LES COUVEUSES ARTIFICIELLES MODERNES
chaude (fig. 29 et 30), Ja chaudière qui chauffe l'espace où sont contenus les œufs a une capacité bien supérieure à la
Fig. 29. — Couveuse Voitellier.
quantité d'eau que l'on doit introduire chaque jour, même par les plus grands froids et dans les conditions les plus défavorables. Dans ces appareils, on procède deux fois par vingt-quatre heures au renouvellement d'une partie
Fig. 30. — Coupe d'une couveuse à renouvellement d'eau chaude et à réservoir circulaire.
de l'eau contenue dans la chaudière; on commence par soutirer la même quantité et on la remplace par de l'eau bouillante.
11 suffit d'un peu de tact et djigjntude pour savoir qu'un
/^ ^ OF TMi
^' VNÎVERÎ
(ERSIT^e
Of
Googk
nombre donné de litres d'eau bouillante suffit à élever la températurede la chaudière d'un nombre Vixe de degrés, et, par suite, celle de Tétuveàœufs d'un nombre correspondant un peu moindre. Les appareils de ce genre sont ceux qui sont le plus économiques à employer partout où l'on peut obtenir facilement de l'eau bouillante, comme dans la plupart des exploitations agricoles par exemple. Ce sont aussi ceux qui conviennent le mieux à l'industrie avicole et constituent un couvoir facile à diriger et à surveiller. Il suffit, en effet, de relier chaque appareil à une tuyauterie en communication avec une chaudière quelque peu surélevée pour n'avoir plus qu'à élever de l'eau au moyen d'une pompe (Voy. fig. 33).
Les appareils à renouvellement d'eau chaude doivent avoir une chaudière d'une capacité dequatre à huit fois supérieure à la quantité d'eau à renouveler toutes les douze heures, non seulement pour être peu sensible aux variations de la température extérieure, mais encore pour que la chaleur de rayonnement qui frappe les œufs ne soit jamais trop intense. Les couveuses chauffées au moyen d'un thermosiphon doivent satisfaire aux mêmes conditions générales que les précédentes. 11 faut de plus que le chauffage du thermosiphon soit facile et économique.
Le pétrole, le gaz d'éclairage, l'alcool étant les produits les plus généralement employés avec le thermosiphon, il est évident que le réchauffement de la couveuse coûte plus cher que par le renouvellement d'eau chauffée au moyen du charbon de terre. Les appareils à thermosiphon doivent donc être réservés aux exploitations où le chauffage de l'eau se ferait loin de la couveuse, où il nécessiterait l'allumage d'un foyer spécial, et où le transport de cette eau serait difficile et gênant.
Les appareils à thermosiphon (fig. 34) peuvent être chauffés de deux façons différentes, soit constamment, soit périodiquement, deux fois toutes les vingt-quatre heures par exemple. Dans le premier cas, il est nécessaire d'avoir des lampes à réservoir d'une assez grande capacité, et n'ayant cependant qu'une faible épaisseur, pour que la mèche ait le moins de tendance possible à charbonner et à donner nais-
dbyGoogk
LES COUVEUSES ARTIFICIELLES MODERiNES. 97
sance à une fumée abondante, par suite d'une combustion incomplète. Le chauffage constant n'est pratique qu'autant que les couveuses sont munies de régulateurs automatiques de température.
Les thermosiphons chauffés matin et soir et comportant l'emploi du pétrole ou de l'alcool doivent au contraire être munis d'une lampe ayant une grande puissance calorifique.
Fig. 31. — Couveuse à réservoir circulaire chauffée au moyen d'un thermosiphon.
Les couveuses à injection d'air chaud sont des étuves chauffées à la façon des appartements munis d'un calorifère envoyant de l'air chaud par des orifices spéciaux.
Cette comparaison est parfaitement justifiée, car on a essayé à plusieurs reprises l'incubation de quantités considérables d'œufs dans des pièces chauffées de cette façon. La manutention des œufs, leur retournement journalier, l'enlèvement des poussins éclos nécessitaient le séjour des ouvriers, pendant plusieurs heures chaque jour, à une température voisine de 40°. Ce n'était pas le moindre inconvénient de ces installations.
Dès lorsque l'on envoie, dans une pièce de dimensions assez grandes, de l'air chaud par des ouvertures en nombre relativement restreint, il s'établit des courants dont la direction et la Gh. Voiteluer. — Aviculture. 6
vitesse varient à chaque instant. La température y est très (iifîérente d'un point à un autre, et l'état hygrométrique n'y est pas non plus uniforme. Dans l'industrie fromagère, en particulier, on a les plus grandes difficultés à obtenir un chauffage suffisant et régulier, ainsi qu'un état hygrométrique convenable de l'air, et cependant les températures que l'on cherche à avoir sont bien inférieures à celles de l'incubation ! Considérées au point de vue économique, ces vastes chambres d'incubation sont également mauvaises. En fait, leur existence a toujours été précaire.
Les couveuses à injection d'air chaud reçoivent leur chaleur d'un bec de gaz ou d'une lampe à pétrole ou à alcool placés à proximité de l'étuve où sont les œufs. Elles doivent être construites de telle façon qu'elles subissent peu les variations de la température extérieure, et que la circulation de l'air par l'étuve à œufs soit presque réduite au minimum exigé par la respiration desernbryons. Pour aller à rencontre de cette donnée, on transforme la couveuse à injection d'air en un couloir où règne un fort courant d'air chaud et sec, les œufs fussent-ils placés immédiatement au-dessus d'une nappe d'eau. Une masse d'air quelconque n'acquiert que peu d'humidité par son passage rapide à la surface de l'eau ; il faut, pour que son état hygrométrique devienne élevé, qu'il y ait contact prolongé.
La preuve en est que l'air à la surface des continents et même de la mer n'est que très exceptionnellement saturé de vapeur d'eau. Toutes les fois que l'on veut compenser, dans une étuve insuffisamment isolée, des diminutions considérables de température, au moyen d'une source de chaleur à grand débit, on ne réalise plus du tout les conditions primordiales de toute incubation.
Gomme pour les couveuses à thermosiphon, l'emploi du gaz d'éclairage pour le chauffage procure une chaleur d'une régularité bien supérieure à celle d'une lampe à pétrole, à alcool, ou à tout autre produit se comburant au moyen d'une mèche.
Au point de vue de leur forme, on peut diviser les couveuses artificielles en deux groupes :
1" Les couveuses à chaudière et à étuve rectangulaire ;