MIRAGE DES ŒUFS
Plusieurs se composent d'un morceau de drap noir possédant une fenêtre de dimensions un peu moindres que celles des œufs, et tendu par des moyens différents devant une bougie
Fi g. 39. — Ovoscopc.
Fig. 4 1 . — Œuf fécondé vu après trois jours d'incubation.
ou autour d'une lampe. En tenant l'œuf avec les doigts devant cette fenêtre, on voit plus nettement qu'avec la main s'il possède un germe. Un des appareils les plus commo des et les mieux établis, Vovoscope (iig. 39), consiste en un coque-
lier en bois pouvant pivoter sur l'extrémité d'un petit manche au bout duquel il est fixé.
Ce coquetier tourne de plus dans la partie basse d'une fenêtre découpée dans une plaque de zinc et garnie sur ses bords d'une bande de drap noir. Le côté de la plaque à diriger vers la lumière est peint en blanc, le côté opposé en noir. L'œuf étant placé dans le coquetier, le gros bout en l'air, il suffit de presser sur les cannelures qu'il présente à son bord inférieur pour faire pivoter le tout devant la lumière, à la distance que l'on veut, sans crainte de se brûler les doigts au contact de la flamme.
Quelle que soit la façon de procéder au mirage, si l'œuf n'est pas fécondé il a, le troisième jour d'incubation (fig. 41), le même aspect que l'œuf frais (fig. 40). L'œuf fécondé, mais ayant subi un commencement d'incubation, puis un arrêt de quelques jours (ce qui se produit assez souvent avec les poulaillers mal aménagés), est souvent décomposé, et manque de transparence. On ne doit garder en incubation que les œufs à l'intérieur desquels on voit très nettement, au quatrième jour d'incubation, le germe sous la forme d'une araignée rouge.
Conduite des couveuses artificielles,
La mise en marche d'une couveuse peut être très rapide ; il suffit de la remplir en grande partie d'eau chaude. Cependant, on doit éviter de mettre en marche très rapidement et de placer les œufs avant de s'être assuré de la régularité de la température. Il doit en être ainsi même avec un appareil muni d'un régulateur, car une chaleur de rayonnement trop intense peut tuer les embryons. Beaucoup de régulateurs ne donnent pas du reste un refroidissement suffisant pour contrebalancer une température exagérée. 11 n'y a aucun inconvénient à ne donner aux œufs, pendant la première journée d'incubation, qu'une température comprise entre 30° et 40<> C. Ce n'est que le deuxième jour qu'il est nécessaire d'obtenir 40o au moins pendant quelques heures.
L'introduction des œufs dans la couveuse a pour effet d'en
COxNDUlTE DES COUVEUSES ARTIFICIELLES. i09
diminuer rapidement la température; il est préférable de n'avoir que 40<* C. au moment où on met les œufs et d'avoir quelques degrés de moins dans les heures qui suivent, que de les placer pendant quelques instants à 42<» ou 43*> C. pour n'avoir plus ensuite que 40*>.
Avant de placer les œufs dans les couveuses, il faut veiller à ce que les orifices servant à laération ne soient pas obstrués. Dans celles qui comportent l'emploi du sable comme support des casiers tourne-œufs ou des œufs eux-mêmes, il est nécessaire d'humecter fortement celui-ci pour l'entretien de l'humidité. Le sable de rivière, de ce fait qu'il est privé d'argile et de tout ciment organique, est non seulement celui qui absorbe la plus grande quantité d'eau, mais qui en permet encore Tévaporation complète. Les autres sables forment une croûte superficielle qui entrave l'évaporation.
il faut aussi s'assurer préalablement du bon fonctionnement du thermomètre et de son exactitude. Rappelons ici en passant que, dans les deux premières années de leur fabrication, les thermomètres subissent un retrait qui peut modifier l'échelle de 1 à 2 degrés suivant qualité du verre. On ne saurait donc comparer trop souvent le thermomètre que l'on emploie dans la couveuse, et notamment pour les degrés compris entre 30 et 45, à plusieurs thermomètres d'une précision reconnue. 11 est indiqué de placer la boule de mercure dans un même plan horizontal que les œufs si Ton veut une indication exacte de leur température.
Avec les couveuses à renouvellement d'eau journalier, il faut, autant que possible, procéder au soutirage et au remplissage régulièrement toutes les douze heures.
Avec celles à thermosiphon à marche intermittente, il faut également, toutes les douze heures, préparer et allumer la lampe, ouvrir les robinets qui mettent le corps du thermosiphon en communication avec la couveuse, éteindre la lampe lorsqu'on juge que l'eau de la chaudière est suffisamment réchauffée, puis fermer les robinets de communication. Si l'on oubliait ce dernier détail, on ferait fonctionner le Ihermosiphon en sens contraire ; l'eau de la chaudière viendrait se refroidir constamment au dehors.
Ch. VoiTBLLiKB. — Av'icuUure. 7
Avec les couveuses à thermosiphon à marche constante, de même qu'avec celles à injection d'air chaud, c'est aussi toutes les douze heures que l'on procède au remplissage de la lampe, à son nettoyage et à son réglage.
Quel que soit le mode de chauffage, le refroidissement et le retournement des œufs sont nécessaires toutes les douze heures, au moins toutes les vingt-quatre heures. On ne saurait, à ce point de vue, mieux faire que la poule couveuse qui quitte son nid pour manger. Ce refroidissement journalier ne doit être qu'un abaissement de la température des œufs à 32o C. ou au plus 30*» C. Avec un peu de tact, on détermine parfaitement, en posant la main sur les œufs, le moment où il est suffisant ; le thermomètre est inutile.
Le retournement des œufs ne devrait, comme nous l'avons vu, consister qu'en un simple changement de position. Pour les besoins de la pratique, il est préférable de dire qu'il doit être régulier et complet. Un oubli est, en effet, toujours possible, même de la part d'une personne soigneuse ; il l'est, à plus forte raison, de la part d'un employé qui ne fait qu'exécuter des ordres.
Au cours de l'incubation, on veillera toujours à ce que l'état hygrométrique soit voisin de 0,80 ; on l'obtient facilement en imbibant le sable d'eau, ou en maintenant à l'intérieur de la couveuse une éponge ou un feutre mouillé; on peut encore y placer tout simplement un récipient quelconque rempli d'eau. Le sable et l'éponge ont le grand avantage d'offrir une grande surface d'évaporation.
Lorsque le jour de Féclosion est arrivé, on regarde les œufs attentivement un à un; on place ceux qui sont bêchés, c'està-dire ceux qui présentent une petite ouverture correspondant au bec du poussin, de telle façon que celui-ci reçoive le plus d'air possible. La température de l'étuve à œufs doit être maintenue aussi près que possible de 40*> C, sans dépasser ce point; l'humidité de l'air doit être aussi assez forte.
Quelle que soit l'espèce à laquelle appartiennent les œufs, on n'aidera pas à l'éclosion pai^des manipulations quelconques. La poule, de même que tous les oiseaux, ne brise jamais la coquille et n'aide jamais le poussin à s'en débarrasser. En
CONDUITE DES COUVEUSES ARTIFICIELLES. ill
voulant faire mieux que la nature, on fait généralement mal. Parvenu à la fin de son développement, le poussin a, dans la coquille, la tête et le cou repliés le long de la poitrine ; il ne peut vraisemblablement pas la percer à coups de bec. On dit que le poussin sécrète par le bec un liquide acide, mais il n'y en a aucune preuve. Ce qu'il y a seulement de certain, c'est que le premier éclat correspond généralement au bec.
Il arrive, en incubation artificielle, comme en incubation naturelle du reste, que les poussins meurent un ou deux jours avant l'éclosion ou même après avoir percé la coquille. On est porté à conclure qu'ils auraient eu besoin d'aide pour en sortir; il n'en est pas ainsi, et cette mort, au dernier moment avant l'éclosion, est l'indice d'une évolution trop rapide ou trop lente due à une température moyenne trop élevée ou trop basse pendant une grande partie de l'incubation. Lorsque la température a été trop élevée, il y a eu souvent aussi manque d'humidité; les deux causes se confondent en une seule. Quand on parvient, avec beaucoup de patience et d'adresse, à débarrasser de force le poussin de sa coquille, on arrache toujours quelques veines et on ne peut jamais le faire vivre plus de quarante-huit heures.
Les œufs de toutes les espèces d'oiseaux n'ont pas besoin d'une même température moyenne, pendant la durée de l'incubation.
L'éclosion complète de toute une couvée dure généralement vingt-quatre heures, quelquefois une journée et demie. Les poussins aussitôt éclos paraissent abattus et sur le point de mourir. Les mouvements rapides qu'ils exécutent de temps à autre au travers des autres œufs et des coquilles ouvertes semblent être préjudiciables aussi bien à eux-mêmes qu'à ceux qui doivent éclore après eux. 11 n'y a pas lieu cependant, comme les débutants sont toujours tentés de le faire, de les sortir précipitamment de la couveuse, llestau contraire indiqué de les y laisser très tranquilles, et de n'ouvrir qu'aux heures où l'on procédait auparavant au refroidissement et au retournement journalier des œufs. A ce moment, on retire les poussins qui sont déjà suffisamment secs, ainsi que les coquilles, et on attend encore douze heures, même vingtquatre heures, pour enlever les retaixlataires.
Aux procédés d'incubation naturelle et d'incubation forcée correspond généralement Télevage naturel, dans lequel on ne fait appel qu'aux mères qui ont pondu et couvé leurs œufs. A l'incubation artificielle correspond généralement, dans la pratique, l'élevage du même nom, au moyen d'appareils spéciaux.
On élève cependant fréquemment avec des poules et des dindes, des poussins ou des canetons éclos artificiellement. Rien ne s'oppose à ce qu'on puisse faire l'opération contraire, mais, en fait, elle est moins fréquente. Pour faciliter l'étude des différents procédés d'élevage, nous en parlerons tout d'abord comme s'il ne s'agissait que de l'élevage des poussins et, dans des chapitres spéciaux, nous examinerons les particularités que comporte l'élevage des dindonneaux, des canetons, des oisons, etc.
Élevage naturel.
L'éclosion de tous les œufs d'une même couvée dure généralement vingt-quatre heures, et les poussins éclos les premiers restent longtemps blottis entre les plumes de leur mère. Lorsqu'ils commencent à la quitter un peu, elle sort alors de son nid et par ses gloussements essaie de les attirer au dehors. Si elle s'aperçoit que quelques œufs sont encore bêchés et que quelques petits cris se font entendre à l'intérieur des coquilles, elle retourne à son nid, et y rassemble ses poussins en les rappelant avec force dès qu'ils cherchent à s'en écarter. Elle consent à couver ainsi encore pendant quelques heures, mais elle abandonne bien vite les œufs restés dans le nid, pour ne plus s'occuper que de ses poussins.
Durant les premières heures qui suivent l'éclosion, la poule, si elle n'est l'objet d'aucune surveillance, perd souvent une grande partie de ses poussins ; certains tombent dans des
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