CHOIX DES REPRODUCTEURS
de l'aile, et on doit à un colombophile réputé, M. Saniin, une théorie qui, pour n'être pas reconnue comme toujours juste, n'en mérite pas moins l'attention des éleveurs. D'après lui, les dix dernières plumes de l'aile ou rémiges primaires, qui constituent le vol, tomberaient chaque année, la onzième ne tomberait qu'à la première mue, la douzième à la première et à la seconde, la treizième à la première, deuxième et troisième mue, et ainsi de suite. Les plumes qui subsisteraient ainsi seraient toujours plus courtes et plus arrondies que les suivantes. Un pigeon de quatre ans aurait donc quatre plumes plus courtes qui seraient les onzième, douzième, treizième et quatorzième de l'aile. Il est à remarquer que M. Samin, dans l'exposé de son système, considère que la onzième plume est toujours ce que nous qualifions ailleurs une rémige secondaire en raison de sa naissance sur le bord postérieur de l'avantbras et non sur la main. Il serait donc plus juste de dire qu'un pigeon de deux ans, par exemple, a les deux premières rémiges secondaires plus courtes que les suivantes, que celui de quatre ans en a quatre, etc.
Nous sommes persuadé que le remplacement de certaines plumes se fait avec régularité, aussi bien pour le pigeon que pour les autres espèces d'oiseaux, mais il ne nous semble pas douteux qu'il soit particulier à chaque race, peut-être même à chaque famille, et que le système de M. Samin soit établi d'une façon trop absolue.
Choix des reproducteurs.
L'éleveur doit s'attacher non seulement à ne soumettre à la reproduction que des oiseaux ayant les caractères de leur race et les indices des aptitudes qu'il recherche, mais encore faire un choix de ceux qui sont les plus vigoureux et paraissent doués de la plus grande puissance reproductrice.
Il n'y a pas de signes extérieurs certains de la stérilité chez les oiseaux. On considère'cependant comme des indices d'une faculté reproductrice restreinte, chez le coq, une crête pliée ou pendante, son moindre développement d'un côté, des barbillons et des éperons très inégaux, une queue portée de côté,
ou trop droite et revenant sur le dos dans son premier tiers (queue d'écureuil), enfin quelques parties du plumage analogues à celui de la poule.
La présence d'ergots munis d'une forte cheville osseuse, chez les poules, de môme qu'une queue allongée ornée de faucilles indique le plus souvent, sinon la stérilité complète, du moins une faculté reproductrice restreinte. Chez elles, la crête pliée et penchée n'est pas un indice défavorable. Si l'on se rappelle que l'ovaire gauche est normalement le seul à se développer, il faut voir dans cette coïncidence une confirmation de ce fait que l'atrophie d'un des organes de la génération provoque, même lorsqu'elle se produit chez l'adulte, une modification dans un organe extérieur du même côté, surtout si cet organe n'est qu'un attribut sexuel.
Dans le choix des reproducteurs, on doit s'efforcer de ne prendre que ceux dont la vigueur sexuelle est parvenue à son optimum, c'est-à-dire ceux dont on attend la production du plus grand nombre possible d'œufs dans un temps donné et le plus grand nombre possible d'œufs fécondés.
La faculté reproductrice apparaît, en effet, à un âge différent suivant les espèces et les races et dure plus ou moins de temps. Cette apparition dépend étroitement de la température et de l'alimentation. L'hiver contribue beaucoup à la retarder.
Dans l'espèce galline elle commence à l'âge de trois mois et demi pour les coqs et de quatre mois et demi pour les poules de quelques races placées dans les meilleures conditions : Leghorn, Bresse noire, FaveroUes, Mantes, Plymouth Rock; à l'âge de cinq mois pour les coqs, de six mois pour les poules chez les races qui se montrent à ce propos les plus tardives.
Chez le dindon et la dinde, elle apparaît à un an ; chez les pintades mâles et femelles, à sept ou huit mois; chez le canard et la cane, à six mois; chez l'oie, à ^ix mois ; chez les pigeons mâles et femelles, à cinq mois; chez le faisan commun, à un an; enfin chez le paon et la paonne, à trente ou trentesix mois.
La durée de la faculté reproductrice est aussi sous la dépendance de causes très diverses. On cite des cas de prolongation extraordinaire, comme celui de canes ayant pondu à treize