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LES CROISEMENTS

race du mâle par exemple ; c'est ce qui constitue le croisement alternatif régulier. On peut, au contraire, ne reprendre qu'après plusieurs générations un reproducteur dans l'une des deux races n'ayant jusqu'alors pratiqué que le croisement d'implantation. Ce croisement alternatif iiTégulier s'appelle encore brassage du sang. L'un et l'autre sont d'un usage peu courant en aviculture.

On doit cependant au croisement alternatif irrégulier la formation d'excellentes races, car, après avoir pratiqué ce croisement pendant quelques générations, il est toujours possible d'arriver, par une sélection rigoureuse des métis, à la constitution d'un groupe homogène d'animaux doués de caractères extérieurs suffisamment tranchés pour qu'ils se ressemblent plus entre eux qu'à l'une des races constituantes. La Faverolles, la Mantes, dans l'espèce galline, sont des exemples de races obtenues de cette façon, exactement comme la Dishley mérinos dans l'espèce ovine.

Le croisement alternatif irrégulier se complique quelquefois de l'intervention d'une troisième race à un moment donné. La Plymouth Rock, la VVyandotte ont été formées de cette façon, exactement comme l'a été la race delà Charmoise dans l'espèce ovine.

Croisement de première génération. — Dans ce mode de croisement, le but poursuivi est l'obtention d'animaux ayant une utilisation immédiate supérieure aux individus des deux races croisées, mais que, pour différentes raisons, on n'a pas avantage à faire se reproduire entre eux ou avec des sujets de race pure.

Cette méthode s'impose toutes les fois que les métis ne possèdent plus un ou plusieurs des caractères considérés comme défectueux dans l'une des deux races employées à cet effet, ou encore lorsqu'il y a chez eux augmentation de l'une des qualités qu'elles possèdent. Si l'on évite de les faire se reproduire entre eux, c'est parce que l'on considère que l'atavisme se chargerait de ramener en trop grande proportion le type d'un de leurs deux ascendants. On ne cherche pas non plus dans un cas semblable à constituer une race nouvelle

par un croisement alternatif irrégulier suivi d'une reproduction en consanguinité pendant quelques générations, parce que l'on estime que les races auxquelles on a recours sont trop dissemblables.

Un bon exemple de ce mode de croisement, c'est l'union de coqs de race malaise ou indienne, avec des poules de Houdan, de Crèvecœur, de Mantes, de Bresse, etc., que Ton estime pour la qualité de leur chair, la blancheur de leur peau et de leur graisse, mais dont on trouve que le format est insuffisant. Les races indienne ou malaise sont d'autre part remarquables pour leur grand développement et surtout celui des parties les plus recherchées ; mais leur chair manque de finesse et de blancheur. Or, quelle que soit la puissance héréditaire individuelle des reproducteurs employés, on obtient toujours des premiers métis qui participent des races mentionnées plus haut pour la finesse et la blancheur de leur chair, et d'autre part des races indienne ou malaise pour leur taille et surtout pour le développement excessif de la poitrine. Si l'on faisait se reproduire entre eux ces métis, on obtiendrait invariablement des oiseaux hauts sur pattes, à poitrine développée, à cou allongé, de grand format, mais à peau assez épaisse, à chair manquant de finesse, peu faciles à engraisser; il y a donc lieu de s'en tenir au croisement de première génération qui donne un résultat supérieur.

Hybridation.

Ce mode de reproduction consiste dans l'union d'individus d'espèces différentes et a pour caractéristique essentielle qu'il n'a pour résultat que la production de sujets incapables de faire souche (Cornevin) (1). Les hybrides paraissent toujours avoir l'un ou l'autre sexe; leur infécondité est imputable tantôt aux deux sexes, quelquefois seulement à l'un d'eux.

L'hybridation passe pour être plus facile à réaliser chez les oiseaux que chez les mammifères. Les ornithologistes font de longues énumérations d'hybrides. Beaucoup nous semblent purement imaginaires, tant il est impossible à tous les

(1) Cornevin, Les oiseaux de basse-cour. Paris, 1805.

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