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CONSANGUINITÉ

continuée sous peine de voir sinon des vices ou des maladies être transmis, des monstruosités apparaître, mais la fécondité diminuer par suite d'une différenciation insuffisante des éléments sexuels ».

Dans le cas que nous examinons, cela est absolument vrai parce que l'aptitude à l'engraissement ne peut se développer que dans des conditions artificielles où il y a minimum de dépenses de forces pour un maximum de nourriture et qu'elle est de ce fait destructive de l'énergie reproductrice. Le couple pris comme point de départ des observations est assurément plus apte à l'engraissement que ses ascendants, mais aussi moins prolifique. Ses descendants à un degré quelconque, s'ils n'ont été l'objet d'aucune sélection conservatrice de leur énergie sexuelle, auront eu à supporter l'influence destructive de l'aptitude à l'engraissement. Après un certain nombre de générations, la puissance héréditaire à l'égard de la tendance à la stérilité se trouve renforcée.

Cornevin rapporte qu'il a vu se poursuivre sans inconvénient pendant onze ans la reproduction en consanguinité sur un lot d'oies de Toulouse. Nous avons eu la même occasion, et peut-être sur un lot d'animaux de la même race encore plus améliorés, ayant le maximum de taille et de corpulence, et nous avons été témoin d'une stérilité fréquente des accouplements qui a dû être combattue par une sélection conservatrice basée sur le choix de reproducteurs de moindre taille. Cette race d'oies est celle où le dimorphisme sexuel est le moins accentué, et il ne nous semble pas douteux que ce soit une cause de la diminution de l'énergie reproductrice. En cela nous sommes d'accord avec M. Baron et en opposition avec Cornevin, qui ne donne du reste aucune preuve de son assertion.

Ce dernier auteur rapporte aussi que les races de Houdan et de Crèvecœur ont une tendance manifeste à l'albinisme et qu'on ne peut poursuivre la reproduction en consanguinité au delà de la troisième génération sans arriver à ce résultat. A notre avis, le fait, pour les sujets de race Crèvecœur, d'avoir quelques plumes blanches et la tendance qu'a la race de Houdan à avoir un plumage caillouté de nuance claire tien-

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nent au contraire à ce que ces races n'ont été que rarement soumises aune reproduction en consanguinité associée à une sélection rigoureuse ayant pour base, pour l'une l'adoption du plumage uniformément noir, pour l'autre le plumage régulièrement caillouté. On a toujours recherché, pour les coqs de Houdan par exemple, la présence à la queue d'une faucille blanche et d'une faucille noire et celle de cinq ou six rémiges blanches aux ailes. La rigueur avec laquelle on a toujours exclu les sujets trop noirs qui ne présentaient pas ce minimum de plumes blanches avec un plumage caillouté clair est d'autant plus la cause de la tendance à la prédominance du blanc que cette exigence est en opposition formelle avec la loi naturelle de répartition du pigment noirdans le plumage caillouté qui veut qu'il y en ait dans la constitution de chaque plume. Rien d'étonnant à ce que, voulant quelques plumes blanches, les éleveurs obtiennent quantité de sujets en ayant un plus grand nombre que ne le comporte leur désir. En un mot, l'instabilité du plumage caillouté avec répartition égale du noir et du blanc réside uniquement dans une sélection mal comprise et n'est pas due à la consanguinité.

Le coloris blanc du plumage, qui ne constitue pas l'albinisme, si les pattes, le bec et l'œil restent colorés, ne peut être considéré, du reste, comme une dégénérescence. Il y a des espèces, des races et des variétés à plumage blanc qui ont une grande vigueur. Dans l'espèce galline, les Cochinchinois blancs, les Padoue blancs, les Leghorn blancs, etc., ont les mêmes qualités et les mêmes aptitudes que les autres variétés des mêmes races. Le dindon blanc se montre, sur tous les points autres que le plumage, semblable au dindon noir; la pintade blanche vaut la pintade grise. Chez l'oie dite commw/ip^ le mâle est toujours blanc, tandis que les femelles sont grises. On ne peut vraisemblablement supposer dans ce cas que les mâles soient seuls dégénérés et le soient indéfiniment.

En résumé, la reproduction en consanguinité donne pour le moins des résultats équivalents, le plus souvent supérieurs, à la sélection ; elle ne comporte comme inconvénient qu'une diminution de l'énergie sexuelle dans l'un des cas suivants : aptitude exagérée et préexistante à l'engraissement; tendance

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