais il arrive souvent qu'un certain nombre de femelles sont anémiées et inaptes à se reproduire, qu'il se forme, à côté des ménages bien établis, des unions de convenance dans lesquelles les mâles les plus ardents, qui sont souvent de bons raceurs, sont seuls appelés à avoir une descendance.
Hérédité bilatérale, — L'hérédité est bilatérale quand les produits ressemblent tout à la fois à leur père et à leur mère en proportions variables, soit égales, soit inégales. L'inégalité est la règle et l'égalité l'exception.
La prépondérance qui résulte de l'inégalité se manifeste tantôt en faveur du même sexe [hérédité directe), tantôt sur le sexe opposé, le produit mâle ressemblant davantage à la mère ou réciproquement [hérédité croisée).
Rien ne justifie les anciennes théories d'après lesquelles le produit hériterait, par exemple, des organes de sa mère et de la conformation extérieure de son père ou réciproquement. La part des deux procréateurs est, en principe, aussi grande pour l'un que pour l'autre ; seule, la puissance héréditaire des individus est variable.
Hérédité par atavisme. — La puissance héréditaire, avonsnous dit plus haut, est le degré d'aptitude à la transmission des caractères. De par sa définition, elle comporte donc un maximum et un minimum.
Le maximum est atteint dans les cas d'hérédité prépondérante et le minimum dans les cas d'hérédité par atavisme.
La puissance héréditaire étant d'autant moindre que le nombre des transmissions est moins grand, on comprend qu'à l'égard d'une particularité acquise par un individu elle puisse être nulle. Lorsqu'il en est ainsi, l'être nouveau engendré par le sujet porteur de cette particularité ressemblera
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d'autant plus à son aïeul que celle-ci était importante et masquait les principaux caractères de la famille de son père. On dit, dans ces cas, qu'il y a atavisme (de atavus, aïeul) ou hérédité en retour^ interrompue^ coup en arrière, régression, rétrogradation.
On conçoit et on constate du reste souvent que cette défaillance de la puissance héréditaire à l'égard de particularités acquises ne se produit pas seulement dans la transmission des caractères du père à son fils, mais aussi après quelques générations. Celles-ci peuvent même être si nombreuses que le caractère ancestral réapparu est éminemment propre à éclairer sur l'origine du groupe considéré lorsque celle-ci est inconnue.
L'atavisme est donc, en résumé, le résultat d'une défaillance de la puissance héréditaire, d'une génération à l'autre ou après deux, trois, ..., n générations.
L'intérêt pratique qu'il y a à fixer ou à conserver les particularités occasionnelles ou acquises est trop grand pour qu'on ne cherche pas à éviter l'atavisme. On aura d'autant plus de chances de ne pas le voir se manifester que l'on aura recours à des reproducteurs possédant non seulement les mêmes caractères, mais encore les mêmes que ceux de leure proches parents, de leurs aïeux, d'ancêtres éloignés, parce qu'ils auront été transmis déjà un plus grand nombre de fois. C'est pourquoi l'on ne saurait attacher trop d'importance au pedigree ou arbre généalogique qui rappelle les méiites des ancêtres.
L'expression courante pureté de race correspond à l'idée de transmission intégrale, un nombre considérable de fois, des caractères distinctifs de la race.
Hérédité par influence, — On désigne sous ce nom ou par les termes de mésalliance initiale, infection de la mère, toutes les manifestations héréditaires relatives à l'influence d'une première fécondation sur les gestations ultérieures. Elle est aussi souvent niée que reconnue possible, tout au moins en ce qui concerne les mammifères.
En aviculture, où il ne peut s'agir que de l'influence d'une première fécondation après des fécondations ultérieures et non après des gestations, on est enclin à ne pas la nier. La