LES CROISEMENTS
au géantisme ou au nanisme ; dimorphisme sexuel peu accentué, renforçant les conditions précédentes.
Les croisements.
Le croisement est Tunion sexuelle de deux individus appartenant à des races différentes. Les produits obtenus portent le nom de métis. Ils doivent continuer à être appelés ainsi à travers les générations successives, tant qu'ils ne forment pas un groupe homogène à caractères extérieurs assez nets, fixes et transmissibles par hérédité qui les font se ressembler plus entre eux qu'à des représentants des deux races constitutives. A partir de ce moment, il y a formation d'une race nouvelle.
Parmi les modes de croisement reconnus par les zootechniciens : 1° croisement restreint ou de retrempe ; 2*» croisement continu ou d'implantation; S*» croisement allernatif\ 4° croisement de première génération, le troisième est seul susceptible d'être l'origine d'une race nouvelle. Encore faut-il qu'il soit suivi de sélection ou de reproduction en consanguinité.
Croisement de retrempe. — Il consiste à aller chercher dans une race voisine un reproducteur qui n'intervient qu'une seule fois pour donner à nouveau de la fécondité, de la précocité ou de la rusticité, et dont on élimine les caractères dans les métis par une sélection rigoureuse des produits. Il n'a jamais reçu en aviculture une application qui puisse être rapportée avec exactitude.
Croisement d* implantation. — Très usité. A pour but de remplacer une race par une autre, en évitant l'importation d'un grand nombre de reproducteurs.
Si la population est homogène et de race pure, la substitution est lente, mais sûre. En supposant une puissance héréditaire égale à chacun des deux individus d'un couple, on obtient, par le croisement des premiers métis ou 1/2 sang avec la race nouvelle, des 3/4 de sang, puis, en agissant de même avec ceux-ci, des 7/8 de sang ; à la quatrième génération on a des 15/16, à la cinquième des 31/32, enlin à la huitième on a des
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255/256 de sang. L'implantation de la race nouvelle est en réalité presque toujours plus rapide et n'exige pas huit générations.
En ayant recours, en effet, à des reproducteurs dont Fascendance a été l'objet d'une sélection suivie, la puissance héréditaire de leurs caractères surpasse généralement de beaucoup celle des sujets dont la médiocrité fait justement qu'on cherche à les remplacer par d'autres. Les mâles sont, à ce propos, les seuls représentants de la race à implanter que l'on emploie généralement.
Lorsque la population à remplacer est composée de sujets ayant des caractères peu semblables, ou de métis d'origines diverses, son élimination par une autre race, au moyen de cette méthode, présente un peu plus de difficultés que précédemment. Dans une opération de ce genre, on ne livre pas indistinctement à la reproduction toutes les femelles métis obtenues ; on procède en même temps à une sélection qui a pour base l'exclusion de celles qui ne présentent que peu des caractères de la race introduite. Cette sélection est rendue très difticile par les caractères très dissemblables que présentent les produits du premier degré notamment.
Le croisement d'implantation demande d'ailleurs toujours beaucoup de tact et de connaissances spéciales de la part de l'éleveur qui l'entreprend. Il lui faut connaître exactement les qualités et les défauts de la race qu'il veut implanter et apprécier à l'avance si les conditions dans lesquelles elle devra vivre et produire lui conviennent bien.
Si la méthode est excellente, sûre quoique lente, le nombre de personnes suffisamment préparées et douées d'assez de persévérance pour mener à bien une opération d'implantation par croisement est infiniment petit.
Des milliers d'exploitations agricoles sont redevables à des essais d'implantation de la médiocrité de leurs basses-cours.
Croisement alternatif. — Cette méthode de croisement a pour but la production de métis sur lesquels convergent les caractères des races originelles, de façon qu'ils aient une valeur supérieure à celle des sujets de race pure.
On peut le pratiquer en alternant à chaque génération la