HYBRIDATION
éleveurs compétents de les obtenir à nouveau. De ce fait que les tentatives de rapprochement sexuel entre espèces différentes sont fi'équenles par suite de la promiscuité habituelle dans les volières, on ne saurait conclure qu'il y ait fécondation. Cornevin, entre autres, cite un grand nombre d'hybrides d'animaux, mais il ne nous semble pas douteux qu'il se soit fait l'écho d'assertions non contrôlées et que sa bonne foi ait été surprise. Parmi les hybrides d'oiseaux domestiques ou en voie de domestication qui, seuls, nous occupent ici, nous mentionnero nsnotamment l'hybride du coq et de la faisane commune ou coqitart, celui du faisan doré et de la faisane commune ou roussart ; celui du canard de Barbarie ou canard musqué avec la cane commune ou mulard.
Le mulard, au dire habituel des auteurs, serait l'objet d'une production courante en Gascogne et en Guyenne. 11 y a évidemment quelque exagération de leur part. Les bassescours où les deux espèces se trouvent réunies sont en effet nombreuses dans tous les pays; il ne s'ensuit pas que l'hybridation soit fréquente. Les canards mâles de l'une de ces espèces ne tentent tout d'abord à s'accoupler avec les femelles de l'autre espèce qu'autant qu'ils n'en ont pas de la leur, vivant avec eux. De plus, les rapports sexuels ne sont complets qu'autant que les mâles de l'espèce commune ne sont pas là pour entraver des unions qui nécessitent d'ailleurs de nombreuses tentatives.
Le mulard est renommé pour être plus rustique, de taille plus grande que le canard ordinaire, et ne pas avoir l'odeur particulière du canard musqué. Aussi se sert-on facilement du mot mulard pour désigner sur les marchés des canards de forte taille et de bonne qualité dont les père et mère, à vrai dire, n'avaient jamais été en contact avec des représentants désignés sous le nom de canard de Barbarie. Le terme de mulard a subi ainsi une modification, exactement comme celui de poulardes qui, en principe, désigne des poulettes dont on a enlevé la grappe ovarienne et qui, dans le langage usuel, désigne simplement des poulettes grasses n'ayant pas encore pondu, la castration n'étant jamais l'objet d'une pratique courante sur les poules.
Caractères extérieurs.
L'étude des caractères extérieurs est d'autant plus importante qu'un seul d'entre eux suffit parfois à distinguer un groupe d'animaux remarquable au point de vue des utilités dont on recherche la production ou même seulement de ses aptitudes.
Des monographies très complètes ont été faites des races et des variétés de nos oiseaux domestiques, mais malheureusement leurs auteurs se sont le plus souvent servis de termes empruntés à l'anatomie ou à la conformation extérieure de l'homme ou des grands animaux, du cheval en particulier, ou bien encore de termes qui ne comportent aucune précision. Il en résulte que la plupart de ces traités ne permettent pas à celui qui n'a, avant de les lire, aucune connaissance spéciale sur le sujet, de distinguer les races entre elles, à plus forte raison d'apprécier les oiseaux au point de vue de leur valeur zootechnique.
Pour ne pas tomber dans les mêmes erreurs, nous chercherons à donner tout d'abord une définition aussi exacte que possible des diverses régions du corps ou des points paiiiculièrement importants que l'on a souvent occasion de désigner, et ensuite à les apprécier d'après leur forme, leur étendue, leur disposition et leurs rapports.
Les caractères fournis par la tête sont très nombreux. La crête seule est dite :
Simple (fig. 19) quand elle a la forme d'une lame mince qui part du bec et se termine tout à fait en arrière de la tête. Elle est découpée à sa partie supérieure en festons à pointe aiguë qu'on nomme crétillons et forme à son extrémité postérieure un lobe plus ou moins arrondi. La crête simple est portée droite ou pliée sur elle-même, retombant un peu sur la tète;
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Plate (fig. 20) quand elle forme au-dessus de la tète un large plateau hérissé de monticules très rapprochés séparés par autant de dépressions. Son extrémité antérieure est toujours large et arrondie, la postérieure forme toujours une pointe ;
Frisée (fîg. 21) lorsqu'elle forme un plateau bien moins large que précédemment et à crétillons disposés sur trois rangées antéro-postérieures ;
En bourrelet (fig. 22) ou en couronne lorsqu'elle a l'aspect d'un ou deux mamelons à surface lisse, aussi longs que larges et ne dépassant pas la tète en arrière ;
En forme de cornes (fig. 23) lorsqu'elle affecte la forme d'un petit mamelon situé au-dessus du bec, se terminant par deux cornes divergentes ;
Triple, lorsqu'elle a l'aspect de deux demi-feuilles de chêne séparées par un mamelon allongé faisant saillie entre elles deux ;
En gobelet lorsque, dans la forme précédente, le mamelon est très réduit et que les deux demi-feuilles s'incurvent sur elles-mêmes pour constituer un gobelet placé obliquement sur le devant de la tête.
Les barbillons ou margeoUe< sont des appendices charnus qui pendent au-dessous et de chaque côté du bec ; ils se rattachent par leur bord postérieur aux joues.
La crête et les barbillons sont formés d'un tissu plus ou moins fin paraissant quelquefois boursouflé. Leur couleur, chez les oiseaux en bonne santé, est toujours rouge vif. A cette règle il n'y a qu'une exception, fournie par le coq Nègre et sa poule qui ont ces parties bleu violacé. Dans toutes les races, cette dernière teinte n'existe qu'en cas de congestion ou de maladie ou à la suite de coups reçus au cours d'un combat. La couleur rouge se dégrade et passe au rose pâle dans le cas d'anémie, de rachitisme, de tuberculose, etc.
Sous l'influence d'une nourriture abondante et peu azotée, de même que sous celle d'un séjour prolongé dans un local obscur ou faiblement éclairé, les dimensions de la crête et des barbillons s'exagèrent ; la forme en reste cependant' toujours la même ; les crêtes simples se replient tout au plus sur elles-
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mêmes. Les Anglais, qui soumettent toujours leurs animaux
à une préparation spéciale en vue des concours, dans le but de leur donner une plus belle parure, n'ont jamais cherché
Fig. 19. — Crête simple (coq Leghorn).
Fig. 20. — Crète plate (coq Hambourg).
à éviter le développement exagéré dû à la séquestration et à la nourriture abondante. Notre anglomanie nous l'a fait considérer parfois comme un attribut de (lifTérentes races. On ne saurait trop réagir contre ces tendances.
Les joues sont constituées par une portion de peau plus ou moins dénudée, qui entoure les yeux et se prolonge sur son bord antérieur par les barbillons. Elles sont généralement rouges
Fig. 21. —Crête frisée (coq Brahma).
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Fi g. 22. — Crète en bourrelet (coq malais).
et ont parfois un développement exagéré, descendant assez bas sur les faces latérales du cou. Dans la race dite espagnole, elles sont l'objet d'une affection spéciale, la dcrmatolysie, et ont alors Tas pect d'une grande plaque blanche. Elles sont encore de teinte bleu violacé chez le coq et la poule ?iègres.
Les oreillons sont deux portions de peau, absolument dénudée, généralement blanche, situées immédiatement en dessous des joues et faisant une saillie très faible sur celles-ci. ils sont de forme ronde, ovale ou irrégulière. Le dos et les reins. — Le dos est la région qui correspond aux vertèbres dorsales ; sous le nom de reins, on désigne celle qui correspond aux vertèbres lombaires. Le dos et les reins ne forment le plus souvent qu'une seule ligne, droite ou simplement incurvée. Il n'y a aucune indication extérieure du point où finit le dos et où commencent les reins.
Croupion. — C'est la région correspondant aux vertèbres coccygiennes et où sont implantées les plumes de la queue. Cuisse. — Région correspondant au fémur.
Gh. Voitellier. — Aviculture. ^ ^ ^